1. ALARD Delphin (1815-1888) Violoniste français, maître de Sarasate - L.S. avec d'autres, 1 p. in-folio ; Paris, 22.X.1857. En-tête imprimé. (300.-) 200.-
Successeur de Baillot comme professeur de violon au Conservatoire de Paris, Alard signe ici, en tant que membre du Comité des Etudes, une très belle lettre de félicitations en faveur de son confrère Ernest DELDEVEZ (1817-1897). Ce dernier venait de publier un excellent ouvrage «... consistant en un choix de morceaux tirés des œuvres des grands violonistes-compositeurs des XVIIe et XVIIIe siècles, avec parties concertantes ajoutées au texte original et réalisées pour Violon et Piano...», etc.
Parmi les nombreux musiciens ayant apposé leur signature autographe au bas de ce document, citons Daniel AUBER, From. HALÉVY, Ambroise THOMAS, Michele CARAFA, Gustave VOGT, Ant. PRUMIER, J. F. GALLAY, J. G. KASTNER, Lambert MASSART, etc. Très belle réunion de signatures d'illustres musiciens et violonistes !
2. ALBANI Emma (1847-1930) Soprano canadien, l'un des plus célèbres de son temps - L.A.S., 2 pp. in-12 ; «Mardi». En-tête à son chiffre, agrémenté d'un dessin représentant une harpe. (250.-) 150.-
Elle trouve le critique musical Pierre VÉRON «... bien indulgent...», le remercie pour toutes les amabilités et les articles flatteurs qu'il lui a consacrés et lui annonce que «... Les répétitions de la Linda [de Chamounix, de Donizetti] m'occuperont un peu la semaine prochaine...», etc.
Après son extraordinaire succès au Covent Garden en avril 1872, la cantatrice avait été engagée à l'Opéra Italien de Paris pour la saison 1872/73.
3. ALI PACHA, Méhémet-Emin, dit (1815-1871) Homme d'Etat turc, plusieurs fois président du Conseil et grand vizir. On lui doit l'application du célèbre hatt-i-houmaïtoun en faveur des Chrétiens, en 1852 - L.S. (avec 1/2 p. autographe), 2 pp. in-8 ; Constantinople, 16.VI.1869. En-tête du Grand Vézirat. (750.-) 500.-
Curieuse lettre «confidentielle» adressée à M. de Salve, à Galata-Séray, à la suite de nombreuses plaintes qui lui sont parvenues. Le Grand vizir s'inquiète des «... insuffisances et de la mauvaise qualité de la nourriture...» servie aux élèves du Lycée Impérial local dont l'économe grec fait preuve «... d'un mauvais vouloir insigne contre tout ce qui n'appartient pas à sa propre nationalité...». Il prie son correspondant de bien vouloir remédier sans tarder à cet état de choses et lui précise qu'il reste dans l'attente de connaître la décision qu'il prendra, car il craint que cette affaire ne dépopularise «... une œuvre que je considère comme appelée à contribuer à la régénération de mon pays...».
Ali Pacha ajoute de sa main un post-scriptum de neuf lignes, suite à un rapport de police qui lui est parvenu : «... un certain grec nommé Janni est de très fâcheux antécédents sous le rapport de moralité [et] abuse des fonctions d'interprète du Lycée en débauchant les jeunes élèves et en les conduisant là où ils ne doivent pas mettre le pied...» ; il exige que soient prises les mesures nécessaires. [TURQUIE : Voir aussi les numéros 6, 100, 110, 260, 264 et 276]
4. ANCIEN RÉGIME - Ensemble de documents anciens portant quelques signatures autographes, XVIe/XVIIIe siècles. Papier et vélin. Pièces jointes. (300.-) 200.-
Lettre de 1564 en copie, adressée à «Messieurs de la ville de Dôle», d'une écriture rapide, simplifiée - L.A.S. d'un noble de Montluc concernant des affaires que traitent le frère Grek et le marquis de Foudras (1759) - Pièce signée «Louis» en 1775 par le secrétaire de la main de Louis XVI, contresignée par le ministre SARTINE et signée par d'autres dont L. J. M. de Bourbon, duc de PENTHIÈVRE (1725-1793).
Joint : quelques feuilles de papier vierge avec filigranes anciens.
5. APOLLINAIRE Guillaume (1880-1918) Poète français d'origine italienne, il fut l'un des initiateurs les plus perspicaces de l'art moderne - Manuscrit autographe, 1 p. in-8. (2200.-) 1600.-
Ce feuillet légèrement bruni et aux bords irréguliers semble avoir longtemps traîné dans les poches du poète ; celui-ci y a noté un bref résumé de cinq ou six curieuses histoires ou pensées sur l'Amour (faits divers réels ou sortis de son imagination ?). Il note par exemple : «Mariage de prêtre : pour convertir la femme et pour la rendre heureuse, il sacrifie son salut et l'épouse. Elle est enceinte...» ; ou encore, à propos d'une «Pièce» qu'il intitule «La pudeur» : «peintre - modèle - déshabillage - amour - pudeur - rhabillage».
Plus bas, il est question de «... deux sacrifices. Le mari se crève les yeux pour conserver le souvenir de la beauté de sa femme et la femme se défigure pour rassurer définitivement la jalousie du mari...», etc.
6. ATATÜRK, Mustafa Kemal (1881-1938) Général et homme d'Etat turc, président de la République dès 1923, après l'abolition du Sultanat - Manuscrit autographe, 1 p. in-folio, crayon. Vers 1927. (4500.-) 3000.-
Exercice d'écriture latine en vue de l'abolition (1928) des caractères arabes !
Document exceptionnel provenant des archives du célèbre ethnologue suisse Eugène PITTARD (1867-1962). Ami personnel du «père» des Turcs, le savant et son épouse Hélène furent les hôtes privilégiés d'Atatürk à Ankara ; la discussion fut portée sur le procès de modernisation de la nouvelle République et sur la barrière que constituaient la langue et l'écriture arabes au rapprochement de la Turquie à l'Europe.
A cette occasion, les Pittard tracèrent sur une feuille des mots et des noms («biologie», «archéologie», «Hittite» et «Israël»), afin que le Président turc leur en donne l'équivalent en caractères latins selon la prononciation turque. Pour le mot «biologie», Atatürk propose différentes solutions phonétiques : «bi + ologie», «biy», «büy», etc. ; pour «Hittite», c'est «ig + it + ig + it + eg», etc. Le nom d'«Israël», qui s'écrit «ig + is +er + ag + eg», est quant à lui suivi des mots «Yahudi» et «Yakutig» (?).
Précieuse relique témoignant de l'amitié qui liait la Suisse à la Turquie. Rappelons que dès 1926 le Droit civil suisse, adapté aux nécessités propres au pays, avait été introduit dans la législation turque !
Le professeur Pittard publiera en 1931 «Le visage nouveau de la Turquie».
7. BALDWIN James (1924-1987) Romancier américain, il vécut plusieurs années à Paris, ville qui servit de décor à son second roman, Giovanni's Room. Fils d'un pasteur noir, il prêcha lui-même à Harlem - PHOTO signée, 4°. Autographe rare. (500.-) 350.-
Magnifique portrait de profil, en noir et blanc, des années 1975/1980. Cliché original du Guardian de Londres.
8. BALSEMÃO, Luis Pinto de Sousa Coutinho, vicomte de (1735-1804) Diplomate et ministre portugais, ancien capitaine et gouverneur général du Mato Grosso, au Brésil - P.S., 2 1/2 pp. in-folio ; Lisbonne, 3.III.1794. (3000.-) 2000.-
Document historique !
«Artigos das Condiçoens, comque a Corte de Portugal aceita a tregua ajustada por tempo de hum anno entre Hamuda Barà Dey do Reino de Tunes, et Sr Perkins Magra... Encarregado dos Negocios de Sua Mag.e Britanica... segundo a Convençao trocada no primeiro de Janeiro de 1794...».
Parmi les cinq points développés dans ce document, notons celui relatif à la liberté qu'ont les bateaux portugais de naviguer dans le détroit de Gibraltar et dans l'Océan atlantique et l'interdiction qui est faite aux «Corsarios Tunezinos» d'approcher «... a menos de duas Legoas distantes das Costas do Reino de Portugal, e das Ilhas dos Assores, Madeira, e Cabo Verde, e por neuhum modo se poderao estacionar de fronte, ou a vista dos Portos...».
Il ne sera fait aucun obstacle à la liberté de navigation des bateaux de commerce transportant des marchandises manufacturées au Portugal «... ou das suas Colonias, e Conquistas...», dont le Brésil était alors le plus important.
Le document souligne que seule l'acceptation des différentes conditions qu'il propose permettrait au Portugal de ratifier la trève mise au point par les Anglais à Tunis. [BRÉSIL et PORTUGAL : Voir aussi les numéros 38, 66, 200, 201 et 241]
9. BANER Johan G. (1596-1641) Célèbre feld-maréchal suédois, engagé dans la guerre de Trente Ans - L.S., 1 p. in-folio ; Leutmarien (?), 13.II.1640. Adr. et petit sceau à ses armes sur la IVe page. (1200.-) 800.-
A un officier supérieur suédois en poste dans la Hinter-Pommern, à Stettin, pour l'informer des dispositions qu'il a prises afin de permettre à son conseiller Lillieströhm d'encaisser ce qui lui est dû pour diverses charges dont son «... General Gouverneurs tractament...», soit 3000 Reichsthaler, etc. Commandant en chef de l'armée suédoise en 1634, Baner avait remporté de nombreux succès, notamment la bataille de Chemnitz (Saxe) en 1639, et conquit la Bohême l'année suivante.
10. BARDE Charles (1803-1878) Pasteur genevois, il se consacra à l'instruction religieuse et présida le Comité des missions évangéliques - L.A.S., 4 pp. in-8 ; Genève, 27.II.1863. Pièce jointe. (400.-) 250.-
Longue missive à un «frère» qui aurait souhaité pouvoir rendre quelques services à une dame vivant en Algérie, laquelle reçoit déjà les «consolations» de la religion. Barde s'est entretenu à ce propos avec différentes personnes, dont le pasteur Jean-Frédéric ASTIÉ (1822-1894), professeur à la Faculté de l'Eglise libre à Lausanne : «... Nous sommes heureux que sa collecte ait aussi bien réussi et il paraît espérer qu'elle contribuera à remettre à flot cet utile établissement...», etc.
On joint une L.A.S. de 3 pp. in-8 de Jean-Louis NAVILLE-TODD (1812-1895, éducateur et député conservateur genevois) au même pasteur. Datée de Genève le 17 mars 1863, cette missive concerne un nommé Baumann «... de la Suisse allemande, qui il y a 4 ou 5 ans a dû remplir quelques fonctions religieuses dans votre église protestante d'Algérie...» ; une société s'occupant de l'évangélisation dans le Canton s'intéresse à lui. Naville-Todd, qui a vu «... avec grand intérêt cet hiver... à son retour de Suisse, Mr le Pasteur Astié de Mostaganem...», envoie ses amitiés au Pasteur Cogni, espérant qu'il aura conservé quelque souvenir de lui et de sa visite à Alger en 1855.
11. BEAUHARNAIS, Claude, Comte de (1756-1819) Officier français, sénateur dès 1804. Fils de Fanny et père de Stéphanie de Bade - L.S., 1 p. in-4 ; Paris, 23.III.1806. En-tête gravé à son nom. (300.-) 200.-
Cousin de l'impératrice à laquelle il doit tous ses honneurs, le «Sénateur Beauharnois» intervient en faveur de Monsieur Devilliers, un officier «... que je connois beaucoup et dont les propriétés sont proches des miennes, dans le département de la Vendée...».
12. BEAUHARNAIS, Eugène de (1781-1824) Vice-roi d'Italie, fils de Joséphine, adopté par Napoléon Ier - Deux L.S., 4 pp. in-4 ; Laybach et Vérone, 1813. (300.-) 200.-
Belles lettres militaires adressées au général Grenier pour lui faire part de ses projets de défense du Tyrol et lui transmettre des nouvelles reçues du général Mermet à propos de certains mouvements de l'artillerie ennemie : «... Vous voudrez donc bien donner les ordres en conséquence...».
13. BEAUHARNAIS, Eugène de - P.S. «payé ce 12 janvier [1810] - E. N.», 2 pp. f°. En-tête. (2000.-) 1500.-
FACTURE émise par «FRIESE et DEVILLERS - Joailliers Bijoutiers de leur Majestés le Roi et la Reine des Deux-Siciles - Rue du Bacq n° 1...» suite à une livraison du mois de décembre 1809 «... à S. A. I. le Prince Eugène Napoléon...» d'une étonnante série de plusieurs dizaines de bijoux pour un total de plus de 64.000 francs !
La date de cette facture pourrait laisser supposer que ces objets furent utilisés comme cadeaux de fin d'année. Les prix de ces bijoux varient de 24 francs pour un «... cachet en cornaline...», à 3000 francs pour «... une paire de Boucles d'oreilles poires entourés de Brillants...» en passant par une «... boétie d'or...» payée 500 francs ; une «... Parure complette en Turquoises et Brillants...» coûta à Eugène la somme de 30.000 francs ! Le document se termine par deux notes autographes signées, l'une des joailliers donnant reçu du paiement, l'autre du prince Eugène qui a noté : «Payé ce 12 janvier - E. N».
Magnifique document pour le nombre important et la variété de pièces décrites (parures, boîtes, croix en rubis et en brillants, cachets, boucles d'oreilles, colliers, plaques, médaillons, bracelets, boutons de manche, etc., etc.) mais aussi pour le bel en-tête gravé aux armes des souverains des... Deux-Siciles, ennemis de l'Empire napoléonien.
14. BEAUHARNAIS, Fanny de (1738-1813) Femme de lettres française, tante de l'impératrice Joséphine, son Salon fut le rendez-vous d'une société choisie - L.A.S., 1 p. in-4 ; (Paris), 15.III.1806. (600.-) 400.-
Au comte Félix de Saint-Martin de LA MOTTE (1762-1818), botaniste et littérateur piémontais nommé par le Consul Bonaparte préfet du Dépt. de la Sésia, puis Sénateur en 1804.
Fanny de B. aurait vivement souhaité la présence de son correspondant, homme de vaste culture, à une soirée organisée par le Cercle harmonique : «... j'aurais attaché un prix infini à devoir à votre obligeante influence le local de la rue du bac auquel aspirait cette belle réunion de talents...» ; la confiance qu'elle lui voue lui serait précieuse car si Mr Roitier se refuse «... à entrer en pourparler avec ces Messieurs sur les conditions... qu'il mettrait à son consentement, rien de ce que j'espérais ne sera réalisé...», etc.
15. BELLINI Vincenzo (1801-1835) Compositeur italien dont la pureté de la mélodie et la richesse du lyrisme ont fait le durable succès des opéras : La Somnambule, Norma, Puritains, etc. - MUSIQUE autographe, 2 pp. in-4 obl. ; (Naples, vers 1818/20). (8000.-) 6000.-
A 17 ans déjà, Bellini était l'auteur d'ouvrages de musique religieuse (son Magnificat, notamment, date de 1818), de cantates et de mélodies. Les deux faces de cette feuille sont remplies d'une vingtaine de portées sur lesquelles le musicien a tracé un long extrait de son célèbre Dixit Dominus. Composé à l'époque où le musicien suivait ses études au Conservatoire de Naples, ce fragment d'environ 250 mesures de la partie de hautbois du Psaume 109 est un premier jet portant quelques corrections et rajouts, ainsi que les indications musicales «Allegro» et «Più mosso».
Le manuscrit incomplet de cette œuvre, restée inédite, fait aujourd'hui partie des archives du Conservatoire de Naples.
Selon le musicologue Francesco Pastura, qui fut longtemps directeur du Museo Belliniano de Catane, la partition complète du Dixit Dominus devait être jointe à celle du Magnificat, composé dans les mêmes années, et l'ensemble fut exécuté à l'occasion de quelques vêpres solennelles.
Les autographes (feuilles musicales ou lettres) de Bellini, mort à l'âge de 34 ans, sont très rares. [Voir l'ill. en couverture]
16. BERLIOZ Hector (1803-1869) Compositeur français - L.A.S., 1 p. in-8 ; «Samedi» [Paris, 27.V.1837]. Adresse autographe et cachets sur la IVe page. (3000.-) 2000.-
Lettre de jeunesse, adressée au musicologue Auguste BOTTÉE de Toulmon (1797-1850), bibliothécaire du Conservatoire de Paris dès 1831, relative à un service que le compositeur souhaiterait rendre à une amie, Louise BERTIN, dont l'opéra Esmeralda avait été un fiasco en 1836, contre toute attente de Berlioz et de Liszt qui avaient été très favorablement impressionnés par la musique de cette dame.
Bottée ayant demandé une copie de «... la partition pour la Bibliothèque, ... [Mademoiselle Bertin] ne sait pas si vous entendez qu'elle la fasse copier à ses frais. Dans ce cas l'affaire souffrirait quelques difficultés ; écrivez-moi...», etc.
Notons que la révolution de 1848 ayant fait perdre la raison à Bottée de Toulmon, celui-ci laissa à la Bibliothèque, qu'il avait dirigée 17 ans durant, d'importantes copies d'œuvres musicales exécutées par son ordre sur des ouvrages rares.
Lettre non répertoriée dans la Correspondance générale d'Hector Berlioz éditée par Frédéric Robert en 1975.
17. BERLIOZ Hector - Dédicace A.S. sur la page de titre de son ouvrage «Voyage Musical en Allemagne et en Italie», deux volumes réunis en un ; Paris, 1844. Légères rousseurs. Reliure XIXe, dos cuir avec nerfs et pièce de titre. (3500.-) 2500.-
Précieux exemplaire non rogné de la première édition de ce recueil de «Mélanges et Nouvelles» que Berlioz fit paraître chez Jules Labitte vers la fin du mois d'août 1844. La dédicace autographe, dont l'encre a légèrement bavé par endroits, est tracée d'une main rapide sur le faux titre : «A Mr Lagrange (ou Legrand ?) - Témoignage d'amitié de l'auteur - H. Berlioz».
Au-dessous, sur la gauche, signature d'un ancien bibliophile («C. Theuveury» ?), lequel a ajouté au volume deux imprimés : un long article de journal de Jules Janin de 1869 intitulé «Les Mémoires d'H. B.», et un poème d'A. Deschamps «A Berlioz - Apothéose des Victimes».
18. BERTON Henri (1766-1844) Violoniste et compositeur français - Sept autographes (5 L.A.S. ou P.A.S., 1 P.A., 1 L.S.), 9 pp. in-4 ou in-8 ; Paris, vers 1810/1822. Portrait gravé joint. (800.-) 500.-
Intéressant ensemble de lettres et documents autographes de l'illustre violoniste qui se dit dans l'un de ces papiers - une feuille autobiographique de 1816 -, «... Professeur de Composition et Membre du Comité d'Enseignement depuis la Création du Conservatoire 16 thermidor an 3 - Pendant 8 ans Violon à l'orchestre...» ; l'on y apprend aussi que sa véritable année de naissance est 1766, et non 1767 comme l'indiquent la plupart des dictionnaires.
Parmi les autres pièces : 1) message A.S. de PAER avec réponse A.S. de BERTON disant son immense estime pour le musicien italien ; 2) lettre à SARRETTE sur la représentation de la Lyonnaise ; 3) une importante missive de 1816 où il fait état de ses engagements et de ses droits hérités depuis l'époque de Louis XVI ; 4) longue et intéressante lettre (1822) où Berton se fait l'apologiste du métronome de MAELZEL, «... ce petit instrument est parfait. Il est calculé sur le temps horaire... Il divise les temps en rondes, blanches, noires ou croches, à volonté. Il est très solide... et surtout peu coûteux... et vouloir ravir à Mr Maëlzel le mérite de son invention serait aussi injuste que de vouloir nier que le célèbre BREGUET soit l'inventeur de plusieurs de ses chefs d'œuvres d'horlogerie...», etc., etc.
19. BIZET Georges (1838-1875) Compositeur français - L.A.S., 1/2 p. in-8 ; [Paris, 1866]. (2000.-) 1500.-
Brève missive à un «cher ami» (son librettiste Jules ADENIS) pour le prier de bien vouloir passer jeudi à 1 heure «... chez votre cher collabo[rateur]...» car «... il faut en finir...», ces quatre mots étant vigoureusement soulignés.
La rencontre devait se faire à trois (Bizet, Adenis et Saint-Georges) et apporter la touche finale au texte de La jolie fille de Perth dont le livret ne satisfaisait pas totalement le jeune compositeur. Cet opéra en 4 actes créé avec quelque retard au Théâtre-Lyrique le soir du 26 déc. 1867, remporta à la première un grand succès, plus que tout autre opéra de Bizet donné de son vivant.
20. BLÉRIOT Louis (1872-1936) Pilote et constructeur français d'avions - PHOTO signée avec quelques mots de dédicace, 12° obl. (2000.-) 1400.-
Superbe photo originale nous montrant Blériot, en tenue d'aviateur, debout dans son monoplan Blériot-XI, saluant de sa main droite une petite foule venue l'acclamer (avant son envol pour la traversée de la Manche, le 25 juillet 1909 ?). Voir reproduction.
21. BOIELDIEU François Adrien (1775-1834) et Luigi CHERUBINI (1760-1842) Compositeurs - Pièce signée par les deux et par trois autres, 2 pp. in-4 ; Paris, 27.III.1802. Petite tache brune au coin inférieur gauche. Cachet en tête. (500.-) 300.-
L'«... inspecteur du Conservatoire de musique...» CHERUBINI, le «... membre dudit Conservatoire...» BOIELDIEU, et l'«... auteur et professeur de musique...» Louis Emmanuel JADIN (1768-1853) s'engagent auprès de Madame DUHAN «... tenant le magasin de musique et d'instruments boulevard Montmartre N° 1050 aux deux lyres...» à composer et rédiger pendant une année un journal de chant italien et français «... contenant romances, cavatines, canons et petits duos...», dont les textes seront rédigés par l'auteur dramatique Charles de LONCHAMPS (1768-1832). Ce contrat nous livre une foule de détails précieux relatifs au journal en question, aux manuscrits à fournir, aux rémunérations et à leur répartition, etc.
A côté des signatures de Cherubini, Boieldieu et Jadin, Charles Lonchamps et Jeanne-Elizabeth Duhan ont ajouté les leurs précédées chacune des mots autographes «approuvé l'écriture» pour acceptation des clauses du contrat.
22. BONAPARTE Jeanne (1861-1910) Fille de Pierre-Napoléon B., onzième enfant du prince de Canino. Epouse du marquis de Villeneuve, député corse et majoral du félibrige - L.A.S. «Jeanne», 4 pp. in-8 ; Paris, 17.III.1882. Papier de deuil avec couronne princière. Enveloppe. Pièce jointe. (450.-) 300.-
Belle et longue lettre à son neveu William BONAPARTE-WYSE (1826-1892) qui fera bientôt découvrir au marquis de Villeneuve le mouvement félibréen.
La jeune princesse, qui venait de perdre son père, nous livre quelques détails relatifs à sa famille et évoque son mariage, fixé au 22 mars, auquel elle convie son destinataire : «... Je ne vous écrirai pas longuement car je compte bientôt sur une bonne causerie de vive voix avec mon grand frère...» (William B.-W.). Puis, plus loin : «... Et l'Epithalame ? J'espère qu'il n'a pas vu le feu et que nous pourrons bientôt l'admirer. Embrassez Ellen et Napoléon...».
Sur l'enveloppe jointe figure l'adresse ainsi libellée : «Monsieur - Bonaparte-Wyse - 29 Rue Breteuil - Marseille» ! [A ce sujet, voir le numéro suivant, Louis-Lucien Bonaparte]
Joint : carte de visite autographe du marquis de VILLENEUVE, «Ancien Député», répondant le 19 octobre 1910 au message de condoléances († de Jeanne) de l'un de ses neveux Bonaparte-Wyse.
23. BONAPARTE Louis-Lucien (1813-1891) Linguiste et chimiste distingué, il était le 10ème enfant du prince de Canino. Napoléon III le nomma sénateur en 1852 et prince en 1856 - L.A.S., 1 p. in-8 ; Londres, 8.X.1888. En anglais. (3000.-) 2000.-
Nous pourrions qualifier ce document d'historique puisqu'il apporte la preuve que Napoléon III n'a JAMAIS autorisé les descendants de Thomas WYSE à ajouter à leur nom celui de Bonaparte !
Depuis l'Angleterre où il s'était installé après la chute du Second Empire, le prince Louis-Lucien s'adresse à son petit-neveu Lucien BONAPARTE-WYSE (1868-1903), affirmant solennellement qu'il refusera de le rencontrer «... if you do not promise me, by letter, to renounce sincerely to subscribe yourself in future, or to take the name of Bonaparte-Wyse instead of simply Wyse...» ; il souligne en effet que l'Empereur Napoléon III «... did never recognise to Capt. W. Wyse, your father, the name of Bonaparte ; and I have too much respect for the memory of my late dear Cousin to contradict his wishes...».
Dans son ouvrage «Le Sang des Bonaparte», le généalogiste Valynseele déclare que si, à sa connaissance, aucun décret «... sous le règne de Napoléon III... [autorisa] la postérité de Sir Thomas Wyse et de la princesse Letizia... à porter le patronyme de Bonaparte-Wyse...», il s'agissait-là cependant «... d'une habitude... tacitement admise sous le Second Empire...».
Cette lettre en est un démenti formel. [Voir le numéro 22, Jeanne Bonaparte-Villeneuve, qui prouverait le contraire]
24. BONAPARTE Lucien (1775-1840) Ministre et ambassadeur du consul Bonaparte dont il avait favorisé la prise du pouvoir en 1799. Exilé à Rome, il obtint du pape Pie VII le titre de prince de Canino - P.A.S., 1/2 p. in-4 ; Canino, 10.II.1821. (1500.-) 1000.-
Important document relatif au mariage de sa fille, la princesse LETIZIA, avec le diplomate irlandais Thomas WYSE (1791-1862), qui devait avoir lieu un mois plus tard. Dans ce document, le prince de Canino «... déclare rester chargé de solder le payement du loyer de Viterbe que j'ai constitué en Dot à D. Letizia ma fille ; et j'entends que cette obligation sous seing privé ait le même effet que si elle était contenue dans l'acte matrimonial...».
25. BONAPARTE Lucien - L.A.S., 2/3 p. in-4 ; Canino, 20.XI.1821. En IVe page, adresse et beau cachet de cire noire aux armes princières. (900.-) 600.-
Quelques mois après la mort de son frère NAPOLÉON Ier (ce qui explique la cire noire du cachet), le prince de Canino s'adresse à son «... cher Beau-fils...» Thomas WYSE (1791-1862), le diplomate irlandais devenu l'époux de la princesse Letizia le 4 mars 1821. Il s'agit-là de l'une des toutes premières lettres de Lucien B. à son gendre, alors que les jeunes mariés filaient encore le parfait amour : «... je vois avec un vif plaisir que Letizia répond à mon attente ; embrassez-la bien pour moi... Vous faites fort bien de voir la bonne Société et de ne pas vous isoler...». Les époux sont attendus à Canino, mais il faut auparavant «... que Letizia se dépêche de vous faire Papa...». Lucien envoie «... mille choses au Cardinal Fesch ; il sera bien qu'il baptise votre fils ou fille...».
Le 6 janvier 1822, Letizia mettait au monde un garçon qu'elle prénomma Napoléon, peut-être en souvenir de son illustre oncle mort l'année précédente à Sainte-Hélène...
26. BONAPARTE Marie (1882-1962) Psychanaliste française, petite-nièce de Napoléon Ier, elle contribua à faire connaître l'œuvre de Freud en France - L.A.S. «Marie», 1 p. in-12 obl. ; St Cloud, 1919. En-tête à son chiffre couronné. (350.-) 250.-
Echange de vœux avec son cousin anglais André Bonaparte-Wyse. «... Many thanks... and all my wishes for you and all your children...». André était le fils de William Bonaparte-Wyse, poète et membre du mouvement félibréen.
27. BONAPARTE, Napoléon Ier (1769-1821) Général corse, Premier Consul, Empereur des Français - P.S. (secr.), 1 p. in-folio sur parchemin ; St Cloud, 4.VI.1803. En-tête impr. et sceau sous papier. (300.-) 200.-
Brevet de chef de bataillon délivré à Pierre DIEU, natif de Bordeaux, qui «... a fait la campagne de 1792, armée du Midi en Savoye... l'armée du Rhin... d'Italie... de l'Ouest...».
Le document est signé par le général Alexandre BERTHIER, ministre de la Guerre, et par le secrétaire d'Etat Hugues MARET. Ce dernier est vraisemblablement l'auteur de la signature «Bonaparte» pour le Premier Consul.
28. BONAPARTE-WYSE Letizia (1804-1871) Fille de Lucien, prince de Canino, elle fut mariée en 1821 au diplomate irlandais Thomas Wyse - Deux L.A.S., 6 pp. in-4 et in-8 ; (Waterford), janvier 1828 et «Manor of St John», 8.VI.[1862]. (2000.-) 1200.-
Deux longues et importantes missives écrites à 34 ans d'intervalle à sa belle-sœur Henriette WYSE et témoignant des effets de l'éloignement des deux familles après la rupture survenue entre Letizia et son époux.
En 1828, la princesse manifeste clairement sa volonté de conserver des liens d'affection avec les Wyse ; elle accepte de quitter l'Irlande et expliquera «... à Wyse les motifs de mon brusque départ. J'ai préféré ne point vous dire adieu ainsi qu'à Winafrina ; j'aurais pleuré en vous quittant... Adieu... je vous recommande mes chers enfants, puissiez vous être aussi heureuse que je le désire. Tout ce qui porte le nom de Wyse ne cessera jamais de m'intéresser... Je suis si troublée que je ne puis écrire, les pleurs me suffoquent...», etc. Elle signe «Letizia B. Wyse».
Trois décennies plus tard, le ton a bien changé... Sir Thomas WYSE est décédé à Athènes quelques mois plus tôt et Letizia s'adresse maintenant à «Miss Henrietta Wyse» sur un papier de deuil portant en tête l'aigle impérial couronné, datant triomphalement sa lettre du «Manor of St John», le château des Wyse «high sheriffs» dans le comté de Waterford. «... Si vous n'étiez une vieille fille sans conséquence il y a longtemps que j'aurois mis un terme à vos indignes et sottes calomnies, en vous traduisant devant la police correctionnelle ! Jamais je ne vous fis du mal... pourquoi cet acharnement ?... N'oubliez pas que je vous connais de vieille date et que je sais... pourquoi votre Mère ne voulait pas entendre parler de vous !!! Ne vous mélez pas de mes affaires ni de celles de mes Enfants... Toutes les basses intrigues de George [WYSE] et sa fille n'enrichiront pas Arthur, car mes droits sont incontestables, et Napoléon [Bonaparte-WYSE] seul est l'héritier des terres de ses Ancêtres... et si l'on m'y force je déposerai à la Cour le dossier de Lucien Bonaparte que Sir T. Wyse croyait brûlé ! Par égard pour le nom de mes Enfants je voudrais cacher toutes les turpitudes de la famille depuis son alliance avec les Flanagans !!! Tenez-vous donc tranquille... à ce prix j'oublierai que j'eus le malheur d'être votre belle sœur...». Les preuves de sympathie qu'elle reçoit de «... ce bon peuple de Waterford...» la pénètrent de reconnaissance. Et la fille de Lucien de signer maintenant «Princesse Letizia Bonaparte - Lady Wyse».
29. BONNARD Pierre (1867-1947) Peintre français - L.A.S. «Pierre», 3 pp. 8° ; (vers 1900 ?). (1000.-) 600.-
Intéressante lettre adressée à sa «chère maman», concernant son récent séjour au bord de la mer où «... installé très pittoresquement à défaut de confortable, dans une auberge, ayant une chambre à 3 fenêtres sur la mer, il me semblait la nuit que j'étais sur un bateau...». Il vient de voir les nouveaux décorés, dont certaines de ses connaissances font partie, «... entre autres Cottet, Renoir, Jules Renard...». Il est inquet de n'avoir encore aucune réponse de l'Imprimerie Nationale au sujet des travaux d'illustration qu'elle doit lui confier.
Il annonce sa décision d'aller s'installer à Montval, près de St Germain-en-Laye ; il ne se rendra désormais à Paris que pour son travail, etc., etc.
30. BOUCHER Alexandre (1778-1861) Violoniste français admiré par Beethoven et Rossini, il fut longtemps le rival de Paganini et de Rode - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 9.V.1859. Autographe rare. (200.-) 150.-
Message destiné au directeur du Journal La Patrie, pour «... faire savoir que j'offre mes talens, si l'on veut organiser des Concerts dignes de la grande circonstance (deuxième guerre d'Indépendance italienne contre l'Autriche, en 1859) ... au seul bénéfice de ceux des Italiens nécessiteux qui désirent retourner dans leur patrie pour aider nos français à la sauver !...». Le musicien précise que son grand âge ne lui permet d'exécuter que ses compositions et, comme «... doyen des musiciens connus...», il demande à ses camarades de faire autant que «... Votre très humble artiste Alex.dre Boucher p[rofesseur] de V.[iolon]...».
31. BUGEAUD Thomas Robert (1784-1849) Maréchal de France, duc d'Isly - L.A.S., 4 pp. 4° ; Alger, 1.XI.1842. En-tête : Gouvernement général de l'Algérie. (250.-) 150.-
Gouverneur depuis 1840, Bugeaud menait en Algérie une guerre acharnée pour la conquête du pays. Dans cette lettre adressée à l'un de ses principaux collaborateurs, le futur maréchal (1843) déploie une stratégie non dénuée de ruse...
Bugeaud veut en effet en finir avec le pouvoir de Mohammed ben Abdallah, un chérif algérien rival d'Abd el-Kader, et suggère à son correspondant une solution pour assujettir ce chef qui ne peut «... s'amender pour l'esprit et... ne le veut pas pour le fanatisme...». Il serait bon d'organiser une rencontre à Oran : «... Vous le feriez partir avec les hommes nécessaires de sa suite et vous engageriez ses frères (!) à l'accompagner. Arrivé à Oran on lui dirait que des affaires importantes... m'ont empêché de quitter Alger... Pendant l'absence [de ce chef rebelle], probablement très prolongée, d'Ouled Sidi Chiry, vous jugerez si l'on peut gouverner avec les Aghas et si le Kalifat peut être remplacé par le gén.al f.ais...», etc.
Texte important.
32. BUKOWSKI Charles (1920-1994) Romancier et poète am. d'origine allemande, auteur de livres largement autobiographiques écrits après une jeunesse tumultueuse - Rare PHOTO signée, 4°. (450.-) 300.-
Curieux portrait de face, en couleurs, des années 1980. Le teint hâlé, l'air surpris, un bout de cigarette pendant à ses lèvres, Bukowski revêt une chemise d'une blancheur immaculée qu'une jolie cravate à motifs or et azur égaye.
33. CAGLIOSTRO (Au sujet de) - Rare document imprimé de 4 pp. in-4, daté du 29.X.1788. Papier doublé de soie. Jolie vignette xylographiée en tête. (900.-) 600.-
Numéro 96 du «Hurterische=Schafhauser=Zeitung» paru le «26 Wintermonat 1788», petit journal lancé dans sa ville par le Suisse David HURTER (1748-1828), imprimeur à Schaffouse. Cet exemplaire a la particularité de dédier un article en IVe page au célèbre aventurier italien, Giuseppe Balsamo, dit CAGLIOSTRO (1743-1795) qui, ayant fuit l'Angleterre, avait trouvé refuge en 1787 chez la Bâlois Jacob Sarazin (l'ami de Lavater), puis à Bienne.
Après une âpre querelle avec le peintre Loutherbourg, suivie d'un procès, Cagliostro avait du s'éclipser ; il ne sera repris à Rome qu'en 1789, puis enfermé jusqu'à sa mort. Ce numéro 96 du journal publie une information datée du 26.X.1788 en provenance de Strasbourg. «... Sie haben in Ihrem vorletzten Blatt Hans (!) Cagliostro mit grossem Reichtum in Venedig anlangen lassen, und das ist falsch...». L'interlocuteur anonyme évoque la disparition du charlatan et s'étend curieusement sur le «trésor» de Cagliostro, composé de diamants d'une valeur de 18.000 francs, etc., etc.
Pièce rare et recherchée, comme le sont tous les documents d'époque relatifs à la vie exceptionnelle de Cagliostro.
34. CAMUS Albert (1913-1960) Ecrivain français, prix Nobel en 1957 - Manuscrit autographe, 2 pp.in-4 ; (vers 1947/48). (2500.-) 1500.-
Au recto d'une feuille de cahier, Camus a tracé au crayon gras onze lignes du discours de la Peste, placé à la fin de la première partie de L'Etat de Siège. Ce «spectacle en trois parties» devait être représenté pour la première fois le 27 octobre 1948 par la Compagnie Renaud-Barrault.
Au dos, douze lignes (quelques corrections) écrites par l'écrivain à l'encre noire ; il s'agit d'un appel en faveur du compositeur franco-polonais René LEIBOWITZ (1913-1972) dont les amis «... ont décidé de se réunir pour lui offrir le piano dont il a besoin. A ceux qui voudraient bien nous aider dans cette entreprise... nous offrons trois sortes d'arguments : 1) les artistes n'ont jamais fait de mal au monde... ; 2) Un compositeur sans piano est comme un acrobate sans trapèze. Il est dans le vide ; 3) Quoique Leibowitz soit un compositeur atonal, les souscripteurs pourront aimer en même temps leur goût pour la banale tonalité...», etc.
Elève de Webern, Leibowitz fut le théoricien le plus intransigeant du dodécaphonisme schoenbergien. Fixé à Paris dès 1945, il fut le maître de Pierre Boulez et de H. W. Henze.
35. CARREL Alexis (1873-1944) Chirurgien et physiologiste français, prix Nobel en 1912 - L.S., 1 p.in-4 ; New York, 21.IV.1924. En-tête du Rockefeller Institute. En anglais. (450.-) 300.-
A propos d'un congrès de médecine qui doit se tenir à Bruxelles, où il entend parler de ses récents travaux scientifiques. Son intervention aura pour titre «Les Tréphones Cellulaires et Leurs Fonctions», etc.
A un médecin belge lui offrant l'hospitalité.
36. CARUSO Enrico (1873-1921) Ténor italien - Dessin original, au crayon, 8° ; vers 1908. (600.-) 400.-
Portrait-charge de face d'un jeune homme maigre aux yeux tombants et aux oreilles en éventail, dont le long cou se termine par large nœud papillon. En quelques coups de crayon, l'habile dessinateur qu'était Caruso, nous a laissé un portrait très expressif, et probablement fort ressemblant, de son modèle ( le jeune Gulielmo MARCONI ?).
37. CASALS Pablo (1876-1973) Violoncelliste esp. - MUSIQUE A.S., 1 p. in-8 ; datée «1930». (500.-) 350.-
Bel extrait d'un «Prélude» de BACH, tracé vigoureusement sur une feuille d'album. Au dos, quelques lignes d'un artiste non identifié.
Casals avait donné son premier concert public en 1890 ; peu après il achetait les 6 Suites pour violoncelle seul de J. S. Bach, œuvres qu'il allait faire découvrir au monde entier.
38. CAXIAS, Luis Alvez de Lima, marquis puis duc de (1803-1880) Maréchal de l'armée brésilienne et homme d'Etat - 1 P.A.S. + 1 P.S., 1/2 p. in-8 et 1 1/2 pp. in-folio ; Rio de Janeiro, 1858 et 1873. Fentes et traces de scotch. (500.-) 350.-
La pièce autographe datée du 15 mai 1858, signée («M[arquês] de Caxias») a pour but de transmettre une décision administrative ; Caxias occupait alors la charge de Président du Conseil des ministres.
Quelques années plus tard, le 7 juillet 1873, le «Duque de Caxias - marechal do Esercito, Senador do Imperio,... Ajudante de Campo de Sua Magestade o Imperador...» appose sa signature au bas d'une longue attestation en faveur du colonel José de Oliveira Bueno, officier qui fit avec lui la «... guerra contra o Dictator Rozas, desde a sua declaraçao até a sua conclusao, em 1851...», puis la campagne paraguayenne, terminée en 1870. Cet officier avait commencé à servir sous Caxias lors de la campagne «... da pacificaçao da Provincia do Rio Grande do Sul...» entre 1842 et 1845, etc.
Quatre vingts ans après sa mort, le duc de Caxias reçut le titre de «Patrono do Exército Brasileiro» par décret du gouvernement fédéral du 13 mars 1962.
39. CHABRIER Emmanuel (1841-1894) Compositeur français - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Wimereux, «Matin» (juillet 1886 ?). Restaurations aux marges, encre jaunie par endroits. (750.-) 500.-
Longue et intéressante missive à une dame (Madame Fuchs ?) lui disant son soulagement d'avoir «... fui la fournaise parisienne... d'ici, je vois la mer, immense... et n'en déplaise à Auber, ce grand symphoniste, je trouve que j'ai devant les yeux des panoramas incontestablement supérieurs au boulevard du même nom...». Loin de Paris, il ne peut donc se rendre rue des Beaux-Arts, mais tient à souhaiter à sa correspondante une villégiature selon ses goûts, «... c'est à dire poético-musicale ; revenez nous avec... une paire de poumons un peu plus brillante que celle dont Geraudel nous fait dans les kiosques la si navrante exhibition, - car enfin il faudra bien que nous continuions à nous égosiller l'hiver prochain et à faire dans les Salons un épouvantable vacarme !...», etc.
A la cantatrice et critique musicale Henriette FUCHS, née Ledoux († 1887) ?
40. CHARCOT Jean (1867-1936) Savant et explorateur polaire français, mort en mer avec tout son équipage du Pourquoi Pas ? - Rare photo d'identité signée à l'encre violette dans la marge gauche «Dr Charcot». Mi-buste de trois-quarts. En uniforme d'officier de marine. Très belle ! (450.-) 300.-
41. CHARLES QUINT de Habsbourg (1500-1558) Roi d'Espagne dès 1516, empereur germanique dès 1519, il abdiqua en 1556 - L.S. «Yo El Rey», 1/2 p. in-4 ; Valladolid, 29.IX.1522. (2200.-) 1500.-
Le souverain ordonne à son «... escrivano de Racion de nuestra Casa...» de payer 200 ducats d'or à «... Lope Hurtado de Mendoza - gentil ombre de nuestra Casa y guarda de nuestra Real persona...» ; il lui importe peu que l'intéressé «... aya estado y este de aqui adelante, absente de nuestra Corte... Los seis meses que era obligado a nos servir residiendo, como de presente rreside en Roma por nuestro mandado con nuestro muy Santopadre...», le pape ADRIEN VI !
Document important à plus d'un titre : l'empereur venait en effet de regagner l'Espagne après avoir vaincu les Français à la Bicocca (27 avril) ; depuis le 9 janvier 1522, l'ancien précepteur et ministre de Charles Quint avait été élu pape (ADRIEN VI) et don Lope de HURTADO était resté à Rome auprès du nouveau souverain pontif en tant qu'ambassadeur et conseiller (en réalité plus au service de l'empereur espagnol que du pape...) après avoir accompagné «nuestro muy Santopadre». Rappelons enfin que le 15 octobre suivant Charles Quint allait nommer Fernando CORTÉS «gouverneur général de la Nouvelle-Espagne» (Mexique), pays récemment conquis après l'extermination des chefs aztèques. Entre temps, Magellan périssait dans un naufrage (6.XI.1522) après avoir le premier circumnavigué la terre.
En 1522, le soleil ne se couchait en effet jamais sur l'Empire de Charles Quint !
42. CHERUBINI Luigi (1760-1842) Compositeur italien - P.S., 1 p. in-4 ; Paris, 30.XI.1827. En-tête. Pièce jointe. (500.-) 300.-
En tant que directeur de l'Ecole Royale de Musique, Cherubini décerne «... un accessit de solfège...» au jeune Ed. DELDEVEZ (1817-1897), alors âgé de 10 ans, qui deviendra bon violoniste et chef d'orchestre.
Joint : billet manuscrit daté du 25 juin 1827 ayant permis à Deldevez, jeune élève de M. Millault, de concourir à ce prix.
43. COLETTE, Sidonie Gabrielle Colette, dite (1873-1954) Romancière française - P.A.S., 1/2 p. in-8 ; Paris, 13.X.1926. (450.-) 300.-
Sympathique message en l'honneur de Jacques ROUCHE, directeur de l'Opéra qui, en 1917, avait mis en rapport Colette et RAVEL afin que L'Enfant et les sortilèges soit mis en musique.
Sur le menu d'un dîner organisé au Claridge's Hotel à Paris (carte à double volet, 4 pp. in-8, signée par les invités sur les deux faces non imprimées), la romancière a écrit : «A Rouché, qui montera le Divertissement pour mon arrière-petite-fille, s'il plaît à Ravel...». Parmi les autres signataires, citons le Président du Conseil Louis BARTHOU, le Conseiller d'Etat Léon BARTHOU (membre de l'Aéro-club de France), le soprano Raymonde VISCONTI, Suzette Quinson, etc.
A propos de la genèse du livret de ce Divertissement, devenu L'Enfant et les sortilèges, dont la première représentation avait été donnée à Monte-Carlo en 1924, voir l'excellent article de Jean-Christophe Henry dans Forum Opéra.
44. COOPER Emil (1877-1960) Chef d'orchestre russo-américain, il fit connaître dans le monde les œuvres nouvelles de Prokofieff, Rachmaninov, Scriabine, Glazounov - MUSIQUE A.S., 1 p. in-8 obl. ; Barcelone, 1927. (300.-) 200.-
Invité à diriger l'Orchestre Pau Casals de Barcelone, Emil Cooper y présenta de la musique de Haydn, Wagner, Debussy et Scriabine. Sur l'une des feuilles de l'album de Joaquim Mestres, un violoniste de l'orchestre, il laissa cette jolie dédicace en souvenir de concerts symphoniques donnés dans la ville catalane, y ajoutant une longue ligne de musique extraite d'un «Poème Romantique pour violon et orchestre op. 9». Belle page, bien remplie.
45. CORTOT Alfred (1877-1962) Pianiste et pédagogue, interprète très admiré de l'œuvre de Chopin -
Deux L.A.S., 3 pp. in-8 et in-12 ; Lausanne, 8.IX.1960 et Paris, 26.X.1960. En-tête de l'Ecole Normale de Musique de Paris. (250.-) 150.-
Dans son premier message il fait savoir à une élève (?) qu'étant absent jusqu'au mois de novembre, leur rencontre ne pourra avoir lieu qu'à son retour, etc.
De Paris, où il s'est rendu pour enseigner à l'Ecole de musique, il reconnaît que le nouvel événement, dont lui fait part sa correspondante, «... légitime entièrement votre décision... Dès que vous pourrez envisager des dates en accord avec votre activité, veuillez... venir Avenue de Taman...», etc.
46. CZIFFRA Georges (1921-1994) Pianiste hongrois, il donna son premier concert à l'âge de cinq ans - PHOTO in-12 signée. Vers 1980. (250.-) 150.-
Portrait mi-buste de trois-quarts datant des années '50, signé au feutre rouge dans sa partie claire : «Amicalement - G. Cziffra».
47. DAVID Giacomo (1750-1830) Ténor italien, premier interprète dans de nombreux opéras et notamment dans la «Circe» de Cimarosa - L.A.S., 3 pp. in-4 ; Milan, 22.I.1822. Adresse autographe sur la IVe page. Autographe rare. (1200.-) 800.-
David commence par rapporter à M. Valeriani (son impresario ?) ce qu'il a appris à propos de la «... povera Carpano...», puis vitupère contre son propre fils Giovanni (1790-1864), lui aussi ténor, qui avait promis de s'éloigner «... di quella megèra Barbarini...», laquelle est au contraire devenue sa femme ; de plus, «... Coj frutti del ballerino Titus, colei ebbe tanto ardire...» afin qu'il accepte de lui servir de témoin de mariage ! Aux reproches de son père, le fils répondit qu'il était majeur, fort tranquille, et de plus déjà engagé par Barbaja pour les quatre années à venir.
Le jeune homme ira aussi chanter à Lucques, ce qui rend furieux Giacomo David au point de solliciter auprès de Valeriano un engagement au théâtre de Livourne durant la même saison, se disant prêt à tous les sacrifices «... purchè possa avere la scrittura per il Teatro di Livorno... per gareggiare con lo spettacolo di Lucca, ponendo in scena un'opera del celebre Maestro Maier (sic, pour MAYR)...», laissant le choix du programme à la direction, à la seule condition que le rôle lui convienne, etc. Superbe texte !
48. DELACROIX Eugène, Lettre à - L.A.S. «Mille tendresses - Ta Consuelo» de Joséphine de Lavalette, baronne de FORGET (1802-1886), 2 pp. in-8 ; Paris, vers 1842/43. (2500.-) 1500.-
Rarissime LETTRE D'AMOUR de la petite-nièce de l'impératrice Joséphine au peintre DELACROIX dont elle fut la maîtresse et la consolatrice.
«... Mon pauvre amour, que je suis fâchée que tu n'aies pas suivi ta bonne inspiration... j'étais chez moi toute seule et bien tristement... Demain, mardi, tu viendras dîner avec moi... Nous n'irons pas au spectacle, on donne la Norma... nous resterons à causer au coin du feu... je serai heureuse de t'embrasser... Je suis jalouse de ton ami CHOPIN et je suis sûre que tu ne penseras pas du tout à moi ce soir ; mais au moins je suis tranquille sur ta moralité, il ne te mènera pas souper en bonne compagnie...».
On retrouve le pseudonyme de «Consuelo», personnage du roman de George Sand paru en 1842,dans certaines lettres écrites par Delacroix à sa maîtresse en 1844/45 ; celles antérieures à cette date ont été détruites.
49. DE LA GRANGE Anna (1824-1905) Soprano français, première Violetta à New-York en 1856 - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Milan, mars 1861 ?). (250.-) 150.-
A Giovannina LUCCA, l'épouse de l'éditeur milanais : «... sono dispiacentissima di non poter accettare il Suo grazioso invito dovendo cantare domani e dopo domani...», etc. Au printemps 1861, Anna de la Grange interpréta le rôle de Norma lors des cinq représentations données cette saison-là à La Scala de Milan.
50. DE MÉRODE, Cléopâtre Diane, dite Cléo (1873-1966) Danseuse et demi-mondaine parisienne, elle fut aimée entre autres par le roi Léopold II des Belges - PHOTO signée, 12°. Vers 1895. (300.-) 200.-
Magnifique portrait en buste, de face, de cette jeune beauté d'origine autrichienne qui rendit folles d'amour plusieurs têtes couronnées. Les quelques défauts mineurs (trois petites craquelures et infimes usures aux bords) n'ôtent rien au charme de ce beau portrait où la danseuse revêt une ravissante robe blanche au large col noué couvrant la partie supérieure de ses bras.
Belle signature, bien marquée, «Cléo de Mérode».
51. DEMIDOFF-BONAPARTE Mathilde (1820-1904) Fille du roi Jérôme Bonaparte, elle épousa en 1840 le prince Demidoff après avoir été «fiancée» au futur Napoléon III - L.A.S. «Mathilde Demidoff», 1 p. in-8 ; Paris, 28.XII.[1841]. Pièce jointe. (450.-) 300.-
La jeune épouse du prince de San Donato - d'origine russe, celui-ci vivait en Toscane - prie un ministre de bien vouloir lui faire l'honneur de venir dîner chez elle le «... Mardi... 4 Janvier...».
On joint une L.A.S. du prince Anatole DEMIDOFF (1813-1870) qui, en date du 30 avril 1845, demande à son correspondant de «... venir déjeuner avec nous... Je verrai l'émail de V° Corsini et j'aurai le plaisir de vous montrer ma villa...».
52. DESAIX Louis Ch. Antoine (1768-1800) Général français - L.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Paris, 10.III.1798. En-tête imprimé. (250.-) 150.-
Il annonce au général Grenier le remplacement de sa 73e brigade «... par la 16e de ligne que le général Championnet vous enverra en la dirigeant sur St Omer...», etc.
53. DÉSIRÉE Bernadotte (1777-1860) Reine de Suède de 1818 à 1844, femme du maréchal, devenu roi de Suède sous le nom de Charles XIV, qu'elle avait préféré au jeune général Bonaparte - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Paris, 13.IV.1814. (1500.-) 1000.-
Le 6 avril, Napoléon Ier vient d'abdiquer sans condition et signe ce même 13 avril la convention baptisée «Traité de Fontainebleau». L'Empire s'étant effondré, tous les dignitaires du régime et les proches du souverain se démobilisent.
En tant que princesse d'un des pays vainqueurs, Désirée Clary tente d'intervenir en faveur de certains compatriotes et notamment, ici, de sa sœur Julie, femme du roi Joseph Bonaparte.
Ayant déjà obtenu des nouvelles autorités locales les passeports souhaités pour l'ancien ministre André-François MIOT de Mélito (1762-1841), la future reine de Suède soumet à son correspondant une autre demande : «... Je trouve bien ce qui a été convenu entre vous deux, mais pour completter votre ouvrage il faut que vous ayez la bonté de faire joindre un passeport aux deux autres ; ce passeport sera pour autoriser la Reine [Julie Bonaparte] à venir à Mortefontaine. Je sais que vous avez besoin d'une autorisation, mais je vous prie de la prendre sur le champ...». Désirée, qui pense joindre une deuxième personne à «... celle que vous ferez partir pour Orléans...», demande que le comte de Mélito en soit informé, etc.
L'ex-roi Joseph BONAPARTE s'étant réfugié à Orléans - d'où il s'échappera trois ou quatre jours plus tard pour rejoindre la Suisse -, il avait écrit le 8 avril à sa belle-sœur pour lui confier sa femme et ses deux filles et la prier de solliciter auprès de l'empereur Alexandre Ier l'autorisation de réunir toute sa famille au château de Mortefontaine. Désirée rencontra personnellement l'empereur de Russie et, ainsi que le prouve le présent document, obtint les passeports demandés qui furent délivrés par le comte de LAFOREST (1756-1846), probable destinataire de la lettre et ministre ad interim des Affaires étrangères du 3 avril au 12 mai 1814 (voir les Mémoires de Miot, comte de Mélito).
54. DESSOLLE, Jean Jos. Paul Augustin (1767-1828) Général français - Quatre L.S. (dont une autographe), 7 pp. in-4 ; Armée du Rhin, juin/juillet 1800. En-têtes imprimés. (300.-) 200.-
En tant que chef de l'Etat major de l'armée commandée par Moreau, le général Dessolle transmet à son confrère, le lieutenant général Grenier, les différents ordres qui lui parviennent de son supérieur. Intéressants détails sur le mouvement des troupes françaises qui affrontent les autrichiennes près de Krumbach.
55. DE VRIES Rosa (1828-1889) Soprano hollandais, elle chanta aux Etats-Unis et au Canada en 1849/1851 - PHOTO signée, 6 x 10 cm ; Naples, 6.IV.1862. (600.-) 400.-
Beau portrait en pied (cliché du photographe Bernoud, de Naples) signé et daté par la célèbre cantatrice au bas de la photographie, dans la partie blanche du support. Au dos, deux lignes autographes de dédicace.
Notons que les photos de cette époque signées par de grands artistes lyriques sont très rares. [Voir l'ill. en couverture]
56. DJINDJIC Zoran (1952-2003) Philosophe et homme d'Etat serbe, il fut l'un des fondateur du Parti démocrate en 1990 et devint maire de Belgrade en 1996. A la tête du gouvernement serbe qu'il présida de janvier 2001 au 12 mars 2003, date à laquelle il fut assassiné par des adversaires politiques - Signature autographe sur carte illustrée («Greetings from Serbia») où l'on distingue Djindjic au milieu de la foule avec timbre et cachet postal «Beograd, 21.02.97». Autographe peu commun. (450.-) 300.-
57. DONIZETTI Gaetano (1797-1848) Compositeur italien - L.A.S. «Gaëtan», 3 pp. in-8, datée «Paris 29» [octobre 1842]. Joli encadrement et chiffre gaufrés. Sur la IVe page, deux petits cachets d'appartenance à d'anciennes collections. (2000.-) 1300.-
Par cette amusante missive rédigée en français et en italien, Donizetti s'adresse à une «Très aimable et charmante amie» (Mme Sandrini ?), citant tour à tour l'éditeur milanais RICORDI, Monsieur SANDRINI, Giacomo PEDRONI (qui dirigeait la préparation des partitions musicales chez Ricordi), etc. «... Vous êtes fâchée contre moi ? Oh ! l'ingrat il demande pourquoi... Che ? forse credereste che tempo, o lontananza scemassero in me l'affezione ! Pas du tout. Non dubitate mai de' vostri amici, vos charmes savent si bien les enchaîner...». Puis, à propos d'une scène («quadro») : «... Noi l'abbiamo fatto, e criticato, e basta così ! Vi ricordate voi quante cervellerie io volea fargli mettere su quel manto Reale ?... poveretto... Basta, ora è finito, e noi ne avremo la gloria, e con essa Andrea (neveu du compositeur) avrà denaro, e noi commissioni a bizzeffe !...». Puis il s'exclame : «... Ho cambiato mestiere... Scrivo musica ! - faccio prove di Linda (première à Paris aux Italiens, le 17.XI.1842) frà giorni agli Italiani... ! fò musica, se non nuova, à peu près...».
La lettre se termine par des salutations destinées à l'entourage de son amie et quelques lignes plutôt tristes sur sa santé précaire (il allait bientôt sombrer dans la folie) : «... Ogni giorno, ogni ora, tutte le volte che abasso gl'occhi, mi vedo en pantoufles, e ciò mi fa melancolia, e piacere... Pitié de moi - priez les éléments... Priez pour moi... priez le ciel pour nous revoir... Conservez dans votre cœur une place pour votre ami...».
58. DUKAS Paul (1865-1935) Compositeur, auteur entre autres d'Ariane et Barbe-Bleue, l'une des œuvres les plus marquantes du théâtre lyrique contemporain - L.A.S., 1 p. in-8 ; «Mercredi» [Paris, 10.X.1928]. Adresse autographe au dos. (600.-) 400.-
«Pneumatique» adressé au pianiste Alfred CORTOT. «... Nouveau contretemps ! Je reçois une convocation des Beaux-Arts... Difficile de manquer à cette séance de rentrée. Et plus difficile encore - m'y rendant - d'être rue Singer à 6 h. Alors... c'est moi qui ferai le petit voyage...», etc.
L'amitié entre Dukas et Cortot datait du début du siècle et, lorsqu'en 1919 le pianiste créa l'Ecole Normale de Musique de Paris, le musicien apporta tout naturellement son savoir comme professeur de composition. En 1931, Cortot fera paraître son ouvrage La Musique Française de Piano, où Paul Dukas sera à l'honneur aux côtés de Debussy, Franck, Fauré et Chabrier.
59. DUMAS Alexandre (1762-1806) Général mulâtre, père du célèbre romancier - L.A.S., 1 1/3 p. in-4 ; Villers-Cotterets, 9.II.1802. En-tête à son nom et vignette gravée. Peu commun. (750.-) 500.-
Il exprime sa gratitude à ses voisins, les époux Collard (Jacques C., futur tuteur du petit Alexandre Dumas, et son épouse, fille naturelle de Philippe-Egalité, duc d'Orléans, et de Madame de Genlis) qui lui ont rendu un service ; souhaitant les revoir bientôt à Paris, il ajoute : «... L'objet des relations extérieures est au moment de se terminer ; si vous avez l'occasion de parler de ce qui me regarde à ce Ministre [Talleyrand], vous m'obligerez beaucoup...».
Désargenté, porté au nombre des généraux en non-activité après ses mésaventures de Naples, et surtout mis en disgrâce par le général Bonaparte depuis la campagne d'Egypte, Dumas a rejoint sa jeune épouse à Villers-Cotterets où, le 24 juillet 1802, elle allait mettre au monde le célèbre écrivain. Malade et inactif, le «brave des braves» se voit obligé de quémander - comme en témoigne notre missive - l'appui d'anciens amis... Notons encore que le général Dumas, mort à la suite d'une longue maladie, ne laissa aucune fortune à sa famille qui se vit même refuser par le nouvel empereur la pension de veuve et d'orphelins.
Emouvant document.
60. DÜRRENMATT Friedrich (1921-1990) Ecrivain et auteur dramatique suisse de langue allemande - PHOTO in-12 signée sur le front «Dürrenmatt», reproduction moderne d'un portrait de face. L'homme de lettres y porte ses typiques lunettes à large monture noire et appuie sa joue gauche sur sa main. (300.-) 200.-
61. ENESCO Georges (1881-1955) Violoniste roumain - Feuille d'album in-8 obl. signée «Georges Enesco» ; [Bucarest, 1923]. (300.-) 200.-
Jolie page, également signée (et datée «12 avril 923») par Alfred ALESSANDRESCU (1893-1959), chef d'orchestre roumain, pianiste et compositeur, premier prix Enesco en 1913 et 1916. Au verso, signatures de tous les membres du Quatuor ROSÉ (Arnold ROSÉ, Anton RUZITSKA, Paul FISCHER et Anton WALTER) et date «1./VI.23» de la main du premier.
62. EX-LIBRIS - Collection d'environ 40 pièces de petit format, gravées et illustrées d'armoiries (certaines non identifiées) des XVIIIe et XIXe siècles. Prélats, hauts fonctionnaires de l'Administration, nobles provençaux tel que Joubert, l'arch. de Narbonne, J.-B. d'Anthoine, de Vrégille, Mauclair, les chanoines Bousson et Boisot, J. F. Faure, etc. Bel ensemble. (250.-) 150.-
63. FARKAS Ferencz (1905-2000) Compositeur hongrois, auteur de musiques classiques et de plus de 60 colonnes sonores pour films - MUSIQUE A.S., 2 pp. 8° gr. obl. ; (Budapest, 1981). Enveloppe. (500.-) 300.-
Feuille couverte d'esquisses musicales tracées au crayon et au stylo, deux belles pages se rapportant semble-t-il à deux compositions différentes : la première, s'étendant sur six longues portées (avec paroles anglaises), est titrée «Pebbles», la seconde, plus longue (sept portées) mais sans paroles, porte le titre de «27-en Mikiell» (?).
64. FELLENBERG Ludwig-Rudolf (1809-1878) et Edmond (1838-1902) Savants suisses de Berne, archéologues dont la renommé fut européenne - Trois L.A.S., 6 pp. in-8 ; Berne, 1870/75. (750.-) 500.-
Très intéressante correspondance scientifique adressée à un paléontologue français que leur avait présenté le professeur neuchâtelois Edouard DESOR.
Fellenberg père évoque en janvier 1870 une analyse chimique «... de quelques bronzes antiques du Dauphiné... Travaillant seul, dans mon petit laboratoire privé et seulement quand mes autres occupations me le permettent, n'ayant point d'aide... j'avance peu dans mes travaux... Si vous consentez à attendre... je tâcherai de vous satisfaire pourvu que le nombre des échantillons ne dépasse pas 5 ou 6...», etc.
Quelques semaines plus tard, il remercie pour l'envoi de certains mémoires et dit souhaiter une visite de son correspondant : «... Quoique nos collections archéologiques ne soient point riches, elles contiennent cependant des objets bien intéressants et dignes d'étude. Quand aux Musées de Zurich et de Bâle, ils sont bien plus riches que le nôtre, et datent de plus loin que le nôtre...», etc.
En 1875, Fellenberg fils, plus voué à la l'étude de la géologie alpine que son père mais aussi passionné que lui par l'antiquité préhistorique et romaine du Canton de Berne, annonce l'envoi de «... la liste des bronzes en possession de Mr Burki... Nous avons aussi reçu en parfait ordre Votre magnifique envoi d'ossements de Solutré et la collection de moulages...» ; il remercie au nom de la Commission du Musée qui le charge d'envoyer à son tour au destinataire de la lettre «... une série aussi complète que possible de la faune lacustre des deux stations Locras [Lüscherz] (âge de pierre) et Mörigen (âge de bronze), de plus une série d'ustensiles de l'âge de pierre...». Avec l'aide du prof. Bachmann, Edmond Fellenberg pense pouvoir disposer «... d'échantillons glaciaires ou fossiles de formations suisses... Nous avons soigneusement lavé les ossements de Solutré et nous allons les impreigner de colle forte...».
Il est encore question d'études sur les cavernes françaises et de la découverte de celle de Thayngen, en Suisse, etc.
65. FERDINAND Ier d'Autriche (1793-1875) Empereur de 1835 au 2 déc. 1848, date à laquelle il abdiqua en faveur de son neveu Fr.-Joseph Ier - P.S. «Ferdinand», 1 p. f° gr. obl. ; Olmütz,1.XII.1848. (750.-) 500.-
Lettres patentes en faveur d'un officier supérieur. Contresignée par le ministre de la Guerre, le baron Franz CORDON (1796-1869), cette pièce est ornée d'un superbe sceau plaqué sous papier aux armes de l'Autriche et porte un très bel en-tête gravé.
Document exceptionnel car signé la veille de son abdication. Il s'agit donc là de l'une des toutes dernières signatures, sinon la dernière, en tant qu'empereur...
Notons que Ferdinand s'était retiré à Innsbrück lors de la révolte de mai 1848 après avoir, sous la pression des mouvements révolutionnaires de mars, renvoyé Metternich et fait établir un projet de constitution. Mais ces concessions parurent insuffisantes et Vienne se révolta à nouveau en octobre, ce qui obligea l'empereur à aller s'établir à Olmütz puis à abdiquer en faveur de son jeune neveu. Magnifique pièce, très décorative.
66. FERDINAND VII d'Espagne (1784-1833) Roi dès 1808 à l'abdication de son père Charles IV. Détrôné par Napoléon Ier et remplacé par Joseph, il ne retrouva son royaume qu'en 1814. Il restaura l'absolutisme et persécuta les libéraux - L.S. «Fernando», 2/3 p. in-folio ; San Ildefonso, 31.VII.1828. Sur la IVe page, adresse et sceau aux armes plaqué sous papier. (450.-) 300.-
Lettre annonçant à un souverain son intention d'envoyer pour ambassadeur au Portugal son conseiller Don Pasqual VALLEJO «... para el desempeño de Mi Mision en la Corte de Lisboa... [homme aux] apreciables calidades de amor a mi Persona...», etc. Contresignée par le Premier ministre Manuel GONZALEZ SALMON (1778-1832).
67. FLAUBERT Gustave (1821-1880) Le grand écrivain français - L.A.S., 1 p. in-8 sur son typique papier bleuté ; Croisset, 24.IV.[1871]. (1800.-) 1200.-
Les affaires d'Ernest Commanville allant de mal en pis, Flaubert cherche auprès d'un ami des informations pouvant aider l'époux de sa nièce bien-aimée, Caroline. «Mon cher ami - écrit-il à Félix-Archimède POUCHET - Je vous présente mon neveu... qui aurait besoin de renseignements scientifiques sur le bois de chêne. Pouvez-vous lui indiquer ce qu'il faudrait lire ?...». Flaubert ira très prochainement rendre une visite à son correspondant.
Commanville possédait une scierie et commerçait en bois. A son retour d'Angleterre, après la guerre de 70, Caroline raconte comment les affaires de son mari «... commencèrent à s'embrouiller. Il avait cru à la hausse des bois... La guerre fit baisser les marchandises... obligé de réaliser, il dut vendre en subissant de grosses pertes...», etc. [v. J. Bruneau, «Correspondance» de G. F.]. Quant à Félix-Archimède POUCHET, il avait été le professeur de sciences naturelles de Flaubert au collège de Rouen ; plus tard, il enseigna à l'Ecole de médecine de cette ville ; en 1859, il fut en vive polémique avec Pasteur au sujet de la «génération spontanée».
68. [Libri] FOURIER Jean-Joseph (1768-1830) Savant français, il avait suivi Monge en Egypte lors de l'expédition de Bonaparte - P.S., 2 1/2 pp. in-folio ; Paris, 13.III.1826. Fentes aux plis et quelques taches brunes au bas de la 3e page. En-tête gravé de l'Institut de France, avec vignette. (800.-) 500.-
Important «Rapport sur un mémoire de M. Guillaume LIBRI, relatif à la théorie des nombres», signé en tant que Secrétaire perpétuel de l'Académie pour les Sciences mathématiques où Fourier, chargé avec Cauchy et Ampère de rendre compte des derniers résultats des études mathématiques de Libri, explique comment celui-ci est parti d'une formule «... à l'aide de laquelle on exprime par une intégrale aux différences finies le nombre des solutions d'une équation indéterminée...». En passant ensuite par les propres études de Fourier, de Gauss, de Poinsot et de La Grange, Libri arrive à établir «... directement toutes les propositions connues sur les résidus quadratiques et le théorème de M. Le Gendre qui porte le nom de Loi de réciprocité... En résumé... ce mémoire... fournit de nouvelles peuves de l'esprit d'invention qui distingue ses premiers travaux...», etc.
Environ 70 longues et intéressantes lignes scientifiques.
69. FRANCE Anatole (1844-1924) Ecrivain français, prix Nobel en 1921 - Manuscrit autographe, 2/3 p. in-8 gr. (250.-) 150.-
«Les mille et une nuits où la fantaisie du Sultan produit des effets presque aussi merveilleux que la puissance des génies et des magiciens...».
70. FRANCE Anatole - P.A.S., 1/2 p. in-4. Encre violette ayant bavé par endroits. (750.-) 500.-
Intéressant et curieux document autobiographique sous forme de questionnaire !
La feuille est divisée en deux partie égales par un trait vertical. A gauche, treize questions auxquelles l'écrivain a répondu point par point dans la colonne de droite. «... A quelle heure vous levez-vous ?... Travaillez-vous le matin ?... Lisez-vous les journaux ?... Que mangez-vous ?... Quel est l'emploi habituel de votre après-midi ?... Quelle est votre villégiature préférée ?...», etc., etc. Visiblement amusé, Anatole France répond qu'il travaille à toute heure, «... si c'est travailler que d'assembler les idées dans ma tête. Mais j'écris le moins souvent possible...», qu'il s'intéresse aux affaires de son temps, apprécie la sieste et, comme Rousseau, les promenades à pied ; il cite les pays où il préfère voyager, dévoile certaines de ses douces habitudes, et nous ouvre en quelque sorte les portes de son quotidien.
71. FRANCE, Marie-Thérèse de Bourbon- (1778-1851) Fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, dite «Madame Royale» - L.A.S., 1 p. in-4 ; Strasbourg, 15.IX.1828. (800.-) 500.-
Charmante lettre de la tante à son jeune neveu, le petit Henri (V) de Bourbon, duc de Bordeaux, puis comte de Chambord (1820-1883), alors âgé de 8 ans. «... Mon cher petit Bordeaux, ... j'aime que vous vous amusiez après avoir bien appris, et étant j'espère toujours bien sage. Embrassez petite sœur [Louise, future duchesse de Parme] pour moi... j'espère vous revoir tous samedi... je... suis contente de mon voyage... je montre votre portrait qu'on aime à voir surtout quand on sait que vous êtes bien sage. Vous reverrez bientôt votre Oncle et bon Papa...», le duc d'Angoulême, etc.
Unique héritier de la branche aînée des Bourbons, le duc de Bordeaux vint au monde sept mois après l'assassinat de son père, le duc de Berry, et fut salué par les royalistes comme l'enfant du miracle ; dernier descendant d'Henri IV, il fut désigné par certains sous le nom d'Henri V. [Voir aussi les numéros 77, Frédéric-Guillaume III de Prusse et 252, Mme de Staël]
72. FRANCHOMME Auguste (1808-1884) Violoncelliste français, ami de Chopin - L.A.S., 2 pp. in-8 ; «Samedi 28 oct.» (Paris, 1865 ?). (250.-) 150.-
A propos d'une jeune amie «... qui va commencer le Piano chez les Dames Anglaises à Neuilly. Voudriez-vous... lui choisir parmi les maîtresses celle que vous croirez devoir lui convenir ?...». Au pianiste Félix Le COUPPEY (1811-1887), professeur au Conservatoire de Paris où il enseigna dans la classe de piano créée tout spécialement pour les femmes.
73. FRANCK César (1822-1890) Compositeur et organiste belge - L.A.S., 2/3 p. in-12 ; v. 1885. (500.-) 350.-
Quelques lignes d'excuses à la suite d'un oubli : «... Je vous demande pardon...». Belle signature. Autographe peu commun.
74. FRANÇOIS-JOSEPH Ier d'Autriche (1830-1916) Empereur dès 1848, époux de Sissi - L.S. «Franz Josef», 1/2 p. in-folio ; Schönbrunn, 6.VIII.1850. Très belle signature. (500.-) 350.-
Empereur depuis un an et demi de l'une des plus grandes puissances d'alors, François-Joseph s'apprête à fêter ses vingt ans (18.VIII.). Sous son autorité, l'Autriche vient de retrouver la souveraineté d'une bonne partie de l'Italie du Nord, mise à mal par les révolutions de 1848 et 1849, ainsi que la paix en Hongrie, secouée par le mouvement révolutionnaire guidé par Klapka.
Le feld-maréchal Anton CSORICH (1795-1864) figurait au nombre des vainqueurs. Devenu ministre de la Guerre en juillet 1850, le roi l'informe ici personnellement de la décision qu'il a prise de lui accorder la dignité de Conseiller intime («... Ihnen die geheime Rathswürde Taxfrei zu verleihen...»), ajoutant qu'il lui fait de plus bénéfice des taxes habituellement perçues dans de telles occasions.
75. FRANKLIN, William Temple (1760-1823) Petit-fils du célèbre savant et homme d'Etat am., il fera paraître en 1818 en trois vol., Memoirs of the Life and Writings of B. F. - L.A.S. «Franklin fils», 1/2 p. in-4 ; «Ce 30. Dec.bre» (Passy, 1778). Quelques piqûres. Adresse autogr. et marques postales sur la IVe page. Joint : ancienne chemise de collection ayant contenu l'autographe «de celui que Bénit Voltaire». (3500.-) 2500.-
Le jeune homme prie «Monsieur Ruault - Libraire - Rue de la Harpe - F.b. St Germain... d'envoyer à Passy... 2 Exemplaires des Ouvrages de mon Grand Père. Le mieux relié qu'il sera possible...».
Traduites de l'anglais, les Oeuvres de Franklin avaient été imprimées à Paris en deux volumes, en 1773. Par cette lettre, le jeune W.T. Franklin - qui était en complète rupture avec son père William, pro-anglais ! - voulait se procurer deux exemplaires «... le mieux relié qu'il sera possible...» de cette édition, sans doute en vue d'un présent que devait faire son célèbre grand-père. Proba-blement pris de court, le libraire a noté dans la marge : «Le 31, Envoyé brochés...».
Fils de William F., enfant naturel et unique de Benjamin Franklin, W. T. Franklin n'avait que 16 ans lorsqu'il suivit son grand-père en France en 1776, où ce dernier était venu discuter le traité d'alliance, signé le 6.II.1778 entre la France et les Etats-Unis.
Porté aux nues par la communauté scientifique et littéraire parisienne, Benjamin Franklin restera en France jusqu'en 1785 comme ambassadeur de la naissante nation américaine. C'est à Paris qu'il rédigera durant l'été 1782 les grandes lignes du traité de paix avec l'Angleterre où sera entre autres réclamée l'indépendance de son pays, traité signé avec Adams et Jay le 3 septembre 1783.
Le 17 février de cette année 1778, Benjamin Franklin avait eu une entrevue célèbre avec VOLTAIRE, comme celui-ci le raconte dans une de ses lettres à Théodore Tronchin : «... Le vieux malade... a vu Monsieur Franklin qui lui a amené son petit-fils auquel il a dit de demander la bénédiction du vieillard. Le vieillard la lui a donnée en présence de vingt personnes et lui a dit ces mots pour bénédiction : God and Liberty...».
Autographe intéressant et peu commun datant des origines de la Nation américaine. A noter la forte ressemblance des écritures des deux hommes, preuve de l'immense admiration et du dévouement du plus jeune envers son illustre aîné.
76. FRÉDÉRIC II de Prusse (1712-1786) Roi dès 1740, dit «Le Grand». Homme de guerre et littérateur, ami et correspondant de Voltaire - Apostille A.S. «Gantz guht - Fr.[iedrich], 1/2 p. in-folio ; Berlin, 7.II.1744. (1000.-) 600.-
Réponse en marge d'un rapport autographe signé de son ministre d'Etat responsable des Finances prussiennes, le baron von MARSCHALL, lui demandant l'autorisation d'accepter un cadeau («ein Présent von 800 Thalern») que le duc de Wurtemberg vient de lui adresser. Le souverain transmet son accord («Gantz guht») puis signe d'un grand «Fr.» se terminant par un large paraphe.
77. FRÉDÉRIC-GUILLAUME III de Prusse (1770-1840) Roi dès 1797, il s'attacha à réparer les fautes du règne de son père. La reine Louise, hostile à la France, l'entraîna dans les guerres contre Napoléon Ier qui se soldèrent par maintes défaites - L.A., non signée, 1 p. in-4 ; «Ce 10 Mars 1820». (2000.-) 1200.-
LETTRE D'AMOUR du roi de Prusse à sa maîtresse ! Veuf dès 1810, Frédéric-Guillaume III ne se remariera (morganatiquement) qu'en 1824 avec la comtesse originaire de Prague, Augusta von HARRACH (1800-1873), future Princesse de Leignitz.
Cette missive (non signée par discrétion) pourrait être l'une des premières que le souverain adressa à sa future épouse, avec laquelle il entretint une large correspondance : «... J'ai reçu avec beaucoup de reconnaissance... les témoignages de souvenir et d'intérêt dont votre dernière lettre me fournit une nouvelle preuve. L'expérience malheureuse des vicissitudes humaines que vous avez faite de nouveau... a été bien cruelle... Je me tais sur l'événement épouvantable qui remplit d'horreur et qui glace d'effroi l'Europe entière...». Il croit connaître assez la personnalité intérieure de sa jeune correspondante pour saisir l'état de son âme : «... Combien de tristes réflexions il y aurait à faire !...», etc.
L'événement épouvantable en question se rapporte au sanglant épisode qui marqua fortement le cours de la politique, et sans doute aussi l'histoire de France : le 13 février 1820, le duc de Berry avait été poignardé à sa sortie de l'Opéra. Par ce geste, l'assassin voulait tuer le seul prince royal susceptible de perpétuer la race des Bourbons de France... Mais il avait agi trop tard, la duchesse de Berry étant déjà enceinte de l'enfant du miracle, le comte de Chambord, surnommé «Henri V» par les Légitimistes.
78. FREMSTAD Olive (1870-1951) Soprano dramatique suédois, célèbre dans les rôles wagnériens - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 6.IX.(v. 1907). Adresse autographe au dos. (200.-) 120.-
De l'«Hôtel Crillon, Paris», la cantatrice, qui est au plus haut de sa gloire, annonce à une amie son prochain départ et son embarquement (pour les Etats-Unis ?). «... Your letter arrived...during the confusion of packing trunks. We are sailing Sept. 17... If you go to Munich do hunt up Hofrat Dillmann... A wonderful Artist. He wishes to see you...».
79. FREUD Anna (1895-1892) Psychanaliste autro-angl. Elève de son illustre père Sigmund Freud, elle se spécialisa dans la psychanalyse infantile - Carte post. avec signature ; [Hampstead, 24.II.1982]. (300.-) 200.-
C'est d'Angleterre, où elle avait émigré avec sa famille dès 1938, que la vieille dame adresse cette carte postale à un admirateur italien après avoir tracé sa signature à l'encre bleue dans la partie réservée à la correspondance.
A Hampstead, Anna Freud avait fondé en 1947 la Child Therapy Course and Clinic dont elle fut la directrice de 1952 à 1982.
80. GALLATIN Albert (1761-1849) Homme politique américain, natif de Genève d'où il était parti en 1780 pour le Massachussetts. Secrétaire d'Etat au trésor sous la présidence de Thomas Jefferson - L.A.S., 2/3 p. in-4 ; New York, 25.VIII.1846. (900.-) 600.-
A Charles G. PERCIVAL, de Utica, l'un des correspondants d'Edgar Allan POE en 1845.
L'ex-homme d'Etat n'a pas le souvenir d'avoir rencontré dans sa jeunesse le célèbre baron von STEUBEN (1730-1794), général prussien engagé dans la Guerre d'Indépendance américaine : «... I never saw General Steuben and did not become a resident of this State [of N.Y.] till the year 1828, many years after his death...» ; il ne se souvient pas même d'avoir vu son portrait. De plus, vu son grand âge, il doute de pouvoir être utile à son correspondant : «... In my 86th year, and almost altogether confined to my house... I am incapable of any out of doors exertions or enquiries...».
81. GENÈVE, 1869 : Monument national - Exceptionnel dossier de 32 pièces, formats divers ; Genève, 1863/1869. (10 000.-) 6.000.-
«En mémoire de la réunion du Canton de Genève à la Confédération suisse...» était inauguré, le 20 septembre 1869, lors d'une cérémonie publique qui fit date, le célèbre «Monument National» trônant encore de nos jours sur les bords du lac de Genève.
Cet ensemble unique de documents, lettres, manuscrits, imprimés, retrace l'histoire de ce monument, du lancement du projet jusqu'à son inauguration, sous l'active présidence du général DUFOUR.
Le dossier s'ouvre sur une première lettre circulaire du 9 avril 1863, par laquelle le «Comité provisoire» convoque une assemblée générale «... pour Jeudi 16... au Bâtiment électoral... [afin] de s'entendre au sujet de l'érection d'un monument commémoratif de la réunion de Genève à la Suisse...». Au mois d'août déjà, une soixantaine de projets, de mérite inégal, étaient exposés audit Bâtiment. Dès lors, le projet soulève de nombreuses critiques parmi les Genevois (et quelques compliments aussi...) et les billets et lettres anonymes (!) ici conservés en sont des témoignages vivants : «... Le N° 46 il faut le vendre à un patissier...», peut-on lire dans l'un d'eux ; ou bien «... Misérables de nous faire payer 1 fr.... C'est un vol...» ; et encore : «... Messieurs, La pluspart des lettres sans signature sont des personnes qui ont exposé des plans...» ! Une lettre anonyme, datée du 13 août 1863, signale une erreur se rapportant à la maquette du projet N° 12 ; une autre, signée «Un artiste patriote», suggère de lancer un nouveau concours et propose que le monument soit érigé sur un socle fait d'un bloc de rocher tiré des Alpes, «... l'Alpe si cher à nos méditations...». Un certain «Roulet fils» voudrait que l'on choisisse la colonne N° 26 et en explique les raisons ; l'auteur d'une autre lettre envoie une feuille donnant copie des «inscriptions» à graver sur les plaques, etc. Superbe est la L.A.S. de 4 pp. in-4, de l'héraldiste Adolphe GAUTIER (1825-1896) qui, en date du 17 août 1863, s'explique longuement et par le menu sur «son» projet réunissant certaines idées que lui ont inspirés les modèles exposés, etc.
Parmi les documents les plus importants du dossier, citons l'original de la «Convention» du 12 septembre 1863 (2 pp. in-4), signé par le général Henri DUFOUR, par les trois membres de la Commission ainsi que par le sculpteur Robert DORER (1830-1893) : caractéristiques du Monument, conditions et délais, etc., pour un prix total estimé de 28.000 francs. Vient ensuite la copie d'un «Contrat» de 1864, sans signatures, énumérant, en 10 points de plusieurs lignes chacun, les conditions imposées au sculpteur ; une note autographe de Dufour sur la IVe page (comme on en trouve également sur d'autres pièces), et une seconde, d'une autre main, indiquent que «l'original a été remis à Mons. Tognetti».
En date du 9 février 1867 est signé le «Contrat de livraison» ; s'étendant sur 2 pp. in-folio, fort détaillé et essentiel pour l'exécution de l'œuvre, celui-ci est écrit et signé de la main de Marcel SUÈS-DUCOMMUN (1819-1906), le patriote genevois qui fut à l'origine du projet dès 1861. En novembre de la même année, Robert DORER fait savoir, par une lettre de 3 pages, que son travail prend du retard et propose un arrangement (1 p. in-folio, en allemand) : «... Vu l'impossibilité matérielle d'inaugurer le 12 Septembre 1868 le Monument National de Genève, il a été convenu ce qui suit...», etc. (intéressantes précisions). Une copie de la nouvelle «Convention», écrite en français, est, de la main du Général DUFOUR, «Certifiée conforme à l'original».
Des «Conventions» datées des 16 novembre 1868 (3 pp. in-4) et 28 janvier 1869 (2 pp. in-folio) sont signées pour les travaux du «Piedestal... en pierre de granit...» (signée, entre autres, par DUFOUR) et «... pour les fouilles du piedestal du Monument...» dont est chargé l'entrepreneur genevois François Orange. Le 6 février 1869, une autre «Convention» de 5 pp. in-folio est signée par l'Architecte Vaucher-Crémieux et l'entrepreneur J. H. Boissonas-Golay, les travaux devant être achevés pour le mois de septembre. Le jour de l'inauguration s'approchant (et les problèmes aussi !), le général DUFOUR écrit, dans une L.A.S. d'une page in-8 adressée à Marc CHAUVET, son collaborateur et trésorier du Comité, que les paiements au Sieur Chapuis, marbrier, doivent être stoppés : «... Mardi prochain, vous et moi devons paraître devant le tribunal...», etc.
Après maintes péripéties, l'inauguration, prévue pour le 12 septembre 1869, ne subira qu'un léger retard et sera repoussée aux 20 et 21 à cause... d'un rassemblement de troupes qui devait retenir à Bière le bataillon genevois.
Ces archives renferment d'intéressants documents, comme la cocarde originale aux couleurs de Genève portée le jour des festivités, différentes cartes «personnelles» (autorisations permettant d'entrer dans l'enceinte réservée aux travaux, invitation au Banquet d'Inauguration, carte de la Société des Arts, carte de Navigation et de Banquet de la Société de l'Arquebuse, etc.), le «Programme des Fêtes» (1 p. in-4), la lettre-circulaire d'inviation du général Dufour, le «Menu» du Banquet commémoratif offert au Grand Hôtel de la Paix, la circulaire du Major fédéral Diodati, etc. Enfin, une L.A.S. du 25 septembre 1869, émanant de Marc CHAUVET (1826-1883) et faisant la liste des paiements effectués entre 1863 et 1868 qui révèlent une dépense d'au moins 53.600 francs (l'estimation avait été, rappelons-le, de 28.000 frs...).
Joint : Photo originale in-12 d'une maquette du monument, avec annotations manuscrites au verso et au recto. Il semblerait que cette photo soit celle du projet du sculpteur munichois Jean LEEB qui tomba par hasard, vers 1861, sous les yeux du patriote genevois Marcel SUÈS-DUCOMMUN et lui donna l'idée de doter sa ville natale d'un monument rappelant la réunion (1814) de Genève à la Suisse ! En effet, l'écriture semble être celle du patriote qui aurait donc tracé ici, sous l'image, les mots suivants : «Ce fleuron que mon cœur te donne, sera un rayon du diadème Helvétique dont chaque pierrerie vaut une couronne».
82. GOBINEAU, Arthur, comte de (1816-1882) Diplomate et écrivain français, auteur d'un Essai sur l'inégalité des races humaines où il fonde sa théorie de la supériorité de la race nordique. Sa doctrine sera exploitée par le national-socialisme hitlérien - L.A.S., 4 pp. in-8 pleines ; Téhéran, 30.XI.1855. (1500.-) 1000.-
La seconde partie de son Essai à peine terminée, le diplomate fut envoyé en mission extraordinaire auprès du Shah de Perse. De Téhéran, il rappelle à un correspondant d'Alexandrie (Egypte) sa promesse de «... prendre note... des singularités de dialectes que vous pourriez rencontrer dans vos lectures arabes...». Il est très satisfait de son séjour en Perse, la vie intellectuelle musulmane y est vive, «... sans compter que les manuscrits sont nombreux et assez abordables quant aux prix, les presses lithographiques de Téhéran sont en perpétuel mouvement... Ainsi le Roi fait, en ce moment, les frais d'une édition de Mirkhoud qui est admirable...».
Puis, plus loin : «... nous avons ici des Savants très féconds. On publie non seulement des livres anciens, mais même des premières éditions et ce qui n'est pas indigne d'intérêt, les Persans ont même un de leurs écrivains qui s'occupe d'une histoire universelle dans laquelle il prétend... faire concorder les renseignements européens avec les renseignements asiatiques...». Bien qu'imparfaite, l'œuvre lui paraît fort importante car d'une conception originale et toute asiatique, etc.
Gobineau charge aussi son correspondant de lui trouver «... un exemplaire des 1001 nuits (en arabe), édition de Boulak, bien conservée...» qu'il faudra lui adresser au Consulat de France à Bagdad.
Superbe missive portant un intéressant témoignage sur la vie culturelle arabe du milieu du XIXème siècle.
83. GODOY Manuel (1767-1851) Premier ministre espagnol, favori de la reine Marie-Louise - L.S. «El Principe de la Paz», 1/2 p. in-4 ; San Lorenzo, 17.X.1796. (300.-) 200.-
Sur ordre du roi Charles IV, le ministre informe Don Nicolas Avarana que la licence de son mariage avec Doña Casimira Diaz del Carpio lui a été accordée et que certains avantages militaires lui seront conservés.
L'année précédente, suite à la signature du traité de Bâle (22.VII.1795), Manuel Godoy avait reçu le titre de «prince de la Paix» .
84. GOETHE, Johann Wolfgang von (1749-1832) L'illustre poète allemand - L.S. «Goethe», 1 p. in-4 pleine ; Weimar, 21.II.1807. Bord dr. renforcé au dos avec légères traces de colle en transparence. (6500.-) 4500.-
Cette lettre devait accompagner l'envoi d'un article pour le Jenaische Allgemeine Literatur-zeitung, article renfermant le discours de l'historien suisse Johannes von MÜLLER sur Frédéric le Grand. Goethe précise à son correspondant (Henrich C. A. EICHST-DT, rédacteur du journal) qu'il a préféré retirer deux autres textes destinés à la revue, les ayant trouvés trop sérieux, «... und freylich, wo soll jetzt der leichte gute Humor herkommen mit dem man manche Dinge behandeln müsste...» («et vraiment, d'où doit sortir maintenant la bonne humeur avec laquelle on devrait traiter de tels sujets...»). Le poète termine sa missive en annonçant son intention de se rendre au printemps à Jena, etc.
Long texte d'une petite écriture fine et élancée.
85. GOLOVINE Yvan (1813-1886) Ecrivain, économiste et publiciste russe, exilé pour des motifs politiques - L.A.S., 1 p. in-8 ; (vers 1845/50). Papier à son chiffre. En français. Autographe rare. (600.-) 400.-
Golovine prie le rédacteur du Corsaire, journal français des spectacles, de la littérature, des arts et des mœurs qui parut entre 1823 et 1852, de bien vouloir publier quelques lignes précisant qu'il est aussi étranger à la rédaction du Corsaire en général qu'à l'erreur qui s'est glissée dans un article du 11 mai où le comte Krassnowski-Tabasch fut nommé «Grasnowski» - celui-ci s'en étant plaint auprès de Golovine - au sujet d'une nouvelle lecture que M. Ostrowsky a faite dans ses Salons, etc.
L'auteur dramatique Alexandre Nicolaevitch OSTROVSKY (1824-1886) fut une personnalité littéraire de relief et son influence dans l'histoire du théâtre russe fut immense. Son premier opéra, «Le Voiévode», fut mis en musique par Tchaïkovsky en 1869.
86. GOODMAN Benny (1909-1986) Clarinettiste et chef d'orchestre de jazz américain - Photo signée, 4°, noir et blanc ; (vers 1980). (350.-) 250.-
Très beau portrait en buste où, vêtu d'un costume de soirée sombre, le musicien pose sur une terrasse (derrière lui, la ville de New York ?), tenant sa clarinette des deux mains, les doigts posés sur les clés de l'instrument.
87. GOOSSENS Eugène (1893-1962) Compositeur et chef d'orchestre anglais - MUSIQUE A.S., 1 p. in-8 ; (Barcelone), 12.V.1925. (300.-) 200.-
Deux lignes de musique extraites de son «Phantasy Quartet - op. 12», tracées sur une feuille extraite de l'album personnel du violoniste catalan Joaquim Mestres, membre de l'Orchestre Pau Casals.
88. GOUNOD Charles (1818-1893) Compositeur français - L.A.S., 2/3p. in-12 ; Paris, 5.VI.1890. Adresse autographe au dos. (300.-) 200.-
A son confrère et ami Francis THOMÉ (1850-1909), élève de César Franck. «... Merci, mon cher ami, Votre sincérité me touche autant que vos éloges... Allez ! je sais mieux que personne tout ce que je ne suis pas !...».
Le 4 avril 1890 au Théâtre du Châtelet, Gounod avait dirigé sa Deuxième Symphonie et plusieurs fragments d'autres œuvres par lui composées furent aussi chantés. Les auditeurs acclamèrent le vieux Maître et ce fut là sa dernière apparition en public.
89. GREENAWAY Kate (1846-1901) Célèbre dessinatrice anglaise - L.A.S., 2 pp. in-12 ; Brantword, 4.II.1887. Autographe rare. (600.-) 400.-
«... You will be surprised to hear of me here (l'adresse qu'elle donne en tête est en effet celle de John RUSKIN) and it was a very unexpected coming...», écrit-elle au poète anglais Frederick LOCKER-LAMPSON (1821-1895) pour lequel Kate Greenaway avait dessiné en 1881 un «Little Dinky» inséré dans le volume London Lyrics. Elle est impatiente de tout lui raconter dès son retour à Hampstead, «... as soon as I know where...». L'hiver a été exécrable : «... it is cold here rather and looks very wintry...».
L'écrivain d'art John RUSKIN (1819-1900) fut un admirateur enthousiaste de la dessinatrice avec laquelle il entretint longtemps une correspondance et dont il fit l'éloge de l'oeuvre dans ses Praeterita.
90. GRISI Carlotta (1829-1899) Danseuse italienne, son interprétation de Giselle en 1841 la rendit célèbre. Aimée par Alfred de Musset et Théophile Gautier - L.A.S., 1 1/3 pp. in-12 ; (Paris, vers 1842). Adresse autographe sur la IVe page. (500.-) 350.-
La danseuse prie le compositeur Alphonse LEDUC (1804-1870) de remettre «... à un commissionnaire mes cartes de visite que ma cuisinière vous portera et vous donnerez à ce commissionnaire le nom et l'adresse des journalistes auxquels elles sont dues. Mettez sur mes cartes P.P.C. ...».
Ayant chargé de ce service le portier de Nestor ROQUEPLAN, directeur du Théâtre des Variétés, Carlotta Grisi envoie quelques francs «... pour le récompenser...». Autographe peu commun.
91. GRISI Giulia (1811-1869) Cantatrice italienne de grande renommée à l'époque romantique - L.A.S., 2 pp. in-4 ; «Ce 22 Mars» (Paris, vers 1840/42). (900.-)