1. ABRANTÈS, Laura Permon, Duchesse d' (1784-1838) Epouse du général Junot, ses Mémoires eurent un succès retentissant - L.A., signée de son paraphe, 4 pp. in-8 ; (Paris, vers 1832/35). (400.-) 250.-
Longue et intéressante missive à Astolphe de CUSTINE qui l'avait invitée à venir voir le portrait de sa mère, Delphine de Sabran († 1826). «... Vous m'avez dit quelques fois que nos caractères avaient des points de ressemblance. Je le crois. Je vous aime comme elle vous aimait... comme elle vous appartenait. Comme elle j'ai vu et connu toutes vos qualités, vos avantages...», etc.
Il est aussi question de Madame Caroline COUTURIER (1794-1847), d'un voyage en Orient que préparait le marquis de Custine avec l'aide de la duchesse d'Abrantès, de la répétition du Diable prédicateur que la duchesse allait donner au Théâtre Européen, et aussi de ses souffrances : «... Vous seul pouvez me faire supporter la vie... Un jour vous saurez tout ce que j'ai souffert, quelles heures d'angoisse...», etc. [Voir aussi le lot n° 70, Astolphe de CUSTINE]
2. AHMED FETHI Pacha (1801-18589 Grand maître de l'artillerie de l'Emp. ottoman. Ancien ambassadeur, min. du Commerce, il épousa la fille de Mahmut II - L.A.S., 1 p. 4° pet. ; Paris, 3.II.1835. (450.-) 300.-
L'ambassadeur turc à Vienne s'adresse personnellement au comte de BELLEVAL, diplomate français, pour le prier de lui faire l'honneur «... de venir passer la matinée, mercredi... à neuf heures du matin. Vous m'obligerez de recevoir mes respects et mes compliments...», etc. Ahmed Fethi Pacha quittera Vienne pour Londres, puis pour l'ambassade de Paris en 1838 ; il sera de retour à Constantinople vers la fin de l'année 1839, peu avant son mariage avec la Sultane Athiè, âgée de 14 ans.
3. AMADO Jorge (1912-2001) L'illustre écrivain brésilien dont l'œuvre s'inspire de scènes de la vie populaire de son pays - L.A.S. (initiales) au recto d'une carte in-12 obl à ses noms et adr. imprimés. (350.-) 200.-
Il renseigne Monika Kowalewski (la championne canadienne de tennis des années '80 ?) qui désire se procurer l'édition française de son livre Os Velhos Marinheiros (Le vieux marin), ouvrage publié 1961.
4. AMIEL Frédéric Henri (1821-1881) Ecrivain suisse de Genève, auteur d'un monumental Journal intime - Trois L.A.S., 8 1/2 pp. in-8 et in-12 ; Berlin et Genève, 1846/1868. (1200.-) 800.-
Belle correspondance (inédite ?) adressée à un ami genevois, l'historien Henri BORDIER (1817-1888).
De Berlin, le 21 mars 1846, le jeune Amiel annonce l'arrivée de David-Arnold VOGEL (1824-1891), fils de Ludwig Vogel, «... un des meilleurs peintres d'histoire de la Suisse ; droit et peinture, voilà deux sujets de conversation tout trouvés...». Il parle de la colonie suisse de Berlin dont sept membres sont Genevois, de l'exposition qui vient d'ouvrir ses portes avec «... 1200 peintres exposants qu'a mentionnés l'article... du Constitutionnel du 16 mars (article Phoré, superficiel). Mais je plains ceux qui aiment la belle peinture d'avoir à subir votre détestable système de couvrir les chefs d'œuvre reconnus du Musée avec les toiles douteuses d'artistes débutants...». L'écrivain renseigne Bordier sur la situation politique en Allemagne où l'émeute de Cracovie, étouffée en deux jours, a été présentée par les gazettes françaises comme une deuxième révolution de juillet 1831 «... tandis qu'ici à Berlin on ne s'apercevait pas de la moindre inquiétude. Quelques régiments ont changé de place... On s'est presque aussi préoccupé de la guerre des Sikes dans l'Inde et des dangers connus par le prince Waldemar dans cette bataille... Mais rien n'est curieux comme d'être de 10 jours en avance sur l'histoire, et c'était notre avance sur Paris, position de demi-Dieux riant, dans la sécurité de leur Olympe, des égarements burlesques des humains...».
Le Genevois commente encore longuement la situation dans laquelle est plongée la noblesse polonaise : «... Elle veut la liberté pour elle et l'esclavage pour ses paysans. Ses paysans, qui ont goûté d'un régime moins dur, en sont aujourd'hui à l'assommer...». L'Université étant fermée, Amiel envisage d'étudier le suédois et de visiter Berlin qu'il ne connaît pas encore, etc.
Le 22 octobre 1852, l'écrivain annonce sa visite «... tout en courant vers Dijon...», chargé d'apporter des cadeaux aux «... deux mignonnes figliuolettes... grâce aux soins de Madame votre mère...». Bien plus tard, le 22 novembre 1868, il demande qu'on lui fasse avoir au plus tôt «... un portefeuille oblong, nécessaire au professeur et contenant quelques notes...» tombé de son manteau «peu fidèle». Il profite de l'occasion pour envoyer «... quelques anagrammes pour vos deux fines espiègles... Les déchiffreront-elles ? That is the question...», et aussi dire à Bordier qu'après réflexion, il aurait «... dû insister pour le Registre de la Pr. protest... j'ai... dérangé une soirée de travail utile...», etc.
5. AMIET Cuno (1868-1961) Peintre expressionniste suisse du groupe Die Brücke - L.A.S., 3 pp. in-4 ; Oschwand, 14.I.1932. En-tête à ses nom et adresse. Pièce jointe. (400.-) 250.-
«... Ce roman m'intéresse énormément. Je viens de lire le livre de Lhakowsky et je suis tout à fait sous l'impression de ces recherches nouvelles...», écrit Cuno Amiet à une femme de lettres, lui annonçant par la même occasion une importante exposition de ses œuvres «... à Paris chez Georges Petit. Elle s'ouvre le 1er mars '32 et elle est organisée par Mr M. Kaganovitch. Il y aura à peu près 100 numéros... Je vous envoie le catalogue de l'exposition de quelques artistes suisses de l'année passée...», etc. Joint : message de vœux pour l'année 1932, sous forme de poème, avec en tête le dessin de deux profils, le tout imprimé en fac-similé.
6. APOLLINAIRE Guillaume (1880-1918) Poète français, fils d'un officier italien et d'une Noble polonaise - Manuscrit autographe, 2 pp. in-8 non datées (vers 1908 ?). (2500.-) 1500.-
Rédigé au dos de deux feuillets de demande de volumes à une bibliothèque parisienne (la Bibl. Mazarine où l'écrivain avait l'habitude de se rendre ?), ce manuscrit raturé, corrigé, titré «Avertissement» et paraissant complet, concerne un «roman célèbre de Bernard de Trévies» dont l'édition est une des plus anciennes, sinon la plus ancienne. Apollinaire y décrit l'ouvrage, ses caractères d'imprimerie, ses figures gravées, et place cette publication à une date antérieure à 1490. Il ne doute pas «... que le lecteur instruit ne trouve un délicat plaisir à lire l'histoire des amours de Pierre, fils du Comte de Provence, et de la belle Maguelonne, fille du roi de Naples...», ces deux parfaits amants dont les aventures traduites en de nombreuses langues rappellent celles de Roméo et Juliette !
L'histoire de la belle Maguelonne et du comte Pierre de Provence prend sa source littéraire dans un poème écrit à la fin du XIIème siècle par Bernard de Trèves, chanoine de Maguelonne, une des plus belles cathédrales de l'école romane provençale dans le Bas-Languedoc, non loin de Montpellier. Tieck adapta le poème en allemand et Brahms en fit une romance.
7. ARAÚJO DE AZEVEDO Antonio, Conde da Barca (1754-1817) Diplomate portugais. Homme de grande culture, il était ministre des Aff. étr. en 1808 lors de l'occupation de son pays par les Français, et organisa le départ de la cour pour le Brésil - L.S., 1 p. in-folio ; Palacio de Queluz, 25.VII.1805. Adresse et cachet brisé sur la IVe page. Papier rongé près du sceau, avec perte de qq. fragments de mots. (750.-) 500.-
L'illustre homme d'Etat contresigne une lettre du futur roi JEAN VI (1767-1826) signée «O Principe» qui, en tant que «... Principe Regente de Portugal e dos Algarves, d'aquém e d'além Mar, em África... Arábia, Pérsia e da Índia, etc...» annonce la naissance de la princesse Marie-Anne-Joséphine : «... hoje, pelas onze horas e meia da noite, tive o gosto de ver crescida em numero a Minha Real Familia, com huma Infanta que... deu a luz a Serenissima Princeza do Brazil...», etc.
On doit entre autres au comte de Barca le développement culturel du Brésil au début du XIXe siècle. Il eut en effet la bonne idée de transférer à Rio de Janeiro en 1808 non seulement la bibliothèque et les collections royales, mais aussi les caisses de matériel nécessaire à créer la première typographie officielle du pays, la Impressão Regia. Il fit en outre venir d'Europe des artistes et voyageurs qui contribuèrent à faire connaître le Brésil dans le monde entier.
8. ARAÚJO LIMA, Pedro de (1793-1870) Homme d'Etat brésilien, régent de l'Empire de 1837 à juillet 1840 - L.S., 1/2 p. in-folio ; Rio de Janeiro, 14.III.1840. Papier légèrement défraîchi, traces de désinfection et fente restaurée. Adresse et sceau plaqué sous papier sur la IVe page. (450.-) 300.-
Peu avant la déclaration anticipée de la majorité (14 ans) de dom PEDRO II, le président du Conseil Araújo Lima, «Regente em Nome do Imperador Constitucional e Defensor Perpetuo do Brasil», répond à une lettre du diplomate Filippo DE ANGELIS (1792-1877), ancien nonce en Suisse puis au Portugal de 1832 à 1838, qui vient d'être créé cardinal par le pape Grégoire XVI.
9. ARBÓS Enrique Fernández (1863-1939) Chef d'orchestre, violoniste et compositeur espagnol - MUSIQUE A.S. sur page in-8 ; Barcelone, 15.X.1932. (500.-) 350.-
Extrait musical, env. 15 notes de son Bolero pour piano, violon et violoncelle, avec dédicace et date autogr. Jolie page provenant de l'album personnel d'un musicien de l'Orchestra Pau CASALS, créé par ce dernier à Barcelone avec des musiciens locaux.
10. AVIATION - Trois photos in-4 avec légendes A.S. du pilote belge Willy COPPENS de HOUTHULST (1892-1986). Tirages et autographes des années '70. (200.-) 120.-
La première photo nous montre NUNGESSER aux commandes de son avion auprès duquel se tient CLÉMENCEAU, debout. Note de Willy Coppens, au bas de l'image : «Nungesser, l'as aux 45 victoires et Clémenceau, artisan de la victoire qui torpilla la paix» !
Les deux autres photos sont celles du pilote militaire belge (aux 37 victoires !) posant debout près de son «Bébé» NIEUPORT, et en vol sur son FARMAN surnommé «La Cage à poule» ; ces deux pièces portent chacune un curieux commentaire autographe signé de Coppens.
[Voir aussi les lots nunéros 90, Fokker, et 236, Santos-Dumont]
11. BALZAC, Monument à - Trois feuilles in-folio avec 44 signatures ; Paris, 18.XI.1885. (2500.-) 1500.-
«La Statue de Balzac - Réunion de la Commission d'initiative - Séance du Mercredi 18 Novembre 1885» de la Société des Gens de lettres.
Intéressants documents réunissant les signatures des écrivains, journalistes, littérateurs, politiciens, artistes et éditeurs qui, les premiers, donnèrent vie au Comité chargé d'agir de manière à obtenir que Balzac - l'un des fondateurs de cette Société - ait à Paris un monument digne de son nom et de son œuvre.
Parmi les signatures autographes d'écrivains, citons celles de Guy de MAUPASSANT, Georges OHNET, Emmanuel GONZALES, Hector MALOT, Jules CHAMPFLEURY, Ludovic HALÉVY, Auguste VACQUERIE, Ernest DAUDET, Emile AUGIER, Théodore de BANVILLE, etc.; parmi les éditeurs,Calmann LÉVY, Paul OLLENDORFF, Eugène PLON, Armand TEMPLIER (pour Hachette), Edmond HIPPEAU (pour Dentu), etc. Relevons encore les signatures de l'ancien ministre Jules SIMON, des sculpteurs Jules DALOU et Alexandre FALGUIÈRE, du dessinateur Georges ROUX (illustrateur des livres de Jules Verne), des journalistes et critiques de l'Illustration, du Temps, du Charivari, du Constitutionnel, du National, etc., etc.
L'histoire tourmentée du monument à Balzac, dont l'exécution avait été confiée en 1891 à RODIN, ne verra son issue qu'en 1929 avec l'érection à Paris de la célèbre statue de bronze à l'intersection des boulevards Raspail et Montparnasse. Entre temps, en 1902, le centenaire de Balzac passé, la Société des Gens de lettres avait inauguré la statue anecdotique de l'écrivain sculptée par FALGUIÈRE, l'un des signataires de ces feuilles et grand ami de Rodin.
12. BARBUSSE Henri (1873-1935) Ecrivain français,il milita après 1920en faveur du communisme - L.S. avec corrections autographes, 2 pp. in-4 ; Miramar, 11.III.1928. (800.-) 500.-
Magnifique missive, entièrement consacrée à son appartenance au Parti communiste. Oui, dit-il, il est communiste et ses «... convictions n'ont jamais été ébranlées... Je considère en effet que la doctrine communiste est une pure et intégrale doctrine socialiste et que d'autre part cette doctrine tend à se réaliser dans l'U.R.S.S. (alors Stalinienne !), autant que cela est humainement possible au sein d'un univers capitaliste et impérialiste...».
Barbusse dit travailler à «... une œuvre de diffusion objective... Elle consiste à tenter de montrer à l'opinion publique internationale, au moyen d'un journal hebdomadaire Monde... la réalité des choses... sur le plan des idées et sur le plan des faits... A cette œuvre peuvent collaborer tous les gens de bon sens et de bonne foi : communistes, socialistes et même anarchistes et sans parti... Peut-être la volonté que j'ai exprimé de m'adonner à cette tâche de grande information impartiale... a-t-elle pu faire croire, à tort et sans raison, que j'abandonnais les principes très nets et très logiques de la souveraineté des masses...», etc.
13. BARTLETT Levi (1763-1828) Médecin et h. pol. am., fils de Josiah Bartlett, l'un des signataires de la Déclaration d'Indépendance - Deux manuscrits autographes, 3 1/2 pp. in-folio. Vers 1783/1785. (750.-) 500.-
Deux longues feuilles couvertes de notes tracées de sa petite écriture par le jeune Bartlett, l'une d'argument scientifique (sur les narcotiques), l'autre d'intérêt politico-administratif. Dans cette dernière, il examine les fonctions d'un «... Collège of civil policy and Morals... composed of Men in the several States fame for their acute knowledge, good principles and Moral virtues elected by the State Boards of Policy...» dont les décisions iront jusqu'à influencer la politique du Congress et du Président des Etats-Unis !
Documents provenant des Archives Bartlett, dispersées en 1989 à Kingston (U.S.A.).
14. BARTÓK Béla (1881-1945)Compositeur-Signature autogr. sur p. 8° ; (Barcelone, 1927). (750.-) 500.-
Très belle signature tracée au milieu d'une feuille à laquelle est joint un portrait in-12 du compositeur. Page provenant de l'album personnel d'un musicien de l'Orchestra Pau CASALS créé par ce dernier à Barcelone avec des musiciens catalans.
15. BEAUHARNAIS, Eugène de (1781-1824) Fils de l'impératrice Joséphine, adopté par Napoléon Ier qui le nomma vice-roi d'Italie - L.A.S., 2 pp. in-4 ; Milan, 20.XII.[1808]. (1500.-) 1000.-
Importante missive destinée à son secrétaire MÉJAN qui vient d'arriver à Paris, chargé entre autres de «... la remise de mes lettres à ma mère et à ma sœur...», données à Lavallette un peu trop tardivement : «... J'ai vu avec plaisir que vous avez trouvé l'Impératrice en bonne santé et ma sœur avançant dans son rétablissement...» (le 20 avril 1808, Hortense avait accouché du futur NAPOLÉON III).
Le Prince rappelle à son correspondant sa «... commission de mes deux tableaux [de Joséphine et de Napoléon Ier]. Je désire qu'ils soient tous deux faits par Gérard et surtout de la même grandeur que celui de ma sœur. Si cependant Gérard n'avoit jamais peint l'Empereur, il faudrait bien s'adresser à un autre... dans ce cas je préfèrerais LeJeune. Je ne veux pas du tout de celui de David...» dont il possède une copie «... détestable en ressemblance...» !
Il est ensuite question d'une affaire qu'Eugène espère résoudre sans l'intervention du ministre MOLLIEN ; elle concerne un payeur général qui s'en tirera avec une moindre perte, mais «... Cela lui servira d'une bonne leçon et lui fera tenir plus en bride ses petits fripons d'employés...». Plus loin, il réclame «... beaucoup de notes sur la manière dont sont organisés les bureaux du Sénat ainsi que du Conseil des titres...», renseignements qui lui permettront «... de ne faire ici rien de plus qu'en France...».
L'intéressant passage relatif aux tableaux de Napoléon et de Joséphine nous rappelle l'exécution des deux magnifiques portraits peints par François GÉRARD dont l'un, celui de l'impératrice, sera plus tard copié (1853) par Kaulbach sur ordre de Napoléon III et conservé à Arenenberg à côté de celui de la reine Hortense, également œuvre de Gérard. On remarquera d'autre part la réflexion d'Eugène concernant la «détestable ressemblance» des portraits peints par David qui avait vraisemblablement tendance à flatter le sujet représenté... [Voir aussi les numéros 34 Brésil, 105 Grégoire XVI et 179 Napoléon Ier]
16. BEAUHARNAIS (Lettre au prince Eugène de) - L.S., 2/3 p. in-folio, du roi Frédéric-Auguste de SAXE (1750-1827) ; Varsovie, 12.I.1809. (450.-) 300.-
Le 23 décembre 1808, la femme du prince Eugène mettait au monde une fille, Eugénie-Napoléon, future épouse du prince allemand Frédéric-Guillaume de HOHENZOLLERN-HECHINGEN. Le roi de Saxe adresse ici ses félicitations et ses vœux «... pour la conservation de la Princesse...» et fait savoir combien il lui est agréable de «... professer en même temps les sentiments de dévouement et de reconnoissance, dont je suis pénétré pour Sa Majesté l'Empereur et Roi d'Italie...» Napoléon Ier, auquel Frédéric-Auguste de Saxe devait d'ailleurs son titre royal (1806 ) !
17. BEAUHARNAIS, Hortense de (1783-1837) Reine de Hollande, fille de l'impératrice Joséphine et mère de Napoléon III - L.S., 1 p. in-8 ; Arenenberg, 10.I.1833. Adresse au verso. (900.-) 600.-
Belle lettre (inédite ?) relative à un portrait en lithographie de JOSÉPHINE tiré de l'admirable tableau peint par Ferdinando QUAGLIA (1780-1853) et conservé dans la Wallace Collection de Londres. Depuis son exil suisse, la reine prie son correspondant parisien, M. de Vaux, «... de faire remettre à Mme de Salvage la pierre lithographique du portrait de ma mère, qui a été fait par une jeune personne d'après le portrait de Quaglia et que je me rappelle être resté entre vos mains...», etc.
Texte probablement de la main de Madame Salvage de Faverolles, l'une des dernières intimes d'Arenenberg. En post-scriptum, celle-ci donne l'adresse de son hôtel parisien, Hortense ne pouvant se rendre en France. C'est à elle que la reine confia ses Mémoires, la chargeant de les conserver jusqu'à ce qu'elle soit en mesure de les remettre à son fils, le futur Napoléon III.
18. BEAUHARNAIS, Hortense de (Au sujet de) - L.A.S., 2 pp. in-8, de la Duchesse de RAGUSE (Hortense PERREGAUX, 1779-1855, femme du maréchal Marmont) ; Paris, 25.V.1837. Adresse et très beau cachet de cire rouge aux armes. (600.-) 400.-
Emouvants témoignages d'une amie intime d'Hortense, laquelle vit ses derniers mois.
Monsieur Cochelet, oncle de Claire Pasquin, lui ayant demandé des nouvelles de la reine, la duchesse de Raguse, qui a quitté Arenenberg depuis six mois, lui répond qu'elle n'a hélas «... ni le bonheur, ni la douleur de soigner la Reine...». A sa dernière visite au bord du lac de Constance, elle l'avait trouvée pleine de vie, de force et de santé malgré ses horribles anxiétés (suite à l'affaire de Strasbourg, 30.X.1836). Maintenant, «... Son état est des plus allarmants, les médecins ne le dissimulent pas et ils ont prononcé un arrêt que j'ai peine à croire possible... Elle est pourtant mieux depuis quelques jours, on est parvenu à calmer ses nerfs et à lui rendre un peu de sommeil...», mais lorsqu'elle quitte le lit, c'est pour s'étendre sur une chaise-longue car elle est fort affaiblie, etc. La Maréchale suggère à son correspondant, s'il désire obtenir d'autres nouvelles, de s'adresser directement à sa nièce, Claire Parquin, fille de l'ancienne lectrice Louise COCHELET († 1835), «... établie chez la Reine...».
Suite à l'affaire de Strasbourg, la duchesse de Raguse avait accueilli (début novembre 1836) dans son château de Viry la reine Hortense, partie précipitamment d'Arenenberg croyant la vie de son fils en danger. L'aventure du futur Napoléon III se résoudra en un bref exil en Amérique, mais la souffrance de sa mère malade fut énorme, à peine soulagée par l'affection et le confort que de rares amis lui apportèrent durant ses derniers mois.
19. BEAUHARNAIS, Stéphanie de (1789-1860) Grande-duchesse de Bade, nièce de l'impératrice Joséphine et fille adoptive de Napoléon qui avait chargé Mme Campan de son éducation - L.A.S., 2 pp. in-8 ;
Mannheim, 23.XII.[1834]. (500.-) 350.-
Affectueuse lettre à son neveu Auguste de BEAUHARNAIS (1810-1835), fils d'Eugène, qui partait pour le Portugal afin d'épouser la reine Maria II da Gloria. «... Eugènie [de B.] m'a appris que votre destinée est enfin décidée, Cher Auguste ; le sort qui vous éloigne de votre famille, du pays que vous avez habité... vous donnera sans doute des compensations, vous allez entrer dans une carrière active, faite pour votre caractère...», etc. Stéphanie se réjouit de cette belle perspective mais cet éloignement est «... une peine très vive pour moi qui vous aime comme une mère...», etc.
Deuxième duc de Leuchtenberg, le prince Auguste de Beauharnais devait mourir subitement, le 28 mars 1835, à l'âge de 24 ans, deux mois seulement après son mariage avec la reine du Portugal. En 1829, l'empereur dom Pedro Ier du Brésil, père de la future épouse, lui avait conféré le titre de «Duque de la Cruz». [Voir aussi le numéro 105, Grégoire XVI]
20. BEERNAERT Auguste (1829-1912) Pacifiste belge, Premier ministre de 1884 à 1894. Prix Nobel en 1909 - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Bruxelles), 6.X.1899. (400.-) 250.-
«Mon cher Ministre, J'ai écrit à M. Rombert qu'au Ministère, on avait été au regret de n'avoir pas été avisé assez à temps pour que le Gouvernement fut représenté...» lors d'une cérémonie. Beernaert, qui présidait alors la Chambre des Représentants, a par ailleurs «... demandé les détails nécessaires pour donner... une notice biographique...».
21. BENEDETTI-MICHELANGELI Arturo (1920-1995) Célèbre pianiste italien - P.S., 1/2 p. in-4 ; Bologne, 8.V.1964. En italien. Autographe rare. (600.-) 400.-
Déclaration sur papier timbré certifiant qu'un musicien de l'orchestre du Théâtre Communal de Bologne a participé à de nombreux concerts donnés par Benedetti-Michelangeli et s'est révélé être un excellent artiste.
22. BERLIOZ Hector (1803-1869) Compositeur français dont l'œuvre romantique a marqué l'orchestration moderne - L.A.S., 2 pp. in-8 ; «Vendredi 18 Décembre» [1835]. Adresse et cachets postaux sur la IVe page (petit manque de papier vierge à ce feuillet, dû au décachetage). (3600.-) 2500.-
«... les embarras de toute espèce que me donnent toujours mes concerts, les courses qu'ils nécessitent, les travaux qu'ils exigent...» l'ont empêché de répondre plus tôt à son correspondant (M. de Larnage, d'une famille originaire du Dauphiné) au sujet de l'article qui aurait dû paraître dans le Journal des Débats, et que Monsieur Bertin, directeur du journal en question, était fort disposé à accueillir. Le compositeur fait part à son correspondant des efforts qu'il lui a fallu déployer dans cette affaire, avant de reprocher au principal intéressé d'avoir quitté Paris au moment où sa présence était des plus nécessaires : «... Faites, je vous prie, agréer tous mes regrets à Albert et assurez le bien que si l'occasion se présente de lui faire rendre justice je saurai la saisir...».
En 1835, Berlioz avait obtenu du Journal des Débats un feuilleton qui lui assurait un revenu fixe mais l'obligeait à un travail régulier angoissant. D'autre part, il était très pris par l'imminente publication de l'arrangement pour quatre mains de ses Francs Juges dont l'ouverture allait être donnée quelques mois plus tard à Leipzig, sous la direction de Robert Schumann. Ce sera-là son premier succès à l'étranger.
23. BERNE, 1779 - Lettre officielle, 1 1/2 pp. in-folio ; Berne, 27.II.1779. Adresse, marques postales et deux beaux sceaux plaqués sous papier. (150.-) 100.-
L'Avoyer de Berne (Albrecht-Friedrich von ERLACH, 1696-1788) répond à l'envoi d'un Conseiller de la ville de Strasbourg auquel il est demandé d'apporter certaines rectifications à un acte officiel où l'on avait entre autres omis de s'adresser à lui par le très formel «Hochwohlgebohren» !
On doit à l'ancien officier bernois au serviceu de l'Autrichie Erlach la construction de son célèbre palais bernois, le Erlacherhof, qui fut le siège de l'ambassade de France jusqu'en 1831 et de nos jours celui du Maire de Berne.
24. BODMER Martin (1899-1971) Chercheur et industriel suisse, fondateur de la Bibliotheca Bodmeriana en 1919 - L.S., 1 p. in-4 ; Genève, 21.II.1941. En-tête du Comité Int. de la Croix-Rouge. (400.-) 250.-
Le bibliophile, alors Membre du C.I.C.R., informe un écrivain romand que «... tout bien pesé, nous croyons devoir renoncer... à l'idée d'un grand film tel que nous l'avions discuté...». Le scénario ne sera pas développé et les «... scènes tournées à l'Agence par Mr Porchet fourniront un matériel documentaire précieux...» dont le Comité entend se servir lors du montage d'un court métrage «... réalisé par les soins d'un autre cinéaste expérimenté qui prendra lui-même la responsabilité de toute l'organisation...», etc.
25. BOISSIER Léopold (1893-1968) Juriste et diplomate suisse, président de la Croix-Rouge Internationale pour laquelle il alla retirer le prix Nobel de la paix en 1963 - L.A.S., 3 pp. in-8 ; «Villa Diodati - Cologny - Genève... 22 septembre» [1920]. Trous de classement dans la marge gauche. (450.-) 300.-
Il accepte volontiers de faire partie du comité de la Revue de Genève. «... Auteur de tristes rapports administratifs qui vont mourir dans la poussière des chancelleries, je serai heureux de participer à une œuvre vivante dans l'avenir de laquelle j'ai toujours eu foi. Aider à rendre à l'écrivain sa place dans la cité, c'est accomplir une tâche séduisante. C'est aussi pour le lecteur l'occasion de témoigner sa gratitude aux auteurs qui lui ont procuré les joies de l'esprit et du cœur. Disposez donc de moi...». Et comme don de joyeuse entrée, Boissier se propose d'offrir la liste de ses «... vingt abonnés, barbares éblouis que nous attacherons au char des triomphes de la Revue...» !
La Revue de Genève fut fondée par Robert de TRAZ (1884-1951) - destinataire de cette lettre - en mai 1920, au lendemain de l'adhésion de la Suisse à la Sociéte des Nations.
26. BOITO Arrigo (1842-1918) Compositeur italien - MUSIQUE A.S. sur feuille in-8 obl. ; (Londres ?), 22.III.1914. Trace d'un collage à la marge supérieure. Rare. (750.-) 500.-
Jolie double portée musicale, probablement extraite de Mefistofele, œuvre tirée du Faust de Goethe dont Boito avait écrit la musique et le livret et qui avait été donnée pour la première fois à Milan le 5 mars 1868.
Méphistophélès fut représenté en 1914 au Covent Garden de Londres, avec Claudia Muzio dans le rôle de Margherita.
27. BOJER Johan (1872-1959) Ecrivain autodidacte norvégien, auteur de romans de mœurs rurales, austères et émouvants où les personnages sont honnêtes jusque dans le crime ! - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Hvalstad, 3.IX.1922. En français. Autographe rare. (450.-) 300.-
L'écrivain se refuse de donner pour l'heure des conférences, «... d'abord parce que je ne sais pas assez bien la langue française... et puis parce que je prépare pour l'année prochaine un voyage en Amérique...». Il n'a cependant pas oublié Genève et le «... lac Léman, où Madame Bojer et moi avons passé quelques mois il y a 20 ans. Et j'espère bien de pouvoir y revenir, pas pour des conférences, mais pour visiter des amis...».
Bojer est entre autres l'auteur de «La puissance du mensonge», «La grande faim» et «Le dernier des Vikings».
28. BONAPARTE Lucien (1775-1840)Frère de Napoléon,prince de Canino, il épousa enpremières noces Christine Boyer qui lui donna deux filles - Deux L.A.S., 2 pp. in-8 (la première avec adresse et cachet de cire sur la IVe page) ; Bologne, 7.II. et 5.II.1823. (800.-) 500.-
En février, Lucien s'adresse à son gendre Thomas WYSE (1791-1862), rentré à Rome : «... Letizia sera bien contente... Ma femme et la petite Constance vont à merveille ; tous les enfants aussi...» ; il espère que Don Charles se montrera plus honnête avec son correspondant que lors de son dernier voyage, et embrasse «... votre petit Napoléon...».
Deux lignes, sur la IVe page, sont de la main du beau-frère de Lucien : «Boyer embrasse de cœur Wyse et Letizia et fait ses amitiés à Chatillon».
En mars, le prince de Canino donne des nouvelles du reste de la famille à sa fille Letizia (deuxième des neufs enfants du second mariage de Lucien avec Alexandrine de Bleschamp), puis envoie ses compliments à Thomas Wyse avant d'ajouter : «... tout le monde vous embrasse avec le petit Napoléon...», etc.
29. BONAPARTE-WYSE Letizia (1804-1871) Nièce de Napoléon Ier, fille du prince Lucien et épouse, dès 1821, du diplomate anglais, Sir Thomas WYSE - L.A.S., 2 1/2 pp. in-4 ; Rome, [mai 1829]. Sur la IVe page, adresse, marques postales et cachet de cire rouge aux armes. (1200.-) 800.-
Très affectueuse lettre régidée en anglais, adressée à l'aîné de ses enfants, le tout jeune Napoléon BONAPARTE-WYSE (1822-1895). «... My sweet little Love, You are very right in thinking that your letter would offered me much pleasure... my only comfort is in hearing constantly of you and William, and learning that your conduct is satisfactory to Miss Guan (la gouvernante) and your Papa...». Bien qu'elle se trouve au sein de sa chère famille, elle est impatiente de pouvoir embrasser ses «... dearest children...», ravie que «... my beloved Nappo has not forgotten me...».
Elle va bientôt partir pour l'Irlande et espère être dès septembre auprès de ses enfants : «... You are now, I imagine, too old to be amused with playthings, but I shall give you any miniature to hang up in your bed, and a gold watch... your dear mother... is constantly thinking of you and loves you more than ever. Adieu my dearest little child... I send to you in this letter ten thousand kiss...». Elle lui rappelle combien il est aimé de ses grands-parents, Lucien et Alexandrine, qui ont hâte de le revoir.
Sur la IVe page, note de classement de la main de Sir Thomas WYSE : «1829 - May - L. Wyse - Rome - to A. W. - Waterford».
30. BRANLY Edouard (1844-1940) Physicien français, inventeur d'un radioconducteur ou «cohéreur» à limaille, organe principal des appareils de réception de la T.S.F. (télégraphie sans fil) - Pensée A.S., 1/2 p. in-8 ; vers 1920. Fente horizontale restaurée. (300.-) 200.-
«Au lieu de critiquer les autres, cherchons à nous améliorer ; par cela même nous rendrons de meilleurs services».
31. BREGUET, Lettre à - CHAPTAL Jean Antoine Claude (1756-1832) Chimiste et ministre français - L.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Paris, 18.VIII.1825. Belle vignette gravée de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale. (450.-) 300.-
Intéressante missive adressée à l'horloger BREGUET, concernant un concours «... relatif à la Machine à polir les verres d'optique...» lancé par le Comité des arts mécaniques. Ce comité ayant choisi Breguet «... pour son organe...», Chaptal le prie de bien vouloir s'occuper de l'affaire avec tout le zèle dont il est capable.
32. BREGUET, Lettre à - L.A.S. du comte Anatole DEMIDOFF (1813-1870), 1 p. in-8 ; «Ce lundi» (3.I.1831). Adresse autographe. (450.-) 300.-
A «Monsieur Breguet, à Paris», pour le prier de lui apporter «... demain matin le compte de tout ce que je vous dois...», etc.
Le futur époux de la princesse Mathilde Bonaparte semble avoir été très tôt un bon client du célèbre horloger ; Anatole Demidoff n'avait alors en effet que 18 ans...
Une note sur la IVe page nous apprend que la Maison Breguet répondit le jour même.
33. BREMER Frederika (1801-1861) Ecrivain suédois - L.A.S., 1 p. in-8 ; Genève, 6.V.1857. (500.-) 350.-
Elle est fâchée de ne pouvoir se rendre chez Madame G. MOYNIER : «... Mme Bouvier, en acceptant pour moi... ne savait pas que j'avais déjà promis de passer la soirée chez Mme de Gasparin...», etc.
Pionnière à part entière, comme Florence Nightingale, la comtesse Valérie de GASPARIN allait fonder l'année suivante, à Lausanne, avec son époux Agénor, un asile servant aux personnes pauvres et convalescentes, puis, en 1859, une école normale de gardes-malades, La Source, encore en activité de nos jours.
Bien moins connu qu'Henri Dunant, Gustave MOYNIER (1826-1910) allait prendre une immense part à la fondation de la Croix-Rouge (1863) dont il assurera la présidence du Comité International. Quant à Mme BOUVIER, elle est sans doute l'épouse du pasteur Barthélémy BOUVIER, l'un des fondateur (1842) avec Moynier de l'Union protestante genevoise.
34. BRÉSIL, Amalia du (1812-1873) Impératrice, 2ème épouse de dom Pedro Ier. Fille du prince Eugène de Beauharnais - L.A.S. («A») et billet autographe, 5 pp. in-8 et in-12 ; (Brésil, vers 1831/50). (600.-) 400.-
Par son billet rédigé en portugais, l'impératrice prie M. Billing de lui procurer deux ouvrages : Vida politica do Barão de Readufe et Hum projeto d'Anselmo Braamcamp. - La longue lettre est adressée à son amie Elise Loeve de Vumars, future épouse de José Joaquin BASTO, éditeur du journal National de Oporto. Amalia lui dit combien elle souffre de son absence et l'invite à «... ne pas imiter l'enfant prodigue...» ; quant aux «... affaires domestiques... Annette et Harry vivent comme les Anglais et les Français sous Napoléon. La nation anglaise se plaint beaucoup de la nation française qui la nourrit mal, dit-elle, et parle de s'en aller. Pour moi, je joue le rôle de nation neutre en tout ceci...». Curieux texte.
BRÉSIL : Voir aussi les numéros 3, 7, 8, 66, 201 et 236
35. BRETON André (1896-1966)Ecrivain surréaliste français - L.A.S., 3/4 p. in-8 obl. ; datée «Mardi 16 décembre 1919». (750.-) 500.-
Breton s'excuse auprès du cinéaste fr. Marc ALLÉGRET (1900-1973) de leur rendez-vous manqué, la veille : «... Je craindrais tantôt de vous faire repasser en vain. Mieux vaut... que j'apporte l'album (un carnet de poche très léger) demain chez Certa...», le célèbre café parisien situé non loin de l'Opéra, haut lieu de rencontre des sympathisants du mouvement Dada et des Surréalistes.
L'année 1919 fut une année charnière pour Breton : il publia ses premiers poèmes et fonda avec Aragon et Soupault la revue Littérature où apparut son premier texte surréaliste. [Voir aussi le numéro 99, Gide]
36. BRETON André - Carte autographe signée par lui et par 11 autres personnes ; (Prague, 3.IV.1935). Adresse et marques postales. (900.-) 600.-
Intéressante et rare carte illustrée (photo du pont Charles et de la cathédrale de Prague) écrite par André BRETON («De Prague les surréalistes... adressent l'hommage de leurs sentiments fraternels...»), qui l'a signée avec Paul ELUARD (1895-1952), les écrivains tchèques Vitezslav NEZVAL (1900-1958) et Konstantin BIEBL (1898-1951), les artistes peintres Joseph SIMA (1891-1971), M. G. TOYEN (1902-1980), Karel TEIGE (1900-1951), Jinrich STYRSKY (1899-1942), Bols BROUK, etc.
Précieuse réunion d'autographes de Surréalistes, adressée au collectionneur Marco Ristitch, grand sypathisant de ce mouvement littéraire.
37. BRUN Rudolf (1885-1969) Psychanaliste suisse, élève d'Auguste Forel. Neurologue à Zürich, dès 1916 il s'intéressa à la psychanalyse freudienne, développant toutefois son propre procédé d'analyse - L.S., 1 p. in-12 ; Zürich, 22.IV.1960. En-tête à son nom. (450.-) 300.-
Message ayant accompagné l'envoi d'un document autographe de son vieux Maître, le naturaliste Auguste FOREL, document datant «... schon aus der Zeit, wo er bereitz infolge einer Hirnthrombose erkrankt und an der rechten Hand leicht gel-hmt war...».
38. BRUNEL Marc Isambard (1769-1849) Ingénieur britannique, il réalisa le tunnel sous la Tamise - L.A.S., 2 pp. in-12 ; (Londres), 15.X.1842. (250.-) 150.-
Lettre datant de l'époque où Brunel dirigeait les derniers travaux de son tunnel. Adressée à Lady Bentham, elle concerne un rendez-vous manqué avec Mme De Chesnil : «... I hope, when we return to have an answer from my son (Isambard K. B., constructeur des premiers grands bateaux transatlantiques), which I will immediately communicate to your Ladyship...».
Mary Sophia BENTHAM (1760-1858) était la veuve de Samuel Bentham, un célèbre architecte et constructeur de navires anglais.
39. BRYANT William Cullen (1794-1878) Poète, le premier en date des américains, qualifié par Walt Whitman de «chantre des rivières et des bois» - L.A.S., 1 p. in-8 ; New York, 8.VIII.1847. Adresse autographe sur la IVe page. (500.-) 350.-
Missive politique datant de l'époque où Bryant s'apprêtait à rompre avec les Démocrates pour soutenir les idées d'un nouveau parti, celui des Free-Soilers (1848), première étape vers la fondation (1856) du Parti républicain. Sa lettre - marquée «Private» - s'adresse à B. F. Butler Esq. (le futur général et homme politique démocrate, 1818-1893, ou l'ancien Secrétaire à la guerre du Président Jackson, 1795-1858, ex-Procureur général de l'Etat de New York ?) pour l'inviter à parler à une réunion politique : «... Can you do the Queens County people the favor to speak to a Free-Soil meeting to be held... at Hampstead... ? They are very anxious to get you...».
La caractéristique principale des Free-Soilers était leur opposition à l'esclavage, non pour émanciper les noirs mais plutôt pour réduire le pouvoir de leurs maîtres et celui des politiciens qui les soutenaient.
40. BUISSON Ferdinand (1841-1932) Pédagogue et homme politique français. Président de la Ligue des droits de l'homme, il obtint en 1927 le prix Nobel de la paix - Manuscrit autographe, signé en tête, 12 1/2 pp. in-8 ; (Paris, vers 1907). (1200.-) 800.-
Long et important article (premier jet avec nombreuses corrections et rajouts) sur la Peine de mort.
«... Je ne crois pas à l'existence de raisons sérieuses motivant le mouvement actuel de l'opinion en faveur de la peine de mort...», s'exclame Buisson qui s'applique à démontrer sur plusieurs pages, en se basant sur les études d'un statisticien reconnu et les comparaisons avec les pays voisins, que la criminalité en France n'est nullement en hausse : «... Le seul article qui ait augmenté... est celui des coups et blessures volontaires, augmentation que criminalistes et statisticiens rattachent à un autre phénomène : le progrès extraordinaire de l'indulgence pour l'alcoolisme... Tandis que cette catégorie [de délits] a grandi chez nous avec le pullulement des cabarets, la vente immense de l'absinthe... en Angleterre on a suivi la marche inverse...», etc.
D'après lui, l'une des causes qui pousse le peuple à demander «... éperdu, ahuri, hanté de toutes ces visions de délire sanglant, qu'on le délivre à tout prix...», c'est la Presse ! «... à force de vouloir tout peindre, tout photographier... elle les force à cohabiter par la pensée, heure par heure, minute par minute avec le criminel depuis le moment où il a conçu son crime jusqu'à l'heure où il est exécuté...». Et soumis à un pareil régime d'intimité et de familiarité effroyable avec les brutes, ce peuple ne peut manquer de voir rouge... Etc., etc.
En 1907, l'affaire Soleilland avait relancé le débat sur la peine de mort après que le Président Fallières eut systématiquement gracié tous les condamnés. Un referendum allait bientôt être organisé par le «Petit Parisien» (journal qui s'était acharné quelques années auparavant contre Dreyfus) et une grande majorité des réponses choisirent le maintien de la peine de mort, laquelle restera en vigueur en France jusqu'en 1981.
41. BURNAND Eugène (1850-1921) Illustre peintre et graveur suisse - 2 L.A.S., 2 pp. in-8 et 1 p. in-12 (sur carte avec adresse et cachet postal au dos) datées de Hauterive (près St Blaise), «jeudi» et «samedi» (24.VI.1905). Joint : photo-portrait, mi-buste de profil. (300.-) 200.-
Madame Burnand étant souffrante, il la supplée de son mieux pour dire «... en simple prose notre chaud merci pour votre affectueuse pensée... Le volume est déjà en lecture sous la lampe familiale...». Dans le second message, daté «samedi», le peintre décline une invitation à cause d'une autre reçue des Régnier, qu'il avait oubliée : «... je crains que notre joli projet ne soit de nouveau remis...», etc.
Les deux pièces sont adressées au Dr. Chatelain à St Blaise, Canton de Neuchâtel (Auguste CHATELAIN, n. 1838, médecin aliéniste et professeur à l'Université de Neuchâtel).
42. BURNAT-PROVINS Marguerite (1872-1952) Ecrivain et peintre franco-suisse, célèbre féministe - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Neuilly, 21.V.1917. (250.-) 150.-
Au directeur d'une revue suisse : «... J'ai conservé... le plus vif attachement pour un pays dont j'ai passionnément défendu les beautés. Quant à certaines catégories de ses habitants... que voulez-vous, nous n'étions pas faits sans doute pour nous entendre et je leur pardonne bien volontiers, en raison de leur mentalité et de leurs moyens...». L'écrivain autorise donc la publication de certains de ses poèmes et y ajoutera «... une page sur le beffroi d'Arras, que la Gazette de Lausanne a refusé sous un vague prétexte...», etc. Le beffroi d'Arras, l'un des plus beaux du Nord de la France, venait d'être démoli par l'armée allemande...
43. CAGLIOSTRO... démasqué ! - L.A.S. (paraphe) de REY de Morande, 2 pp. in-4 ; Londres, 30.III.1787. (3000.-) 2000.-
Superbe missive écrite de Londres par un alchimiste (?), un Noble français résidant en Angleterre, adressée à Louis RAMOND de Carbonnières (1755-1827), homme politique français, secrétaire du cardinal de ROHAN à l'époque de l'affaire du collier, escroquerie montée par CAGLIOSTRO et par la comtesse de la Motte.
Cagliostro vient de quitter l'Angleterre, devenue dangereuse pour lui, et s'est réfugié en Suisse. Voici, en partie, ce qu'écrit ici Rey de Morande : «... J'ai vaincu, et suis enfin parvenu à reconnoître... que notre très cher, et très respectable Me M. le C.te de Cag[liostro] n'est qu'un imposteur et un escroq. Se trouvant à la campagne depuis trois semaines pour se soustraire à la poursuite... il me demanda, il y a huit jours, un grain ou deux de la miraculeuse matière que j'achevois de perfectionner...». Soupçonnant Cagliostro de vouloir lui voler son secret, «... et faire quelqu'autre dupe, je pris en conséquence une prisée de tabac que je mêlai parfaitement bien avec de la cendre, et je la lui envoyai... Le résultat fut que mon tabac merveilleux produisit en présence d'une vieille imbécille d'Anglaise, une transmutation d'une livre de mercure et trois sols de cuivre, en treize onces d'argent de coupelle...», etc. C'est alors que le Français pria Cagliostro de refaire l'opération sous ses yeux, et celui-ci se voyant démasqué quitta précipitamment l'Angleterre dès le surlendemain.
M. Rey de Morande se rendit ensuite chez Mme Séraphine, l'épouse de Cagliostro, et cette visite lui procura «... des détails, des aveux, et des confidences qui font frémir. Il est vraiment Balsamo, Perregrini, il est enfin cent fois pire que tout ce que l'on en a dit de pire. C'est un monstre d'hypocrisie, de fourberie, et de bassesse...», etc., etc.
Venant d'Angleterre, le célèbre charlatan trouva asile chez Jacob Sarasin à Bâle dès avril 1787, puis à Bienne. Rentré en Italie, il fut arrêté à Rome en 1789 et condamné à mort puis à la détention perpétuelle ; il décéda au fort Saint-Léon en 1795.
44. CARUSO Enrico (1873-1921) Ténor italien - PHOTO 12° (de la collection C. Coquelin) avec très belle signature et date autogr. «Enrico Caruso - 1907». Buste de face. Tirage argentique d'époque. (800.-) 500.-
45. CASALS Pablo (1876-1973) Violoncelliste esp. - P.A.S., 1 p. in-8 ; Barcelone, 14.VI.1925. (300.-) 200.-
Quelques lignes autographes d'amitiés en langue catalane, offertes à l'un des violonistes de son Orchestra : «... A... colaboractor adicte de la nostra obre cultural a Barcelona...», etc.
En 1919, Casals s'était fixé à Barcelone où il avait créé un orchestre composé essentiellement de musiciens locaux.
46. CASSADÓ Gaspar (1897-1966) Violoncelliste espagnol - MUSIQUE A.S. sur page in-8 ; Barcelone, 12.V.1926. (500.-) 350.-
Belle ligne de musique à jouer «Allegro non troppo», cinq mesures extraites du Concerto per o cello i orquestra tracées «Com a recort de la estrena d'aquet concert» sur une page de l'album personnel d'un musicien de l'Orchestra Pau CASALS.
47. CAUVET Gilles Paul (1731-1788) Architecte, sculpteur et dessinateur ornemaniste français, il travailla pour la reine Marie-Antoinette et pour le futur Louis XVIII - Deux P.S., 6 pp. in-folio ; Paris, 1768 et 1773. Deux pièces jointes. (300.-) 200.-
Le «... Sieur Gilles Paul Cauvet, sculpteur, directeur de l'Académie de St Luc et Demoiselle Marie Marguerite De Ligny, son épouse...» signent ces deux obligations solidaires pour 3000 et 4000 livres «... en espèces sonnantes...», sommes qui leur sont prêtées par M. Alexis Amillac, dit LEGEVIN, «... garde de la capitainerie de Corbeil, dem.t aux Camaldules...» (en 1768) et «... bourgeois demeurant au Château de Chilly près Longjumeau...» en 1773.
Les deux pièces jointes concernent les remboursements de ces créances qui ne furent en fait effectués qu'après la mort des principaux signataires, en 1790...
48. CHALIAPINE Feodor (1873-1938) Basse-baryton russe - Feuille d'album A.S., 8° obl. ; Barcelone, 1927. Pièce jointe. (350.-) 200.-
Jolie dédicace à un musicien de l'orchestre Pau Casals, de Barcelone. - Joint : feuille A.S. du ténor espagnol Miguel FLETA (1897-1938) : «Como el sol colora los flores, el arte colora vida». Belle pièce destinée au même, datant de décembre 1923.
49. CHALLEMEL-LACOUR Paul (1827-1896) Philosophe et homme pol. fr. Exilé lors du coup d'Etat de 1852, il fut professeur à l'ETH de Zürich - L.A.S., 2 1/2 pp. in-8 ; Paris, 6.V.1877. Pièce jointe. (150.-) 100.-
A la veuve de Jules MICHELET (1798-1874), qui aurait souhaité voir Challemel-Lacour faire partie d'un Comité en l'honneur de l'historien disparu. Le philosophe exprime son regret de ne pouvoir se charger «... de la glorieuse tâche...» qui lui est offerte et ne doute pas du succès de la conférence, etc.
Joint : long message A.S. de Victor CHERBULIEZ (1829-1899) à la même, au recto et verso de sa carte de visite.
50. CHAMPIONNET, Jean-Etienne Vachier, dit (1762-1800) Général d'Empire - L.A.S., 2/3 p. in-folio ; (Quartier Général de l'Armée de Sambre-et-Meuse, 24.VII.1794). Sur la IVe page, adresse, cachet de cire et marque postale («Armée de la Moselle»). (1800.-) 1200.-
Magnifique et rare lettre adressée à sa mère peu après la bataille de Fleurus où Championnet se distingua. «... Vous ne sauriez croire, combien le silence que vous tenez... m'inquiète. Il faut être cruel de rester si longtemps sans me donner de vos nouvelles... Je veux que vous m'écriviez toutes les semaines. J'ai des droits à vous le demander, et la nature doit vous en faire une obligation. Nos succès sont rapides, les Esclaves fuyent devant nous, autant ils s'en présentent, autant mordent la poussière...» ! Le général Championnet mourut à Antibes à l'âge de 37 ans.
51. CHARCOT Jean (1887-1936) Explorateur français - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; «A bord du Pourquoi Pas ?», Brest, 20.V.1913. Trou réparé dans le texte, avec perte de deux mots. (750.-) 500.-
Le président de la Société géographique de Marseille s'étant semble-t-il plaint auprès de Charcot à propos d'un article où celui-ci avait passé Marseille sous silence, l'explorateur s'en explique par le fait que ce texte ne fut par lui que signé, et dans des conditions bien particulières : «... un rédacteur d'Excelsior m'a arrêté en me demandant si je voulais lui permettre de signer de mon nom un article qu'il venait d'écrire. Il me l'a lu rapidement sous un parapluie...». Plus loin, il est question de l'explorateur Robert-August PEARY (1856-1920) auquel on vient de rendre justice, «... surtout grâce à l'intervention et à la persistance de Rabot...», le voyageur et géographe français, secrétaire du Bulletin de la Sté Géographique de Paris, et au «... grand coup d'épaule...» des Marseillais.
En déclarant avoir atteint le Pôle Nord une année avant Peary, Frederick A. COOK avait provoqué une vive controverse sur laquelle s'étaient penchés plusieurs grands experts et certains, dont Charcot,avaient fini par donner raison à Peary. Intéressante !
52. CHARPENTIER Gustave (1860-1956) Compositeur français - MUSIQUE A.S. sur feuille d'album in-8 ; (Barcelone, 5.XI.1930). (450.-) 300.-
C'est en souvenir de son séjour «... dans la ville où la musique est tant honorée...» que Gustave Charpentier offrit cette belle portée musicale à un membre de l'Orchestra Pau CASALS créé par le violoncelliste avec des artistes catalans.
53. CHATEAUBRIAND, François-René, Vicomte de (1768-1848) Ecrivain français - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 19.IV.1840. (900.-) 600.-
Rare lettre se plaçant à une époque où l'auteur des Mémoires d'Outre-Tombe avait pour habitude de dicter ses missives à son secrétaire Pilorge. Cette pièce, entièrement de la main du vieil écrivain, a pour but de remercier un Baron dont il a lu «... avec le plus vif intérêt l'éloge que vous avez bien voulu m'envoyer...». Elle se termine par une longue et obséquieuse formule de politesse laissant supposer que le destinataire était un homme influant.
54. CHATEAUBRIAND (Autour de) - Cinq pièces autographes de Ballanche, Forbin, Lenormant et Marcellus, 8 pp. in-8 ; vers 1840/1853. (250.-) 150.-
Intéressant dossier de lettres provenant des archives du comte de MARCELLUS :
1) L.A.S. de Pierre BALLANCHE (1776-1847) écrivant au nom de Madame de RÉCAMIER - 2) L.A.S. du comte Auguste de FORBIN (1777-1841) qui n'est «... pas tout à fait de l'avis de l'auteur des Souvenirs de l'Orient...» - 3)L.A.S. de Charles LENORMANT (1802-1859) qui, en 1852, remercie Marcellus «... au nom de toutes les personnes qui ont conservé pour la mémoire de M. de Chateaubriand un culte véritable...» - 4) L.A.S. d'Amélie CYVOCT-LENORMANT (c. 1810-1893), nièce de Mme Récamier, faisant allusion à un «... volume de correspondance avec M. de Chateaubriand...» - 5) L.A. (minute) de Louis de MARCELLUS (1795-1865) au couple Lenormant pour accompagner l'envoi de deux volumes de chants grecs et remercier «... de tout ce que vous venez de dire d'aimable pour la corresp. de M. de Chat[eaubriand]...», etc.
55. CHATEAUNEUF, Renée de Rieux, dite la belle de (1550-1592) D'une beauté remarquable et d'une sensualité impétueuse, elle fut durant trois ans la maîtresse du duc d'Anjou, devenu Henri III de France, qui allait la remplacer par Marie de Clèves. En 1577, dans un accès de jalousie, elle poignarda son mari adultère puis, remariée au baron de Castellane, elle le perdit en 1586 dans une rixe avec le grand prieur Henri d'Angoulême, fils naturel d'Henri II ! - P.S. «Renée de Rieux», 1 p. in-8 obl. ; Marseille, 23.VII.1591. Autographe très rare ! (750.-) 500.-
«... Je soubsignée confesse avoir receu de mr. Philippes Rapelin la somme de dixhuit escus... pour rezon de trente carteyrades... de ma terre de Beaumont...», etc.
56. CHEFS D'ORCHESTRE : A à H - Collection de 9 feuilles d'album autographes, 8° ; Barcelone,
1925/1936. (600.-) 350.-
Belles dédicaces autographes et signatures, pour la plupart datées, sur neuf feuilles provenant de l'album personnel d'un des musiciens de l'Orchestra Pau CASALS : Volkmar ANDREAE (1879-1962), Ernest ANSERMET (1883-1969), Fritz BUSCH (1890-1951), Albert COATES (1882-1953), Georg DARMSTADT (1886-?), Karl ELMENDORFF (1891-1962), Philippe GAUBERT (1879-1941), Georges GEORGESCO (1887-1964) et Louis HASSELMANS (1878-1957). Tous ont dirigé l'Orchestre de Barcelone créé par Pablo Casals.
57. CHEFS D'ORCHESTRE : K à S - Collection de 10 autogr., 8° ; Barcelone, 1925/1936. (800.-) 450.-
Très bel ensemble de dédicaces autographes et signatures datées sur dix feuilles extraites de l'album personnel d'un musicien de l'Orchestra Pau CASALS de Barcelone : Erich KLEIBER (1890-1956), Otto KLEMPERER (1885-1973), Clemens KRAUSS (1893-1954), Eduard MÖRIKE, Pierre MONTEUX (1875-1964), Egon POLLAK (1879-1933), Julius PRÜWER (1875-1943), Hermann SCHERCHEN (1891-1966), Max von SCHILLINGS (1868-1933) et Georges SEBASTIAN (1903-1989).
58. CHERUBINI Luigi (1760-1842) et François Adrien BOIELDIEU (1775-1834) Compositeurs - P.S. par les 2 et par 3 autres, 2 pp. 4° ;Paris, 27.III.1802.Petite tache brune au coin inf. g. Cachet. (600.-) 400.-
Contrat par lequel CHERUBINI, «... inspecteur du Conservatoire de musique...», BOIELDIEU, «... membre dudit Conservatoire...» et Louis Emmanuel JADIN (1768-1853), «... auteur et professeur de musique...», s'engagent auprès de Madame DUHAN, «... tenant le magasin de musique et d'instruments boulevard Montmartre N° 1050 aux deux lyres...» à composer et rédiger pendant une année un journal de chant italien et français «... contenant romances, cavatines, canons et petits duos...» ; quant à la poésie, elle sera l'affaire de l'auteur dramatique Charles de LONCHAMPS (1768-1832). Nombreux détails relatifs au journal en question, aux manuscrits à fournir, aux rémunérations et à leur répartition, etc.
Outre Cherubini, Boieldieu et Jadin, ont également signé - chacun faisant précéder son nom de quelques mots autographes : «approuvé l'écriture...» pour acceptation des clauses du contrat - Charles Lonchamps et Jeanne-Elizabeth Duhan.
59. CHINE au XVIIIe siècle - L.S., 3 pp. in-4 + P.A.S. du marquis Romualdo de STERLICH (1712-1788) ; Chieti, 22.XII.1755. (600.-) 400.-
Intéressante missive émanant d'un littérateur et philosophe italien informant, entre autres,son correspondant Francesco VETTORI (1693-1770) qu'il vient d'acquérir un important ensemble de pièces manuscrites relatives à la Chine, papiers d'un missionnaire, le Père Castorano (Carlo HORATII da C.), ayant longtemps résidé dans ce lointain pays (de 1700 à 1733).
«... Ieri mi riuscì di acquistare tutte le carte del Celebre P. Castorano, che consistono in 500 e più fogli tutti scritti in carta chinese di varie specie, e continenti relazioni, decreti, accuse, apologie, etc., sopra i riti cinesi, essendovi molte lettere di altri Missionanti Gesuiti, i quali cercavano d'impedire la pubblicazione della Costituzione ex illa die appoggiata da Monsig.re della Chiesa, vescovo di Pekino... oltre due libri stampati in lingua Chinese...», dont il donne les titres. «... Vi sono di più moltissimi memoriali e suppliche dati all'Imperatore, e scritti in lingua cinese sopra carta sottilissima a color d'oro, e molte lettere...», etc.
Nombreux sont les Catholiques de Chine qui, à cette époque, subirent le martyre.
60. CHOUANNERIE, 1793/1794 - P.S. «Janchouans - Commandant generalle», 1 1/2 pp. in-4. Adresse au dos. (4000.-) 2500.-
Lettre manuscrite, destinée aux «Citoyens du district à Chateaubriant», signée par plusieurs rebelles chouans semblant avoir utilisé des noms d'emprunt («Mentondouble», «Capitaine», «Sanbarbe, capitaine», «Labé, lieutenant» et «Tranquil, lieutenant»). Au dos, entourée d'un large paraphe, signature (?) de Jean COTTEREAU (1757-1794), dont le sobriquet («Jean Chouan») est à l'origine du mot «Chouans».
[Suite lot 60, Chouannerie] Curieux texte dont voici un extrait : «... Républicain, tu publie la paix et tu veux soustraire des scelerats à des chatiment trop justement merités. Un Renier, un Monjondrière, un Vanier, un Lyon, monstres cruels teints du sang de leur concitoyens : lunivers entier crie vengence, et tu demande grace...», etc.
Cette pièce, provenant d'anciennes collections d'autographes françaises puis étrangères, pourrait ne pas avoir été signée de la main du célèbre chef chouan, certaines sources affirmant que Jean Cottereau ne savait ni lire, ni écrire, bien qu'il ait été «gérant d'affaires» et garde chasse avant d'entrer dans la clandestinité ! Peut-être un de ses lieutenants a-t-il signé pour lui ? Les rarissimes signatures que l'on attribue à ce chef rebelle sont en effet toutes différentes les unes des autres...
Document en bon état de conservation (légères piqûres) ; au dos, restes d'un cachet de cire rouge.
61. CLAUZEL Bertrand (1772-1842) Maréchal de France, il participa à l'expédition de Saint-Domingue puis fut en Espagne et enfin, de 1835 à 1836, en Algérie comme Gouverneur général - L.S., 1 p. in-4 ; Perpignan, 6.VIII.1835. (350.-) 250.-
S'apprêtant à partir pour l'Algérie (où il arrivera le 8 août), le maréchal Clauzel signe cette lettre au général Boniface de CASTELLANE (1788-1862) - qu'il dicta semble-t-il, d'après l'écriture, à son jeune fils Bertrand C. (1815-1884) - où il est question d'un officier d'infanterie légère témoignant «... un vif désir de venir en Afrique. S'il est possible de le comprendre dans un des bataillons expéditionnaires... je vous prie de vouloir bien le faire...».
Le futur maréchal de Castellane commandait alors la division des Pyrénées Orientales.
62. COCTEAU Jean (1889-1963) Ecrivain français aux dons multiples - Poème A.S. «J. C.», 1 p. in-4 gr. (27 x 35 cm). Papier légèrement défraîchi. (Vers 1910/12). (1500.-) 1000.-
Sonnet ayant pour titre «Métempsycoses», à placer, selon les instructions données par Cocteau au bas de la feuille, «... sous la caricature au masque...». D'une élégante et large écriture, le poète a tracé 14 vers de ce sonnet dont voici le premier quatrain : «D'un extrême à l'autre elle flotte / Pour un maître en toute chose «ès» / Le carquois remplace la Motte ! / Jouvence succède à l'Hadès !...», etc. Superbe et rare texte de jeunesse.
63. COLLADON Daniel (1802-1893) Ingénieur et physicien suisse de Genève. Avec son ami Charles Sturm, il procéda en 1827, sur le lac Léman, à la mesure directe de la vitesse du son dans l'eau - L.A.S., 2 1/2 pp. in-8 ; (Genève), 16.II.1872. (450.-) 300.-
Daniel Colladon répond ici aux questions scientifiques que lui a posées l'ingénieur BLANCHOT «... sur les Barrages et notamment celui du Moulin Rochat...» ; il pense que l'intérêt de la ville et de ses habitants est de pourvoir «... dans le présent et un avenir prochain à une fourniture d'eau abondante, d'éviter tout ce qui peut nuire et dominer la puissance...» ; il y a d'autre part «... impossibilité de surélever les eaux du lac au-delà de ce qui se fait...». Quant aux sommes considérables investies, il est d'avis que «... si la force motrice en chute d'eau manque, ces grandes dépenses perdent beaucoup de leur utilité...». Il ne nie pas l'utilité, pour l'industrie genevoise, des moteurs David et Rochat, mais il est convaincu que le Service municipal hydraulique «... est d'une utilité publique générale incomparablement plus grande...», etc.
L'illustre savant demandant ici qu'il soit fait un usage «discret» de sa consultation, il serait intéressant de voir si les autorités genevoises de l'époque prirent en compte ces remarques pertinentes...
64. COMBONI Daniele (1831-1881) Saint. Prêtre missionnaire italien, il consacra sa vie à «sauver l'Afrique par l'Afrique». Canonisé par Jean-Paul II à Rome, le 5 octobre 2003 - L.A.S. «D[on] Daniele», 6 pp. in-8 ; (Verone, 1864). Autographe rarissime. (5000.-) 3000.-
Très longue et très intéressante missive du jeune prêtre qui, de retour d'une première expédition missionnaire au Soudan en 1857 décida de mettre au point une nouvelle stratégie missionnaire, son fameux «Plan pour la régénération de l'Afrique».
Demeurant auprès de son maître, don Nicola MAZZA (1790-1865, dont le procès de béatification est actuellement en cours), Comboni a offert, avec le consentement de don Mazza, son modeste logis au fils de sa correspondant, un jeune noble romain contraint de s'exiler à cause de ses idées libérales. Son protégé se porte bien, mieux encore qu'à Rome, à Trieste ou en Egypte : «... L'ho presentato al mio superiore D. Mazza, uomo santo, dotto e di una facoltà intuitiva ammirabile...» ; celui-ci a remarqué dans ce jeune homme «... un fondo di religione cattolica il più puro... D. Mazza non si è mai ingannato ne' suoi giudizj... E D. Mazza è un santo dei più straordinarj per carità e penitenza...», etc.
Comboni a été très attristé par le fait que la communauté religieuse au sein de laquelle il vit ait imposé au jeune noble romain d'aller loger dans un hôtel digne de son rang ; il a encore en mémoire l'accueil chaleureux que des Frères d'Orient, extrêmement riches, il est vrai, contrairement à la communauté de Vérone, avaient réservé à son protégé. Celui-ci, d'ailleurs, vient de quitter le collège et Comboni avoue souffrir énormément de ce départ, «... più che quando la prima volta abbandonai i patrii lari e mi recai nel centro dell'Africa...», etc. Il promet, par ses prières, d'aider sa correspondante qui traverse un moment difficile et l'assure que «... benché io sia grand peccatore, pregherò per Lei ; e le dirò un buon numero di messe...», etc., etc.
Document exceptionnellement long (135 lignes d'une petite écriture) témoignant de la profonde bonté et de la sainteté de ce grand personnage de l'Eglise catholique.
Nous n'avons pas connaissance d'une autre lettre de ce nouveau Saint offerte à la vente en ces dernières décennies.
65. COQUELIN Constant (1841-1909) et Ernest (1848-1909) Frères, acteurs célèbres - Ensemble de 16 L.A.S. + 1 L.S., environ 27 pp. de formats et dates diverses. Lettre jointe. (500.-) 300.-
Réunion de lettres à divers correspondants, directeurs de théâtre, écrivains, etc. (Jules Clarétie, Labat, Péricaud, H. Hertz, Verroust, Koechlin, Aimé Giron, etc.) se rapportant pour la plupart à des représentations de théâtre, des manuscrits à lire, des rendez-vous, certains textes évoquant Molière, Julie Bartet, Victor Boucher, Planchet, Bonacieux, etc.
La lettre jointe est de F. FALCONNIER, membre de la Comédie Française. Quant à la lettre signée par COQUELIN Cadet, elle porte les autographes de quatre autres artistes dont L. Brémont et H.-P. Maubant.
66. [Brésil] COUDREAU Henri-Anatole (1859-1899) Voyageur français. Entré au service du gouvernement du Pará, il explora successivement les importants affluents de droite de l'Amazone - L.A.S., 2 pp.in-4 ; Paris, 16.XII.1885. (400.-) 250.-
A l'amiral Ernest MOUCHEZ (1821-1892), astronome et photographe, directeur de l'Observatoire de Paris. «... J'ai fait hier soir... une conférence sur les intérêts français dans le bassin de l'Amazone... J'ai conclu, vu l'importance de nos relations commerciales sur l'importance de la colonie française à l'Amazonie, vu l'intensité de l'influence française dans le pays...» la nécessité de créer un consulat à Pará. Ayant appris que le consul de Pernambuco désire s'en aller, Coudreau, qui estime que cette ville brésilienne «... est encore à peu près l'Amazonie...», s'en accommoderait volontiers «... faute d'un consulat à Pará même...», point de départ de ses prochaines expéditions.
Sa situation économique personnelle empirant («... Quand la Marine me paiera-t-elle, et me paiera-t-elle ?...», se lamente-t-il), l'explorateur souffre de rester «inutilisé» alors que lui parviennent des offres de l'étranger «... si je veux entreprendre une série de voyages chez les nations de l'Amérique Latine. Je préfèrerais certes un service de mon pays, quoiqu'il m'en ait coûté déjà...».
En 1886, Coudreau publiera son Voyage au rio Branco et l'année suivante ses Etudes sur les Guyanes et l'Amazonie ; puis en 1895 il s'établira à Pará, fera de nouvelles explorations et disparaîtra en 1899 à l'âge de 40 ans.
67. COUÉ Emile (1857-1926) Pharmacien et psychothérapeute français, inventeur d'une méthode d'auto-suggestion appliquée à l'eurythmie de l'organisme humain, dite Méthode Coué - Belle signature sur un billet monté sur feuille d'album in-12 obl. Autographe peu commun. (250.-) 150.-
68. CRAMER Philibert (1727-1779) Homme politique genevois, éditeur avec son frère des œuvres de Voltaire chez lequel il jouait la comédie ! - L.A.S., 1 2/3 pp. in-4 ; Genève, 4.XI.(1764?). (500.-) 350.-
Il charge son correspondant parisien (un ami de Voltaire) de lui «... retenir un appartement dans la rue Tavanne où l'on dit qu'il y a des hôtels garnis... Je pars Jeudi... Je vous écrirai de Lion samedi pour vous dire plus précisément le jour de mon arrivée... Si vous vouliez manger un poulet ce jour là dans mon hôtel, ce serait une galanterie charmante...». L'éditeur, qui sera accompagné de Monsieur Lullin, veut rencontrer son ami dès son arrivée à Paris («... vous ne sauriez me refuser sans barbarie...»). Il demande qu'on vienne le prendre aux portes de la ville. Dans sa correspondance, Voltaire donne à Philibert Cramer le surnom de «Prince»
69. CRICKBOOM Mathieu (1871-1947) Violonistebelge, principal disciple d'Eugène Ysaÿe ; celui-ci lui dédia sa Sonate pour violon seul n° 6 et Chausson son Quatuor à Cordes - MUSIQUE A.S. sur page in-8 ; Barcelone, 1.XII.1925. (350.-) 250.-
Belle ligne de musique (4 mesures) offerte à un violoniste de l'Orchestra Pau CASALS en souvenir du concert du 1er décembre 1925 «à l'Association de Musica di Camera». Casals, qui avait quelques années plus tôt fondé avec Crickboom un quatuor auquel s'associait souvent le pianiste Enrique Granados, avait créé vers 1920 cet orchestre à Barcelone avec des musiciens catalans.
70. CUSTINE, Astolphe de (1790-1857) Ecrivain français dont l'homosexualité, rendue publique en 1824, fit scandale - L.A.S., 1 p. in-4 ; Marienbad, «Ce mardi 1 er juin» [1830]. (900.-) 600.-
«... J'apprécie doublement depuis hier les avantages de la vie des eaux... Nous avons lu, Monsieur Ste Barbe et moi, ... la notice sur le grand Bohême. Il manquoit à son noble destin et à son beau génie un homme digne de les comprendre... La notice sur la vie est pleine de traits d'une érudition piquante et l'on arrive à la fin tout étonné de s'être tant amusé en s'instruisant... Mr St Barbe a calculé que nos projets peuvent s'accorder avec un séjour... à Baden... ces eaux lui étant plus particulièrement recommandées...», etc. Custine demande à son correspondant de faire afficher à Carlsbad une annonce concernant «... une superbe voiture de voyage que le Marquis avoit à vendre...» (note écrite de la main du destinataire). Au dos de la lettre, ce dernier, qui signe «J. de Carro, M.D.» ajoute une douzaine de lignes renfermant des renseignements personnels sur le marquis et ses œuvres, dont celle du Voyage en Suisse publiée, précise-t-il, «... avant sa catastrophe...» (le scandale de 1824 !).
Document fort intéressant témoignant de l'amitié que se vouaient Custine et Edouard SAINTE-BARBE (1794-1858) ; commencée en 1822, elle dura jusqu'à la mort du premier et l'écrivain fit de son ami son héritier universel. (Sur cette célèbre liaison, voir : A. de CUSTINE, par le marquis de Luppé) [Voir aussi le numéro 1, Abrantès]
71. CZIFFRA Georges (1921-1994) Pianiste hongrois naturalisé français, il donna son premier concert à l'âge de cinq ans - L.S. et carte S., 8° et 12° ; Paris, 3.VI.1975. Pièces jointes. (250.-) 150.-
Par sa lettre signée «Amicalement - G. Cziffra», le musicien envoie à une amie pianiste une carte d'adhésion (signée par lui en tant que Président) en remerciement «... de l'aide que vous avez apportée à l'Auditorium Franz LISZT...» dans l'ancienne Chapelle Royale Saint-Frambourg, à Senlis. - Joint : deux lettres imprimées, l'une au nom de Cziffra, l'autre à celui de J. M. Desbordes, chargé des fouilles archéologiques à la Chapelle Royale.
72. DENIS Ferdinand (1798-1890) Voyageur et littérateur français, auteur d'importantes études sur le Brésil - Deux L.A.S., 2 pp. in-8 ; Paris, 1838. En-tête du Ministère de l'Instruction publique. (400.-) 250.-
En septembre, il réitère au baron TAYLOR son désir de le rencontrer, bien que «... le C.l de Jancigny se voit contraint d'aller pour affaires à la campagne...».
Deux mois plus tard, le 22 nov. 1838, sur un papier à lettre dont l'en-tête a été légèrement modifié (on a ajouté sur la gauche «Cabinet du Ministre»), Ferdinand Denis annonce l'envoi d'un livre et parle de celui de Bellangé : «... il y a erreur de la part du Bib. de Chatillon. On a souscrit pour 6 exemp. au Voyage dans les Indes Orientales mais ce livre n'a pas été accordé à la Bibliothèque qui le réclame...», etc. En tête, quelques lignes précisent que cette missive était destinée à Désirée NISARD, suite «... à la demande que je lui avais adressée de la continuation du Voyage de Bellangé...» (Hippolyte B., 1800-1866, peintre et lithographe).
73. DE RESZKE Jean (1850-1925) Ténor polonais - Photo signée, 12° ; (Paris, vers 1905). (300.-) 200.-
Beau portrait en buste (Collection C. Coquelin) du chanteur alors au sommet de sa carrière. Jolie signature tracée sur fond clair.
74. DESCARTES Catherine (1635-1706) Femme de lettres française - P.A.S., 1/2 p. in-4 ; Rennes, 13.XII.1702. (800.-) 500.-
La nièce de l'illustre philosophe reconnaît avoir reçu de Madame de Penvern la somme de 100 livres «... pour une année du lesd.[ict leg] que feu Madame de Penverne ma sœur m'a donné en son testament dont le terme est eschu du mois davril dernier...».
Liée à Mlle de Scudéri, Catherine D. a laissé des ouvrages en vers et en prose qui ne manquent pas de délicatesse, mais surtout les deux écrits suivants évoquant son oncle, l'Ombre de Descartes et la Relation sur la mort de Descartes. Quant à la sœur défunte de Catherine, il s'agit de Marie-Madeleine D. qui avait épousé François Du Pereno, Sieur de PENVERN et de Persequen, gentilhomme breton très distingué. Le père des deux femmes était Pierre Descartes de la Brétaillière, frère aîné du philosophe.
75. DIAGHILEV Serge (1872-1929) Impresario, organisateur des célèbres Ballets russes – Message autographe signé «Chat», deux lignes en russe sur une page in-8 obl. ; (Paris, vers 1925). (500.-) 350.-
A Boris KOCHNO, son collaborateur et ami intime, pour lui faire savoir qu'il «... a été en visite...» et a demandé des nouvelles sur la santé d'un ami commun.
Il n'est pas rare de trouver le sobriquet «Chat» dans la correspondance qu'échangèrent Diaghilev et son secrétaire.
76. DIDAY François (1802-1877) Peintre suisse. Il laissa à Genève, sa ville natale, une forte somme d'argent avec laquelle fut créée une Fondation dont le but était d'encourager le culte des Beaux-Arts - Deux L.A.S., 3 pp. in-8 ; Genève, 10.VIII.1870 et 15.VII.1872. (600.-) 400.-
Dans la première lettre, se terminant par une jolie signature suivie d'un paraphe en forme de palette de peintre, Diday signale à l'ingénieur BLANCHOT certains inconvénients genevois qui l'importunent beaucoup, notamment «... Par les temps de pluie...» et suggère une solution pour mettre fin à ces problèmes.
Deux années plus tard, il exprime sa satisfaction «... de voir commencer les Passerelles pavées du Jardin des Alpes, désormais on pourra rentrer chez soi sans être boué jusqu'à la cheville du pied...». Il lui reste cependant une remarque à faire «... dans l'intérêt du coup d'œil général... l'alignement des passerelles du côté du Quai devrait être pris sur le prolongement des bordures en roches des trottoirs du Quai du Mont Blanc... La ligne tracée à la pioche sur le terrain indique que la passerelle sera plus étroite que le trottoir...», etc. Curieuse correspondance d'un peintre paysagiste qui aimait sa ville !
77. DULONG Pierre-Louis (1785-1838) Physicien et chimiste français, il énonça la loi des chaleurs spécifiques des corps simples solides - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 13.XI.1834. En-tête de l'Ecole polytechnique.
Adresse autographe. Rare. (800.-) 500.-
A Félix SAVARY (1797-1841), son collègue à l'Ecole polytechnique où il enseignait la géodésie. «... On fesoit ordinairement les leçons de topographie à l'heure consacrée au travail des cartes. Cela ne sera pas possible cette année... Je vous propose de faire la 1ère des 2 leçons de topographie... mardi 15 à midi... Vous vous rappellez que c'est le jeudi 17 que vous commencez le cours de géodésie...». Depuis 1830, Dulong occupait la charge de directeur des études à l'Ecole polytechnique. En 1818, il avait écrit avec Petit son fameux Mémoire sur les lois du refroidissement qui lui apporta une renommée impérissable.
78. DURAND-RUEL Georges (1866-1931) Marchand d'art parisien, longtemps responsable de la succursale américaine de la Maison qui sut imposer au monde les Impressionnistes - L.A.S. + 2 L.S., 4 pp. in-8 et in-4 ; Paris, 1910/1911. En-têtes. (600.-) 400.-
Intéressante correspondance adressée à un savant suisse qui aimait à faire des fouilles dans la vallée des Rabières (Périgord). De retour d'Amérique, Durand-Ruel a trouvé l'ouvrage de son correspondant et le lira dès que possible. «... J'ai passé un excellent hiver à New York et j'ai eu une très belle traversée pour en revenir...».
Au printemps 1911, le marchand d'art encourage le savant à venir chez lui terminer ses fouilles et lui délivre toutes les autorisations nécessaires. Puis en septembre, il est question du «... triage et... classement des divers objets que vous avez trouvés... J'aurai la place dans ma nouvelle maison d'installer les vitrines nécessaires pour les y exposer...», etc.
En cette année 1911, le vieux Paul Durand-Ruel, l'ami de Millet, Renoir, Monet, Pissarro, Mary Cassat et tant d'autres artistes, céda entièrement à ses fils Joseph et Georges la direction de sa célèbre galerie d'art.
79. DURAS Marguerite (1914-1996) Ecrivain et cinéaste français. Née en Indochine, elle trouva dans ses souvenirs d'Asie la source de certains de ses romans - Tapuscrit signé avec nombreuses corrections et rajouts autographes, 4 pp. in-4 ; (Paris), 5.I.1973. (1000.-) 600.-
Texte original d'un article paru dans un numéro de «Ciné-Club - Spécial 1973 - Saint Raphaël» où il fut imprimé, dans sa version définitive, sous le titre «Le Cinéaste, c'est un spectateur», alors que Marguerite Duras aurait préféré «L'endroit du film ? ou : Un soir au Havre». Les nombreuses ratures et corrections font de ce manuscrit un document en partie inédit.
En se basant sur le récit d'un témoin d'avant guerre sorti d'une soirée au cinéma, l'écrivain constate combien les spectateurs ont changé : «... On leur a appris la syntaxe cinématographique, sa grammaire. Ils ont subi une éducation du VOIR en image... N'empêche, le spectateur participe encore parfois à ce voir primitif, sauvage... Le cinéma, c'est le spectateur qui le fait. Beaucoup plus encore qu'un livre le lecteur... Le travail d'un cinéaste à un film... se situe à un endroit différent de l'endroit où se tient un écrivain qui fait un livre...», etc., etc.
80. EGYPTE, 1799 : SAINT-JEAN D'ACRE - P.S. par le général Ch. F. Joseph DUGUA (1744-1802 à St-Domingue), 1 1/2 pp. in-folio ; (Le Caire, mai 1799). (1000.-) 600.-
Importante pièce faisant état de la situation au Siège d'Acre. Dans cette «copie conforme», le général Dugua nous livre le texte de la lettre que BERTHIER (et, pour lui, Andreossy) vient de lui écrire du «Quartier général devant Acre, le 16 floréal» [5.V.1799] où tout se passe apparemment fort bien pour les Français : «... Je vous annonce... l'heureux succès d'une vigoureuse tentative faite hier sur l'ennemi...» posté derrière les places d'armes palissadées. Le général Rampon, à la tête des troupes, a exécuté ce que Bonaparte lui avait ordonné, soit «... d'emporter et de détruire ces ouvrages... Au signal d'un coup de canon nos troupes sautèrent dans les boyaux, massacrèrent ou chassèrent devant elles la bajonette aux reins tout ce qui se présenta... L'assiégé a perdu près de 300 hommes... nous avons eu peu de morts... Nous attendons dix milliers de poudre arrivés à Jaffa pour faire jouer la mine, les pièces de 24 et opérer la reddition de la place...», etc.
Six jours plus tard, vu son impuissance à faire tomber Acre, le général en chef décidait de lever le siège, parvenu à son 51ème jour...
Notons que les historiens placent à la date du 7 mai l'assaut conduit par le général Rampon, alors que notre document parle de la nuit du 3 au 4 mai...
81. EINSTEIN Albert (1879-1955) Physicien allemand naturalisé suisse puis américain, père de la théorie de la relativité, prix Nobel en 1921 - Signature et date au crayon sur page in-8. Vignette. (1200.-) 800.-
Belle signature complète et date («Albert Einstein, 1924») sur carte portant en tête une charmante vignette publicitaire en couleurs («Abdulla Superb Cigarettes») ; au dos, liste imprimée des boissons (eaux et vins) servies lors d'un repas auquel Einstein était probablement présent.
D'après la date et les vins («... Yverne... Chablis... Dôle de Sion... Neuchâtel...»), il ne fait aucun doute qu'Einstein se trouvait alors en Suisse, vraisemblablement pour l'une des séances genevoises de la Commission de Coopération intellectuelle instituée par la Société des Nations, commission dont le savant était membre depuis juillet 1924. Photo jointe.
82. ELUARD Paul (1895-1952) Poète français - L.A.S., 1 p. in-12 ; [Paris, 28.V.1937]. Adresse autographe et cachets postaux au dos. (500.-) 350.-
A propos d'une exposition qu'il doit monter avec son correspondant, l'éditeur José CORTI qui fut également un acteur du Surréalisme : «...