Catalog 52 - Internet WEB access


 

1.             ABD EL-KADER (1807-1883) Emir arabe d'Algérie. La conquête de son pays par les Français le transforma en guerrier et pendant quinze ans il mena la guerre sainte contre les envahisseurs. Prisonnier en 1847, puis libéré par Napoléon III en 1852, il se réfugia à Damas où il consacra le reste de sa vie à l'étude et à la méditation religieuse - L.S. avec quelques mots autographes, 1/2 p. in-4 ; (Damas, mi-février 1861). Papier uniformément défraîchi. En arabe, traduction française jointe.                   (1500.-)                1000.-

La lettre commence par les louanges d'usage à «Mohammed et sa famille» ; puis l'Emir sollicite des nouvelles de son correspondant, Sid Ahmed Ben Kandoura, avant de lui en faire avoir des siennes. Il lui présente ensuite son ami Sid El hadji Mohammed ben Er-reïs, porteur de la lettre : «... Vous savez sa position et l'affaire qui le concerne. Nous espérons... que vous l'aiderez de vos conseils, de votre expérience habituelle...». Il rappelle ce que Dieu lui a enseigné : «... N'a-t-il point dit, celui sur qui soit le salut et la bénédiction : Celui qui épargnera à un croyant une peine des peines de ce monde, Dieu lui épargnera une peine des peines de l'autre vie...», etc. Document portant la souscription autographe signée suivante : «Votre tout dévoué Abd el Kader ben Mihiddine» et le cachet personnel à son nom.

Les autographes de cet illustre Emir, symbole de la lutte pour la liberté des peuples arabes, sont de plus en plus rares.

 

2.                ADENAUER Konrad  (1876-1967) Chancelier allemand - Grande signature autographe sur carte in-12 de remerciements imprimés ; Bonn, janvier 1963. Trous de classement loin du texte. En tête, petit cachet à sec représentant l'aigle éployée. Pièce signée en tant que «Bundeskanzler».                                               (200.-)                150.-

 

3.                AFGANISTAN, Mohammad Zaher Shah (n. 1914) Successeur de son père Nader Shah en 1933, il promut une politique de libéralisation de la condition féminine et engagea le pays sur la voie de l'alliance avec l'URSS. Exilé en Italie depuis le coup d'Etat de 1973 - Signature autographe sur carte in-12 obl. avec bel en-tête officiel imprimé à sec ; Kaboul, 28.IV.1965. Photo jointe.                                                    (500.-)                350.-

Rare et belle signature du dernier souverain d'Afganistan, donnée au «Gulkhana Palace» de Kaboul.

Joint : photo originale de l'époque (4°), superbe portrait mi-buste de Zaher Shah en uniforme.

 

4.             [Voltaire] ALEMBERT, Jean le Rond d' (1717-1783) Philosophe et mathématicien, l'un des Encyclopédistes - L.A., 1 1/2 pp. in-4 ; (Paris, 1759 ?). Adresse autographe sur la IVe page.                               (1200.-)                800.-

Importante missive (non signée, par discrétion !) adressée à la marquise de CRÉQUI (Renée-Caroline de Froulay, 1714-1803) qui occupa une place distinguée parmi les femmes d'esprit de son époque. La lettre semblerait dater de l'année 1759, ou peu après, alors que d'Alembert mettait fin à sa collaboration avec l'Encyclopédie pour ses contrastes avec Rousseau ; à la même époque, surgissait une autre polémique entre VOLTAIRE  et le père Guillaume-Fr. BERTHIER (1704-1782), jésuite, rédacteur du Journal de Trévoux.

D'Alembert écrit : «Parez vous bien que  nôtre lettre contre le P. Berthier ne réussit pas trop... Il faut bien que nos plaisanteries soient mauvaises, car elles ne ressemblent pas à celles du P. Montesquieu contre la Gazette Ecclésiastique. Nous avons pourtant quelques enthousiastes, mais en petit nombre... Que faire...? Se taire, terminer la dispute... ne plus répondre de sa vie à aucun journaliste...», etc.

En novembre 1759, le Père put lire, comme tous les parisiens, un malicieux fascicule anonyme, fort divertissant, ayant pour titre «Relation de la maladie, de la confession, de la mort et de l'apparition du Jésuite Berthier». VOLTAIRE en était l'auteur et d'Alembert lui en avait fourni les renseignements essentiels...

 

5.                AMBOISE, Louis d' (c. 1392-1468) Vicomte de Thouars, prince de Talmond, il était immensément riche, ce qui provoqua la jalousie et les convoitises des rois de France, Charles VII et Louis XI. En 1428, il fut parmi les défenseurs d'Orléans, au côté de  Jeanne d'Arc - L.S. «Loys d'Amboyse», 1 p. pet. in-4 obl. (Thouars), 27.VII.1458.                (2500.-)                1500.-

Par cette lettre, le Sieur d'Amboise reconnaît et fait siennes les dépenses engagées par «... Régnault Bechet notre receveur desdicts lieux de Tallemond, Olonne, et Brandeis... [pour] nous, nos gens et chevaulx...», pour la fourniture de «... froment... avoyne... foujn...», dont il est précisé les quantités et les prix.

Document fort intéressant et autographe rarissime du dernier vicomte de Thouars, titre qui revint ensuite à la famille La Trémoille que Louis d'Amboise avait longtemps combattue... En 1430, le sieur d'Amboise avait été mêlé à un complot contre La Trémoille, favori de Charles VII, et condamné à mort (1431). Gracié, ses biens confisqués, il ne sera réhabilité qu'en 1437, le roi de France s'étant gardé le droit de marier lui-même les filles de Louis d'Amboise, seules héritières de la grande fortune du vicomte... L'une d'elles, Françoise, restée veuve de Pierre de Bretagne, se fera carmélite et sera déclarée «Bienheureuse» par le pape Pie IX en 1863. Louis d'Amboise est resté célèbre pour son amour du luxe et sa vie dépravée...

 

6.                ANGLETERRE, Charles II Stuart (1630-1685) Roi dès 1649, successeur de son père Charles Ier, exécuté par les fidèles de Cromwell. En exil jusqu'en 1660, il se fit catholique - P.S. «Carolus R[ex]», 1 p.in-folio obl. ; Bruxelles, 4.VII.1657. Plis fatigués. Sceau aux armes sous papier. En latin.                    (2000.-)                1200.-

Lettre demandant à toutes les autorités du monde - empereurs, rois, princes, nobles, chefs militaires et administratifs, etc - de laisser librement transiter, et de porter secours même, si nécessaire, à son fidèle serviteur le 3ème Comte de CASTLEHAVEN (1617-1684, célèbre général anglais) ainsi qu'à son entourage («... una cum famulis, equis, armis, et impedimentis...»). Le souverain promet sa reconnaissance à ceux qui viendront en aide à cet officier lors de ses déplacements, etc. Document contresigné par Sir Edward NICHOLAS (1593-1669), secrétaire d'Etat de Charles II comme il l'avait été auparavant de son père Charles Ier.

Le jeune roi se trouvait alors en exil dans les Flandres où il vivait entouré d'une cour aux mœurs légères, ce qui lui valut le surnom de «Merry Monarch».

 

 

7.                ARAGON Louis (1897-1982) Ecrivain et poète français - L.A.S., 2/3 p. in-8 ; «Le Vendredi suivant» (Paris, vers décembre 1919).                                                                                                   (600.-)                400.-

Le jeune poète propose à Marc ALLÉGRET («Cher ami») un rendez-vous «... de 5 et demie à 7 chez CERTA, Passages de l'Opéra, Galerie du Baromètre... Vous y trouverez Philippe S[OUPAULT] et André B[RETON] et quelques autres personnages ni trop vieux ni trop graves...» !

Le Dadaïsme était en France à ses balbutiements, Breton, Soupault et Aragon avaient fondé cette année-là la revue Littérature et Aragon commençait à rédiger ses premiers poèmes... Quant à Marc Allégret, neveu d'André Gide, il s'était approché du monde littéraire avant d'entamer une remarquable carrière de cinéaste. Autographe rare, de cette époque !

 

8.                AUTRICHE, François-Joseph Ier d' (1830-1816) Empereur d'Autriche dès 1848 et roi de Hongrie dès 1867. Il avait épousé en 1854 la princesse Elisabeth de Bavière, dite Sissi, assassinée à Genève par l'anarchiste Lucheni - P.S., 1 p. gr. in-folio ; Vienne, 22.I.1872. En-tête gravé et sceau impérial à sec.         (600.-)                400.-

Lettres patentes mettant à la retraite un haut fonctionnaire de son administration de Prague, lequel est par la même occasion fait «Chevalier de l'Ordre de François-Joseph». Pièce très décorative.

 

9.                AUTRICHE, Don Juan d' (1629-1679) Illustre général espagnol, fils naturel du roi Philippe IV et de l'actrice Maria Calderón. En 1647, il réprima la révolte de Masaniello, à Naples, puis celle qui éclata en Catalogne en 1653. Gouverneur général des Flandres (1656), il commanda ensuite l'armée envoyée contre le Portugal (1661-1663). Vaincu à Estremoz, il ne retrouva le pouvoir que lorsqu'il devint Premier ministre du roi Charles II d'Espagne - P.S., 1 p. in-folio ; Bruxelles, 30.IV.1657. Beau sceau sous papier à ses nom et armes. Rare.                                                                                                                                                      (900.-)                600.-

Lettres patentes accordant à l'officier Don Miguel de WHITTE (d'origine hollandaise ?) le grade de capitaine dans «... una compañia de Cavallos corazas... teniendo conssideracion de lo bien que haveis servido a S. Mgd los anos y en las ocasiones que consta por vuestros papeles...». Long texte donnant d'intéressants détails sur l'organisation de l'armée espagnole dans les Flandres.

 

10.           BACH, Johann Sebastian - Musique A.S. du violoncelliste Pierre FOURNIER (1906-1986), 5 pp. in-folio ; vers 1944/1945.                                                                                                                          (1200.-)                800.-

L'illustre soliste a transcrit ici le texte et la musique (3 pp.) du «CHORAL» de J. S. BACH, «O homme, pleure sur tes lourds péchés...» en l'adaptant pour le violoncelle.

Sur une autre feuille, Pierre Fournier a transcrit au recto et au verso la musique de SIX autres Chorals de Bach («Bien aimé Jésus...Ü», «Notre Père au royaume des Cieux», «Lorsque Jésus était sur la Croix», «Seigneur Jésus, je t'appelle», «Ardemment, j'aspire à une vie heureuse» et «Seigneur Jésus Christ, tourne-toi vers moi»).

Ces Chorals de Bach interprétés par Pierre Fournier furent enregistrés aux Etats-Unis vers 1945.

 

11.                BARBANÈGRE Joseph (1772-1830) Général fr., il se couvrit de gloire en résistant avec 135 hommes à l'armée de l'archiduc Jean qui assiégeait Huningue ; grâce au courage de son commandant, cette place ne capitula que le 26 août 1815,plus de deux mois après Waterloo ! - P.S. «Le Baron Barbanègre», 4° gr., «Huningue en état de Siège», 13.VI.1815.                                                                                                                                         (500.-)                300.-

Cinq jours avant la défaite de Napoléon Ier à Waterloo, le général Barbanègre, «Commandant Supérieur à Huningue», près de Bâle, s'efforce de consolider la position militaire de la place soumise à ses ordres. Il répond ici dans la marge gauche d'une lettre émanant du commissaire Ravelaër (3 pp. in-folio entièrement de sa main) qui le supplie de lui envoyer 133 «... garnisaires à placer dans les Cantons...» (la troisième page fait un état précis du nombre d'hommes qui seront placés dans les différents Cantons) afin de forcer les communes et certains particuliers à fournir les arriérés de leurs livraisons de blé et de bois pour l'armée assiégée. Barbanègre, sur 25 lignes, se plaint de manquer cruellement d'hommes «... propres à être envoyés en Garnison et d'ailleurs les Circonstances... (du siège !) s'opposent à ce que autant d'hommes de cette garnison puissent être disséminés dans les... Cantons de l'arrondissement d'Altkirch...». Il prie donc d'autres généraux ou chefs de corps se trouvant «... dans le plus près voisinage...» de bien vouloir les fournir à sa place, «... entendu que les garnisaires seront payés à 40 sols par jour et nourris par les habitans...». La chute de l'Empire étant imminente, ces soldats ne touchèrent sans doute jamais la solde promise...

Document important et fort rare, de cette époque !

 

 

12.           BATZ, Jean de (1760-1822) Royaliste, aventurier fr., il avait projeté d'enlever Louis XVI sur le chemin du Temple à l'échafaud - L.A.S., 2/3 p. in-4, datée «Dimanche matin». Adresse autographe.          (750.-)     500.-

A l'avocat et historien Jean ECKARD (1763-après 1830), auteur d'un ouvrage sur Louis XVII paru en 1817 : «... J'ai apris hier au soir, par un billet de Me Fiefvé... qu'on juge demain mon grand procès... C'est une surprise, je n'ai pu encore distribuer un seul Mémoire...».

A la Restauration, le baron de Batz avait été confirmé par Louis XVIII dans le grade de maréchal de camp. Accablé par des problèmes financiers, il risqua de perdre sa propriété de Chadieu, où il s'était retiré, lors du procès (objet de la présente lettre ?) que les héritiers de Claude Redon, magistrat à Riom mort en 1817, lui intentèrent pour le forcer à payer une soi-disant dette datant de 1793... Le vieil aventurier traversait une période fort pénible ; notons que cette affaire ne s'arrangea qu'après sa mort.

Autographe rare !

 

 

13.                BEAUHARNAIS, Eugène de (1781-1824) Vice-roi d'Italie, fils de Joséphine, adopté par Napoléon Ier - P.S. de ses initiales («E. N.» et paraphe), 1 p. in-folio ; Monza, 1.VII.1813.                             (450.-)                300.-

Sept lignes A.S. en tête d'une lettre de Luigi MUSSI datée de Milan le 30 juin 1813, où Eugène de Beauharnais «... accepte la dédicace...», mais à certaines conditions, afin de relancer le commerce du livre. Originaire de Parme mais établi à Milan, Mussi fut entre autres l'éditeur d'Ugo FOSCOLO.

«A fronte dell'arenamento in cui trovasi il commercio di libri, io non tralasciai, quantunque a lenti passi, di condurre quasi a termine una magnifica edizione delle Opere che ci rimangono di C. Crispo Sallustio, arrichendola di Fragmenti... e dividendo l'edizione in due volumi... limitandone gli esemplari a cinquantadue. Oso... implorare... che degnasi concedermi, ch'io le intitoli ed umilii questa mia tipografica intrapresa...», etc.

Intéressant document pour l'histoire de l'édition à Milan.

 

14.                BEAUPUY, Michel-Armand de (1755-1796) Général français, tué près d'Emmendingen. Il avait vaincu les Vendéens en 1793 - P.S. «Le général de Brigade - M. Beaupuy» et deux lignes autographes, 1 p. in-4 obl. ; Angers, 22.I.1794.                                                                                                                                            (450.-)                300.-

«.... employé à l'armée de l'ouest...», l'officier reconnaît avoir reçu 2083 livres, 6 sols, 9 deniers, du Payeur Général du département de Maine-et-Loire.

Blessé au combat d'Entrammes (27 octobre 1793), Beaupuy avait été transporté à Angers d'où, non encore rétabli, il avait victorieusement dirigé, début décembre, la défense de cette ville contre les Vendéens.

 

15.                BEETHOVENIANA : Johanna Franul von WEISSENTHURN (1772-1847) Actrice et femme de lettres autrichienne, née à Koblenz. En 1800, Beethoven lui dédia son  Lieder, op. 120, en fa majeur - Poème A.S., 1 p. in-8 obl. datée «1805». Traces de collage au dos. Autographe rare.                 (600.-)                400.-

Poème de douze vers, tracé sur feuille d'album et dont voici le début : «... Als Pfanze stand ich traurend in dem Thaln / Das selten nur ein Sonnenblick erhallt / Da riefst du grange in dem Kaisersaaln / wo hoch die Kunst dein Vorbild hingestellt...», etc. Elle signe «Johanna Franul v. Weissenthurn - K. K. Hofschauspielerin».

Fille de l'acteur Grünberg, Johanna monta sur la scène dès l'âge de 14 ans. Actrice à Munich, puis à Vienne dès 1789, elle y remporta un vif succès, fut admirée par Beethoven et écrivit plusieurs pièces de théâtre dans le genre comique. En 1834, lors de son séjour à Vienne, Hans Christian Andersen lui rendit visite.

 

16.           BENOIT Pierre (1886-1962) Romancier français - Ensemble de lettres et documents en partie autographes, 30 pièces des années 1956/1966.                                                                                              (1000.-)                500.-

Belle correspondance témoignant de la solide amitié qui liait Pierre Benoit à son correspondant depuis 1926. Il y est question de rencontres, d'articles parus dans les journaux suisses après la publication de ses romans, et de l'envoi de ces derniers au fur et à mesure de leur parution.

Benoit écrit souvent depuis sa résidence près de Ciboure (B.-P.) à époque où il travaillait à son roman «Fabrice», dont il parle ici à plusieurs reprises, notamment parce qu'on veut en faire un film dans lequel jouera Maria Schell. Le nom de Marcelle, l'épouse du romancier, se retrouve dans presque toutes les lettres (une vingtaine) ; celle-ci disparaîtra à la suite d'une maladie, peu avant son époux qui, dans ses derniers messages, exprime son profond chagrin.

Le lot renferme également quatre billets autographes de Madame Benoit, ainsi que trois lettres et trois cartes d'amis (R. Esmenard et Roger Nicolle) relatives aux manifestations organisées en 1966 tant à Ciboure qu'à Bayonne en «Souvenir de Pierre Benoit». [Voir aussi les numéros 296 et 297]

 

17.           BENOIT Pierre (Au sujet de) - MENU in-8 signé par Marcel PAGNOL (1895-1974) et par dix autres personnes ; Ciboure, 17.IX.1966.                                                                                                                         (300.-)                150.-

A l'occasion de la «Journée Pierre Benoit», les amis du romancier disparu en 1962 sont réunis à Ciboure ; ils savourent du «Foie gras des Landes, Langouste de l'Artha... Herriko Gasnak» arrosés de Pouilly-Fuissé 1959, Bordeaux Lussac-Saint-Emilion 1961, etc. Outre Pagnol, citons parmi les signataires : Roland DORGELÈS, Jacques DUVAL, Yves GANDON, Roger NICOLLE, DENOËL, etc.

 

18.                BERNARD Claude (1813-1878) Physiologiste français - L.A.S., 2 1/4 pp. in-8 ; St Julien, 24.IX.1876. Enveloppe autographe jointe.                                                                                                                  (900.-)                600.-

Désigné par le ministre «... pour faire partie d'un Comité destiné à représenter le Gouvernement français au Congrès de Bruxelles...», Claude Bernard doit décliner l'offre pour cause de santé. Quant à ses recherches «... sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux...», elles se trouvent publiées dans la Revue scientifique de Germer Baillière, «... les plus récentes ont été exposées cette année sous ce titre : Sur l'Unité de la vie dans les deux Règnes. Elles ne sont encore publiées, mais... paraîtront bientôt... en un volume...», etc. Texte intéressant.

 

 

19.                BERNHARDT Sarah (1844-1923) Célèbre tragédienne française - PHOTO-cabinet, signée et datée «Bruxelles, 7bre 1892».                                                                                                                                 (750.-)                500.-

Superbe portrait en buste (costume), signé et daté dans la marge inférieure. Cliché original du photographe londonien W. and D. Downey qui, au début des années 1880, avait effectué de très beaux portraits de Sarah Bernhardt dans différentes poses et rôles.

 

 

20.                BONAPARTE Lucien (1775-1840) Frère de Napoléon Ier, ministre de l'Intérieur en 1799/1800, puis ambassadeur à Madrid jusqu'en 1802. Son mariage avec Alexandrine de Bleschamp, en 1803, marque la rupture entre les deux frères. Exilé à Rome, Pie VII le fit prince de Canino en 1814 - L.A.S., 1 p. pleine in-8 ; Bologne, 8.VIII.1822. Adresse autographe sur la VIe page.                                                                              (1000.-)                750.-

«A mon Beaufils T. Wyse - Viterbe», le diplomate angl. Thomas WYSE (1791-1862), époux dès le 4.III.1821 de sa fille Laetitia.

«... En octobre je vous embrasserai ; je viendrai passer 24 heures à Viterbe avec vous... Maman (Letizia Ramolino ou sa femme Alexandrine ?) est très fâchée de ne pouvoir pas aller à Canino cet hiver... Embrassez bien tendrement pour moi Letizia et Napoléon... Dites à Chatillon (son peintre-secrétaire, Charles de C., 1777-1844) que Palogia a l'ordre de lui remettre un exemplaire de la Galerie...», vraisemblablement le catalogue de sa pinacothèque, vendue en grande partie en 1820.

Belle missive témoignant de l'affection que le prince de Canino vouait à son gendre irlandais.

 

21.           IDEM - Alexandrine de Bleschamp-BONAPARTE (1778-1855) Femme du précédent. En l'épousant, Lucien s'attira les foudres de son frère Napoléon Ier - L.A.S. «Votre très aff.née belle-mère et amie -Alex[andrine]», 1 p. in-4 ; Canino, 26.II.[1823].Adresse autogr. et petit sceau aux armes en IVe p. (800.-)                600.-

A Thomas WYSE, qu'elle remercie vivement pour un présent ; elle est ravie que la correspondance «... de votre femme soit toujours de la même couleur. J'espère que ces bons sentiments continueront et que vous serez heureux... avec elle et par elle... Embrassez Napo[léon Bonaparte-Wyse, né le 6 janvier 1822] pour moi très tendrement...». En post-scriptum, elle annonce l'envoi de 12 fromages et d'un «zampone».

Lettre se plaçant dans la courte période où le ménage Wyse vécut en harmonie. Vers la fin de cette année 1823, un comportement maladroit de Letizia Bonaparte-Wyse, un instant sensible aux manifestations platoniquement amoureuses d'un poète local, rendit l'époux férocément jaloux et Letizia dut se retirer pendant une année dans le couvent de l'Assomption, à Viterbe. Le couple finit par se séparer légalement en 1828, ce qui ne leur empêcha pas de donner naissance à trois autres enfants : M. Studolmine en 1831, Adeline en 1838 et Lucien en 1844.

 

22.           IDEM - Charles-Lucien BONAPARTE (1803-1857) Fils des précédents, deuxième prince de Canino et zoologue célèbre - L.A.S., 2 pp. in-4 ; Londres, 24.V.1841. Adresse autographe sur la IVe page, restaurée. Pièce jointe.                                                                                                                                                 (600.-)                400.-

Charmante missive de Charles-Lucien à son neveu, «Master William Wyse - Oscott», deuxième enfant de Letizia, futur poète et écrivain félibréen.

«... Your letter to your father announced the wish I had entertained of meeting you from the sentiments which it contains and which your father so much requires in his present position ! From the studies to which you are applied so diligently I anticipate the best future recolts... for the honor of both our families...», etc., etc. Dans un long post-scriptum, le prince de Canino (dès 1840) invite son neveu à prier Dieu afin que son frère, Napoléon («... your perverted and ill advised brother...»), se rapproche de son père, etc.

Joint : L.A.S. du futur cardinal Lucien BONAPARTE (1828-1895), fils du prince Charles-Lucien et, dès 1865, 4ème prince de Canino. Il souhaite à son cousin William Bonaparte-Wyse «... un bon et heureux voyage...» et lui exprime la satisfaction qu'il a éprouvée en faisant sa «... bonne et chère connaissance...» ; Rome, vers 1855/57.

 

23.           IDEM - Christine-Egypta BONAPARTE (1798-1847) Demi-sœur du précédent, fille de Lucien et de Christine Boyer, sa première femme - L.A.S., 1 1/2 pp. in-12 ; Rome, 11.VI.[1823]. Pièce jointe.     (500.-)                350.-

Rare lettre de la future Lady Dudley Coutts STUART - alors encore Comtesse POSSE - exprimant à sa demi-sœur Letizia Bonaparte-Wyse ses regrets de ne pouvoir s'arrêter chez les Wyse : «... nos engagements de voyage ne nous permettent pas de passer par Viterbe, étant en société avec une famille russe... Nous partons cette nuit... Embrasse Napoléon de la part de sa tante Egypta...».

Joint : L.A.S., 1 p. petit in-4, du Comte Arvid POSSE (1782-1826) à Thomas WYSE, à Paris, concernant un achat dont il charge son futur beau-frère, «... une lorgnette d'opéra, d'une invention nouvelle... utile pendant le Carnaval...». Toute la famille attend son retour en Italie (où Wyse allait épouser Letizia Bonaparte, le 4 mars 1821) ; Rome, 9.XII.1820.

 

 

24.           IDEM - Anne JOUBERTON (1799-1845) Demi-sœur des précédents, fille d'Alexandrine de Bleschamp et de son premier mari, un financier mort à Saint-Domingue. Elle fut considérée par le prince Lucien comme une de ses filles - L.A.S., 1 2/3 pp. in-8 ; Rome, 13.XII.[1822].                                        (500.-)                350.-

Anne avait épousé en 1818 le prince Hercolani et résidait à Bologne. De passage à Rome, elle s'adresse à sa demi-sœur Letizia Bonaparte-Wyse qu'elle souhaiterait rencontrer, ayant appris son arrivée chez Mylady Compton. Elle décrit les amusantes soirées romaines organisées par des «... Dames Anglaises [qui] ont généralement la manie d'avoir de grands feux, et croyent devoir avoir le même dans ce beau climat de Rome que la froide Angleterre... Jérôme (l'ex-roi de Westphalie), qui t'a vue, m'a donné de tes nouvelles, il est très aimable et ressemble infiniment à Papa (son beau-père, Lucien B.)... Salue M. Wyse pour moi et embrasse ton petit Napo[léon]... Adieu ma chère sœur et aime... ta tendre sœur et amie...». Beau texte et autographe peu commun.

 

 

25.           IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE (1804-1871) Sœur et demi-sœur des précédents, épouse du diplomate anglais Thomas WYSE dès 1821 - DEUX L.A.S. («Letizia B. W.» et «Letizia»), 3 pp. in-4 ;

(Couvent de l'Assomption, Viterbe, fin 1823/mi-1824) «Jeudi soir» et «24 Xbre à 10 heures».                (1600.-)                1000.-

Importantes lettres écrites pendant son enfermenent au couvent de Viterbe, après son «aventure» platonique de 1823. Agée de vingt ans et mère d'un enfant, Napoléon, qu'elle adore, Letizia supplie ici son époux de lui permettre d'embrasser son petit. Inflexible, Thomas WYSE attend de sa jeune femme des aveux qu'elle ne peut faire, n'étant en fait coupable que d'avoir rêvé l'amour d'un autre homme.

[Suite du lot 25] «Wyse, vous me savez malade et vous persistez à garder un cruel silence sur la santé de mon Napoléon !... je ne mérite pas ce barbare traitement. J'ai relu votre lettre avec attention, je me suis éclairée sur le sens que vous mettez à la phrase dont vous voulez [ma] rétractation...». Pour lui prouver sa soumission à ses désirs, elle consent à la rétracter «... mais, au nom du Ciel, dites moi quand je verrai mon Enfant...». Puis elle ajoute un long post-scriptum d'une page répondant à la lettre de Wyse du 10 mai : «... Je passe sur les reproches dont elle est remplie, car ma conscience m'assure que je ne les mérite pas... Vous me demandez quelles sont mes résolutions à l'avenir ! pouvez-vous les ignorer ?... Eh ! bien soit, voilà mes projets : Réunion sincère, oubli du passé et accord parfait et durable dans nos goûts et nos opinions...», etc.

La veille de Noël (1823 ?), depuis ce même couvent, Letizia adresse à son «Cher Mari» une lettre au contenu poignant, le suppliant de lui envoyer son «... petit Ange : je vous prie aussi de faire savoir comment se porte Maman...» ; elle lui demande de faire en sorte que sa jeune sœur, qui a partagé ses afflictions, s'unisse «... à vous pour venir embrasser dans sa volontaire prison sa malheureuse sœur...».

 

26.           IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE - L.A.S. (3e pers.), 1 p. in-8 ; «Hôtel de Bellevue», 4.XI.1829. En tête, beau sceau de cire rouge aux armoiries des Bonaparte et des Wyse.                                    (300.-)                200.-

L'épouse (à demi-séparée) de Thomas WYSE «... est on ne peut plus sensible...» au charmant billet de Madame SHUBRICK (de la célèbre famille américaine d'officiers de marine originaires de la Caroline du Sud) et accepte sa gracieuse invitation, «... fort heureuse de passer une soirée de plus dans son aimable société ainsi que dans celle de sa famille...».

 

 

27.           IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE - L.A.S. «Ta bonne Mère», 4 pp. in-8 datée «Dimanche matin» [Paris, 22.V.1859]. En tête, aigle et couronne impériale imprimés à sec.                                     (600.-)                400.-

A son fils William B.-W., au sujet de sa rencontre avec l'impératrice EUGÉNIE, ainsi que celle de Lucien B.-W., son cadet, avec NAPOLÉON III !

Letizia s'apprête à quitter Paris pour Lyon, où elle compte retrouver William : «... je suis on ne peut plus contente ! L'Impératrice est un ange ! aussi belle que mon Adeline (son autre fille) ... Si tu es sans argent, je me charge de ta dépense... Lucien a vu l'Empereur à Gênes et en a été parfaitement accueilli ! Il est vrai qu'il a gagné le premier prix de Mathématiques... et il est aussi d'une incomparable beauté ! Quoique à peine âgé de 15 ans, il est en état... d'être officier...», etc.

 

 

28.           IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE - L.A.S. «Princesse Letizia Bonaparte - Lady Wyse», 4 pp. in-8 ; Manor of St John (Irlande), «Dimanche 4 heures» [1863]. En-tête : aigle impérial couronné.                (750.-)                500.-

Après la mort à Athènes, le 15 avril 1862, de Thomas WYSE, la princesse défend énergiquement ses intérêts - et ceux de ses enfants, notamment de son aîné, Napoléon B.-W. - sur le domaine de Waterford, en Irlande. C'est une lettre d'une extrême fermeté que Letizia rédige ici à l'attention de son beau-frère, George WYSE, qui entendait s'approprier l'héritage. «... On me rapporte que vous osez affirmer que je ne réussirai pas à avoir mon Douaire... Détrompez-vous... pour preuve c'est qu'il a dépendu de moi de le vendre en entier ! Mais comme j'aime l'Irlande et Napoléon, je n'ai cédé que deux années...» d'intérêts. En partant pour Paris, elle a chargé le Consul de France de gérer la situation, «... non pour sauvegarder mes droits... mais pour empêcher la partie adverse de calomnier ceux dont j'ai l'honneur, le bonheur et la gloire d'Etre le Sang ! Il est plus facile d'opprimer un malheureux Paddy Brown que d'effrayer une Princesse Bonaparte... Vous ne ferez pas céder Napoléon, il est mon fils...», etc., etc. Superbe texte !

 

29.           IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE - L.A.S. «Ta mère bien affect.née, Letizia», 4 pp. pleines in-8 ; Ostende, 26.VII.1870. Papier aux très belles armoiries des Bonaparte-Wyse.                                    (500.-)                350.-

La guerre de 1870 est sur le point d'éclater ; le 23 juillet, Napoléon III a confié la régence à l'impératrice Eugénie, et le 28, il sera à Metz pour prendre le commandement de l'armée du Rhin. Nous sommes à un mois de la chute de l'Empire.

La princesse Letizia confie à son fils William qu'elle désirerait se rendre à Ostende ; elle lui parle de ses problèmes financiers, de ses projets, de ses séjours en France et en Italie où «... nous fûmes presque toujours 17 personnes à table ! J'étais si contente...». Elle serait actuellement chez l'une de ses sœurs «... si Lucien, qui voulait visiter les bords du Rhin et qui aime bien être avec moi, ne m'eût envoyé de Paris toutes ses économies pour que j'allasse le rejoindre à Frankfort... et en effet ce fut ce qui arriva, je résolus de l'accompagner jusqu'à Ostende...» et de l'y attendre pendant qu'il ferait sa course en Angleterre. Lucien, alors officier de marine française, se disposait «... à te faire une visite lorsque la maudite guerre le rappela à Cherbourg...», etc.

La Princesse allait décéder à Florence le 15 mars suivant.

 

30.           IDEM - Marie-Studolmine-Laetitia BONAPARTE-WYSE (1831-1902) Troisième enfant de la précédente. Femme de lettres, elle s'entoura de patriotes révolutionnaires et de penseurs les plus audacieux. Opposée à Napoléon III, elle fut expulsée de France en 1853 - L.A.S. «Bonaparte-Wyse de Solms», 1 p. in-12 ; (Aix-les-Bains, vers 1857/59). En-tête à son chiffre «M.B.S.» avec couronne impériale ! (400.-)                250.-

A la veille de son départ pour l'Italie, où sa mère viendra la chercher à Turin pour l'emmener à Nice, le climat de la Côte d'Azur lui convenant mieux, la comtesse de Solms (qui s'était séparée de son époux dès 1854) prie son correspondant, un médecin, d'accepter «... en souvenir de mon passage ici, l'exemplaire... de mon dernier ouvrage... dans l'espoir que vous voudrez bien me compter l'année prochaine... au nombre de vos meilleurs clients...». Parmi les quelques livres publiés sous le nom de «Marie de Solms», avant son mariage avec Rattazzi, Marie-Studolmine avait fait paraître en 1859 «Fleurs d'Italie, poésies et légendes».

Après la réunion de la Savoie à la France, en 1860, la fille de Thomas Wyse sera de nouveau expulsée (vers l'Italie) en 1864 ; entre temps, elle avait épousé Urbano RATTAZZI, Premier ministre du jeune royaume italien en 1862, puis à nouveau en 1867.

 

31.           IDEM - BONAPARTE-WYSE, Lettre à - L.A.S., 2 1/2 pp. in-8 de Napoléon LANNES, 2ème duc de Montebello (1801-1874) ; Paris, mars 1827.                                                                                                (500.-)                300.-

 

Importante lettre politique à Thomas WYSE, époux de Letizia Bonaparte. Le duc est retenu à Paris par les séances de la Chambre des Pairs : «... On va nous présenter cette monstrueuse loi de la presse, et j'espère que nous ferons justice. Notre gouvernement a amassé sur lui plus de haine et de mépris qu'il n'en peut supporter ; la nation d'un côté et les jésuites de l'autre... Que fait, à propos de jésuites, votre protestant ascendancy ?... La mort politique de Lord Liverpool doit être un grand événement pour votre pays et quoique Canning ne soit pas toujours en odeur de sainteté..., j'espère beaucoup en lui...».

Plus loin, Lannes cite Benjamin Constant, évoque la mise en jugement de Sheil (Richard L. S., 1791-1851, auteur dramatique irlandais) et envoie ses «... respects affectueux à Mme Wyse ; j'espère bien que nous n'aurons pas toujours assez de mauvais goût pour lui fermer la porte de notre pays...», etc.

 

32.           IDEM - BONAPARTE-WYSE, Lettres à - TROIS L.A.S., 5 pp. in-8, des princes Pierre-Napoléon et Louis-Lucien BONAPARTE, et de l'épouse de ce dernier, Marianne. 1846, 1856 et 1881.                (750.-)                500.-

Deux de ces missives sont adressées à William B.-W. Celle du prince Pierre-Napoléon (1815-1881) fut envoyée à «Mr Alfred Wyse» (adresse au verso) et porte, au dos, quelques mots de la main de Sir Thomas WYSE ; le prince y avoue ne rien comprendre au message de son correspondant, car rédigé en anglais, et lui demande de lui dire par retour ce qui lui a procuré l'honneur de sa visite.

Le texte de Marianne BONAPARTE (1812-1891), daté d'Ajaccio, témoigne de l'affection que la vieille dame vouait à son neveu dont elle souhaiterait recevoir plus fréquemment des nouvelles, «... car vous savez que je vous aime comme si vous étiez mon véritable fils...» ; elle a reçu pour lui des lettres d'Angleterre et les renvoie en Irlande avec le Journal de la Corse, etc.

Le prince Louis-Lucien (1813-1891, linguiste distingué), écrit quant à lui de Londres en 1881 : «Mon cher Neveu, Quoique la miséricorde divine soit infinie et que celle de l'homme... soit bornée par les passions dont il est l'esclave, il n'en est pas moins vrai que Dieu exige de celui-ci le pardon, sinon l'oubli, des injures. C'est pourquoi, touché de votre repentir, je désire, à mon âge, obéir un tel Maître. Je ne refuse donc pas de vous voir...», etc.

 

33.           IDEM - BONAPARTE-WYSE, Lettre à - L.A.S., 1 p. in-8, du prince Jérôme-Napoléon BONAPARTE (1822-1891), dit Plonplon ; Paris, 2.I.1886. En-tête à son adresse.                                         (450.-)                300.-

Missive à Napoléon BONAPARTE-WYSE dont la lettre a beaucoup touché Jérôme-Napoléon. «Mon cher Cousin... - lui écrit-il - Vous avez à un haut point le sentiment de la famille et entre les vrais Bonaparte il y a un lien qui se retrouve toujours...», etc.

Depuis la mort du Prince Impérial, en 1879, le fils du roi Jérôme était devenu le chef de la famille Bonaparte. Le parti bonapartiste lui ayant refusé la qualité de «prétendant» au trône impérial, lui préférant son fils Victor-Napoléon, une vraie guerre de famille s'en était suivie... Plonplon signe ici d'un très impérial «Napoléon», alors que durant l'Empire, il était obligé de faire suivre ce prénom de celui de «Jérôme», quoiqu'entre parenthèses...

 

34.           IDEM - BONAPARTE-WYSE, Lettres à - QUATRE L.A.S., 4 pp. in-8 et in-4, de personnalités de la Cour de NAPOLÉON III ; 1855/1865.                                                                                                           (800.-)                500.-

a) L.A.S. du Général GOYON (1803-1870), aide de camp de l'empereur, demandant à la princesse Letizia B.-W. de reporter leur rencontre (Rome, 1857) - b) L.A.S. du Maréchal VAILLANT (1790-1872) qui, en 1864, alors qu'il était «Ministre de la Maison de l'Empereur», se dit aux «ordres» de «Lady Wyse, née Princesse Bonaparte» - c) L.A.S. de Napoléon MARET, 2ème duc de Bassano (1803-1867), grand chambellan de Napoléon III, informant en 1855 Napoléon B.-W. qu'il s'est «... empressé de prendre les ordres de l'Empereur au sujet du désir que vous exprimiez... Les occupations de Sa Majesté ne Lui permettent pas de vous recevoir...» - d) L.A.S. de Franceschini PIETRI (1835-1915), secrétaire personnel de l'empereur, précisant en 1865 à Napoléon B.-W. que sur ordre de son maître, «... Mr Mocquard, notaire, est chargé d'arranger l'affaire dont vous l'entretenez dans votre lettre... Il y a des lenteurs inévitables, mais Sa Majesté espère que bientôt Elle pourra... vous faire donner une réponse définitive...».

Pendant le Second Empire, la postérité de Sir Thomas WYSE et de la princesse Letizia BONAPARTE fit diverses tentatives pour obtenir de Napoléon III un décret l'autorisant à porter le patronyme de «Bonaparte-Wyse», mais rien n'ayant été officiellement décidé, l'habitude de cette appellation resta, dit-on, tacitement admise par la Cour.

 

35.           IDEM - BONAPARTE-WYSE, Lettres à - DEUX L.A.S., 3 pp. in-8, de Marie BONAPARTE (1882-1962, célèbre psychanalyste, élève de Freud) et de sa tante Jeanne BONAPARTE (1861-1910, sœur de Roland) ; Paris, 1881 et 1907.                                                                                                                    (750.-)                500.-

Marie Bonaparte s'adresse à son «dear Cousin», André BONAPARTE-WYSE (1870-1940), fils de William B.-W. : «... I shall be very happy to see you and pray you to accept best love from your affectionate Cousin...» ; datée «Saturday evening», cette missive semble avoir été écrite en 1907.

En décembre 1881, Jeanne Bonaparte écrit sur un papier de deuil (mort de son père, le prince Pierre-Napoléon, le 7.IV.1881) portant en tête son chiffre couronné : «Mon cher William, Vous m'avez promis l'autre jour de m'apprendre le provençal. Voulez-vous venir demain me donner ma première leçon. Venez déjeuner, nous travaillerons ensuite. J'ai des dessins à vous faire voir...». Enveloppe portant l'adresse de «Monsieur Bonaparte-Wyse... Paris».

N.B. : Les lots 20 à 35 ci-dessus décrits pourront faire l'objet d'une vente groupée. La priorité sera donc donnée aux offres pour l'ensemble, à la condition que celles-ci soient : 1) supérieures aux enchères reçues en cas de vente au détail ; 2) supérieures à la somme de 7250 SFr correspondant à l'addition des prix de réserve.

 

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36.                BORGHESE Camillo (1775-1832) Prince romain. En 1803 il épousa Pauline, sœur du futur Nap. Ier, et partagea avec elle la principauté de Guastalla - P.S. «Camille», 1 p. in-folio ; Turin, 24.XII.1813.                (350.-) 200.-

 

Le Prince-Gouverneur général du Piémont nomme à titre provisoire un officier au poste de lieutenant dans un régiment d'infanterie de ligne, «... en attendant qu'il ait été nommé définitivement par Sa Majesté...». Document également signé par d'autres officiers, dont le Major Antoine REVEL (1784-1842), maréchal de camp dès 1830.

 

37.                BREKER Arno (1900-1991) Sculpteur allemand, artiste officiel du IIIe Reich - SIX L.A.S. (4 signées de son seul prénom), 12 pp. in-8 et in-4 ; Düsseldorf, 1966/1968. En français. Livre joint.       (400.-)                250.-

Correspondance amicaleadressée à un couple d'amis parisiens où il est question d'une «... douloureuse nouvelle...», d'un rendez-vous «... avec un écrivain américain, Francis Steemuller, ... qui est en train d'écrire une biographie sur Jean Cocteau et... voudrait avoir de mes souvenirs du cher disparu... Le buste est presque terminé. Vous aurez d'abord une photo du plâtre...», de l'inauguration du buste de Gerhart Hauptmann, du grand plaisir qu'il aura de faire celui de François Darlan. En 1967, alors qu'il sculpte celui d'Ezra Pound, «... une tête fort intéressante...», il évoque ses ennuis de santé, parle d'amis communs, etc.

Joint : Monographie sur A. Brecker par Charles DESPIAU (4°, Paris 1942). Exemplaire illustré, couverture défectueuse.

 

38.           BRÉSIL, 1579 - L.A.S. du voyageur français Ferdinand DENIS (1798-1890), 1 1/2 pp. in-8 ; Paris, 24.I.1872. Papier de la Bibliothèque Sainte Geneviève.                                                                              (500.-)                300.-

Intéressante missive adressée à Luis Pedreira do Couto Ferraz, vicomte de BOM RETIRO (1818-1886), ancien ministre de l'Intérieur brésilien et ami personnel de l'empereur dom PEDRO II.

Denis regrette d'avoir manqué son correspondant, son temps ayant été «... fort employé par les soins que je donne... à une curieuse publication que je serai charmé de voir réussir puisqu'elle doit être agréable à S. M. l'Empereur...» du Brésil.

Déjà auteur de nombreux ouvrages d'histoire et de documentation sur ce grand pays qu'est l'Amérique Latine, le voyageur travaille sur les «... plans de Rio de Janeiro et d'Itamaraca exécutés en 1579 par un certain Jacques de Vaulx-de-Claye...», plans que l'on voudrait faire lithographier par Lemercier. «... Dans tous les cas, nous possédons dès ce moment les photographies...», ajoute-t-il, précisant son désir de les montrer au vicomte Bom Retiro «... comme une des curiosités les plus rares regardant l'histoire de votre beau pays...», etc.

 

39.           BRÉSIL, Dom Pedro Ier de (Une sœur de) - L.S., 2 pp. in-12, de la princesse Anne de BRAGANCE (1806-1857), infante du Portugal ; Paris, 2.III.1832. Trois pièces jointes.                                      (800.-)                500.-

Curieux documents relatif à un conflit opposant le propriétaire au locataire d'un hôtel garni à Paris, conflit qui n'aurait rien d'exceptionnel si le locataire n'était autre que la propre sœur de l'empereur du Brésil, l'infante Anna de Jésus, épouse depuis 1827 du marquis de LOULE (1804-1875), Grand chambellan et ministre d'Etat portugais !

Le dossier est composé des pièces suivantes :

a) Partie du contrat de location, signé par la propriétaire, Madame Veuve Soehnée, et par le marquis (puis duc) de LOULE ; Paris, 6.VII.1831. Bail de six mois pouvant être rompu «... si le choléra morbus atteignait malheureusement Paris...»

b) L.A.S. du marquis Nuno José de LOULE, 1 p. in-8, nous renseignant sur le chargé d'Affaires de France au Brésil (1831)

c) L.A.S. de la marquise de LOULE où celle-ci se défend d'avoir manqué à ses obligations envers Madame Soehnée, propriétaire, à laquelle elle reproche de ne pas avoir fait «... dresser des états des taches d'huile, toiles d'araignées, etc... J'ai fait tout ce que je devais faire ; les lieux que j'ai occupés sont en aussi bon état qu'ils peuvent l'être après une habilitation de six mois...», etc.

d) Minute autographe (3 pp. in-4) de Madame SOEHNÉE au baron Séguier, où, en date du 9 novembre 1832, elle demande au magistrat de trancher dans l'affaire les opposant, sans cependant se laisser impressionner par le fait que «... Mme de Loule est née dans un pays où la Magistrature rend des services aux Princesses : moi, j'ai le bonheur de vivre..., où la Magistrature rend des arrêts et non des services. Roi, Reines, Princes, Princesses, roturières et même chiffonnières, tous sont égaux devant la Loi, tous peuvent espérer gagner leurs Procès...», etc.

 

 

40.           BRÉSIL, Régence de 1836  - L.S. par Diogo Antonio FEIJO (1784-1843), 1 p. in-folio ; Rio de Janeiro, 8.IV.1836. Adresse et sceau brisé sur la IVe page.                                                                                     (500.-)                350.-

Intéressante lettre diplomatique louant les qualités du ministre plénipotentiaire Antonio de Menezes VASCONCELLOS DRUMMOND (1794-1874) auquel on donnera «... enteiro credito a tudo o que o mesmo Ministro exposer em Meu Nome...», etc.

La pièce est signée par le Régent - dom Pedro II n'avait alors que 11 ans - et par le Sénateur José Ignacio BORGES († 1838) ministre de l'Intérieur et, ad interim (fév./juin 1836), des Affaires étrangères durant la régence exercée par le père Diogo Antonio FEIJO. Ce dernier fut un homme politique fort intéressant ; ordonné prêtre en 1809, il sera ministre de la Justice en 1831/32 et préservera de l'anarchie la ville de Rio de Janeiro après l'abdication de l'empereur Pedro Ier. Il devra renoncer à la Régence suite à la révolte du Rio Grande do Sul et à l'opposition du Parlement.

 

41.           BRÉSIL, Dom Pedro II du (1825-1891) Fils et successeur de dom Pedro Ier en 1831, il fut forcé d'abdiquer en 1889 après sa décision d'abolir l'esclavage des riches planteurs, les militaires s'y étant opposés. Prince cultivé, philosophe et savant, toujours respectueux de la Constitueux - L.S. «Imperador», 1 p. in-folio ; Rio de Janeiro, 10.VII.1843. Enveloppe jointe.                                                                                              (450.-)                300.-

Belle signature sur une lettre officielle de félicitations adressée à un prince «... Muito Alto e Muito Poderozo...». Contresignée par son ministre des Affaires étr., le conservateur Paulin José SOARES de Sousa (1807-1866), «Visconde do Uruguay» dès 1854.

 

42.           BRÉSIL, Dom Pedro II du - L.S. «Imperador», 1 p. in-folio ; Rio de Janeiro, 23.VI.1845. Pièce jointe.                                                                                                                                                 (500.-)                350.-

 

Remerciements adressés au cardinal Pietro OSTINI (1775-1849), qui avait manifesté son intérêt «... pela Minha Imperial Pessõa...». Missive contresignée par le ministre des Affaires étrangères, dom Antonio Paulino LIMPO de Abreu (1798-1883), «Viconde de Abaeté».

Joint : L.S. de l'impératrice THÉRÈSE des Deux-Siciles (1822-1889), femme de dom Pedro II. Remerciements au cardinal Pietro MARINI (1794-1863) ; Rio de Janeiro, 30.XI.1858. Défauts. Sceau et adresse.

 

43.           BRÉSIL, Dom Pedro II du - L.S. «Pedro», 1 p. in-folio ; Rio de Janeiro, 9.IX.1847.                (600.-)                400.-

Très belle lettre où il annonce la naissance de sa fille, le princesse LÉOPOLDINE  (1847-1871), qui deviendra en 1864 l'épouse du prince Auguste de SAXE-COBOURG-GOTHA, petit cousin de la reine Victoria d'Angleterre. Pièce contresignée par son ministre des Affaires étrangères (et ministre des Travaux publics ad interim), Saturnino de SOUZA e Oliveira  (1803-1848).

 

44.           BRÉSIL, Dom Pedro II du - Rare L.A.S. «D[om] Pedro», 1 p. 4° ; (Rio de J., v. 1860). (1200.-)                800.-

Longue missive privée écrite en portugais et adressée au «Señor Vasconcellos», relative à une dispense d'ordre économique. L'empereur semble tenir à répondre point par point aux questions posées par son correspondant.

Les lettres entièrement autographes de dom Pedro II sont très peu communes !

Le destinataire pourrait être Joaquim José Pinheiro de VASCONCELLOS (1788-1884), président de la Haute Cour de Justice sous le règne de dom Pedro II ; celui-ci le fit vicomte de Montserrate en 1878.

 

45.           BRÉSIL, Thérèse des Deux-Siciles, du (1822-1889) Impératrice, femme du précédent dès 1843 - L.A.S., 2 1/2 pp. in-4 ; Rio de Janeiro, 4.XII.1846.                                                                            (900.-)                600.-

«Madame et très chère Cousine, - écrit l'impératrice à la duchesse Victoire de NEMOURS (1822-1857), l'épouse du prince Louis d'Orléans - On peut se faire... une espérance du progrès rapide de l'industrie humaine à rapprocher les distances ; ce qui étoit voyage devient promenage... De bonnes parentes, séparées comme nous le sommes, ne doivent pas renoncer à voisiner un jour...», etc. Quant à l'empereur, il a été fort sensible «... aux bons compliments de Votre Altesse et me charge de tous les siens en retour...», etc.

Notons que les vœux de l'impératrice du Brésil allaient être exaucés quelques années plus tard car sa fille, la princesse héritière Isabelle de Bragance, née cette même année 1846, allait épouser le prince Gaston d'Orléans, comte d'Eu, qui n'était autre que le fils aîné des ducs de Nemours.

 

46.           BRÉSIL, Thérèse des Deux-Siciles, du - L.S. «Imperatriz», 1/2 p. in-4 ; Rio de Janeiro, 19.II.1848. Sur la IVe page, adresse et sceau plaqué sous papier aux armes impériales.                                 (300.-)                200.-

Echange de vœux avec le cardinal Giacomo Luigi BRIGNOLE (1797-1853), ancien trésorier de l'Eglise.

 

47.           BRÉSIL, Isabelle du (1846-1921) Princesse impériale, régente en 1871. Fille des précédents - L.S. «Princeza Imperial Regente», 1 p. in-folio ; Rio de Janeiro, 20.VII.1871. Adresse et sceau aux armes impériales sur la IVe page.                                                                                                                                                           (450.-)                300.-

Rare missive signée par la princesse Isabelle en tant que «Chef de l'Etat», pendant l'un des voyages que son père fit en Europe. «Dona Izabel... Herdeira Presumptiva da Corôa...» adresse ses remerciements au cardinal Lucien BONAPARTE (1828-1895), chef de la branche des princes de Canino, descendants du frère de Napoléon ; elle lui renouvelle ses vœux et ceux de sa famille.

 

BRÉSIL : Voir aussi sous «PORTUGAL», ainsi que les lots 129, 154, 208 et 258.

 

48.                BRETON André (1896-1966) Ecrivain français, dadaïste, il publia en 1924 son premier Manifeste du Surréalisme - Manuscrit autographe, 1/2 p. in-4 ; vers 1930/35 ?                                             (1000.-)                600.-

Beau poème de Paul ELUARD, intitulé «Visuelles», dix vers d'inspiration surréaliste transcrits par André Breton et commençant ainsi : «Une chanson de porcelaine bat des mains / Puis en morceaux mendie et meurt / Tu te souviendras d'elle pauvre et nu / Matin des loups et leur morsure est un tunnel / D'où tu sors en robe de sang...», etc. [Voir aussi les lots 7 et 86, Aragon et Eluard]

 

49.                BRETON André - L.A.S., 1 p. in-4 ; Paris, 13.V.1952.                                                             (750.-)                500.-

Confus d'avoir à lui manquer de parole, l'écrivain surréaliste s'excuse auprès de son corespondant (un journaliste ?) : «... Toutes sortes d'obligations rigoureuses... ont surgi depuis notre rencontre...», l'empêchant de disposer «... des quelques heures nécessaires pour répondre aux questions que vous aviez bien voulu me poser... Je vous prie instamment... de reporter notre entretien... si vous pensez qu'il présente encore un intérêt...», etc.

En 1952 paraissaient chez Gallimard ses «Entretiens» avec André Parinaud et, le 6 mars, Breton avait fait publier dans Le Libertaire le texte de son discours en faveur des «Onze camarades condamnés à mort en Espagne» par le régime de Franco.

 

50.                BRUCKNER Anton (1824-1896) Organiste et compositeur autrich., auteur de Symphonies au lyrisme naïf et à la forme parfaitement originale - L.A.S., 4 pp. in-8 ; (Vienne, printemps 1886 ?).                (8000.-)                5000.-

 

Extraordinaire missive hautement autobiographique, rédigée en allemand, où il évoque ses meilleures œuvres, son dévouement sans borne pour Richard WAGNER et ses profonds contrastes avec HANSLICK et sa clique !

S'adressant ici à un important personnage du monde artistique et du pouvoir, Bruckner retrace en quelques pages sa carrière musicale. Après des études théoriques sous la direction de Sechter, puis de Kitzler, il rappelle qu'il a composé «... trois grandes Messes, sept Symphonies (la 8e n'est pas encore terminée ; je travaille au Finale). Puis un Quintette, un Te-deum...», des Chœurs  pour voix d'hommes, un Requiem en souvenir reconnaissant de Franz Seiler «... qui dans son testament m'avait légué son précieux piano Bösendorfer...», etc.

Pour ce qui est de Bayreuth, Bruckner dit regretter de n'avoir pu connaître le «... génial Protecteur...» (très certainement le roi LOUIS II de Bavière, mort le 15 juin 1886), d'autant que prochainement sortira «... ma 3ème Symphonie - dédiée à Rich. Wagner - dans une nouvelle édition améliorée, chez R-ttig. A Bayreuth, j'ai pu constater que le bien-aimé et immortel Maître m'avait prophétisé un grand avenir...». Quant à Hanslick,qui était contraire au fait de faire entrer la théorie musicale dans ce type d'école, il lui est hostile depuis qu'en 1874/75 il a accepté d'enseigner à l'Université...

Voici quelques passages en allemand de ce superbe texte : «Euer Hochwohlgeboren !... Nach meinen Theorie=Studien (von 1855 bis 1861 bei Sechter...) habe ich componirt : drei grosse Messen, sieben Sinfonien (die 8 te ist nicht ganz fertig ; arbeite am Finale). Das Quintett, Te Deum, M-nner= und Vocal=Chöre..., ein Requiem, ... M-nner-Quartette, Psalmen, etc...».

«... In einigen Monaten kommt meine 3 te Sinfonie (Rich. Wagner gewidmet) in neuer u. verbesserter Auflage... In Bayreuth erführ ich das mir der heissgeliebte verewigt Meister eine so grosse Zukunft profhezeite ! Ein wahrer Trost gegen Hanslick und gegen seine 2 Mithelfer...», dont l'un était Johannes BRAHMS...

 

51.                BUCKINGHAM James Silk (1786-1855) Voyageur et penseur anglais, il fut en Palestine, Inde et Amérique, ce qui le décida à se battre du côté des réformes sociales. En 1849, par son Plan of a Model Town, qu'il dénomma «Victoria», il poposa un nouveau type d'urbanisme où la division des classes socia-les et des rôles seraient respectée, villes nouvelles à construire en série afin de contraster la désoccupation montante - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 25.X.1851.                                                                                                                          (300.-)                200.-

Buckingham et son fils Leicester S. B. (1825-1867, auteur de théâtre) remercient le capitaine Gabriel Lafond pour les soins qu'il leur a prodigués : «... Nous avont été charmés de... profiter de votre politesse et nous nous rendrons chez vous... pour vous accompagner au Cercle...». Marin et voyageur, Gabriel LAFOND de Lurcy (1802-1876) avait publié en 1843 des extraits de son Voyage autour du Monde rédigé en 1822.

En 1851, James B. Buckingham avait été élu président de la London Temperance League.

 

52.                BUFFON, Georges Louis Leclerc de (1707-1788) Naturaliste et écrivain français - L.S., 3 pp. in-4 ; «A Paris, au Jardin du Roy», 5.III.1762. Adresse et cachet de cire (brisé) à ses armes sur la IVe page. Plis fatigués et manque de papier dû au décachetage, touchant un mot. Traces brunâtres de purification, surtout côté adresse.                                                                                                                                                             (1600.-)                1200.-

Au comte Giuseppe Angelo SALUZZO (1734-1810), «Président de l'Académie des Sciences de Turin», fondée en 1757 par lui et par le mathématicien J. L. Lagrange. «... Il n'y a que deux espèces de convulsionnaires ; les uns sont des fanatiques à qui l'enthousiasme fait supporter la douleur sans se plaindre... ; les autres sont des mercenaires qui la souffrent pour de l'argent. La terre dont vous me parlez n'a pas plus de propriétés que de la boue et personne n'ajoute foi aux vertus imaginaires que les gens de parti lui attribuent. Ces gens sont des polissons méprisés de toutes les personnes sages...», etc.

Buffon ne connaît aucun ouvrage sur l'argument, et la police elle-même semble ignorer «... ces espèces de folies... Elles tomberont en effet d'elles-mêmes... parce que dans tous les temps le peuple sera toujours plus ou moins superstitieux. Rien n'est donc plus naturel...». Le savant connaît des cas de catalepsie, de léthargie, «... et d'autres maladies... Nous avons parmi les pénitents Indiens des exemples de ce que peut la chaleur de la tête ; ils font vœu de tenir toujours un bras en l'air... si longtemps... qu'il s'en roidit et devient inflexible pour tout le reste de la vie. Nos charlatans n'en font pas tant...», etc.

Magnifique texte où Buffon tente d'expliquer comment un phénomène en soi parfaitement naturel prend une tout autre dimension au sein d'une secte ayant trouvé son origine vers 1729 dans les premiers «miracles» obtenus par l'intercession d'un simple diacre, François de Pâris, janséniste fervent qui se condamnait aux plus dures privations. La Révolution français allait mettre fin à ces désordres en détournant les esprits vers d'autres... folies !

 

53.           BULL Ole (1800-1880) Violoniste norvégien. Il rencontra Paganini en Allemagne et le suivit à Paris où, dévalisé par des voleurs qui lui prirent jusqu'à son violon, il tenta le suicide. Sauvé, une dame lui fit don d'un Guarnerius, l'hébergea et devint sa belle-mère... Ainsi commença l'extraordinaire carrière internationale de ce virtuose - L.A.S., 1 p. in-8 ; Lyon, 6.III.1836. Adresse autographe. Rare !                              (500.-)                350.-

Alors en tournée en France, dans le Rhône, le jeune violoniste informe sa correspondante, Madame Sauveton, qu'il est au regret de ne pouvoir l'accompagner à l'église protestante, «... n'ayant pas une minute, même aujourd'hui, à ma disposition...» ; sa santé lui cause en outre quelques soucis. Le 21 mai suivant, Ole Bull donnait son premier concert à Londres ; en seize mois, il allait encore en donner 273, tous au Royaume-Uni.

 

54.           CAMUS Albert (1913-1960) Ecrivain français, prix Nobel en 1957, mort dans un accident de la circulation - L.A.S. (init.), 1 p. in-12 carré, crayon ; (Paris, vers 1948).                                                           (750.-)                500.-

Depuis la fin de l'année 1943, Camus est lecteur chez Gallimard. Il envoie ici son commentaire, rédigé d'une main rapide après la lecture d'un nouveau roman (?) intitulé «Retour de voyage» : «... Ce livre est celui de la séparation, entendue dans le sens humain et dans le sens métaphysique. Quoi d'étonnant à ce que les femmes soient absentes. Elles représentent... le bonheur simple et déchiré... Il a donc fallu, pour leur grandeur, les chasser de la cité empestée...». Beau texte littéraire.

 

55.                CASTRO Fidel (n. 1927) Révolutionnaire et président-dictateur cubain - Belle signature autographe sur la page de titre de l'ouvrage «Un insurreccional en dos Epocas» que publia en 2001 l'historien et juriste cubain R. Suarez. Broché in-8, 300 pp. Les autographes de Fidel Castro, qui a marqué l'histoire du XXe siècle, sont rares.                                                                                                                                                                         (800.-)                500.-

 

56.                CASTRO Fidel - P.S., 1 p. in-4 ; La Habana, 15.III.2001 - Beau diplôme officiel («Reconocimiento») délivré à un enseignant cubain, l'un des «... Maestros primarios, combatientes en la lucha para alcanzaren todo el pueblo una elevada cultura general integral...» ! Autographe rare.                                 (900.-)                600.-

 

57.                CHARCOT Jean (1867-1936) Savant et explorateur polaire français, disparu en mer avec ses compagnons de voyage - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Tanger, mai 1905. En-tête imprimé : Expédition Antarctique Française. Légère mouillure au coin inférieur droit.                                                                                    (900.-)                600.-

Le «Dr Charcot, Chef de l'Expédition Antarctique» (c'est ainsi qu'il signe sa lettre) vient d'apprendre le «...Le grand honneur que le Gouvernement français veut bien faire à l'Expédition en nous ramenant à Toulon sur un croiseur...». Ce fait nouveau le privera probablement du plaisir de rencontrer personnellement son correspondant, le président de la Société de Géographie de Marseille. Il le prie donc de bien vouloir exprimer en son nom à ladite Société sa vive gratitude «... pour ses souhaits de bienvenue si admirables...».

Le savant revenait de sa première expédition dans l'Antarctique (1903/1905) au cours de laquelle, sur son bateau Le Français, il avait établi la carte des régions australes de l'archipel Palmer à l'île qui porte son nom, carte qui sera complétée lors d'un second voyage, en 1908/1910.

 

58.                CHARLES le Téméraire (1433-1477) Duc de Bourgogne, célèbre homme de guerre et adversaire de Louis XI. Il mourut au siège de Nancy et on retrouva son corps dans un étang glacé, à demi dévoré par les loups - L.S. «Charles», 1 p. in-folio obl. ; Gand, 7.VII.1469. Trace de cachet, légères taches beiges dans la marge gauche. En latin. Autographe rarissime.                                                                                             (12 000.-)                8 000.-

«... Nous avons reçu ces jours-ci des nobles seigneurs Jean-Louis et Thomas Thibaud - écrit Charles le Téméraire à son cousin le duc de Milan - ... les lettres de créances de Votre Altesse pour accréditer leurs personnes auprès de Nous. Nous en avons aussi écouté la lecture et avons compris pleinement ce que, par la confiance accordée à ces hommes, ils ont voulu Nous exposer et rapporter de votre part...» (traduction), etc.

Ecrite «... de notre place forte de Gand...» (ville du Brabant sous la souveraineté de Charles de Bourgogne), cette missive fut adressée à Galeazzo Maria SFORZA (1444-1476), duc de Milan, lequel détesté de la plupart de ses sujet, sera assassiné lors d'une cérémonie religieuse.

Duc de Bourgogne depuis 1467, Charles le Téméraire avait imposé au roi Louis XI un traité (Péronne, 1468) qui lui permit de s'assurer totalement le gouvernement de la principauté de Liège, ville mise à sac, incendiée et annexée le 30 octobre 1468. Par le traité du 9 mai 1469, il prenait ensuite possession de la Haute-Alsace.

Cette lettre se place donc au moment où la puissance de Charles le Téméraire était à son apogée...

 

 

59.                CHARLES QUINT (1500-1558) Empereur germanique, roi d'Espagne, adversaire de François Ier - P.S. «Carol[us]», 1 p. in-folio obl., parchemin ; Gênes, 18.X.1536. Légères salissures au dos.                (2500.-)                1800.-

«Quoniam nobis abunde constat Ill. Franciscum secundum Sfortiam olim M.[ediolan]i Ducem...», l'empereur tout-puissant confirme Girolamo BREBBIA dans sa charge de Trésorier général du duché de Milan. Rappelons que depuis le 24 octobre 1535, date de la mort du dernier des Sforza, le territoire milanais était passé sous la souveraineté du roi d'Espagne.

Très belle pièce, portant une superbe signature impériale («Carolus»), datée «... in Civitate n[ost]ra Imperiali Genua...», république indépendante, gouvernée en réalité par l'amiral impérial Andrea DORIA, bras droit de Charles Quint...

 

60.                CHERUBINI Luigi (1760-1842) Compositeur italien - P.S., 1 p. in-4 ; Paris, 20.XI.1831. En-tête et texte en partie imprimés.                                                                                                                 (300.-)                200.-

Attestation délivrée et signée par le directeur du Conservatoire de Musique de Paris, lequel décerne le «... premier Prix de Solfège... à Mr Marie-Ernest Deldevez... âgé de 14 ans...».

E. DELDEVEZ (1817-1897) allait plus tard faire une belle carrière de violoniste et de compositeur. [Voir le n° 278, Thalberg]

 

61.           CINÉMA - Superbe gouache originale «d'après Ferracci» (cm 45,4 x 32,4) ayant servi à préparer une affiche bilingue du film de COLUCHE, «Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine» ; musique de Serge GAINSBOURG.                                                                                                                                 (400.-)                200.-

Chevauchant à l'envers un cheval de trait blanc aux yeux malicieux, sur lequel le comédien a grimpé à l'aide d'une échelle, Coluche, qui revêt un amusant costume bouffant moyenâgeux aux larges rayures et à la culotte courte, trône entre deux drapeaux où sont inscrits, sur l'un, le nom de l'acteur, sur l'autre, le titre du film. Pièce très colorée, à encadrer.

 

62.                CINÉMA, Affiches de - 3 grandes affiches originales en couleurs, environ 155 x 115 cm chacune. Excellent état de conservation.                                                                                                                    (500.-)                300.-

1) Affiche du film de Gérard OURY, «L'As des As», avec Jean-Paul BELMONDO et Marie-France PISIER (1982) - 2) Affiche du film de Gérard OURY, «Le Corniaud», avec BOURVIL et Louis de FUNÈS (1964) - 3) Affiche «GABIN - Une geule», avec 4 portraits (différents âges), cycle présentant «15 Films à partir du 31 janvier au cinéma "Les 3 Luxembourg"...»

 

 

63.                CLÉMENT XIV - Lorenzo Ganganelli (1705-1774) Pape dès 1769. En 1773, sous la pression des puissances européennes, il supprima la Compagnie de Jésus et fit enfermer à Castel Sant'Angelo leur général, le père Lorenzo Ricci - L.S., avec souscription autographe («di cuore F[rate] Lor[enz]o Card.l Ganganelli»), 1 p. in-4 ; Rome, 24.XII.1765. Sceau à ses armes et adr. en IVe page. Cachet de coll.        (2000.-)                1200.-

L'ancien frère franciscain, créé cardinal en 1759, répond au message de vœux d'un de ses compatriotes de Rimini, sa ville natale. Il le remercie pour ses expressions cordiales et ses souhaits constants «... per le maggiori mie prosperità. A questa Sua attenzione Ella sia persuasa che corrispondo con una viva brama di giovarle...», etc.

Les autographes de ce pape qui avait, en 1770, reçu en audience privée l'adolescent MOZART (il l'avait fait «Cavaliere» à l'âge de quatorze ans et lui avait attribué la Croix de l'Eperon d'Or !) sont assez rares.

 

64.                COCTEAU Jean (1889-1963) Ecrivain français - L.A.S. «Jean», 1 p. in-8 pleine ; Toulon, 5.I.1931. Adresse au dos : Mr André Fraigneau, chez Grasset... Paris.                                                      (450.-)                350.-

Cocteau se repose à Toulon et met «... au point différentes difficultés concernant le film...» (Le Sang d'un Poète, film surréaliste désavoué par le mouvement surréaliste, 1930), le premier qu'il réalisa, sur une musique de Georges Auric, en collaboration avec Michel Arnaud, grâce au mécénat du vicomte de Noailles, les interprètes étant Lee Miller, Pauline Carton, Enrique de Rivero, Odette Talzac. Puis, comme pour rassurer son correspondant, il ajoute : «... Je travaille pour vous et rapporterai un Mystère laïc beaucoup plus lourd. J'espère que vous serez tous contents. Cela pour vous, pour Bernard (Grasset, l'éditeur) et pour qu'on soigne Desbordes (un ami de Cocteau ?). Ecris ou télégraphie des nouvelles précises de son livre dont il a signé le bon à tirer voilà un mois. Il faut que je sache pour régler certaines dates et pour compter ses sous...». Beau texte.

 

65.                COLETTE, Sidonie Gabrielle C., dite (1873-1954) Romancière française - P.A.S., 2/3 p. in-4 sur papier vert.                                                                                                                                                       (350.-)                250.-

«Je vous envoie ceci parce que je vous l'ai promis, parce que je n'ai jamais dessiné ni peint de ma vie, et qu'à ce moment-là je me suis sentie en grand danger de ne plus jamais écrire...».

 

66.                COLETTE, Sidonie Gabrielle C., dite - L.A.S., 3/4 p. in-4.                                            (200-)                120.-

Sur un papier à lettre bleu à l'adresse imprimée de l'hôtel «Claridge - Champs-Elysées» où elle résidait, Colette invite sa corres-pondante à venir lui rendre visite «... jusqu'au vendredi 5 décembre à 5 heures 1/2...». Elle la salue «... bien confraternellement...».

 

67.           CONDÉ, Louis II de Bourbon, Prince de (1621-1686) Homme de guerre français. Vainqueur à Rocroi et Nördlingen, il adhéra à la Fronde, puis passa en Espagne et enfin revint combattre pour son pays, gagnant, entre autres, à Séneffe - L.S. «Vostre très affectioné serviteur Louis de Bourbon», 1 p. in-4 ; Bruxelles, 8.II.1655.                                                                                                                                                            (800.-)                500.-

Le marquis Persan, lieutenant général de ses troupes, s'en allant en Allemagne par ses ordres pour y faire des levées, le Grand Condé sollicite la protection de son illustre adversaire, le général autrichien Ottavio PICCOLOMINI, duc d'Amalfi, et «... toutes les assistances qui pourront deppendre de vous pour le succès de ses levées. Vous m'avez donné tant de marques de votre amitié dans les rencontres passées...», notamment sur les champs de bataille ! Le prince de Bourbon prêtait alors ses services à l'armée espagnole.

 

68.                COOPER James Fenimore (1789-1851) Romancier américain - Manuscrit avec corrections autographes, 4 pp. in-4 ; vers 1829/30. Légère mouillure. Pièce A.S. jointe.                                                           (4500.-)                3000.-

Partie du manuscrit original de son roman The Water-Witch, publié en 1831, correspondant aux pages 87, 88, 89, 90 et 91 (pour cette dernière, en partie seulement) du volume 2, chapitre VII. Ce texte, qui semble être d'une autre main, est par endroits retravaillé par Cooper ; le romancier y a rayé certains passages, remplacés ou déplacés d'autres, probablement avant de le remettre à la typographie.

Intéressant document nous montrant comment travaillait Cooper. Une phrase écrite en tête du chapitre VII, par exemple, est extraite des «Two Gentlemen of Verone» de SHAKESPEARE, et fut ajoutée à la dernière minute (quatre lignes en tête de notre manuscrit en témoignent) ; d'autre part, le chapitre «VII» était en fait à l'origine le «III», etc., etc.

On joint un message autographe de trois lignes, signé en tête à la 3e pers. («Mr Fenimore Cooper») et adressé à la baronne de Varaigne, née Louise PEYRONNET († 1876), jeune épouse d'un officier français. Texte incomplet s'arrêtant à la phrase suivante : «... he trusts will... found to contain a perfect...».

 

69.                COPPENS de HOUTHULST, Willy, Baron (1892-1986) Pilote belge, as de l'aviation durant la Première Guerre mondiale - PHOTO avec pensée A.S., 4°. Tirage et autographe des années '70.                (200.-) 120.-

 

Très belle photo en pied du jeune pilote posant en uniforme militaire de la Première Guerre mondiale devant son avion, avec belle pensée autographe : «L'amour de l'aviation, comme tout grand amour, est un sentiment irraisonné, souvent excessif, créant une griserie exaltante - Willy Coppens de Houthulst».

 

 

70.                COPPENS de HOUTHULST, Willy, Baron - DEUX PHOTOS in-4 obl., avec légendes A.S. de Coppens dans la marge inf. blanche. Tirages et autographes des années '70.                                     (250.-)                150.-

La première image nous montre l'avion FARMAN en vol, surnommé «La Cage à poule..., livrée sans défense aux chasseurs ennemis...». La seconde photo est une vue d'un terrain d'aviation avec, en premier plan, la «Version du "Bébé" NIEUPORT, dotée d'un moteur plus puissant (de 40 chevaux)... chasseur... surclassé par le SPAD, mieux armé, en 1917...».

 

71.                CORALLI Jean (1779-1854) Danseur et chorégraphe italien auquel on doit la production de ballets célèbres tels que Le Diable Boiteux et Giselle - L.A.S., 2/3 p. in-8 ; Paris, 27.V.1844. Adr. autogr.   (300.-)                200.-

L'artiste demande au violoniste et chef d'orchestre Ernest DELDEVEZ de «... terminer la partition du pas de deux de Mlle Dubignon, car je n'attends que cela pour... la faire danser...». En juillet 1843, Coralli avait signé la chorégraphie du ballet La Péri où Carlotta Grisi et Petipa avaient remporté un immense succès.

 

72.                CORTOT Alfred (1877-1962)Pianiste et pédagogue suisse - DEUX L.A.S., 3 pp. in-8 ; Lausanne et Paris, 1960/1961.                                                                                                                               (350.-)                250.-

En 1960, de Lausanne, Cortot annonce avoir reçu une étude sur l'Hexameron : «... c'est un bien curieux document à insérer dans l'histoire d'un caractéristique conflit pianistique... J'en ai pris connaissance avec le plus vif intérêt et je le joins à la biographie romantique auquel il faisait défaut...», etc.

De Paris, où il est allé fêter son (dernier !) anniversaire «... dans cette Ecole [Normale de Musique - papier à cet en-tête] que j'ai fondée il y a près de quarante ans et où, de connivence avec ses nombreux élèves de toutes nationalités, je m'efforce à leur inculquer le respect et la signification de ces lois architecturales qui... régit ses données esthétiques...», il répond au message reçu d'un compatriote, l'architecte et mélomane suisse Robert von der MÜHLL (1898-1980), qui avait étudié le piano en 1917 au Conservatoire de Berne, etc.

 

 

73.           [Voltaire et Rousseau] CRAMER Philibert (1727-1779) Homme politique genevois, intime de Voltaire et éditeur, avec son frère Gabriel, des œuvres de nombreux savants - L.A.S., 2 1/2 pp. in-4 ; Genève, «15e Aoust» [1762]. Adresse, marques postales et sceau de cire à ses armes sur la IVe page.      (1200.-)                800.-

Magnifique lettre adressée à l'ami de Voltaire, Audibert, «... chez Messieurs Tourton et Baur à Paris». Cramer sollicite des nouvelles d'un «... vaisseau très riche, auquel vous êtes fort intéressé... j'espère... que vous avez pris la précaution de [le] faire assurer...», puis évoque la vie genevoise : «... la ville... déserte ; ... je l'abandonnerai cet automne... On attend M. de Richelieu ; j'en suis fort fâché, j'avois besoin de mener une vie régulière, et voilà qu'il faut jouer la comédie («Cassandre», personnage d'Olympe, la tragédie de Voltaire), cette Olympe éternelle, nous apprenons Sémiramis... Le souvenir de la vie que j'ai mené cet hiver à Fernex me fait trembler, j'irai le jour de la pièce... Genève foisonnera d'étrangers... Madame Denville (sic) ... Mr de Villars... Mr de Richelieu aux Délices ; Mad.e d'Harcourt... nous restera cet hiver... La pauvre Mad.e D'Albertas... se désespère...», etc.

Le 9 juin 1762 (puis le 11 suivant à Genève !), on condamnait à Paris l'Emile de J. J. ROUSSEAU, et Cramer revient sur cet événement, rappelant que l'auteur incriminé «... est à Neufchatel à ce qu'on dit, sous la protection du Roi de Prusse qui a mandé à MiLord Maréchal... de le traiter avec toute sorte de distinction...». Ainsi, poursuit l'éditeur, Frédéric II «... ne perd aucune occasion de se montrer supérieur aux autres ; Je lui suis grand gré de ce qu'il fait... Rousseau malade, pauvre et persécuté me faisoit haïr le genre humain...», d'autant que «... ses ouvrages font toute ma consolation, et le Contrat social  a bien augmenté l'idée que j'avois de lui...». Il est encore question des conflits européens et de la paix à laquelle Cramer ne croit guère, etc.

Intéressante pièce réunissant les noms de Voltaire, Rousseau et Frédéric II !

 

 

74.                DANTON Georges Jacques (1759-1794) Révolutionnaire français, ministre de la Justice et chef du gouvernement provisoire du 10 août au 10 septembre 1792. Guillotiné en 1794 - P.S., 1 1/2 pp. in-folio ; Paris, 6.IX.1792. Belle vignette gravée du Conseil exécutif provisoire et, près de la signature de Danton, cachet impr. en rouge («Louis XVI p. l. g. de Dieu et de la Loi Constitutionnelle Roy d. François»).                (3500.-)                2500.-

Texte de la Loi du 4 septembre 1792 en copie conforme, par laquelle l'Assemblée Nationale «... considérant que les Régimens ci-devant du Roi et Mestre de camp n'ont perdu leurs rangs dans l'armée que par une erreur de fait... [commise par] l'Assemblée Constituante. Considérant qu'il est de son devoir de réparer cette erreur sans troubler l'ordre actuel des corps qui composent l'armée...», l'Assemblée Nationale décrète par loi que «... ces deux Régimens n'ont jamais démérité de la Patrie...».

En tant que chef de l'Etat français et au nom de la Nation et du Conseil Exécutif, Danton «... mande et ordonne à tous les Corps administratifs et tribunaux, que les présentes ils fassent... lire, publier... afficher... et exécuter comme Loi...».

Superbe pièce, rare de cette époque !

 

75.                DEBUSSY Claude (1862-1918) Compositeur français - L.A.S., 3 pp. pet. in-8 ; (Paris), 1.VII.1903. Papier à son adresse imprimée. Petit cachet de collection.                                                            (2600.-)                1800.-

Debussy rassure sa correspondante quant à la «... sincérité sympathique...» de son effort pour la contenter ; il a eu d'ennuyeuses besognes à accomplir et n'a pu encore s'occuper de son affaire ; de plus, Périvier, l'un des directeur du journal Gil Blas, auquel il est le plus lié est absent de Paris : «... Je ne suis pas très au courant de ce qui se passe au Gil Blas. Ces gens m'ont tout l'air de forbans élégants et sans intelligence... Hélas ! on ne choisit pas son milieu, on n'en est pas non plus responsable !...», etc. Quant à Lilly, la jeune couturière que le compositeur avait épousée en 1899, elle a été une fois de plus très souffrante.

Depuis le début de l'année, Debussy avait fait paraître plusieurs articles dans Gil Blas et notamment, trois jours plus tôt, un texte défendant les mérites de Rameau. L'année précédente, «Pelléas et Mélisande» avait été créé à l'Opéra Comique.

 

76.                DEMIDOFF Anatole (1813-1870) Prince russe, bibliophile et amateur d'art, époux de Mathilde Bonaparte - L.A.S., 1 p. in-8, datée «Vendredi». Joint : L.S. du même, datée de 1853.                      (500.-)                300.-

Il aurait souhaité recevoir son correspondant, un Duc, et lui faire les honneurs de son Cabinet, «... mais tous les objets d'art qui le composent sont entièrement recouverts pour l'été...».

La seconde lettre est adressée au peintre français Adrien DAUZATS (1804-1868) ; écrite de son palais de San Donato (en-tête imprimé à sec), près de Florence, le 18 avril 1853, elle concerne la fourniture d'une œuvre à Anatole Demidoff : «... Je suis charmé d'apprendre que vous seriez disposé à contribuer à l'ornement de ma collection de tableaux français modernes ; vous aurez, à San Donato, un entourage digne de votre talent. Raffet vous dira que je me verrais avec plaisir possesseur d'un intérieur de la cathédrale de Séville. C'est un souvenir encore très vivant pour moi...», etc.

 

77.           DESAIX, Louis Ch. Antoine (1768-1800 ) Général français tué à la bataille de Marengo - L.S., 1 p. in-4 ; Haguenau, 17.IV.1796. Légère mouillure. Adresse, sceau de cire brisé et marques postales. En-tête gravé avec belle vignette allégorique (variante du n° 66 de B. et B.).                                                          (750.-)                500.-

En tant que «Général en chef par intérim» de l'armée de Rhin et Moselle, Desaix annonce au commandant temporaire à Sélestat (Bas-Rhin) la réception des livres dont il le remercie. Sur la IVe page, adresse, sceau du «Bureau du G.al en Chef», et deux cachets postaux (griffe du «C.t de l'armée du rhin» et marque de l'«Armée du Rhin - 10e Division»), le premier étant peu encré.

 

78.                DONIZETTI Gaetano (1797-1848) Compositeur italien - L.A.S. «Gaëtan», 3 pp. in-8 datée «Paris, 29» [oct. 1842]. Deux petits cachets de collection.                                                                            (3000.-)                2500.-

Amusante missive rédigée en italien et en français, adressée à une «Très aimable et charmante amie» (Madame Sandrini ?), où Donizetti cite tour à tour l'éditeur milanais RICORDI, Monsieur SANDRINI, Giacomo PEDRONI (qui dirigeait la préparation des partitions musicales chez Ricordi), etc. «... Vous êtes fâchée contre moi ? Oh ! l'ingrat il demande pourquoi... Che ? forse credereste che tempo, o lontananza scemassero in me l'affezione ! Pas du tout. Non dubitate mai de' vostri amici, vos charmes savent si bien les enchaîner...». Puis, à propos d'une scène («quadro») : «... Noi l'abbiamo fatto, e criticato, e basta così ! Vi ricordate voi quante cervellerie io volea fargli mettere su quel manto Reale ?... poveretto... Basta, ora è finito, e noi ne avremo la gloria, e con essa Andrea (neveu du compositeur) avrà denaro, e noi commissioni a bizzeffe !...».

Il a changé de métier, lance-t-il, dans un élan d'enthousiasme : «... Scrivo musica ! - faccio prove di Linda (première à Paris aux Italiens, le 17.XI.1842) frà giorni agli Italiani... ! fò musica, se non nuova, à peu près...». La lettre se termine par des salutations destinées à l'entourage de son amie et quelques lignes plutôt tristes sur sa santé précaire (il allait bientôt sombrer dans la folie) : «... Ogni giorno, ogni ora, tutte le volte che abasso gl'occhi, mi vedo en pantoufles, e ciò mi fa melancolia, e piacere... Pitié de moi - priez les éléments... Priez pour moi... priez le ciel pour nous revoir... Conservez dans votre cœur une place pour votre ami...».

 

79.                DONIZETTI Gaetano - L.A.S., 2/3 p. 8° ; (Paris, vers 1844). Adresse autogr. en IVe p.                (2500.-)                1800.-

Donizetti vit ses derniers moments de lucidité ; bientôt il sombrera dans la folie, et celle-ci le conduira à la mort. Entouré d'amis, il rend autant que possible service aux jeunes talents.

Dans cette jolie lettre adressée à un correspondant marseillais, il présente une «... harpiste fameuse de 11 ans... [qui] donnera un Concert...» dans la ville focéenne. Le compositeur invite tous ses amis à aller l'encourager : «... Remuez-vous, présentez-la à notre brave Pépin, à Fontana, à... et soyez tous là le jour de la fête...»