Catalog 55 - Internet WEB access


 

1.         ABDALLAH Ier Ibn Husayn de Jordanie (1882-1951) Premier roi de Jordanie dès 1946, ancien émir de Transjordanie. Il fut assassiné à Jérusalem sous les yeux de son petit-fils, le futur Hussein II - L.S. en arabe, 1 p. in-folio ; Amman, 31.I.1951. Rare.                                                                              (500.-) 350.-

Missive officielle destinée au général Manuel ODRIA (1897-1974) qui venait d'être élu Président de cette République du Pérou. Abdallah Ier de Jordanie sera assassiné par un jeune palestinien dans la mosquée al-Aqsa le 20 juillet suivant.

 

 

 

2.         ADAM Adolphe (1803-1856) Compositeur français, auteur de la musique du ballet Giselle - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Saint-Pétersbourg), 23.XII.1839.                                                      (400.-) 250.-

Après le succès du Postillon de Longjumeau, Adam avait entrepris un long séjour en Russie qu'il allait bientôt écourter pour des raisons de santé et à cause d'un mauvais suivi de ses affaires parisiennes.

«... Des lettres de Paris... arrivées aujourd'hui m'apprennent que je suis ruiné complètement par une faillite. - écrit Adam à Monsieur Vallade, Consul de France à Saint-Pétersbourg - Pour sauver quelques débris de ce désastre, s'il y a moyen, il faut que quelqu'un suive mes affaires... et je ne sais comment faire...». Il sollicite son conseil, d'autant que même «... M. Favart, malgré ses promesses n'a pas été voir ma mère...», etc.

A Saint-Pétersbourg, Adolphe Adam avait composé un ballet pour Marie Taglioni, L'«Ecumeur de mer», puis, sur le chemin du retour, un «Intermède» pour le roi de Prusse. Dès son arrivée à Paris, il retrouva le goût pour la composition et en 1841 le ballet de Giselle lui apporta un succès impérissable.

 

 

 

3.         ALCANTARA, Isabelle de (1846-1921) Princesse impériale, régente du Brésil en 1871 - L.S. «Princeza Imperial Regente», 1 p. in-folio ; Rio de Janeiro, 20.VII.1871. Adresse et sceau aux armes impériales sur la IVe page.                                                                                                                      (450.-) 300.-

Rare missive signée par Isabelle en tant que «Chef de l'Etat» pendant l'un des voyages que fit en Europe son père Pedro II. «Dona Izabel... Herdeira Presumptiva da Corôa...» adresse ses remerciements au cardinal Lucien BONAPARTE (1828-1895), chef de la branche des princes de Canino, descendants du frère de Napoléon ; elle lui renouvelle ses vœux et ceux de sa famille.

 

 

4.         APOLLINAIRE Guillaume (1880-1918) Poète, fils naturel d'un officier italien, il se fit naturaliser français en 1914 et s'engagea volontaire dans la Première Guerre mondiale - Manuscrit autographe, 6 lignes sur feuillet in-12 avec une trentaire de mots autographes au dos.                                      (500.-) 300.-

Feuille de notes datant probablement de son séjour allemand de 1901/1902. Le Poète y a écrit le nom du héros national rhénan, le hors-la-loi SCHINDERHANNE et au-dessus, quelques idées relatives à la mort («Nouvelle du mort, éparpillement du corps, stagnation de l'âme en idée fixe...», etc). Au dos, bribes de phrases sur la politique, le travail, les riches, les pauvres, fragment d'un brouillon de l'un de ses articles (pour la revue «Tabarin» ?).

 

 

 

5.         ARAGO François (1786-1853) Astronome et physicien fr., il participa à la mesure de l'arc du méridien terrestre en 1806 - L.A.S., 2 pp. in-4 ; Paris, 21.X.1843. Adr. et marques postales sur la IVe p.  (450.-) 300.-

«... Il est très vrai que je me prépare de faire insérer dans les journaux une très longue dissertation sur les fortifications de Paris. La partie relative aux forts détachés est entièrement rédigée. J'achève maintenant ce qui concerne l'enceinte continue...» ; ce travail devrait être prêt dans une semaine, etc. Lettre adressée à Monsieur Bertholon, de Lyon.

Membre du Gouvernement provisoire en 1848, Arago sera chargé de diriger les ministères de la Marine et de la Guerre. C'est à cette époque qu'il fit adopter l'abolition de l'esclavage dans les Colonies françaises.

 

 

 

6.         ARBÓS Enrique Fernández (1863-1939) Violoniste, compositeur et chef d'orchestre espagnol - MUSIQUE A.S., 2/3 p. in-8 ; Londres, 29.VI.1901.                                                        (450.-) 300.-

Belle ligne de musique donnant les quinze premières mesures de son «Bolero (Spanish dance)», Opus 1. ; page offerte à un admirateur «With kind remembrance from - E. Fernandez Arbós - London 29 June 1901».

 

 

7.         ARRABAL Fernando (n. 1932) Auteur dramatique et cinéaste espagnol d'inspiration surréaliste - POÈME A.S., 1/2 p. in-4 ; vers 1965.                                                                       (400.-) 250.-

Jolie feuille, offerte à l'un de ses admirateurs, où l'auteur dramatique a écrit en tête : «Enchanté ! - Arrabal - (I love you)», avant d'ajouter au-dessous un quatrain en langue espagnole.

 

 

 

8.         ATILHAN Cevat Rifat (1892-1967) Homme politique turc, fondateur en 1951 du IDP, premier parti islamiste turc - Signature et date autographe «31.XII.1957» sur feuillet in-8. En-tête imprimé.   (400.-) 250.-

Rare signature tracée au bas d'un message de vœux imprimé («The Moslem Nationalists Greet Their Christian Friends for a Merry Chritmas and a Victorious New Year...») portant l'en-tête suivante : Islamic United Nations... Istambul. Autographe monté à l'époque sur un feuille in-8 gr. avec, au-dessous, un long texte imprimé sur l'Islam. [Voir aussi les numéros 63 et 123]

 

 

 

9.         AUDEMARS Edmond (1882-1970) Pionnier suisse de l'aviation et industriel de l'horlogerie. Grand ami de Roland Garros, il fit avec lui une tournée aux Etats-Unis où ils se firent remarquer par leurs «matches de virtuosité». Brevet de pilote n° 100, en 1910 - Photo avec dédicace A.S. et note autographe, 8° obl ; (Paris ?), 7.VI.1937.                                                                                                         (750.-) 500.-

Rare photo originale (Agence Trampus, Paris), où il pose en tenue de pilote devant son petit monomoteur à hélice. Audemars semble avoir offert cette image à la femme de son cœur, la dédicace disant : «A ma petite "Clo" / à laquelle je dois / tous mes succès / Très affectueusement / E. Audemars...». Dans le coin inférieur gauche de la photo, le pilote a ajouté cette précision : «Records de France et du Monde / 7 juin 1937 / E. A.». Superbe portrait de cet aviateur qui, le premier, relia en deux jours Paris à Berlin en 1912. Trois années plus tard, il battait le record de hauteur, volant à 6500 mètres.

 

 

10.       BAKER Joséphine (1906-1975) Actrice, danseuse et chanteuse noire américaine - PHOTO in-12 obl., avec dédicace A.S. et date «Paris 1935».                                                               (900.-) 500.-

Charmante photo où elle pose en costume dans «La Créole» de Jacques OFFENBACH, spectacle présenté par elle pour la première fois au Théâtre Marigny en 1934 ; on put y admirer à la fois ses talents d'actrice, de chanteuse et de danseuse.

 

 

11.       [Faraday] BARLOW Peter (1776-1862) Physicien anglais, il inventa un premier type de moteur électrique - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Woolwick, 28.VII.1827.                                           (900.-) 600.-

Belle lettre scientifique adressée à Michel FARADAY, concernant ses recherches optiques et notamment celles sur les télescopes achromatiques.

«... I have... to thank you for your suggestion with respect to my fluid object glass... I have completed one of my telescope which is everything that can be expected as a first essay...», écrit Barlow à son illustre confrère qu'il entretient également de la fabrication de «... flint-glass...» de grandes dimensions et d'un projet de lentilles d'une conception nouvelle à base de sulfure de carbone possédant une puissance de réfraction deux fois supérieure à celle du verre. Barlow est impatient de montrer à Faraday sa «... revue telescope...».

Intéressant texte laissant supposer que Barlow ne fut peut-être pas étranger à la découverte que fit son correspondant. Deux mots au crayon sur la troisième page sont de la main de Faraday.

 

 

12.       BEAUHARNAIS, Eugène de (1780-1824) Vice-roi d'Italie, fils de l'impératrice Joséphine - L.S. «Eugène Napoléon», 1 p. in-4 ; Milan, 14.III.1807.                                                      (1200.-)           800.-

Eugène annonce au cardinal Joseph FESCH, son oncle par adoption, la naissance de sa fille Joséphine, future reine de Suède en 1844. «... Je m'empresse d'informer Votre Eminence que la Princesse Vice Reine est heureusement accouchée aujourd'hui d'une Princesse. La santé de la Princesse et celle de l'enfant sont également bonnes...».

Rare filigrane au nom du Prince («Eugenio / Napoleone / Vice Re - d'Italia») et aux armoiries à l'aigle impérial couronné.

 

 

13.       BEAUHARNAIS, Hortense de (1783-1837) Reine de Hollande, femme de Louis Bonaparte et mère de Napoléon III - P.S. «Hortense», 1/2 p. in-4 ; Paris, 8.II.1815. Sur papier timbré.                   (1500.-)           1000.-

Rare document signé pendant la première Restauration. La Duchesse de Saint-Leu fut le seul membre de l'ex-famille impériale a avoir été autorisé par Louis XVIII à rester en France.

Sur papier officiel portant deux cachets (l'un de l'Empire français, l'autre royal) et, en filigrane, l'aigle impérial couronné (!), l'ex-reine «... autorise M. Chodron, notaire, à remettre à Mad. la comtesse de Boubers...», 25.000 francs en or, somme précédemment confiée par Hortense à cet officier public. Au bas, ladite Comtesse signe une décharge en faveur du notaire.

A Paris courait alors le bruit d'un complot napoléonien destiné à faire d'Eugène de Beauharnais le successeur de l'Empereur. Hortense, disait-on, y aurait largement participé. Le 14 décembre 1814, elle avait subi une perquisition, mal déguisée sous le nom de séquestre mais, avertie à temps, elle avait fait transporter à l'ambassade de Russie ses papiers et bijoux, ne laissant chez elle que deux malles de vieux documents oubliés par son époux...

Notre document est-il en relation avec ces événements ? Hortense usait-elle de certaines astuces pour sauver (ou disposer à d'autres fins ?) de sommes, fort importantes pour l'époque ?

Née Agnès-Cunégonde de Folard, la comtesse de BOUBERS-BERNATRE fut la dame de compagnie d'Hortense avant de devenir la gouvernante de ses enfants puis la sous-gouvernante du roi de Rome.

A la chute de l'Empire, Hortense, femme exquise, sut employer toutes les armes de coquetterie et de séduction auprès des hommes qui commandaient désormais l'Europe. L'empereur de Russie séjournait à la Malmaison, elle avait trente ans, lui trente-six, elle le charma et attira à elle cette amitié impériale. Rappelons que c'est sur les instances du tsar Alexandre que Louis XVIII concéda à Hortense le titre de «duchesse de Saint-Leu».

Le document que nous offrons ici, portant encore la signature royale d'Hortense, est d'une extrême rareté !  Dans son livre sur les autographes des Bonaparte paru en 1941, ouvrage faisant autorité encore de nos jours, Ciana lui-même écrivait : «... Que ne donnerait-on pas pour retrouver les lettres... qu'elle écrivit pendant la Première Restauration ?...».

 

 

14.       BEAUHARNAIS, Hortense de - P.S., avec rajouts autographes, 1 p. 4° ; (Arenenberg, 1829/1830). Petit manque à la marge supérieure, touchant un mot resté lisible.                                                    (1200.-)           800.-

«Budget de Madame la Duchesse de St-Leu pour l'année 1830», rédigé par son écuyer et homme de confiance, le baron Michel-Victor-Frédéric Moisson DE VAUX (1766-1840) citant les noms des personnes auxquelles l'ex-reine accordait une pension : le fidèle abbé Bertrand, son aumônier (3200 francs), sa secrétaire Elise de Courtin (1500 francs), son conseiller Vieillard, l'ancienne gouvernante du Prince, Madame Bure, ainsi qu'une quinzaine d'autres : de Girardin, Lefèbvre, Larmoy, Mademoiselle de Périgny, Malvina, Despréville, etc.

De sa main, Hortense donne son accord après avoir rectifié plusieurs chiffres, ajouté trois noms, le montant de la pension leur revenant et enfin, en toutes lettres, la somme totale à débourser.

 

 

 

15.       BELGIQUE, Albert Ier (1875-1934) et ELISABETH de (1876-1965) Souverains de 1909 à 1934 - Carte A.S. de la reine, signée par son époux, 12° obl. ; Lausanne, 10.VII.1914. Pli. Adresse autogr.       (600.-) 400.-

Au dos d'une carte postale nous montrant le vieux Lausanne, son château et sa cathédrale sur fond de montagnes enneigées, le couple royal envoie par la Poste ses «... Regrets de quitter Val-Mont... et mille souvenirs affectueux...». Le message est adressé au docteur Auguste-Henri WIDMER (1853-1939), médecin suisse, fondateur et directeur de la célèbre clinique de Valmont, située aux environs de Lausanne, spécialisée dans les soins de maladies nerveuses, établissement où séjournèrent de nombreuses personnalités dont le grand poète autrichien Rainer Maria RILKE, qui y mourut en 1926.

Les souverains belges s'étaient rendus pour la première fois à Val-Mont en mai/juin 1913, la reine Elisabeth désirant y faire une cure de six semaines qu'elle voulut répéter l'année suivante (1914). Peu après leur retour, la Première Guerre mondiale éclatait ; la Belgique allait être occupée par l'ennemi, faisant du couple royal un symbole de la résistence et du dévouement envers le peuple belge.

Rare réunion de signatures.

 

 

16.       BELLINI Vincenzo (1801-1835) Compositeur italien - L.A.S., 1 p. in-4 ; Puteaux, (18.VI.1834). Adresse autographe et marques postales au verso.                                                       (9000.-)           6000.-

Lettre INÉDITE, non répertoriée par Luisa Cambi, écrite du «19 bis rampe de Neuilly à Puteaux, Banlieue de Paris», résidence du couple anglais Lewischez lesquels Bellini venait de s'installer pour se consacrer entièrement à la composition de son nouvel opéra, I Puritani.

Ayant reçu de son ami le compositeur et éditeur de musique napolitain Guglielmo COTTRAU (1797-1847), une lettre destinée à son épouse restée à Paris, Bellini s'empresse de la lui faire avoir. Il l'informe qu'il a été souffrant durant quelques jours : «... ora ristabilito dell'intutto... spero la prima volta che verrò a Parigi, procurarmi il piacere di vederLa, insieme alla mia carissima e buona D[on]na Lina...» FREPPA, cantatrice italienne amie de Bellini et de CHOPIN.

Le musicien évoque son travail de composition qui avance lentement : «... Ormai scrivo tranquillamente ed adagio vado innanzi nella mia opera...». Il s'agit bien sûr des Puritani, dont Pepoli venait de terminer le livret, œuvre qui sera représentée le 25 janvier 1835, peu avant la mort du compositeur, au Théâtre-Italien de Paris avec la Grisi, Rubini, Tamburini et Lablache.

La lettre se termine par de chaleureuses salutations destinées à la fille de Madame Cottrau («... tanti cari saluti alla Sua angelica figlia che tanto stimo ed amo...») et au brave Monsieur Nougaret.

CHOPIN avait dédié à Madame Lina FREPPA les «Quatre Mazurkas» de son op. 17, publié en mai 1834. C'est dans le Salon de cette cantatrice que le compositeur polonais avait connu Bellini et s'était familiarisé avec la musique et la chanson populaire napolitaine dans lesquelles Madame Freppa excellait.

Document rare et intéressant.

 

 

17.       BERTHIER Alexandre (1753-1815) Maréchal d'Empire, prince de Neuchâtel - Rare L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Quartier général de Vérone, 27.X.1796. En-tête :  Etat-Major Général... Le Général de Division Chef de l'Etat Major, avec vignette.                                                                                  (600.-) 400.-

Belle lettre militaire au commissaire Pierre-Anselme GARRAU que Bonaparte avait envoyé en Italie en mars 1796.

«... Le Général en chef a retenu ton courrier... [et] préoccupé, il dit toujours d'attendre. Il paroît que l'ennemi rassemble des forces considérables sur la Pieva [Piave]... Les nouvelles de Moreau sont excellentes... Kléber remonte... enfin, tout va au mieux...», etc.

 

 

18.       BERTRAND Henri Gratien (1773-1844) Général français et fidèle compagnon de Napoléon Ier qu'il suivit à Sainte-Hélène - L.A.S., 1/2 p. in-12 ; «Le 10 matin». Adresse autographe.                 (300.-) 200.-

Billet autographe adressé au ministre des Affaires étrangères de Napoléon Ier, le «duc de Vicence...» Armand de CAULAINCOURT (1772-1827), «... en son Hôtel...», pour lui demander confirmation de l'heure à laquelle «... on se réunit aujourd'huy... à midi, ou à une heure...» ?

 

 

19.       BIZET Georges (1838-1875) Compositeur français - L.A.S., 2 pp. in-8 ; (vers 1862 ?).     (1200.-)           800.-

«La sympathie que vous nous avez toujours témoignée, à mon père et à moi, vous est une sûre garantie de la part que nous prenons à votre douleur...», écrit le jeune Bizet à un correspondant non identifié semblant tenir une place importante dans la vie du compositeur. Il ne veut pas offrir des consolations «... qui ne consolent pas...» mais tient à lui redire qu'il l'aime de tout son cœur, etc.

D'après son contenu et le type d'écriture, cette lettre pourrait se placer au début des années 1860. Fort casanier depuis son retour d'Italie, Georges Bizet vivait auprès de son père Adolphe (1810-1886, ancien coiffeur-perruquier devenu professeur de chant et compositeur...), notamment après la mort de sa mère, pianiste, en 1861. Cette missive pourrait avoir pour destinataire la veuve de Jacques-Fromental HALEVY († le 17.III.1862), ancien maître de Bizet, dont celui-ci épousera la fille Geneviève en 1869.

En 1862, le compositeur - qui s'était rendu à Baden-Baden avec Gounod pour l'exécution de «Béatrice et Bénédict» de Berlioz - travaillait à un nouvel opéra, Les Pêcheurs de perles, créé en 1863.

 

 

20.       BJÖRNSON Björnstjerne (1832-1910) Auteur dramatique et romancier norvégien, prix Nobel en 1903 - L.A.S., 1 p. in-12 obl. sur carte postale ; Paris, 12.XI.1885. Adresse autographe au dos.       (300.-) 200.-

Björnson souhaiterait rencontrer le docteur Ernst Brausewetter, de Leipzig ; il le lui fait savoir en des termes quasi poétiques : «... Geehrter Herr, wenn ich Sie kannte ; wenn Sie mir lieb wurden ; wenn wir mit einander sprachen..! Sonst nichts...», etc. Il donne son adresse parisienne : «rue Faraday 15 - Les Ternes». Son drame Le Gant, paru l'année précédente, avait lancé une nouvelle morale du mariage qui suscita une polémique, reprise par de nombreux auteurs.

 

 

21.       BOCION François (1828-1890) Peintre suisse de paysages et de marines - L.A.S., 3 pp. in-12 ; Ouchy, 12.III.1890. Rare.                                                                                                     (600.-) 400.-

 

L'illustre peintre vaudois regrette l'absence de son confrère Ernest BURNAT (1833-1922), architecte de Vevey et peintre aquarelliste, à une réunion. «... Je vous attendais si positivement que j'avais craint un moment qu'une chose plus grave ne vous eût empêché...». Leur confrère Alfred BERTHOUD (1848-1906) lui a probablement déjà communiqué «... des nouvelles de notre réunion vous annonçant que vous aviez été nommé président, puisqu'on tâcherait de faire à Lausanne et autres lieux des expositions cette année...» ; vu les difficultés qu'il y a à trouver un local dans la capitale vaudoise, Bocion suggère de retarder la manifestation «... au commencement de l'hiver, ou ces temps-ci...» (à noter que Bocion mourra la 13 décembre suivant !).

Il est aussi question d'une exposition des œuvres d'Auguste VEILLON (1834-1890), récemment disparu, souhaitée par sa veuve ; quant au peintre genevois de sujets allégoriques, Charles GIRON (1850-1914), son exposition vient de fermer : «... Les 3 derniers jours [elle] a attiré pas mal de monde quand on a eu fait un peu de réclame. Il aura un portrait à faire cet automne et a vendu son tableau des paysans à l'Etat pour le Musée...». Beau texte artistique.

 

 

22.       BONAPARTE-WYSE Letizia (1804-1871) Princesse, fille de Lucien Bonaparte - 18 L.A.S. (dont une ou deux non signées), environ 50 pp. in-4 et in-8 ; divers lieux, 1823/1870.                             (8000.-)           5000.-

Importantes archives renfermant d'intéressantes lettres de Letizia à son époux Sir Thomas WYSE (1791-1862) et à ses deux enfants, Napoléon  (1822-1895) et William (1826-1892, poète, connu pour sa contribution au mouvement félibréen).

 

 

a) 5 lettres à Thomas WYSE. Dans la première, datant vraisemblablement de l'année 1823, Letizia annonce à son «Cher Mari» qu'elle a des choses excessivement pressantes à lui dire «... que je ne puis écrire... Venez me voir, je vous en prie instamment... vous serez en toute chose extrêmement content de votre affectionnée Epouse...».

Le 6 janvier (1824 ?), elle supplie son époux de venir la voir : «Si ce qu'on me dit de vous était vrai vous n'hésiteriez pas à vous rendre à mon invitation... Je vous conjure... au nom de votre fils dont c'est aujourd'hui le jour de naissance (souvenez-vous de cette époque !) Venez... vous serez satisfait de votre Epouse Letizia».

En décembre de la même année, du «Couvent de l'Asomption» où elle s'était retirée, Letizia réclame la présence de son «petit Ange» Napoléon, et sollicite des nouvelles de ses «Chers Parents» qui devaient lui laisser rencontrer sa sœur JEANNE (1807-1829, poète d'une grande délicatesse) dont elle sait «... qu'elle a partagé mes afflictions...».

Le temps passe, et les époux semblent s'être réconciliés : «Wyse ! je crois vous entendre... je me mets dans vos mains... Pour la première fois vous m'appelez votre Letizia ! Je suis sensible ! ... J'entrevois que vous m'aimez encore, soyez sûr d'être aimé de moi comme autrefois... Ce que je désire c'est de vous voir... venez seul... ne me faites pas languir...», etc.

En 1826, naîtra leur second enfant, William. Les époux ont repris leur vie commune, mais Sir Thomas est de nature jalouse et méfiante, ce qui exaspère Letizia, comme en témoigne le ton furibond du billet qu'elle lui adresse en 1827 (daté par Th. Wyse lui-même : «Waterford, 1827») : «Mon cher Wyse, Tu t'en vas toujours sans rien me dire à ton ordinaire. Tu emporte la clef de ton cabinet et enferme mon cachemir ! Donne de suite cette clef... sinon j'ira la chercher moi-même ou je ferai enfoncer la porte...» ! Etc.

 

b) 8 lettres à son fils aîné Napoléon Bonaparte-Wyse. Dans la première, datée de 1839, Letizia s'efforce de consoler son jeune garçon que son père a semble-t-il éloigné : «Mon cher et bien aimé Napoléon... mon cœur est déchiré... en voyant combien vous avez souffert, pauvre enfant... J'ignore... qui vous a placé à Marenville, si c'est par l'ordre de votre Père, si c'est lui qui vous y retient ?...» ; elle ira le voir et s'il le faut s'installera même à Nancy, non loin de lui : «... vous m'expliquerez... tous vos malheurs de vive voix... je compte sur la plus entière exacte vérité... venez tous les jours à l'hôtel de France...» ; elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour adoucir son sort, le consoler de sa captivité et lui rendre l'espoir d'un meilleur avenir : «... je remuerai ciel et terre pour vous faire sortir de la... terrible maison où vous vous trouvez et... vous réconcilier avec votre Père... à qui vous devez toujours quelque soit sa sévérité respect et affection...», etc.

En 1853, la Princesse prie son fils de venir la rejoindre à Viterbe. Elle lui annonce l'envoi de la somme dont il a besoin et lui parle de sa récente rencontre avec NAPOLÉON III :  «... L'Empereur a été bien bon pour moi ! Je serai heureuse de partager avec toi l'existence agréable que je dois à sa tardive bienveillance !...», etc.

Le reste de la correspondance à ce fils adoré, confié à la garde de son père, est d'argument affectif et familial. Letizia se plaint de ne pouvoir réunir autour d'elle tous ses enfants à la fois ; on la voit entreprendre de longs voyages pour revoir son fils ne serait-ce qu'un instant ; elle fréquente la haute société, évoque ses rencontres ; en 1863 notamment «... Le Prince (Humbert Ier de Savoie) qui tient sa Cour à Milan, danse tous les jours au moins une fois avec elle (Adeline Bonaparte-Wyse, la jeune sœur de Napoléon B.-W.) ! Et le Comte de Paris ainsi que son frère, le Duc de Chartres, qui sont ici non pas pour cause politique, mais seulement pour s'amuser, sont ses Partenaires les plus assidus... Notre chère Mme Rattazzi (sa fille Marie Studolmine B.-W.) arrive aujourd'hui... elle vient dîner chez sa sœur... Adelina et Türr (le général garibaldien) ont invité... Vimercati (le ministre) ainsi que plusieurs généraux de distinction...», etc.

En 1863 (Thomas Wyse n'est plus depuis une année), elle confirme à son fils ses bonnes dispositions à le favoriser. Elle attend la copie d'une déclaration qu'elle lui renverra «... écrite et signée de ma main, car nos intérêts sont les mêmes, mon cher fils, et j'irai te joindre en Irlande quand tu me le diras...», etc.

Peu de mois avant sa mort, elle se rend en France pour consulter les «Princes de la Science» et si possible rencontrer son «Cher Napoléon» avant de regagner Viterbe, etc. Cette lettre porte en tête les armoiries des Bonaparte-Wyse.

 

c) 5 lettres à son fils William Bonaparte-Wyse datant des années 1861 à 1870, témoignant de l'immense affection de Letizia pour ses enfants.

1861 : «Mon cher William. Votre sœur vous a écrit tant à Milan qu'au Tyrol pour vous exprimer de ma part (étant malade) l'immense bonheur que j'aurais à retrouver un fils auquel j'aimerais tant prouver qu'on n'est réellement aimé que par une Mère !!... Venez donc mon Enfant, venez me donner un peu de bonheur... nous n'avons qu'à nous voir pour nous aimer...», etc.

Automne 1861 : elle regrette que le voyage de son fils à Rome et à Viterbe soit retardé et espère que son affection pour elle «... sera un guide sûr pour te conduire de mon côté...», etc.

Leurs rapports restent tendus, leurs rencontres espacées, et en 1865 William ne donne plus signe de vie «... malgré vos promesses faites à Londres...», ville où Letizia se rendra avec Studolmine et l'époux de celle-ci, l'ex-Premier ministre italien, Urbano RATTAZZI (1810-1873) ; puis «... nous partons pour Dublin et Waterford. Si vous voulez nous voir et faire la connaissance de votre nouveau beau-frère nous serons heureux tous de vous traiter en fils et en frère. Adieu... ou plutôt au revoir. Croyez-moi... vous vous rendez malheureux à plaisir...», etc.

La dernière lettre est datée de Fano, «Chez ma Sœur Marie», veuve Valentini, le 22 mars 1870 : «... Mon cher fils, Mme Rattazzi (sœur de William) me prie de te renvoyer cette lettre. Je ne veux pas faire de commentaires mais comme tu perstistes à nous insulter... prends la résolution et tiens la de ne plus écrire ni donner signe [de] vie. Les choses sont au point qu'elles sont irrémédiables. Une Mère pardonne, une Sœur c'est autre chose... Ecris-moi... et en t'embrassant tendrement ainsi que ta femme et mon beau petit Lucien (B.-W., 1868-1903), je suis ta mère affectionnée - Letizia».

 

 

23.       BONAPARTE-WYSE, Mariage - L.S., avec souscription autographe, du cardinal Joseph FESCH (1763-1839), grand-oncle de la mariée, 1 1/2 pp. in-4 ; Rome, 13.III.1821.             (1200.-)           800.-

Le 4 mars 1821, la princesse Letizia BONAPARTE (1804-1871), fille de Lucien, prince de Canino, avait épousé le «right honorable» Thomas WYSE (1791-1862), diplomate irlandais de 13 ans son aîné. Dès le début, la mésentente entre les époux fut totale !

L'oncle de l'empereur Napoléon Ier adresse ici ses félicitations à Thomas WYSE, les accompagnant, tel un pressentiment, de bien curieuses recommandations : «... Comme je ne me mêlerai jamais d'entrer dans les combinaisons des familles pour ce qui regarde les personnes... je ne devais que désirer leur bonheur, et laisser le reste aux soins du Père universel... C'est vous [Thomas WYSE] aujourd'hui qui êtes chargé de vérifier que votre union avec Letizia a été ordonnée par cette Divine Providence... Rien ne résiste aux ordres de Dieu : vous savez qu'il en impose aux flots irrités et aux vents en courroux... Prenez de bonne part mes conseils... Ils naissent... du désir de concilier vos vrais intérêts avec la position naturelle où vous devriez être avec tout le monde...».

Au dos, note autographe de Sir Thomas Wyse : «S. E. Cardinal Fesch... Félicitations sur mon mariage».

 

 

24.       BONSTETTEN Gustave (1816-1892) Archéologue suisse, il découvrit plusieurs mosaïques romaines près d'Orbe et des chars de guerre et des armes préhistoriques de grande valeur près de Berne - L.A.S., 3 1/2 pp. in-8 ; Eichenbühl, «20 août» (1865 ou après).                                                          (500.-) 350.-

Intéressante missive d'argument scientifique adressée à un confrère (Monsieur Fourtier, du Jura ?).

En échange de son «bel envoi», Bonstetten propose de lui offrir ses cartes archéologiques du canton de Berne («... avec les Palafites décrites par le Dr Uhlmann...»), celles du département du Var, etc. Il envisage de publier une carte du canton de Fribourg, «... pays encore peu connu en archéologie...» qu'il lui fera également avoir.

Il n'est pas mécontent de la décision qu'a prise le comité du Musée de ne pas envoyer d'objets à l'Exposition parisienne ; leur fragilité ne supporterait pas ce long voyage «... et puis dans ces Expositions il y a tant de choses à voir qu'on ne voit rien...» !

La deuxième partie de la lettre concerne certains articles de Lindenschmit, de Mayence, «... sur les os sculptés et gravés des cavernes, à propos du Renne dessiné sur un os et trouvé à Thayngen... Selon lui ce sont des faux et je suis fort de son avis. Une enquête a prouvé que plusieurs os gravés de cette caverne ont été dessinés par un jeune lycéen...» ; un certain Meillet, de Poitiers, a également fabriqué des objets de ce genre, et tout porte à croire que «... ces artistes de Cavernes ne sont que des farceurs modernes et très modernes. On finira par trouver le pot aux roses !...».

 

 

25.       BORGHESE, Pauline Bonaparte, Princesse (1780-1825) Sœur de Napoléon Ier, duchesse de Guastalla,célèbrepoursa beauté - L.S. «Pauline», 1/2 p. in-8 ; Paris, 6.I.1810.            (450.-) 300.-

Au marquis Joseph FAUSSON-MONTAUD (1783-18..), écuyer du prince Borghèse : «... J'ai reçu... avec plaisir l'expression de vos sentiments ; je connois votre attachement pour le Prince, et je vous en suis gré...».

Politesse toute formelle lorsqu'on sait que Pauline s'était éloignée avec son mari Camillo Borghèse, alors à Turin comme Gouverneur du Piémont (1810/1814), et vivait dans une totale insouciance au château de Neuilly mis à sa disposition par Napoléon, changeant d'amants au gré de ses caprices.

 

 

26.       BOTERO Fernando (n. 1923) Peintre et sculpteur colombien dont l'œuvre se caractérise par des personnages aux formes généreuses - L.S. «Fernando», 1 p. in-4 ; (New York), 7.V.1968.      (600.-) 400.-

Intéressante missive adressée à un écrivain d'art allemand qui s'efforçait de faire connaître Botero dans son pays.

Le peintre est ravi du succès que remporte la nouvelle exposition «... to which you have contributed so much... in promoting my work. This new show... is a better one...». Il annonce l'envoi de photos reproduisant certaines de ses œuvres : «... you have a good surprise when you see the originals that are much better than the transparencies...». Il voudrait pouvoir vendre directement une toile à son correspondant, «... but I cannot because of my contract with Godula. The prices are the same here in the studio than in the gallery in Munich...» ; il fera toutefois une exception et enverra «... one of my paintings for your collection... I do not know if I can paint the Arlequin and Colombina in a successful way, but I will try...», etc.

Les lettres de ce célèbre peintre sud-américain sont peu communes !

 

 

27.       BRANTING Hjalmar (1860-1925) Homme pol. suédois, prix Nobel de la paix en 1921 - L.A.S., 1 p. in-8 ; Stockholm, 15.IX.1898. En-tête de son journal Social-Demokraten.                          (400.-) 250.-

Long message en suédois adressé aux responsables de l'Opéra Royal de la capitale, les priant de bien vouloir laisser entrer librement aux spectacles les critiques musicaux de son journal, porte-parole du Parti Ouvrier. Branting souhaiterait que l'on fasse paraître des annonces publicitaires destinées à la couche la plus cultivée de classe ouvrière qui, vu ses faibles revenus, ne peut s'offrir que les places les moins chères.

 

 

28.       BRAZZA, Pierre Savorgnan de (1852-1905) Explorateur et colonisateur français d'origine italienne, il explora le Congo de 1879 à 1882 et créa Brazzaville - Pensée A.S., 1/2 p. in-12 jointe à une L.A.S. d'1 p.in-12 ; (Paris), 25.VI.1882.                                                                                       (800.-) 500.-

Curieuse citation suivie d'une double signature en français et en arabe : «Roucamambra aidio o ya ya coumana unghe».

Dans la lettre jointe l'explorateur s'excuse pour l'envoi tardif de cette pensée : «S'il est vrai que plus on a désiré une chose plus on y attache de prix, vous devez être bien heureux. Puissent les quatre mots d'Adouma... vous dédommager d'une longue attente».

Lors de son expédition de 1875/1878 en Afrique Centrale, Savorgnan de Brazza avait remonté le fleuve Oagooué sur des pirogues conduites par des membres de l'ethnie Adouma (ou Badouma), peuplade noire du Congo français remarquable par sa petite taille et sa... laideur.

 

 

29.       BRÉSIL, Le Régent du - L.S. par Diego Antonio FEIJO (1784-1843), 1 p. in-folio ; Rio de Janeiro, 26.IV.1837. Adresse et sceau aux armes impériales sur la IVe page.                          (750.-) 500.-

Le sénateur Feijo, «Regente em nome do Imperador», informe le roi des Deux-Siciles que «... Sendo dado, outro destino ao cavalleiro Antonio de Menezis Vasconcellos de Drummond, Meu Ministro Rezidente...», il espère que son séjour à la Cour de Naples aura été profitable aux deux nations, etc. Lettre contresignée par Antonio Paulino LIMPO de Abreu (1798-1883), vicomte d'Abaeté, ministre des Affaires étrangères.

Prêtre à ses débuts, Diego Antonio FEIJO se lança dans la politique dès 1820. Ministre de la Justice en 1831, sénateur à vie en 1833, il fut élu Régent l'année suivante mais ses idées libéralesl'obligèrent à se démettre le 18 sept. 1837. Placé à la tête de la révolution de Campinas (1842), il fut vaincu, arrêté et jugé. Bien qu'absout, ses souffrances furent telles qu'il décéda peu après. [Voir aussi les numéros 3, 103, 125, 157, 215, 216 et 251]

 

 

30.       BROCA Paul (1824-1880) Anthropologue français connu notamment pour ses recherches sur la localisation des centres cérébraux de la parole et sur l'aphasie consécutive à leurs lésions - L.A.S., 1 p.in-8 ; Paris, 16.VI.1879. En-tête imprimé.                                                                     (350.-) 200.-

Le directeur du «Laboratoire d'Anthropologie» à l'Ecole des Hautes Etudes de Paris prie son confrère Callamand de participer à une soirée qui aura lieu chez lui et à laquelle sont conviés d'autres «... collaborateurs de laboratoire...» ; Broca aurait souhaité l'inviter «... verbalement hier, mais lorsque j'ai quitté le laboratoire il était assez tard et vous n'étiez plus là...».

Chargé de cours à l'école dirigée par Broca, l'anthropologue E. CALLAMAND est l'auteur d'études sur Bichat. Pièce provenant de la collection du docteur Maurice GENTY (1886-1961) de l'Académie de Médecine, directeur de la revue Progrès médical.

 

 

31.       BURKE Edmund  (1730-1797) Homme pol., écrivain britannique, défenseur des colonies am., futurs Etats-Unis d'Amérique - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Westminster, 25.VI.1776. Très rare !    (6000.-)           4000.-

Belle lettre à l'un de ses amis d'Irlande, pays dont il avait énergiquement défendu la cause dans ses écrits et dans son action oratoire au parlement anglais.

«... If an old, but very inconsiderable friend preserves any share in your remembrance and regard, permit me to request your good offices...» en faveur du porteur de sa lettre, neveu du grand peintre Sir Joshua REYNOLDS. Le doyen Joseph Palmer a promis de prendre contact avec le Primat d'Irlande et d'autres personnes «... in power...», mais le jeune homme ne connaissant pas Dublin, Burke prie son correspondant d'aider son protégé «... to pass his time as agreeably and as instructively as possible... He possesses a taste and talent for Poetry and Music, and when you know that he is Nephew to Sir Joshua Reynolds you will naturally expect to find those aimable qualities... in which most assuredly you will not be disappointed...», etc.

Fils de Mary Reynolds, le jeune Joseph PALMER (1749-1829) venait de publier deux volumes consacrés à son voyage dans l'Hexagone, «Four months Tour in France». Quant à Edmund Burke, il avait pris dès 1774 au Parlement la défense des Colonies américaines, menacées par de nouvelles taxes sur le thé ; dans son discours intitulé «On Moving His Resolutions for Conciliation with the Colonies», il suggéra même la manière dont l'Angleterre pouvait user pour parvenir à s'entendre avec les rebelles. Il réitéra ses efforts en 1777 dans sa «Letter to... the Sheriff of Bristol, on the Affairs of America», mais il était trop tard : la guerre déclenchée en 1775 avait déjà entraîné la Déclaration de l'Indépendance américaine le 4 juillet 1776, neuf jours seulement après la date de notre lettre ! Les autographes d'Edmund BURKE sont rares et recherchés.

 

 

32.       BUSH George (n. 1924) 41ème Président des Etats-Unis de 1989 à 1993, il gagna la guerre du Golfe contre Saddam Hussein en 1991 - Photo avec dédicace A.S., 4° ; vers 1992.                       (750.-) 500.-

Portrait mi-buste en couleur sur fond de drapeau américain, offert par George Bush durant son mandat présidentiel à «Donald Rollins - With Best Wishes» . Rare dédicace entièrement autographe, signée «George Bush». Pièce d'une grand fraîcheur.

 

 

33.       BYRD Richard E. (1888-1957) Marin, aviateur et explorateur américain - L.S., 1 p. in-4 ; Boston, 29.X.1926. En-tête imprimé.                                                                                 (450.-) 300.-

Sur un papier à l'en-tête de la «Byrd Arctic Expedition», l'explorateur communique les conditions auxquelles il consentirait à aller à New York donner une conférence : «... I am enclosing a wire I sent tonight which speaks for itself... I have wired Van Shriver that I cannot be with him...» ; il n'est pas impossible que les frais de son voyage à Washington, dont il en donne un aperçu, soient pris en charge par «... the Navy League... for the talk I gave. Of course the Navy itself has no founds to pay for such a talk. If such is the case it would seem that my trip to Bridgeport probably should not be charged to you...», etc. Le 9 mai 1926, Byrd avait été le premier à survoler le Pôle Nord  sur un trimoteur Ford piloté par Floyd Bennett. A l'époque où il écrivit cette lettre, l'aviateur préparait avec Acosta, Balchem et Naville sa traversée de l'Atlantique Nord sur l' «America» (29.VI./1.VII.1927).

 

 

34.       CALDANI Leopoldo (1725-1813) Illustre anatomiste et physiologiste italien, élève et ami de Giambattista Morgagni - L.A.S., 2 pp. in-4 ; Padoue, 9.III.1794.                                       (1200.-)           800.-

Amusante lettre à son gendre, l'anatomiste et chirurgien Michele MALACARNE (1744-1816) qui vient d'obtenir une chaire de chirurgie à l'Université de Padoue. Catalani s'étend longuement sur ce sujet, dénonçant certaines pratiques peu loyales de ses adversaires, lesquels vont maintenant voir pousser au sommet de leurs têtes des cornes s'étendant de Padoue à Pavie qui reviendront les étouffer, «... come si meritano...» ! Après avoir cité trois personnages influents auprès de la République de Venise auxquels l'anatomiste avait pensé recourir en un premier temps pour soutenir la candidature de son gendre, le Savant souligne combien cette aide aurait été inutile vu que jamais professeur n'a été choisi aussi rapidement. Offrant à son gendre de l'accueillir chez lui à Padoue, Caldani souligne qu'il s'en tiendra au couvert («... alla tavola non dovete pensare. Vi è un posto per voi nella mia mensa filosofica ; cioè a dire parca, ma sufficiente a sostentamente della vita...») car pour ce qui est du logement, il ne tient pas à devoir partager son lit avec lui, craignant que Malacarne ne le prenne pour son épouse, dont il est privé depuis quelques semaines : «... io non vorrei dormire con voi. Lontano dalla vostra cara Giannetta [la fille de Caldani] da qualche settimana, non vorrei esser preso in iscambio...» !!! Beau texte réunissant les noms de deux illustres médecins italiens du XVIIIe siècle.

 

 

 

35.       CASTILLO y COS, Martin del (1828-1899) Ministre des Aff. étrangères dans le gouvernement de l'empereur Maximilien Ier du Mexique - L.S., 1 p. in-4 ; Mexico, 24.XI.1865. Bord dr. effrangé.            (450.-) 300.-

Intéressante lettre circulaire, signée de sa main par Castillo en tant que «Ministro interino de Neg.s Extrang.s y Marina», annonçant la nomination de Leoncio DETROYAT au poste de sous-secrétaire d'Etat au département de la Marine. Il communique un exemple de la signature de Detroyat qui a effectivement signé de sa main dans la marge gauche du document.

Officier de marine, journaliste et écrivain français originaire de Bayonne, Léonce DÉTROYAT (1829-1898) avait servi au Mexique dans l'armée de Bazaine. Détaché comme sous-secrétaire d'Etat de la Marine auprès de l'empereur Maximilien Ier, il cumula bientôt ces fonctions avec celle de chef du cabinet militaire de l'empereur. En 1867, alors que la situation se dégradait dans le pays, il fut chargé d'accompagner en Europe l'impératrice Charlotte.

Détroyat est l'auteur, entre autres, du livret de l'opéra de Camille Saint-Saëns, Henri VIII (1883).

 

 

 

36.       CATALANI Alfredo (1854-1893) Compositeur italien, connu surtout pour son opéra Wally - L.A.S., 1 p. in-8 ; Milan, «Martedì sera».                                                                        (750.-) 500.-

Il invite son ami, l'impresario milanais CRISAFULLI, à se rendre dès que possible chez Madame Teresa (Stolz ?) : «... Nel dubbio che voi non veniate domani da me vi avverto per lettera che è urgente che passiate... devo parlarvi di qualche cosa che vi farà piacere...», etc.

Les autographes de ce musicien, disparu à l'âge de 39 ans peu après le grand succès obtenu par sa Wally en 1892, sont très rares.

 

 

37.       CELINE, Louis Ferdinand Destouches, dit (1894-1961) Ecrivain français - L.A.S. (de ses initiales), 2 pp. pleines in-folio ; «le 27» (Korsör, fin 1948 ou mars 1949).                  (1500.-)           1000.-

Intéressante lettre d'exil.

Il annonce à son fidèle ami Jean-Gabriel Daragnès que l'éditeur Frémenger désire le rencontrer : «... Il semble vraiment réimprimer Voyage... On verra...» (réédition de 1949). Céline a reçu la visite de Raoul Nordling (Consul de Suède à Paris, il prit le défense de l'écrivain à son procès) «... entre deux trains, de Copenhague, avec Devichen. Il s'est tapé les 300 bornes tout spécialement. On a fait connaissance. Il est resté une heure. C'est un Montmartrois éperdu. Il t'adore. Il m'adore. On s'adore. Bon. Bien entendu il a sauvé Paris et Montmartre et moi-même. C'est... Ste Geneviève ! Bon. A le lui répéter environ toutes les 3 phrases. Mais il est subtil - joueur en finesse... Il veut essayer d'abobicher un peu mon affaire dans les milieux ministériels français - où il est tu le sais personnae plus que grata au jeu des portes capitonnées... Mais il voudrait bien qu'il se forme autour de moi un petit cercle de partisans français - de bon aloi - très bon aloi et discrets - des gens bien. Je ne veux point battre le tambour. Je veux essayer de le faire gentiment approcher - par des amis - pas journalistes - j'ai pensé à Debuffet (sic) ... Ma foi - gens cossus - Pas marqués...».

A l'issue de l'audience du 21.II.1950, Céline fut condamné, à la majorité des voix et par contumace, à une année d'emprisonnement, 50.000 fr. d'amende, à la dégradation nationale et à la confiscation de tous ses biens...

 

 

 

38.       CHAPTAL Jean-Antoine (1756-1832) Chimiste et homme politique français, il inventa la chaptalisation des vins pour en augmenter le degré et favoriser leur conservation - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Montpellier, «ce 1er Brumaire» (23.X.1795 ?). Adresse autographe et marques postales sur la IVe page.        (600.-) 400.-

Belle lettre au libraire parisien Deterville, concernant vraisemblablement la nouvelle édition révisée, en 3 volumes, de ses «Eléments de Chymie», mise en vente en 1796.

«... Voilà près de deux mois que je n'ai reçu de feuilles [d'épreuves] de notre édition... J'ai relu le 1er vol. Je n'y ai pas trouvé de faute capitale, seulement au lieu de hachée on a mis lessivée. Il est indispensable que je voye les épreuves, je vous promets de vous les renvoyer courrier par courrier, ce qui comprendra en tout 14 jours...» ; il avait procédé ainsi pour les feuilles précédentes et «... si elles sont parvenues plus tard c'est que Moisson n'a pas expédié ou n'a pas remis de suite. Envoyez-moi donc tout ce qui a été imprimé depuis... n'oubliez pas les petites commissions que je vous ai demandé par ma précédente...»

 

 

 

39.       CHAR René (1907-1988) Poète français, marqué par l'influence du Surréalisme - L.A.S., 1 1/2 pp.in-12 obl. ; (Paris), 27.IX.1946. Enveloppe autographe.                                                   (600.-) 400.-

Au peintre surréaliste Georges HUGNET (1904-1974), pour le prier de «... remettre à ma femme... le montant des 25 poésies de  Tzara... si ça ne doit pas te gêner... J'ai eu une tonne de travail ces temps derniers. Mais je passe te voir...».

Joli texte amical.

 

 

40.       CHARCOT Jean (1867-1936) Savant et explorateur polaire français, il disparut en mer avec l'équipage du Pourquoi-pas ? - L.S., 3 pp. in-8 ; Paris, 8.III.1903.                                      (1200.-)           800.-

Le Savant prépare son expédition dans l'Antarctique.

«... La date du départ s'approche... et le temps devient de plus en plus précieux : démarches, achats, commandes, ces nombreux préparatifs absorbent toutes mes journées. En plus de ces tracas multiples, je suis obligé de faire une souscription pour obtenir les 70.000 F nécessaires à payer le restant de nos équipements...». En échange de la conférence qu'il accepte de tenir à Marseille, il exige de l'organisateur «... une très grande publicité... annonçant que en plus du récit de mon dernier voyage, je tracerai le programme de mon expédition prochaine... première Expédition Arctique française... Le quart d'heure de Rabelais s'approche et je dois faire feu de tout bois...».

Au cours des voyages qu'il entreprit entre 1903 et 1910, Charcot établit la carte des régions australes s'étendant de l'archipel Palmer à l'île qui porte son nom.

 

 

 

41.       CHARCOT Jean-Martin (1825-1893) Neurologue français - L.A.S., 1/2 p. in-12 ; (Paris, 4.XI.1889). Adresse au dos.                                                                                                           (450.-) 300.-

Lettre pneumatique adressée à un patient américain, Monsieur W. L. SKINKLE, «... aux soins de MM. Drexel, Harjes et Cie - Boulevard Haussmann 31...»(filiale parisienne de la banque DREXEL and Co.), auquel l'illustre médecin donne rendez-vous «... Mercredi... à 1 heure. Je tâcherai de Vs recevoir bientôt...». La lettre servira de laissez-passer.

 

 

42.       CHARLES II d'Angleterre (1630-1685) Roi dès 1649, en exil jusqu'en 1660. Il se fit catholique - L.S. en tête «Charles R.[ex]», 1 p. in-folio ; Bruges, 10.I.1657.                                         (1600.-)           1000.-

«... We are gratiously pleased, in regard of the Expense and Charge that Our trusty and wellbeloved Servant Sir Ed. Walker, Knight, Our Secretary at war...» soit déchargé de la solde payée aux officiers de son armée : «... For every Collonels Commission... 20 Patacons ; For every Lt Colls... 10... For every Chaplain, Adjutant and Chirurgien... 3...», etc. Intéressant document !

Le jeune roi vivait alors en exil dans les Flandres, entouré d'une cour aux mœurs légères, ce qui lui valut le surnom de «Merry Monarch». Quant à Sir Edward WALKER (1612-1677), il fut un personnage très influent à la cour des rois Charles Ier et II d'Angleterre ; écrivain et historien, il acheta en 1675 la maison de SHAKESPEARE à Stratford-on-Avon.

 

 

43.       CHERUBINI Luigi (1760-1842) Compositeur italien, directeur du Conservatoire de Paris de 1822 à sa mort - L.A.S., 1/2 p. in-8 ; Paris, 30.IX.1834. Adresse autographe sur la IVe page.             (600.-) 400.-

Cherubini informe «Monsieur Gide fils, rue St Marc...» (Casimir GIDE, 1804-1868, musicien et libraire parisien) qu'il a bien trouvé, à son retour de vacances, les épreuves à corriger, mais qu'on a oublié d'y joindre «... le manuscrit, et je ne pourrai faire les corrections sans celui-ci...», etc.

En 1835, le compositeur faisait paraître son Cours de contrepoint et de fugue, ainsi qu'une réduction pour chant et piano de son opéra Ali-Baba.

 

 

44.       COLBERT Jean-Baptiste (1619-1683) Economiste et administrateur français, ministre de Louis XIV - P.S., 1 p. in-folio, vélin ; Paris, 31.I.1675. Petites taches brunes par endroits.                             (450.-) 300.-

Pièce signée sur ordre de Louis XIV par 11 membres du Conseil royal des Finances : le célèbre Colbert, son puissant oncle, le juriste Henri PUSSORT  (1615-1697), les conseillers PONCET, BERRYER, de MONTFORT, A. TURGOT, etc.

Par ce document (page jointe ou dernière feuille d'une pièce plus longue ?), Colbert et ses co-signataires promettent «... pour et au nom de Sa dite Majesté l'entrenuement, observation et accomplissement du contenu au présent Contract de toute délaissement et alliénation perpétuelle et incommutable aux charges, clauses et conditions y exprimées...», etc.

 

 

45.       COLBRAN-ROSSINI Isabella (1785-1845) Soprano espagnol, épouse de Rossini dès 1822 - L.A.S., 1 p. in-12 ; vers 1830. Petit manque de papier, restauré, avec perte d'un mot.                                   (850.-) 600.-

Lettre en espagnol à une amie intime dont elle attend un service : «... Mi Querida Amiga, U.[sted] sabe quanta franqueza e tenido diciendole todos mi asuntos entre estos el de mi Ermana... un español se ba mañaria y desearia mandarle alguna cosas...» ; elle sollicite l'envoi de certaines leçons (partitions ?) : «... Tiene U.[sted] la bontad de mandarme las pocas leciones que a tomado ? Perdone U. tantas incomodidades...», etc.

Isabella Colbran fut une grande interprète des premiers opéras de Rossini, avant de renoncer à la scène vers le milieu des années 1820. Son mariage avec le compositeur se termina par une séparation officielle en 1835 ; entre temps (1830), Olympe Pélissier était entrée dans la vie du musicien. Les autographes d'Isabella Colbran sont très rares !

 

 

46.       COLET Louise (1810-1876) Femme delettres française. Maîtresse de Flaubert, Musset, Vigny, etc., son Salon fut fréquenté par de nombreuses personnalités du monde littéraire - L.A.S., 1 p. in-12 datée «Mercredi», (4.VIII.1852).                                                                                               (250.-) 150.-

Réunissant chez elle quelques amis, elle espère la présence de son correspondant qu'elle n'a plus eu le plaisir de voir depuis bien longtemps... Quinze jours plus tard, l'Académie française couronnait son poème, La Colonie de Mettray.

La femme de lettres avait alors deux célèbres amants : Musset, délaissé par George Sand, avec lequel elle entretenait une relation tumultueuse, et Flaubert, l'éternel absent, venu passer un semaine auprès d'elle à l'époque où elle écrivit cette lettre.

 

 

47.       COLETTE, Sidonie Gabrielle Colette, dite (1873-1954) Romancière fr. - L.A.S., 1 p. in-4.        (750.-) 500.-

Jolie missive sur son typique papier bleu pâle, signée «Colette de Jouvenel». La romancière demande à son correspondant s'il en a terminé avec Baudinière, ce jeune éditeur dont Level, récemment rencontré aux Avants (Suisse) lui a donné «... de si mauvaises nouvelles... je tremble...». Elle sollicite l'aide de son ami dont elle attend «... les derniers tuyaux...».

 

 

48.       COMITÉ DE SALUT PUBLIC, 1794 - P.S. par 7 membres, 2 pp. in-folio ; Paris, 2.IX.1794. En-tête imprimé, avec  vignette. Petit cachet de la célèbre collection Crawford.                         (250.-) 150.-

Le Comité autorise le «... citoyen Calon, directeur du dépôt des Cartes et plans, à faire délivrer les objets ci-dessus mentionnés à la Commission de la Marine...». La liste des cartes géographiques, une douzaine, comprend aussi des planches de l'Americo et de Terre-Neuve.

Pièce signée par les conventionnels Lazare CARNOT, J. F. B. DELMAS, Joseph ESCHASSERIAUX, Antoine-François FOURCROY, Pierre-Antoine LALOY, Jean-Jacques BRÉARD et Jacques-Alexis THURIOT ; quelques semaines plus tôt, ce dernier avait contribué la condamnation à mort de Robespierre et de ses acolytes.

 

 

 

49.       CONSTANT Benjamin (1767-1830) Ecrivain vaudois, il devint chef du parti libéral français sous la Restauration - L.A.S., 1 p. in-12 ; Paris, 29.III.1828.                                                           (350.-) 250.-

A propos d'une séance de Société des Sciences morales et politiques à laquelle il tient à être présent malgré le changement de date de dernière minute. Il avait en effet «... transféré à mardi une réunion à laquelle des électeurs m'avoient fortement pressé de me rendre... Je tâcherai néanmoins de tout réunir...», etc.

 

 

50.       COROT Camille (1796-1875) Peintre et dessinateur français - L.A.S., 1 p. in-8 pleine ; Coubron, 1.VII.1873.                                                                                              (2500.-)           1800.-

Remarquable lettre artistique adressée à son élève, le peintre paysagiste établi dans les Landes, Louis Auguste AUGUIN (1824-1904), qui avait exposé quelques unes de ses toiles au Salon de 1873.

 «... J'ai bien tardé à vous parler de vos tableaux. J'ai vu La forêt, l'autre je n'ai pu le rencontrer. Le grand - La forêt - m'a paru d'une bonne tournure ; mais la couleur m'a paru manquer de finesse ; & trop de palette...». Puis, craignant sans doute de froisser Auguin, il ajoute : «... Cela me paraît ainsi à moi, qui suis lancé dans le gris ; mon opinion serait de bien chercher d'après nature les valeurs & ces finesses si adorables...», etc. Sa santé le lui permettant, il se rendra à Saint-Jean-de-Luz vers la fin du mois de septembre et ira à Bordeaux embrasser son correspondant.

Pour l'heure, Corot se trouve dans la petite ville de Coubron (Seine-Saint-Denis) où il vient de se faire construire un atelier attenant à la maison de ses amis les Gratiot. De cette région, le peintre nous a laissé une série d'études ainsi que «Cour d'une ferme», «Souvenir de Coubron», «Bûcheron et paysanne dans une prairie près d'une Saulaie», et «Le Pasteur», exposé au même Salon que les toiles de son élève Auguin.

Dans les dernières années de sa vie, Corot ira vers une limpidité des couleurs, baignant ses paysages très aérés dans une atmos-phère aqueuse que des gris brouillés mettent en relief.

 

 

51.       CORTOT Alfred (1877-1962) Pianiste et pédagogue français - L.A.S., 4 pp. in-8 pleines ; Lausanne, 22.III.1957. Enveloppe autographe.                                                   (400.-) 250.-

Longue et belle missive à son confrère et ami Pierre FOURNIER (1906-1986), le célèbre violoncelliste.

«... C'est à moi à venir vous remercier... du témoignage de confiance musicale qui m'a valu un contact si convaincant et si plein de certitudes d'avenir...» pour son nouvel élève. «... Nos deux premières rencontres m'ont révélé deux aspects également significatifs de sa nature... Le premier a trait à ses magnifiques aptitudes pianistiques et musicales, ainsi qu'au souci de rigoureuse exactitude auquel obéit la préparation des pièces qu'il m'a fait entendre...» ; le deuxième «... concerne l'évidence d'un caractère qui saura surmonter... les obstacles d'ordre matériel qui sont la rançon inévitable de l'accession à la renommée artistique...».

Un malencontreux incident à sa main droite a obligé l'élève à se concentrer sur sa main gauche et sur l'étude «... de diverses œuvres qui le maintenaient en présence du message musical et dont l'audition m'a engagé à l'orienter vers l'interprétation du Concerto de Ravel...» ; Cortot ne doute pas que son élève saura traduire «... de manière remarquable toutes les transcendantes beautés...» de la musique de ce compositeur, etc.

Beau texte d'un musicien pédagogue passionné !

 

 

52.       COUBERTIN, Pierre de (1863-1937) Initiateur des Jeux Olympiques modernes - L.A.S., 1 1/2 pp.in-8 sur cp ; (Genève, 23.XII.1934). Adresse autographe.                                                             (1500.-)           1000.-

Etabli en Suisse romande depuis 1917, méconnu dans son propre pays, ce grand pacifiste, «rénovateur» des Jeux Olympiques, répond à une dame lui ayant proposé de tenir une conférence à Lausanne : «... Hélas ! ne comptez pas sur moi. Depuis près d'un mois je sors à peine... Même remis je ne pourrais risquer en ce moment aucun déplacement oratoire. Je vous souhaite la continuation des succès qu'obtient votre effort...». Il lui envoie ses «... sentiments affectueux...».

Rare autographe de cet inventeur du C.I.O., organisme sportif supranational pouvant concurrencer les Etats sur le terrain diplomatique et éduquer les jeunes à vivre dans la paix. Lors du décès de Coubertin survenu à Genève dans un anonymat généré par l'exil volontaire et la misère, l'un des rares journalistes français qui lui rendirent un ultime hommage écrivit dans son titre : «Il n'était pas même Chevalier de la Légion d'honneur»...

 

 

53.       COURBET Gustave (1819-1877) Peintre français à l'attitude indépendante et provocatrice – Photo in-folio, avec titre et dédicace autographe signée, datée «75».                                              (5000.-)           3500.-

Magnifique photo originale (26 x 32 cm, montée sur carton de 33 x 45 cm) de la sculpture «Helvetia» qu'il réalisa durant son exil à La Tour-de-Peilz, en Suisse, au bas de laquelle Courbet a écrit le titre de l'œuvre avant de la dédicacer à son ami Burnat et d'apposer sur la droite sa signature et la date «G. Courbet - 75».

Baptisée dans un premier temps «Liberté», cette sculpture, qui sera érigée sur une place publique de la ville de Martigny, fut pour des raisons politiques modifiée en «Helvetia». Courbet avait visiblement accepté ce changement puisque c'est le nouveau nom qu'il nous livre ici.

Personnage très influent, Ernest BURNAT (1833-1922) fut l'ami et protecteur de Courbet ; ce peintre acquarelliste et architecte vaudois, constructeur entre autres d'hôtels à Vevey, Montreux et Bex, était alors un personnage très influant.

En 1874, Courbet avait été condamné comme complice de la démolition de la colonne Vendôme ; économiquement ruiné, l'accueil de la Suisse, si chaleureux fut-il, ne compensa pas la débâcle de son œuvre à Paris. Ainsi, les honneurs que des villes comme Fribourg, entre autres, lui accordèrent (c'est à cette occasion qu'il réalisa sa «Liberté») ne masquèrent pas la liquidation ignominieuse de ses œuvres en France, où tous ses biens furent déclarés saisissables... De plus, exilé, il ne vendit plus rien dans son pays ; les amateurs suisses se raréfièrent... Courbet écrivit alors : «... Quand on est dans le malheur, personne n'ose plus s'occuper de vous... Tous mes amis, personne ne bouge...». Homme aisé, Ernest Burnat fut l'un des rares à ne pas oublier l'exilé de La Tour-de-Peilz.

Exceptionnel document, digne de la plus belle collection ! [Voir illustration en couleur en dernière couverture]

 

 

54.       CREVAUX Jules (1847-1882) Médecin et explorateur français en Amérique Latine, il fut tué par les Indiens avec tous ses compagnons alors qu'il remontait le rio Pilcomayo, dans le Grand Chaco boréal -

L.A.S., 2 pp. in-8 ; Lorquin (Alsace Lorraine), 21.X.1881.                                        (900.-) 600.-

L'explorateur prépare son voyage (ce sera le dernier !) et en fait part à l'inspirateur de cette entreprise périlleuse, qu'il appelle son «cher maître» et dont il se dit l'«élève dévoué». Crevaux lui raconte en quelques lignes son projet : «... Voyage du rio de la Plata à l'Amazone, remontant le Paraguay, descendant le Tapajos fort peu connus...». L'été s'annonçant déjà dans l'émisphère Sud, il envisage de quitter la France avant six semaines afin de «... profiter des belles eaux pour remonter ce grandissime fleuve...» ; avant de partir, il ira toutefois prendre les instructions de son correspondant, etc. Les autographes de Crevaux, mort à 35 ans, sont très rares. Le contenu de ce document, parlant de ce voyage sans retour, en fait une relique particulièrement émouvante !

 

 

55.       CUMMINGS Edward Estlin (1894-1962) Poète et peintre américain - Message dactylographié, signée de son chiffre au crayon rouge, 1 p. in-12 obl. ; Silver Lake, N. H. (juillet 1953 ?). Adresse et marques postales au verso. Autographe rare.                                                                                (450.-) 300.-

A un ami officier de marine new-yorkais : «... there's an equally remote possibility that I'll enter N. Y. this September. If so, shall be delighted to see you then...». Dans le cas contraire, leur rencontre sera remise à plus tard.

Message se terminant par les quatre mots suivants (sa devise ?) dactylographiés à l'encre rouge : «Tant Que Je Puis».

 

 

56.       DAVOUT Louis Nicolas (1770-1823) Maréchal d'Empire, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl - L.S. «Maréchal - Prince d'Eckmuhl», 1 p. in-folio ; Paris, 24.III.1815. En-tête imprimé.                      (450.-) 300.-

Les CENT-JOURS ! Depuis le 20 mars, Napoléon est de retour à Paris et Davout a aussitôt repris la direction du ministère de la Guerre dans le nouveau gouvernement présidé par Benjamin CONSTANT. Il demande ici au ministre de la Marine DECRÈS de procéder à la vérification de l'authenticité de deux documents concernant «... des hommes qui ont appartenu à des Corps de Marine. C'est à Votre Excellence qu'il appartient de statuer sur la validité de ces titres...», etc.

 

 

57.       DAVY, Sir Humphrey (1778-1829) Chimiste et physicien angl., il identifia le chlore et découvrit en 1811 l'arc électrique - L.A.S. (en tête, à la 3e pers.), 2/3 p. in- ; «Sunday Ev.g». Adr. en IVe page. (600.-)        400.-

Un engagement l'obligeant à s'éloigner de la ville, Sir Davy regrette de ne pouvoir être en mesure de rencontrer Madame Beaufort lundi soir. Celle-ci était l'épouse de l'amiral et hydrographe anglais Sir Francis BEAUFORT (1774-1857).

 

 

58.       DEMIDOFF Anatole (1813-1870) Prince de San Donato, époux de Mathilde Bonap. Bibliophile et amateur d'art - 1 L.A.S. + 1 L.S., 2 pp. 8° et 4° ; (St-Pétersb., v. 1842) et Florence, 18.IV.1847.  (500.-) 350.-

Dans la première missive, prince Demidoff prie le baron Georg von LÖWENSTERN (1786-1856), officier danois au service de la Russie, de bien vouloir venir dîner chez lui à l'heure qu'il lui indique ; puis il ajoute : «... vous qui savez tout et plus encore, dites-moi de grâce si c'est aujourd'hui la fête de Sophie Démidoff, Sophie B... (non illisible), Sophie Babinsky et quelques autres...».

En 1847, il répond par la négative à l'invitation du savant anglais Robert WALKER qui aurait souhaité voir le prince Démidoff se rendre à Oxford à l'occasion de la réunion organisée par l'Association Britannique pour le progrès des Sciences.

 

 

59.       DEMIDOFF-BONAPARTE Mathilde (1820-1904) Princesse française, fille du roi de Westphalie, Jérôme Bonaparte. Elle épousa en 1841 le prince de San Donato mais une incompatibilité de caractère et un mariage resté stérile entraîna la rupture du couple en 1845. Sur ordre de l'empereur de Russie, Demidoff fit à sa femme une rente annuelle de 200.000 roubles - 3 L.A.S., 4 pp. in-12 ; en-têtes à sec.         (450.-) 300.-

A divers destinataires. Elle demande l'adresse du ministre Achille FOULD qu'elle a «... trouvé charmant...» ; elle déclare avoir repris ses bonnes habitudes : «... je reste tous les soirs chez moi... charmée de vous revoir...» ; enfin, un 30 juillet, elle dit avoir fait tout ce qui est en son pouvoir «... pour assurer votre espérance. Vous serez parti, et je me réjouirai fort de votre réussite...».

Joint : Photo imprimée du buste qu'on fit faire d'elle par Hiram Powers en 1846 («Princess Mathilde Demidoff di San Donato»).

 

 

60.       DESAIX Louis (1768-1800) Général français - L.A.S., 1 1/2 pp. in-folio ; Schifferstadt (Bavière), 9.II.1794. En-tête imprimé de l'Armée du Rhin avec vignette  révolutionnaire.                        (1200.-)           800.-

Longue et belle lettre militaire à son supérieur, le général en chef Claude Ignace MICHAUD (1751-1835) qui venait de remplacer Pichegru à la tête de l'armée du Rhin.

Agé d'à peine 27 ans, et déjà général de division, la fougue juvénile porte si naturellement Desaix au combat que toute occasion lui paraît bonne pour provoquer les Autrichiens ; cette lettre renseignant Michaud sur les derniers événements en est un témoignage : «... voulant avoir des nouvelles de l'ennemi, je suis parti hier matin avec 60 chasseurs à cheval du 8e pour pousser sur Mutterstadt, Maudach et Oggersheim. Arrivé en avant du 1er village, j'ai rencontré un détachement de trente hussards autrichiens escortant des voitures, des chevaux qu'ils avoient enlevé dans les villages... Nous les avons mis en fuite et enlevé les voitures et chevaux qu'ils avoient pris...». Poursuivant sa chevauchée à la tête de ses chasseurs, Desaix est parvenu au village d'Oggersheim, au Sud-Est de Mannheim, poste que l'on croyait inattaccable, car non seulement «... fermé de murailles et d'un bon fossé...», mais défendu par une centaine d'Autrichiens : «... connaissant la bravoure des Français, la terreur des ennemis à leur aspect, j'ai fait charger vigoureusement et ai vu bientôt les ennemis se sauver à toutes jambes...». Ainsi, a-t-il capturé des prisonniers et récupéré des chevaux et des bœufs, s'est-il saisi du vin et de «... beaucoup d'autres objets précieux. Je suis bien fâché de voir les ennemis si lâches. Depuis quelques jours je les attaque avec des détachements peu forts, sûr que la victoire sera pour la bravoure...», etc. Il espère que Michaud approuvera la récompense accordée aux vaillants combattants : «... j'avois pris sept tonneaux de vin... chaque soldat a eu une bouteille... et l'a bue à la république...» !

 

 

 

61.       DESBORDES-VALMORE Marceline (1785-1859) Femme de lettres française - L.A.S., 3 pp. in-8 gr. ; Paris, 20.V.1845. Adresse sur la IVe page.                                                             (500.-) 350.-

Elle recommande à sa correspondante de recevoir «... avec un jugement sans rigueur...» le livre d'un jeune auteur qu'elle a connu presque enfant et qui «... garde encore la croyance que je ne suis pas ce qu'il y a de plus inutile au monde... J'ai depuis longtemps... le plus vif désir de vous voir, car vous me donnez le bonheur de vous lire quelquefois, ce qui m'a été bien doux durant l'un des hivers les plus affligés de ma vie. Ma plus jeune fille alitée sept mois m'a retenue avec de... profondes angoisses. J'en suis courbée, mais depuis quelques jours elle me redonne la vie en y revenant elle-même...», etc.

 

 

62.       DESTINN Emmy (1878-1930) Soprano tchèque, grande interprète des œuvres de Mascagni, Leoncavallo, Wagner et Puccini, etc. - Photo signée, 8° ; (Bayreuth), 1903.             (600.-) 400.-

Splendide image en buste (cliché W. Höffert, Berlin) portant, dans la marge inférieure du support, le texte imprimé suivant : «Fliegender Holl-nder - Bayreuther Bühnenfestspiele» (1901/1902). La jeune cantatrice, représentée ici en costume de Senta, rôle du «Vaisseau Fantôme» qui venait de la révéler, a signé de son nom complet suivi de «Senta, 1903».

On doit à Cosima Wagner le choix d'Emmy Destinn (1901) pour interpréter ce rôle à Bayreuth où l'opéra n'avait pas été joué du vivant du compositeur.

 

 

 

63.       DIDIAN, Ohanès Bey (1798-après 1860) Haut fonctionnaire turc issue d'une famille arménienne de Constantinople, il dirigea la poudrière impériale d'Azadlé, sur la mer de Marmara - L.S. «Ohanés Didian», 2 1/2 pp. in-4 ; Constantinople, 20.X.1836. En IVe page, adresse et deux cachets postaux de désinfection dont un de cire rouge.                                                                                        (600.-) 400.-

Chargé par le Sultan Mahmoud II de réorganiser les poudrières d'après le système européen, Dadian fit plusieurs voyages en France et en Angleterre à la suite desquels il introduisit de notables améliorations dans toutes les branches du service.

Au retour de l'un de ces voyages, il annonce au chef d'escadron Aimable PÉLISSIER (1794-1864) - le futur maréchal de France qu'il paraît avoir connu lors de l'expédition de Morée (1828), - son arrivée à Constantinople «... sain et sauf... Après avoir fait un voyage aussi court que moins désagréable, nous avons souffert seulement dans l'Allemagne, soit des voitures, soit des Douanes et tout cela faute de parler la langue du pays...». Il demande des nouvelles de l'officier, de sa famille, se disant bien fâché «... de n'avoir pas eu l'honneur de passez chez Monsieur Votre Père comme je lui avais promis...». Pierre PÉLISSIER (1773-1847) dirigeait en effet depuis 1823 la poudrière du Bouchet, près d'Arpajon, établissement qui n'aurait pas manqué d'intéresser le haut fonctionnaire turc en quête de nouveautés dans le domaine...

Il est encore question de son fils Arakel (n. 1820) qui semble avoir accompagné son père dans son voyage en Europe, et du financier suisse J. G. EYNARD (1775-1863), voué à la cause de l'indépendance hellénique.

La Turquie doit à Didian Bey la création de nombreux établissements industriels pour le compte de l'Etat, comme la fonderie de canons de Zeïtoun-Bournou, la tannerie de Beïcos, la fabrique de draps de Nicomédie, etc.

 

 

64.       DOLLFÜSS Engelbert (1892-1934) Homme d'Etat autrichien. Chancelier en 1932, il voulut faire de l'Autriche un Etat chrétien et autoritaire. Il fut assassiné par les Nazis - Photo in-4, signée et datée «21.X.33» dans sa marge inférieure blanche. Rare.                                                             (1200.-)           800.-

Magnifique portrait officiel, cliché sépia du photographe viennois Fayer qui l'a signé au crayon. Le Chancelier y est représenté en buste, de face, peu après son élection du 20 mai 1932, remportée de justesse (une seule voix). De sa main, le Chef du gouvernement autrichien a tracé la date avant d'apposer sa signature précédée de sa nouvelle fonction : «Kanzler Dr. Dollfüss».

Neuf mois plus tard (25.VII.1934), il était assassiné dans la Chancellerie par des groupes nazis ; en 1933, il avait interdit les partis hitlériens.

 

 

65.       DORÉ Gustave (1832-1883) Dessinateur, graveur et peintre français - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 datée «Vendredi 7» (Paris, vers 1878/80 ?).                                                                      (800.-) 500.-

Belle lettre à un poète dont Doré vient de recevoir les beaux vers louant son art.

«... Il m'arrive bien rarement de voir comprendre dans mes dessins le côté que vous y avez si nettement saisi ; le paysage, l'horizon, le rêve...» ; en général, les gens «... ne se frappent que du Drame matériel, que de l'action toute brutale des personnages et me font le récit de ce qui s'y passe comme si je ne le savais pas...» ; c'est pourquoi il le félicite «... du talent qu'il y a dans cette page que vous me dédiez ; vos vers montrent bien...» les qualités de leur auteur auquel Doré ira exprimer de vive voix le plaisir qu'il a éprouvé à leur lecture : «... Quand serez-vous de retour à Paris ? Je souhaite de n'être pas parti à mon tour. Je compte aller dans le Tyrol et dans le nord de l'Italie à la fin de ce mois...», voyage dans les Alpes d'où il rapportera de nombreuses toiles et dessins de qualité.

 

 

 

66.       DORVAL Marie (Lettre à) - L.A.S., 1 p. 8°, de l'écrivain Emile SAINT-HILAIRE (1796-1887). Adresse autographe sur la IVe page. Petite fente dans la marge supérieure.                   (350.-) 200.-

Actrice, interprète du drame romantique et maîtresse d'Alfred de Vigny, Marie Dorval ne manquait pas d'admirateurs. Dans cette missive, adressée à «Madame Dorval - 20 rue de la Paix - Paris», Saint-Hilaire s'invite chez la «... Belle des belles... avec mon docteur Blanche... sachant de quel cœur on est reçu dans votre pays. Quant à moi, campagnard, je vous aime et, vrai dieu ! je vous embrasserai demain...».

Court post-scriptum ajouté par l'aliéniste Esprit BLANCHE (1796-1852) et signé «Votre amoureux - Blanche».

 

 

 

67.       DROVETTI Bernardin (1775-1852) Diplomate, archéologue et voyageur italien. Consul général de France en Egypte, il fit d'importantes fouilles à Thèbes et à Memphis - L.A.S., 1 p. in-4 ; Toulon, 8.V.1803. Adresse et marques postales sur la IVe page.                                                         (1500.-)           1000.-

Napoléon venant de le nommer consul en Egypte, Drovetti s'a