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CATALOGUE DE VENTE SUR OFFRES

Date de clôture : 10 mai 2002

 

 

 

1. AGASSIZ Louis (1807-1873)Naturaliste suisse, aux U.S.A. dès 1846 - L.A.S., 1/2 p. in-4 ; Cambridge, 12.VI.1850. Adresse autographe et marques postales sur la IVe page. (500.-) 350.-

Jolie missive à son jeune élève et collaborateur L. François de POURTALÈS (1823-1880), alors au "Coast Survey Office" de Washington. "... Envoyez-moi quelques dessins de Foraminifères des formes qui ressemblent le plus... aux dispositions des feuilles...". Agassiz, qui travaillait alors déjà à son ouvrage intitulé Natural History of the United States, précise que l'on voudrait "... les reproduire sur boi s à Charleston pour les proceedings..." ; il lui fera bientôt avoir pour cela les explications nécessaires.

2. AGOULT, Marie d' (1805-1876) Femme de lettres française, elle fut la compagne de Liszt dont elle eut trois enfants - L.A.S., 1 p. in-8 ; "Mardi" (vers 1862 ?). (400.-) 250.-

La Comtesse aimerait que son correspondant lui confie pendant quelques jours le volume des lettres de Lamennais qu'elle voudrait emporter à la campagne. Elle lui indiquera bientôt comment se rendre à son "... taudis... plus animé et plus agréable que celui de l'avenue Ste Marie...", etc.

3. AGRAMONTE Ignacio (1841-1873) Patriote et général cubain, il dirigea la révolte de 1868/69 contre l'Espagne - L.A.S. "Ignacio", 2/3 p. in-8, datée "Junio, 21 / '867". Légère mouillure au bord droit.(800.-) 500.-

"... Amalia mia - écrit-il tendrement à son épouse - te mando... tus papeles de musica. Cuando te virè cantar algunas de esas piezas ?...". Il aimerait savoir si elle apprécie les présents qu'il lui envoie : "... Me quiere muchisimo ! Cuanto deseo llègue la hora de verte ! No es facil comprender cuanto te idolatra tu Ignacio...".

Les autographes de ce révolutionnaire, mort à 32 ans et surnommé le "Bayard de Cuba", sont fort rares !

4. ALARD Delphin (1815-1888) Violoniste français, élève d'Habeneck et, dès 1843, successeur de Baillot comme professeur au Conservatoire de Paris - Belle PHOTO-carte de visite avec dédicace A.S. au dos en "Souvenir à son élève Gabrielle Hillemacher - Son tout dévoué Prof. D. Alard". Beau cliché du photographe parisien Truchelut, vers 1875/80. Mi-buste de face. Rare. (500.-) 300.-

5. ALBONI Marietta (1823-1894) Contralto italien, elle chanta dans les opéras de Meyerbeer, Verdi, Rossini, Bellini, etc. - P.A.S., 8° obl. ; 1.IX.1848. (250.-) 150.-

Jolie phrase ("Io vorrei saper perchè...") extraite de la Cenerentola (Acte 1er, Scène IV, avec Ramiro), opéra de Rossini dans lequel elle venait de chanter avec succès au Théâtre-Italien à Paris.

6. ALDIGHIERI Gottardo (1824-1906) Baryton italien, grand interprète d'opéras de Verdi, Rossini et Meyerbeer. Il participa à la première de La Gioconda de Ponchielli - L.A.S. "Gottardo", 4 pp. in-8 ; Florence, 30.IX.1861. (300.-) 200.-

A l'impresario Giuseppe LAMPERTI (1834-1898) dont le père, Francesco L., avait été le maître du baryton. Aldighieri dit avoir refusé de chanter à Odessa et exhorte son correspondant à la patience, n'ayant pas encore touché le moindre cachet bien que la saison des concerts soit presque finie. Il annonce avoir été engagé "... al S. Carlo di Napoli primo Baritono assoluto d'obbligo... Ti prego anche annunciare che mia moglie (M aria Spezia-Aldighieri) venne pure scritturata con vistosa somma al Teatro Pagliano per fare La Traviata per alcune recite...", etc.

7. ANGLETERRE : CHARLES II Stuart (1630-1685) Roi dès 1649, en exil jusqu'en 1660. Il se fit catholique - L.S. en tête "Charles R.[ex]", 1 p. in-folio ; Bruges, 10.I.1657. (1600.-) 1200.-

"... We are gratiously pleased, in regard of the Expense and Charge that Our trusty and wellbeloved Servant Sir Ed. Walker, Knight, Our Secretary at war..." soit déchargé de la solde payée aux officiers de son armée : "... For every Collonels Commission... 20 Patacons ; For every Lt Colls... 10... For every Chaplain, Adjutant and Chirurgien... 3...", etc. Intéressant document !

Le jeune roi vivait alors en exil dans les Flandres, où l'entourait une cour aux mœurs légères, ce qui lui valut le surnom de "Merry Monarch". Quant à Sir Edward WALKER (1612-1677), il fut, sous Charles Ier et II d'Angleterre, un personnage très influent de la cour ; écrivain et historien, il acheta en 1675 la maison de SHAKESPEARE à Stratford-on-Avon.

8. ANGLETERRE, Princesse Margaret d' (1930-2002) Sœur de la reine Elisabeth II, et Tony ARM-STRONG-JONES (n. 1930) son époux, photographe créé en 1961 comte de Snowdon dont Margaret divorça en 1978 - Belles signatures "Margaret" et "Snowdon" sur feuille in-4 datée en haut "March 1968" par l'actrice américaine Claudette COLBERT. Page extraite de l'album personnel que l'actrice présentait aux hôtes cél&egr ave;bres de sa villa Bellerive sur l'île de la Barbade, aux Antilles. (400.-) 250.-

 

9. APOLLINAIRE Guillaume (1880-1918) Poète français d'origine italienne - Manuscrit A.S. "W. K." (Wilhelm Kostrowitzky), 4 pp. in-12, crayon ; Paris, vers 1910. (1200.-) 800.-

Double feuillet réglé (4 pp. extraites d'un carnet de comptabilité) couvert de notes prises par l'écrivain lors d'une visite à une manifestation parisienne, apparemment le Salon des Indépendants. Apollinaire, qui utilisa sans doute ces commentaires - parfois fort durs ! - pour la rédaction de l'une de ses "Chroniques d'Art", a relevé le titre de quelques œuvres de peintres tels que les Américains (à Paris) Henri Ossawa TANNER (1859-1937), jugé ici "fantomatique", et Max BOHM (1868-1923) ; Ludovic ALLEAUME est qualifié de "délicat"), Léon BONNAT d'"ignoble", etc. D'autres remarques sont tracées çà et là ("influence pointillisme Manet", "Bucolisme d'Etat", "esprit large des artistes français", "psychologie", etc.) et une pensée sur l'homme "qui a des réticences" occupe six li gnes ; enfin, le poète a esquissé un plan lui permettant d'arriver au "92 route de Clamart" où il doit se rendre "lundi après midi". A deux reprises, Apollinaire a tracé en grand ses initiales "W. K.".

Les "Chroniques d'art" furent rédigées entre 1902 et 1918 et réunies dans un ouvrage publié en 1966.

10. [Livres] APOLLINAIRE Guillaume - "Les Mamelles de Tirésias - Drame surréaliste", 8°, 108 pp. ; SIC, Paris 1918. Edition originale non numérotée. Couverture conservée, défraîchie et portant des traces de mouillures sur les deux plats - Du même : "Contemporains Pittoresques", 12° ; Paris 1929 (éd. Numérotée avec portrait de Picasso, deuxième tirage) ; "Ombres de Mon Amour", 12° ; V& eacute;senaz 1947. (500.-) 300.-

11. ARMÉNIENS RUSSES, 1907-1915 - Très important ensemble de lettres et documents, en grande partie réunis en trois volumes in-folio. Environ 400 pages. En russe. (3500.-) 2500.-

Précieuse documentation originale émanant de (ou relative à) certains Arméniens réfugiés ou vivant à Saint-Pétersbourg dans les années 1907 à 1915 : correspondance, listes des membres, messages reçus, etc., par le Cercle arménien de l'ancienne capitale russe. Dossier citant des centaines de noms (Tigranov, Svetchnikov, Agazarian, Safarian, Sultanov-tscha, Hirgian, Nalbandian, Asribekov, etc.), réunissant de nombreu ses signatures, et contenant des invitations à des manifestations organisées par le Cercle, des articles de journaux, etc. L'une des dernières lettres de cet ensemble rarissime, datée "Petrograd, 25 avril 1914", est signée par le responsable du "City Hospital of the American Colony, organized for nursing wounded Russian soldiers" ; la Pemière Guerre mondiale qui venait en effet d'éclater allait renverser le régime tsariste.

Tous ces documents semblent avoir été réunis et conservés par le président du Cercle Arménien de l'époque, Grégoire Faddeevny TIGRANOV ; ils constituent une source inédite permettant de retrouver la trace des personnes et familles arméniennes disparues dans les bouleversements politiques et militaires russes de 1915.

12. AURIOL, Georges Huyot, dit (1863-1938) Poète, chansonnier, peintre et graveur français, il créa le caractère typographique qui porte son nom - L.A.S. (de son chiffre "G. A."), 2 pp. in-4, datée "June 14th" (Paris, vers 1893 ?). Papier à son chiffre gravé, illustré d'un insecte. (600.-) 400.-

Amusante lettre écrite en français, dans laquelle Auriol utilise çà et là certains mots anglais pour divertir son destinataire qui séjournait alors à Londres. "Dear Ottavio, (Octave MIRBEAU ?) Par cette même malle, je vous envoie un second book dont le blue pencil a vaguement marqué la table. Jetez-y un petit coup d'œil...", etc. Puis, après quelques lignes lui conseillant d'abandonner l'ouvrage sur "... quelque table d'i nn, non loin du fauteuil où vient s'asseoir le vieux gentleman à la longue pipe...", il continue : "... Si vous allez au Richmond allez au Roebuck Hotel serrer de ma part la main formidable de l'ex-sculpteur Mac Nee...". Et plus loin : "... Norge ! Vous allez pousser vers cette vieille Norge, tant japonaise. Bonne idée... Si quelque soir assis à la porte vermillonne d'une Auberge, vous êtes pris de ce curieux prurit épistolaire spécial au v oyageur... dites moi si vous avez vu de braves vieux pêcheurs fumant... et de jolies jeunes filles un peu masculines avec dans le dos de longues tresses...", etc.

13. AUTRICHE, Albert d' (1559-1621) Archiduc, dit le Pieux. Cardinal et archevêque de Tolède, puis vice-roi du Portugal. En 1598, il épousa Isabelle, fille de Philippe II d'Espagne qui possédait les Pays-Bas - P.S. "Alberto", 1 p. in-folio ; Bruxelles, 8.XII.1603. Papier uniformément bruni. Très beau sceau plaqué sous papier à ses armes et à son nom en exergue. En espagnol. (350.-) 250.-

"Alberto por la gracia de Dios Archi duq. de Austria, Duque de Borgoña, etc.", accorde une licence à un officier napolitain se trouvant sous les ordres du marquis de la Vella, afin de lui permettre de se rendre en Italie "... por negocios suyos particulares...".

14. AUTRICHE, don Juan d' (1545-1578) Prince espagnol, fils naturel de l'empereur Charles Quint. En 1571, il remporta la victoire de Lépante à la tête de la flotte chrétienne. Gouverneur général des Pays-Bas dès 1576, il mourut à 33 ans, peut-être empoisonné - P.S, 1 p. in-4 ; Madrid, 30.III.1571. Beau sceau sous papier. Petites corrosions de l'encre. Cachet de collection au dos. Rare ! (900.-) 600.-

Le Prince atteste les bons et loyaux services prêtés par Pedropardo de Agnuiaz "... en la guerra contra los moros reuelados del Reyno de Granada...". Don Juan sait de cet officier qu'il est venu de France "... adonde estava en servicio del Rey Xpianissimo contra Lutheranos...", et qu'il servit dans cette guerre "... y s'empleo con mucho cuydado y diligencia peleando y haziendo en las occasiones que se le offrecaeron lo que devia como buen soldado hasta el fin...&quo t;, etc. Pièce contresignée par Don Juan de SOTO.

Intéressant document - provenant de la célèbre collection D. MUONI (1820-1894) - faisant allusion aux guerres contre les Turcs en Andalousie ("contra los moros") et contre les Protestants dans les Flandres ("contra Lutheranos").

 

15. AUTRICHE, Léopold-Guillaume d' (1614-1662) Archiduc, général impérial et gouverneur général des Flandres autrichiennes de 1646 à 1656 - P.S., 1 p. in-folio ; Bruxelles, 1.V.1653. Coins sup. et inf. gauche rongés, sans perte de texte. Beau sceau sous papier aux armes des Habsbourg. En espagnol. (400.-) 250.-

Lettres-patentes en faveur du capitaine don Juan de Toledo y Avalos qui est appelé à faire partie de "... la Compañia de Cavallos corazas españolles..." dans l'armée royale qui occupait les territoires formant aujourd'hui la Belgique.

16. BACH Johann Sebastian (Transcription d'après) - MUSIQUE A.S. (init.) du violoncelliste français Pierre FOURNIER (1906-1986), 5 pp. in-folio ; vers 1944/1945. (2000.-) 1200.-

Transcription pour "cello et piano", paroles et musique, du Choral "O homme, pleure sur tes lourds péchés" entièrement de la main de Fournier qui l'utilisa lors de ses enregistrements vers 1944/1945. Deux pages datant d'une époque postérieure renferment les esquisses, toujours autographes du célèbre violoncelliste, de six autres Chorals de Bach : "Bien aimé Jésus...", "Notre Père...", "Lorsq ue Jésus...", "Seigneur Jésus, Je t'appelle...", "Ardemment, j'aspire" et "Seigneur Jésus Christ, tourne toi vers nous".

Intéressante documention musicale, avec indication des doigtés, tempi, etc.

17. BAKER Joséphine (1906-1975) Danseuse et chanteuse noire américaine qui en 1925 électrisa les Parisiens dans la fameuse "Revue Nègre" - PHOTO avec dédicace A.S., 4° ; [Paris], 1938. (1000.-) 650.-

Magnifique portrait en pied où l'actrice revêt une longue robe blanche et un manteau de fourure claire. Cliché Murray Korman, New York. Dédicacée à son imprésario parisien : "Love and Kisses - from - "Joe and Jean" - To darling Daniel - 1938 - Josephine Baker - Jean Lion".

La danseuse venait d'épouser (1937) le riche agent de change français dont elle ajoute le nom après sa signature, union qui lui permit d'acquérir la nationalité française. Autographe rare, sous cette forme.

18. BALAKIREV Mily Alexeïevitch (1837-1910) Compositeur russe, animateur, conseiller et guide du "groupe des Cinq" qui réunissait Borodine, Cui, Moussorgski, Rimski-Korsakov et lui-même - L.S., 1 p.in-8 ; St Pétersbourg, 27.XII.1894. En français. (1500.-) 1000.-

Au critique musical, Albert SOUBIES (1846-1918), qui venait de commenter favorablement "Thamar", son remarquable poème symphonique. "... En réponse à... Votre article contenant les éloges flatteurs sur ma Thamar, je me hâte de vous informer que j'ai reçu Votre brochure sur la musique russe et la musique espagnole...", etc.

19. BARAGUEY D'HILLIERS Louis (1764-1813) Général français - L.A.S., 1 p. in-4 ; Venise, 11.VIII.1797. Rare en-tête imprimé à son nom. (450.-) 300.-

Importante missive, entièrement autographe, adressée au ministre plénipotentiaire du roi de Naples, ayant pour but de communiquer un ordre du général Napoléon BONAPARTE !

"... Le général en chef, persuadé que Sa Majesté le Roi de Naples n'hésitera point à accepter l'offre que vous avez bien voulu lui faire de sa part, relatif à l'échange des 6660 fusils qui se trouvent en ce moment dans les douanes de cette ville... [va] disposer de 3000 [pièces] sans aucun délai..." ; quant au règlement, il sera effectué ultérieurement.

Le futur empereur faisait alors pression sur les Autrichiens pour les porter à signer (le 17.X.1797) le traité de Campoformio.

20. BARRÈS Maurice (1862-1923) Ecrivain et homme politique français. Antidreyfusard - L.A.S. + manuscrit A.S. (dans le texte), 3 1/2 pp. in-8 ; (Paris, 1891). En-tête : Chambre des Députés. (600.-) 400.-

Député boulangiste depuis 1889, époque de la parution de ses deux premiers romans à succès, Barrès vient de terminer sa trilogie Le Culte du moi et s'apprête à publier Le Jardin de Bérénice (1891). Il prie un journaliste du Gaulois - dont il a lu un "... article de tête sur les étudiants qui n'a pu manquer d'éveiller leurs esprits..." - de prendre connaissance des épreuves de son nouveau roman : &quo t;... Vous savez si je serais heureux d'avoir votre sentiment. Après l'avoir lu, voulez-vous que nous prenions rendez-vous... pour en parler. Le livre est l'histoire d'une campagne électorale, l'histoire des raisons qui peuvent déterminer un homme d'étude et de contemplation à entrer dans l'action...".

Le manuscrit autographe joint, qui fut écrit par Barrès sur deux feuilles de la Chambre des députés, résume en quelques lignes le roman en question et définit le rôle des personnages principaux : "... Le héros de M. Barrès (déjà rencontré dans Sous l'O. de B. et dans Homme Libre) se décide... C'est dans la provence que se déroule l'action. Le candidat rencontre là une jeune femme, Bér&eacut e;nice... Elle semble devoir symboliser l'âme populaire...", etc. Très beau texte littéraire du jeune Barrès !

21. BAVIÈRE : LOUIS II (1845-1886) Roi dès 1864, il fut l'ami et le protecteur de Wagner et mourut tragiquement en se noyant dans le lac de Sternberg - P.S., 1 p. in-folio ; Munich, 24.IV.1873. Grand en-tête à ses nom et titres. Beau sceau royal plaqué sous papier. (1500.-) 1000.-

Lettres patentes nommant un officier bavarois au grade de général. Pièce très décorative, écrite en allemand et portant une magnifique signature de Louis II. Contresignée par son ministre de la Guerre, Siegmund von PRANCKH (1821-1888).

A Bayreuth, on construisait depuis 1872 le célèbre théâtre lyrique voulu par ce roi.

 

22. BAVIÈRE : MAXIMILIEN III Joseph (1727-1777) Prince électeur dès 1745. Protecteur des musiciens. Lui-même compositeur, il jouait de la viole de gambe -L.S., avec compliments autographes, 2 pp.in-4 ; Munich, 16.XII.1759. En latin. Adresse et sceau de cire sous papier sur la IVe page. (250.-) 150.-

Jolie lettre de vœux adressée à un souverain.

L'Electeur Maximilien III avait commandé au jeune MOZART l'opéra la Finta Giardiniera ; cependant, malgré le succès obtenu par cet ouvrage, il refusa de pendre le musicien à son service.

23. BECCARIA Cesare (1738-1794) Juriste et économiste italien, auteur du livre "Des délits et des peines", ouvrage révolutionnaire pour l'époque et pour la réalité des abus de la justice qu'il y dénonçait - P.A.S., 7 lignes sur 1 p. in-folio ; Milan, 9.III.1785. (1200.-) 800.-

Longue réponse en marge d'une supplique adressée au "Regio Ducal Magistrato Camerale" par les membres de la famille des comtes SORMANI - lesquels ont tous souscrit - et par le procureur des "tubatori", dans le but d'obtenir le paiement des intérêts dus "... al Conte Alessandro e Consorti Sormani, ed alli Tubatori di Città...", etc.

Beccaria demande que l'on expédie "... le solite lettere per le Regalie appresso terzi possessori, e all'Amministrazione del Lotto..." après en avoir déduit tous les impôts, etc. Cette réponse est contresignée par l'économiste Pietro VERRI (1728-1797), qui a également écrit en tête de la lettre une note A.S. ("Allo Spett.le Cons.re Mar. Beccaria - Verri") datée du 5 mars 1785.

Curieuse est l'allusion aux "Tubatori di città". Aciennement et jusqu'au début du XIXe, les "tubatori" étaient des joueurs de tuba, une trompe en cuivre de beaucoup d'éclat dans le son, utilisée lors de défilés et de manifestations publiques officielles.

24. BELGIQUE, Albert II (n. 1934) et Paola (n. 1927) Souverains dès 1993 - PHOTO signée par les deux, avec dédicace autographe de Paola sur le cache, 4°, couleurs ; (Laeken), 26.VIII.1995. (1000.-) 600.-

Rare photo officielle, avec couronne royale imprimée en or en haut du cache. Probablement offerte par le couple royal à une Dame de la Cour car les autographes de ce type sont quasiment impossible à obtenir, sinon par des personnes de l'entourage immédiat des souverains. Superbe pièce, d'une grande fraîcheur !

25. BELGIQUE : ELISABETH de Wittelsbach (1876-1965) Née princesse de Bavière, elle épousa en 1900 le futur roi Albert Ier - Signature autographe "Elisabeth - Queen of the Belgians" au verso d'un billet de banque usagé de 20 francs belges avec portrait en médaillon du couple royal. Curieux souvenir provenant de l'ancienne collection Rawlins. (250.-) 150.-

26. BERRY, Marie Caroline de Bourbon, duchesse de (1798-1870) Mère du comte de Chambord - L.A.S., 1/2 p. in-8 ; Brunnsee, 10.XI.1863. Couronne imprimée en tête. (300.-) 200.-

"Mon cher Duc, Je vous écris... pour vous prier de faire remettre cette lettre à Mr de Laneuville le plus tôt possible...", etc.

27. BEZZINA Alessandro (XVIIIe siècle) Musicien italien - Manuscrit (autographe signé ?), 9 pp. + 3 pp. in-4 obl. ; vers 1790. (800.-) 500.-

Manuscrit original intitulé "Organo - Sinfonia a Due Violini e Basso - Del Sig.r Alessandro Bezzina", parties (séparées) d'orgue, premier violon et second violon. Document musical intéressant mériterant une étude approfondie. Nous n'avons pas trouvé les données biographiques d'Alessandro Bezzina (un organiste ? un violoniste ?) dans les répertoires que nous avons pu consulter. Ce musicien pourrait appartenir à une famille ori ginaire de l'île de Malte.

28. BISMARCK, Otto von (1815-1898) Chancelier du Reich de 1871 à 1890, son souci principal fut de consolider l'empire allemand dont il avait été le véritable fondateur - L.S. "v. Bismarck", 1/2 p. in-4 ; Berlin, 13.XI.1865. (500.-) 300.-

En tant que Président du Conseil des ministres prussiens, Bismarck accuse réception d'un écrit à lui dédié et dont il a pris connaissance avec grand intérêt. En allemand, au Dr. Martin Runkel, de Berlin.

Le destinataire de cette missive semble être le journaliste et poète rhénan, Martin RUNKEL qui, en 1839 alors qu'il dirigeait le "Elberfelder Zeitung", avait attaqué un ouvrage de Engels dans les colonnes de son journal ; le co-fondateur du communisme lui avait répondu par son "Open Letter to Dr. Runkel".

29. BOCCABADATI Virginia (1828-1922) Soprano italien, célèbre interprète des opéras de Donizetti ("Linda di Chamounix") et Verdi ("La Traviata") - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Parme, 18.II.1857. Adresse sur la IVe page. (350.-) 250.-

Au maître de chant et impresario Francesco LAMPERTI (1813-1892), à propos de ses engagements avec différents théâtres du Nord de l'Italie et notamment avec l'un d'entre eux : "... avendo firmato una scrittura pel teatro di Treviso... pensai che rimanendomi prima di quella epoca cinque mesi di riposo, avrei ben potuto entrare in trattativa per Udine...", etc.

Virginia Boccabadati avait été choisie par Verdi pour créer le rôle de la Traviata, mais la cantatrice refusa. Plus tard, elle se révéla l'une des meilleures interprètes de Violetta, notamment après son passage au Teatro Regio de Parme, durant la saison 1856/57. Ce chef-d'œuvre verdien allait dès lors être son cheval de bataille.

 

30. BODONI Giambattista (1740-1813) Imprimeur italien, créateur du caractère qui porte son nom. Il publia d'importantes et précieuses éditions d'auteurs classiques anciens - L.A.S., 2 pp. in-4 ; Parme, 31.XI.1775. Adresse autographe et beau sceau de cire rouge. Cachet de collection. En italien. (6000.-) 4000.-

Splendide lettre à l'abbé Gio. Cristoforo AMADUZZI (1740-1792, philologue et prof. de grec), "... à l'Imprimerie de la Propaganda..." à Rome, qui avait repris la direction de la célèbre typographie papale où Bodoni, dans sa jeunesse, avait appris son métier. Selon le vœu de son correspondant, il veillera à dépouiller ses lettres de tout formalisme ; ainsi elles seront "... più frequenti, e più libere di pri ma....". Deux exemplaires de son ouvrage ("Epithalamia exoticis linguis reddita") étant déjà entre les mains de l'abbé, il sera "... forse inutil cosa lo spedirvi altre iscrizioni, ... tutta volta abbiatene ancora alcun copia unita al prospetto francese del mio libro, e ad un mediocre poema che ho stampato ed offerto al Ministro di Torino, mio costante proteggitore...".

Bodoni dit avoir été informé de la mort du jésuite Lorenzo RICCI (1703-24.XI.1775), auquel il ne vouait pas une réelle sympathie, mais n'a rien su des dernières paroles "... del miope frate Riccio... Egli ha fatto tralucere anche sull'estremo declinar de' suoi giorni lo spirito che caraterizza la ex-società. Dio l'abbia seco in Cielo...". Il raconte avoir reçu en cadeau de la ville de Saluzzo deux candélabres en argent "... del valore di 50 zecchini..." suite "... all'onore che io le ho recato nella pubblicazione del mio libro epitalamico..." ; mais l'évêque local, "... che è terziario marcio lojolitico..." (c'est-à-dire imprégné des théories de St Ignace de Loyola !) a pris position contre lui à cause du portrait du pape Clément XIX reproduit "... sopra la iscrizione fenicia..." et cette réaction a surpris Bodoni : "... I o non avrei mai creduto in un uom ottuagenario tanta ferocia..." contre ce pape, qui avait dissout la Compagnie de Jésus. Il est vrai, souligne l'imprimeur, qu'à Saluce "... 36 ex-socij predicano, confessano, insegnano in dispetto dei decreti di Roma...", etc.

Il est encore question d'un poème de Rezzonico "... inserito nel mio libro...", d'amis communs, et notamment du prince Gonzaga, du marquis Calcagnini, et de la marquise Malaspina. Quant à l'échange entre bibliophiles que propose Amaduzzi, il en a parlé "... al possessore de' libri del P. Jaquier... e con De Rossi ho eseguito quanto m'imponeste...", etc.

La missive se termine par un long post-scriptum relatif à une magnifique bague "... che porta una corniola incisa in caratteri arabici...", cachet qu'il va utiliser pour sceller sa lettre (l'empreinte est ici parfaite !) et dont il charge son correspondant de lui procurer une traduction...

LES AUTOGRAPHES DE BODONI SONT D'UNE GRANDE RARETÉ, notamment les pièces au contenu si intéressant !

31. BONAPARTE Julie (1771-1845) Reine de Naples, puis d'Espagne. Femme de Joseph Bonaparte, née Clary - L.A. (signée d'un paraphe de deux traits), 2/3 p. in-8 ; (Plombières), 8.V.1810. (450.-) 300.-

A son frère, Nicolas CLARY (1760-1823), pour accompagner l'envoi d'une lettre destinée à Monsieur Moullard. "... Fais mes amitiés à Maman (Rose Somis, deuxième femme de Fr. C. et mère de Nicolas, Julie et Désirée) et à la famille. J'espère retourner à Paris en parfaite santé..." et y retrouver son aîné qu'elle chérit. Joli billet entièrement de la main de la reine d'Espagne.

 

32. BONAPARTE Lucien (1775-1840) Frère de Napoléon Ier, il l'aida lors du coup d'Etat du 18 Brumaire - L.A.S., 1 p. in-4 ; Rome, 6.X.[1804]. (400.-) 250.-

Ayant rompu avec le futur empereur, qui voulait lui imposer la reine d'Etrurie pour épouse alors qu'il lui préféra Alexandrine de Blechamp, Lucien quitte la France en avril 1804 et, via Milan, va fixer sa résidence à Rome où le pape le prend sous sa protection avant de le nommer "Prince de Canino" en 1808. C'est de la ville éternelle qu'il s'adresse au général corse Pascal FIORELLO (1752-1818) pour le prier de lui rendre quelques me nus services à Paris et effectuer pour lui le paiement d'un achat fait à Milan "... de 6 schalls de Genève, envoyés à Mme par Mr Pictet...". Lucien et sa famille se portent bien : "... nous recevons toujours vos lettres avec un grand plaisir... Si vous voyez MASSÉNA, dites-lui que je le salue comme je l'aime...".

33. BONAPARTE Lucien - L.A.S. "L. Pr. de Canino", 1 p. in-8 ; [Canino, vers 1820]. (1200.-) 800.-

A Thomas WYSE (1791-1862), diplomate anglais qui allait épouser Letizia Bonaparte en 1821. Le prince Lucien remercie pour l'envoi d'un télescope : "... à votre prochaine venue à Canino, je vous rembourserai... Ma femme m'écrit de manière à me consoler sur Letizia ; Puisse-t-elle devenir digne de vous ! et vous rendre aussi heureux que vous le méritez...". Quant à Georges (?), il "... a refusé un excellent parti, ce qui n ous désespère beaucoup...", etc. Importante.

 

34. IDEM - Alexandrine BONAPARTE (1778-1855) Femme du précédent - L.A.S., 1 p. in-4 ; "Viterbe, 26 Octobre" (1821/22). (750.-) 500.-

Belle lettre au jeune ménage WYSE ("... Mon cher Wyse et ma chère Letitia...") faisant part de ses projets de voyage. "... Nous nous disposons à partir pour Canino. Le temps est froid. Si je ne voyage pas, je compte y passer l'hiver à l'exception du moment des couches de ma chère Letitia où je ferai tout ce que je pourrai pour me trouver. J'espère qu'elle est toujours bien de sa grossesse...", etc.

35. IDEM - Charles BONAPARTE (1803-1857) Fils des précédents, ornithologue, prince de Canino - L.A.S., 1 p. in-4 ; (Londres, 1834 ?). Adresse sur la IVe page. En anglais. (400.-) 250.-

A son beau-frère ("Thomas Wyse, M. P. ... House of Commons") qu'il désire rencontrer avant de quitter l'Angleterre ; il lui donne rendez-vous au Reforme Club.

36. IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE (1804-1871) Sœur du précédent, épouse de Thomas Wyse en 1821 - L.A.S., 2 pp. in-4 ; "Dimanche Soir" (vers 1825). Adresse autographe : Thomas Wyse Esquire - Casino". Autographe rare. (900.-) 600.-

Importante missive à son "Cher Mari", écrite du Couvent où elle venait d'être confinée à cause de ses mésententes avec son époux. "... J'ai demandé votre consentement pour assister à la prise de voile dans l'église, vous me l'avez refusé sous prétexte que je n'approuve point car je puis soutenir les regards du public... sans crainte et sans rougir. Mais, soumise à votre volonté comme je suis, je vous donne ma parole d'honneur...", etc., etc. Intéressant texte apportant quelques éclaircissements sur les rapports tendus qu'entretenait le couple dès le début de leur liaison mouvementée...

Sur la IVe page, annotation ("Letizia à T. W.") de la main du destinataire.

37. IDEM - Letizia BONAPARTE-WYSE - L.A.S. "Ta Mère", 4 pp. 12° ; Nice, 6.II.(v. 1869). (900.-) 600.-

Sévère réponse à une bien méchante lettre que vient de lui adresser son fils aîné Napoléon WYSE ! Les reproches qu'on lui fait son immérités, donc ne l'atteignent pas, ni ne l'affectent ; "... cependant je veux pour la dernière fois te dire que toutes ces récriminations m'ennuient et que je ne veux plus les écouter. Pense de moi ce que tu voudras... Ne m'aime pas si tu veux (j'en serai désolée car je t'aime moi)... mais au moins respecte ta Mère. Dieu, la nature et les lois te l'ordonnent et moi je l'exige... Si tu as du temps à perdre je serai heureuse de te revoir. Mon Lucien (B.-Wyse, 1845-1895) est de retour près de moi et me console... William (B.-Wyse, 1826-1892, poète félibrige) et sa femme sont à Rome, après avoir passé quelques temps avec moi à Viterbe, avec leur beau petit Lucien (B.-Wyse, 1868-1903) dont je suis... la Marraine . Je désire vous voir tous réunis autour de moi...", etc.

38. IDEM - Marie-Laetitia BONAPARTE-WYSE (1831-1902) Ecrivain français, princesse de Solms, Madame Rattazzi, etc. Fille de la précédente - L.A.S., 1 1/2 pp. in-12 ; (Bruxelles, vers 1853). Papier à ses armes princières. (450.-) 300.-

Belle lettre au rédacteur d'un journal belge. "... Jeune femme de 20 ans (en réalité 22 !), séparée violemment de mon enfant, sans autre soutien que mon frère en Belgique... je compte trouver un appui dans un journal libre et indépendant comme le vôtre...". Elle évoque la brutalité dont a fait preuve la police française à son encontre et ne demande qu'à raconter à son correspondant "... quelque s détails curieux, sur les causes de l'expulsion de Mr Napoléon Bonaparte-Wyse, mon frère et de la mienne...", etc.

39. BONAPARTE Marie (1882-1962) Psychanalyste français, élève de Freud. Petite-fille de Lucien Bonaparte, épouse du prince Georges de Grèce - L.A.S., 2 pp. in-12 obl. ; Nice, 18.IV.1906. (750.-) 500.-

A son cousin anglais André BONAPARTE-WYSE (1870-1940), fils de William B.-W., le poète félibrige. Touchée par son message de vœux, elle le remercie pour les nouvelles qu'il lui a données de la famille, notamment celles de son jeune frère, Lionel B.-W. "... We think of coming back to Paris in May, here it is raining very much today...". Marie espère pouvoir revoir bientôt son cousin : "... I send you my best love and ask you to believe me always your very affectionate Cousin...". Dans un post-scriptum de quatre lignes, elle ajoute une pensée pour Lionel B.-Wyse.

Sur papier de deuil, après la mort (13.X.1905) de sa grand-mère paternelle, Eléonore Ruflin, fille d'un ouvrier et d'une brodeuse.

40. BORSIERI Giambattista (1725-1785) Médecin italien. Il fonda la clinique médicale de Pavie et fut nommé médecin de la cour archiducale de Milan. Il individualisa la phtisie trachéo-pulmonaire - L.A.S., 3 pp. in-4 ; Milan, 29.VI.1785. Adresse et cachet de cire sur la IVe page. (1000.-) 600.-

Six mois avant sa mort, l'illustre médecin fait à son confrère et ami, Leopoldo M.-A. CALDANI (1725-1813), une minutieuse description des symptômes de la maladie qui fut vraisemblablement à l'origine de son décès.

L'affection est parvenue à son appareil uro-génital : "... si è trovata la vescica molto ristretta, ma non dura, ne rigida, quale talvolta si suol sentire. Si è all'opposto trovato il collo della vescica molto sensitivo e facile, al tocco della siringa, a gettar sangue, rosso... Le quali cose unite... alle punture del perineo, dell'ano, e al dolore, e ardore che si propaga all'apice del pene...", etc., etc. D'une grande précision et s'étendant sur une s oixantaine de lignes tracées d'une écriture minuscule, ce diagnostic constitue un document médical d'une réelle importance, permettant probablement de nos jours de déterminer de quoi est mort Borsieri il y a plus de deux cents ans.

41. BOTERO Fernando (n. 1923) Peintre et sculpteur colombien dont l'œuvre se caractérise par des personnages aux formes généreuses - L.S. "Fernando", 1 p. in-4 ; (New York), 7.V.1968. (600.-) 400.-

Intéressante missive adressée à un écrivain d'art allemand qui s'efforçait de faire connaître Botero dans son pays, ce dont l'artiste le remercie chaudement ici. Le peintre est ravi du succès que remporte la nouvelle exposition "... to which you have contributed so much... in promoting my work. This new show... is a better one...". Il annonce l'envoi de photos reproduisant certaines de ses œuvres : "... you have a good surprise when you see t he originals that are much better than the transparencies...". Il voudrait pouvoir vendre directement une toile à son correspondant, "... but I cannot because of my contract with Godula. The prices are the same here in the studio than in the gallery in Munich..." ; il fera cependant une exception et enverra "... one of my paintings for your collection... I do not know if I can paint the Arlequin and Colombina in a successful way, but I will try...", etc.

Les lettres de ce célèbre peintre sud-américain sont peu communes !

42. BOTTERO Alessandro (1831-1892) Basse italienne, une des meilleures du répertoire comique - L.A.S., 1 p. in-8 ; Rome, 24.III.1878. Papier de deuil. (250.-) 150.-

Aux éditeurs de musique turinois, Giudici et Strada : "... Bello, anzi bellissimo il libretto, I Musicisti, malgrado che la parte di Battisolfa sia un pochino odiosa, non importa lo farò con gran piacere ; sono ansioso di conoscerne la musica...", etc.

Bottero se produisit avec succès dans le monde entier ; il interpréta notamment d'importants rôles de Rossini et Donizetti.

 

43. BRANDEBOURG-ANSBACH, Albrecht de (1620-1667) Margrave dès 1634 - P.S., 1 p. in-folio ; Ansbach, 21.XII.1643. Magnifique sceau aux armes plaqué sous papier. En allemand. (300.-) 200.-

Mandat fort détaillé et destiné au conseiller de sa Chancellerie afin de lui permettre d'obtenir le règlement qui lui est dû. Belle signature "Albrecht M. z. B.", accompagnée de l'empreinte du sceau de l'Etat.

44. BRANDEBOURG-BAYREUTH, Christian de (1581-1655) Margrave dès 1603 - L.S., 1 1/3 pp. in-folio ; Plassenburg (Kulmbach), 8.I.1636. Papier uniformément bruni. Adresse et beau sceau sous papier sur la IVe page. En allemand. (400.-) 250.-

Le "... Marggraff zur Brandenburg im Preussen, zur Stettin, Pommerns,... Herzog, Burggraff zur Nürmberg, und Fürst zur Rüges..." répond ici aux deux lettres des bourgmestres et conseillers de la ville de Schweinfurt se plaignant de la manière dont ils sont taxés depuis la signature de la paix de Prague, le 30 mai 1635. Le Prince promet de s'occuper de ces affaires lors de la Diète impériale qui se tiendra à Nuremberg du 7 au 17 fév rier 1636.

Sept mois plus tôt, une paix avait été conclue à Prague entre l'empereur germanique Ferdinand II et l'électeur Johann Georg de Saxe représentant aussi les autres princes protestants, alliés des Suédois. Par cette signature, ces derniers s'obligeaient à évacuer les territoires allemands et les princes protestants se soumettaient à l'autorité impériale.

45. BROGLIE, Louis de (1892-1987) Physicien français dont les travaux sont à la base de la théorie quantique moderne. Prix Nobel en 1929 - Manuscrit autographe, 2 pp. in-4 ; vers 1958. (1200.-) 800.-

Importante "Préface" (pour un ouvrage de F. HALBWACHS ? Fragment de deux pages, soit les 46 premières lignes) retraçant l'histoire et l'évolution de ses recherches sur la Mécanique ondulatoire, théorie conçue par le prince de Broglie en 1924.

"Dès les débuts... on s'était aperçu qu'elle présentait un aspect hydrodynamique dont M. Madelung avait été le premier à signaler l'existence... D'autre part, la notion de spin d'une particule, introduite par l'électron en 1925... a pu... s'incorporer à la Mécanique ondulatoire grâce à la théorie de l'électron due à M. Dirac... Bien qu'on ait soumis depuis 30 ans les équations de Dir ac à d'innombrables analyses, c'est seulement dans ces dernières années que l'on a découvert toute la richesse des images... qui sont cachées derrière ce formalisme. Cette découverte... a abouti récemment à une théorie générale des particules...", etc.

De nombreux autres savants sont cités et notamment Takabayasi, Gell-Mann, Frenkel, Mathisson, Weyssenhoff, Bohm, etc.

46. BRUCH Max (1838-1920) Compositeur allemand, influencé par le romantisme de Mendelssohn - L.A.S., 4 pp. in-8 gr. ; Köln, 22.XII.1868. En allemand (traduction française jointe). (3000.-) 2000.-

Extraordinaire missive adressée à Johannes BRAHMS, son aîné de cinq ans, auquel il annonce avoir dédicacé, sans même avoir attendu son avis, sa Symphonie op. 28 !

Bruch a voulu ainsi prouver à Brahms combien il apprécie son génie et ses œuvres : "... Votre puissant Requiem, en tous points excellent, d'une haute pensée, d'un sentiment profond, se trouve placé devant moi et me cause une joie d'artiste comme je n'en ai connue depuis longtemps...". Il l'admire aussi parce qu'il ne dédaigne point s'intéresser aux œuvres de ses confrères : "... Combien je comprendrais et je vous pardonnerais, si vous négligiez les travaux de vos collègues, vous qui êtes si profondément vous-même, et qui depuis des années poursuivez votre propre chemin avec tant d'énergie... La part vivante que vous avez prise à l'exécution [à Cologne] de ma Symphonie, votre plaisir si sincère... m'ont causé une joie toute particulière...", etc.

Célèbre lettre publiée en 1907 dans le Brahms Briefwechsel III. Bd amputée de son post-scriptum de sept lignes resté donc inédit.

47. BRUCH Max - L.A.S., 1 p. in-8 ; Stuttgart, 18.II.1873. En allemand. (750.-) 500.-

A Clara SCHUMANN ("Liebe Frau Clara"), avec laquelle il désire s'entretenir dès le lendemain, son départ étant désormais imminent : "... Donnerstag um 12 reise ich ab... Von Hemsen habe ich diesmal viel gehabt !...", etc.

C'est précisément en 1873 que Max Bruch alla se fixer à Bonn durant cinq ans pour se dédier entièrement à la composition.

48. BRUCH Max - L.A.S., 8 pp. in-8 ; Liverpool, 25.IV.1882. En all. (trad. française jointe).(800.-) 500.-

D'Angleterre où il était allé remplacer depuis 1880 le chef d'orchestre de la Société Philhamonique de Liverpool Julius Benedict, Max Bruch rédige cette longue et importante lettre autobiographique destinée au directeur du journal Die Gartenlaube, fort diffusé parmi les familles allemandes.

Par ses articles, ce journal a attiré l'attention du public sur la musique ancienne et récente du compositeur, ce qui le ravit ; il se demande toutefois s'il était nécessaire de passer sous silence ses "... œuvres récentes, caractéristiques, comme Odysseus, die Glocke, die Messens-tze... et... d'appuyer sur les choses plus vieilles comme Frithjof et les petites compositions pour chœurs d'hommes...", etc. Bruch aurait préféré que l'o n s'étende plus longuement sur ses grandes œuvres pour chœurs mixtes afin de montrer la place qu'elles occupent dans le monde musical européen qui est, lui, bien plus important "... que ces chœurs d'hommes ou ces cercles où l'on chante des lieder...", etc., etc.

49. BRUCH Max - Deux L.A.S., 6 pp. 8° ; Breslau, 8.XII.1885 et Kattowitz, 11.I.1889. En all.(600.-) 400.-

A deux chanteurs, interprètes de ses œuvres. La première missive, se rapportant à l'exécution de son Achilleus, met en demeure l'artiste qui doit y chanter la "Bariton-Partie" de n'effectuer absolument aucune coupure à sa partition, déjà assez modifiée par le passé. La deuxième lettre, beaucoup plus sereine et amicale, concerne l'exécution de sa "Feuerkreuz" dont le musicien annonce l'envoi du texte. Les pers pectives lui semblent favorables : belle et grande salle, bonne acoustique, chœur enthousiaste et discipliné, chef d'orchestre intelligent, etc. Bruch termine sa missive en exhortant son correspondant à la perfection : "... Nun singen Sie dem König und dem Hof etwas Schönes vor...", etc.

 

50. BRUCH Max - Deux L.A.S., 11 p. in-8 ; Breslau, 23.VI.1890 et Friedenau, 26.III.1891. En allemand (traductions françaises jointes). (900.-) 600.-

Totalement absorbé par l'organisation d'un festival de grande envergure qui va se tenir à Düsseldorf, Bruch en discute ici les détails avec le beau-frère de M. MATTHES. Il examine avec lui l'éventualité de s'attacher des collaborateurs et de trouver des appuis parmi les responsables des associations musicales situées dans les villes voisines : "... Schauseil n'a certes pas une grande influence à Düsseldorf mais il est totalement pour moi... A Barmen la vieille sympathie pour moi et mon œuvre ne s'est pas éteinte... M. Gladbach pourra fournir cette fois un contingent... fort capable pour le chœur... Grüters à Duisburg est tout à moi... Je suis très bien avec Buths... mais c'est un wagnérien..." et il est donc conseillé d'agir intelligemment, etc.

Quelques mois plus tard, tout semble être allé dans son sens et Bruch dit sa satisfaction : "... mon concert à Düsseldorf a lieu le 31 mai... avec Joachim, Wally, Perron et un Grand Chœur d'environ 770 chanteurs... Nous sommes ici très contents ; je travaille beaucoup, j'avance dans mes compositions et j'ai en perspective une place officielle durable... j'ai pour moi Joachim, Spitta et le Conseiller Jordan...", etc.

51. BRUCH Max - Deux L.A.S., 6 pp. in-8 ; Friedenau, 13.XII.1911 et 25.VI.1919. Enveloppe. En allemand (traductions françaises jointes). (750.-) 500.-

1911 : Bruch vient d'écrire son Concert pour clarinette, violon, viole et orchestre op. 88 et voudrait absolument le voir interpréter par son ami et correspondant, le violoniste Willy HESS (1859-1939) : "... j'ai écrit le nouveau double concert pour vous et pour Max Félix, et je ne veux l'essayer avec personne d'autre, ni le terminer, ni le mettre en scène qu'avec vous... Ainsi, j'ai retiré le double concerto aujourd'hui même de Wilhelmshaven... Dites -moi le plus tôt possible quel jour... vous pourriez jouer, en toute tranquillité chez nous, le concerto pour la première fois...", etc.

Huit années plus tard, quelques mois avant sa mort, Max Bruch écrivait au crayon une autre lettre, fort intéressante, à ce même violoniste, lequel s'apprêtait à venir jouer chez le compositeur une de ses œuvres : "... Grosskopf a une partie de la partition de ma nouvelle Suite d'orchestre Durch Nacht zum Licht. S.v.p. faites-vous donner cette partie de manuscrit et apportez-la avec vous... J'ai encore à faire toute cette semaine avec la partition et les voix des deux Quintettes. J'ai encore changé des détails et je pense que tous ces changements sont des améliorations...", etc. S'agit-il de son Quintet à cordes qui fut publié après sa mort et dont la composition semble avoir été faite dès 1918 (du moins en partie) ?

52. CALLAS Maria (1923-1977) Célèbre cantatrice grecque - PHOTO avec dédicace A.S. et date "1970", 12° (Cliché Vivienne). (2000.-) 1400.-

Beau portrait imprimé, diffusé par Columbia Records, portant au verso la liste de 14 "Magnificent LP Records by Maria Callas". Quelques mots de dédicace ("Cordialement à...") et magnifique signature dans la marge inférieure blanche.

53. CARCO Francis (1886-1958) Ecrivain français, et Henry CLIQUET-PLEYEL (1894-1963) Compositeur français, notamment de musiques de films - PHOTO représentant les deux hommes, avec longs textes A.S., in-8 gr. obl. ; vers 1930. Défraîchie. (300.-) 200.-

Cette photo imprimée (extraite d'une revue) nous montre Carco se tenant debout auprès d'Henri Cliquet-Pleyel (probablement assis au piano) auquel il tend une partition. Dédicacée par l'écrivain au poète breton Théophile BRIANT (1891-1956) - "... mon vieil ami... en souvenir des beaux jours et des beaux soirs de Paname..." -, Carco a ajouté sous sa signature un joli petit AUTOPORTRAIT où il s'est représenté de profil fu mant une cigarette. Quant à Henry CLIQUET-PLEYEL, sa dédicace dit : "A Théo qui a tort de râler, car il en perd son beau sourire en or... Le chèvre pied au diable pied perd racine au bord de la mer. Quand tu es venu à Paris, salaud, tu aurais bien pu venir me voir !..." ; sa signature est accompagnée de quelques notes de musique (une longue portée avec paroles).

 

54. CASSINI Jacques (1677-1756) Cartographe français - L.A.S., 2 pp. in-4 (Paris, 31.V.1754), sur laquelle le destinataire a esquissé sa réponse (12 lignes) en date du 8 juin 1754. (1200.-) 800.-

"J'ay l'honneur de vous envoyer l'Etat des Ingénieurs que l'on propose d'employer... et des fonds que l'on juge nécessaires... aux travaux en cours..." relatifs aux différentes feuilles de la Carte de France. On lui a apporté hier la première épreuve de la carte des environs de Montigny "... afin que vous puissiez l'examiner à vos moments de loisir...". Autographe peu commun.

 

55. CASTRO Fidel (n. 1927) Révolutionnaire et président cubain - Belle signature autographe sur carte postale (timbres et cachet postal cubains, 1983), avec joli petit portrait en couleurs monté sur la gauche. Rare. (600.-) 400.-

56. CATALANI Alfredo (1854-1893) Compositeur italien, connu surtout pour son opéra Wally - L.A.S., 1 p. in-8 ; Milan, "Martedì sera". (750.-) 500.-

Il invite son ami, l'impresario milanais CRISAFULLI, à se rendre dès que possible chez Madame Teresa (Stolz ?) : "... Nel dubbio che voi non veniate domani da me vi avverto per lettera che è urgente che passiate... devo parlarvi di qualche cosa che vi farà piacere...", etc.

Les autographes de ce musicien, disparu à l'âge de 39 ans peu après le grand succès obtenu par sa Wally en 1892, sont très rares.

57. CATTANEO Carlo (1801-1869) Economiste, historien et patriote it. Il dirigea le Conseil de guerre pendant la révolution de Milan contre les Autrichiens - P.A.S., 9 lignes sur une L.A.S. de Francesco LAMPATO, 1 p. in-folio ; Milan, 26.III.1848. Adresse sur la IVe page. En-tête imprimé. (600.-) 400.-

Une semaine après le début de l'insurrection milanaise contre l'occupant autrichien, le responsable du "Comitato delle Sussi-stenze", l'ancien éditeur Fr. Lampato, écrit au général Teodoro LECHI (1778-1866) - qui vient de prendre le commandement des forces militaires du Gouvernement provisoire de Lombardie - pour offrir ses services : "... si organizza l'Armata... io son ancora in grado di essere utile nella Commissione Militare... Raccomando... di non dimenticarmi sapendo ella i servizi da me prestati sino al 1814...", etc.

Au bas de la page, Carlo CATTANEO répond à la place du général Lechi avec lequel il vient de s'entretenir : "... mi disse che egli era incaricato dell'Armata attiva. Dovesse quindi ella diriggere la sua memoria al Comitato del Genio...". Et l'économiste d'expliquer ce qu'il a cru bon de faire à ce sujet, etc. Côté adresse, Cattaneo a de sa main modifié le nom du destinataire.

En août, les Autrichiens étaient de retour à Milan. Cattaneo, comme beaucoup de patriotes, dut s'exiler au Piémont, puis à Paris.

58. CAVOUR, Camillo Benso, comte de (1810-1861) Homme d'Etat piémontais, un des pères de l'Unité italienne - L.A.S., 1 p. in-8 ; [Turin, 5.XI.1850]. (1200.-) 800.-

Alors ministre du Commerce (avant de devenir celui des Finances en 1851, puis Premier ministre en 1852), Cavour tente de relancer l'économie du petit royaume de Sardaigne après les pertes subies durant la première Guerre d'Indépendance. Il donne ici rendez-vous au banquier genevois Jacques MIRABAUD (1784-1864) installé à Milan dès 1814 : "... Si ce n'était la crainte d'être indiscret - écrit-il - je vous prierai de passer demain... chez moi...", car sa journée se révèle très chargée d'autant qu'il doit se rendre dès le matin "... au Ministère, mais là il me serait difficile de causer avec vous sans être interrompu...", etc.

Mirabaud s'était officiellement retiré des affaires en 1833 pour se dédier à la vie politique genevoise. Lors de ses fréquents séjours à Genève, où il avait de la famille, Cavour eut certainement l'occasion d'y rencontrer le banquier qui, en 1821 déjà, avait été chargé de négocier plusieurs emprunts du roi de Sardaigne.

59. CERONI Giuseppe Giulio (1774-1813) Poète-soldat italien originaire de Verone. Il était l'ami de Foscolo dont il voulait imiter l'esprit d'indépendance et de patriotisme. Mort au combat près de Mantoue - L.S., 1 p. in-4 ; Milan, 18.III.1807. En-tête imprimé : Regno d'Italia, etc. (400.-) 250.-

En tant que "Capitano Relatore del Primo Consiglio di Guerra Permanente" dans l'armée française, Ceroni transmet au Commissaire Ordonnateur central les extraits des sentences prononcées par le Conseil de guerre durant le mois de février. Il précise en outre l'état de la solde due au Chancelier et à lui-même "... per spese d'ufficio e porto di lettere...". Les autographes de ce poète se plaçant entre le classicisme et le préromantisme sont plutôt rares, la mort l'ayant frappé à l'âge de 39 ans.

60. CHANA ORLOFF, Pseudonyme de Hanna Orloff (1888-1968) Sculpteur ukrainien. Sa famille quitta la Russie en 1904 pour fuir les persécutions antisémites et se fixa à Jaffa. L'artiste alla ensuite s'installer à Paris où elle devint une amie de Picasso, Foujita, Apollinaire et surtout de Modigliani - L.S., 1 p. in-4 ; Paris,7.I.1926. Coin supérieur gauche et petites fentes restaurées, loin du texte. (900.-) 600.-

A un éditeur d'art, qui venait de publier une monographie consacrée à son activité de sculpteur. Chana Orloff, en résiliant un ancien contrat, s'engage à reprendre tous "... les exemplaires sans exception de l'ouvrage... ainsi que tous les clichés des reproductions en simili-gravure..." ; elle versera pour cela la somme de 9500 francs et deviendra ainsi "... seule propriétaire sans réserves de l'ouvrage... et j'aurai le droit d 'en disposer comme bon me semblera...", etc.

Sculpteur à tendance cubiste, Chana Orloff travailla le bois et la pierre, mais exécuta aussi des œuvres, librement exprimées, en ciment et en marbre. Liée à Modigliani dès 1912, elle en subira en partie l'influence. Autographe peu commun !

 

CHANTEURS LYRIQUES : Voir les numéros 5, 6, 29, 42, 52, 69, 82, 83, 109, 110, 121, 122, 166, 174, 223, 224, 253, 270, 279, 281, 282, 284, 285, 292 et du 324 au 346.

61. CHARCOT Jean (1867-1936) Explorateur et océanographe français, il fit plusieurs expéditions dans l'Antarctique, puis dans la mer du Nord où il disparut avec tout l'équipage du Pourquoi-pas ? - L.A.S., 2 pp. in-12 obl. ; Neuilly-sur-Seine, 7.XII.1912. (300.-) 200.-

L'explorateur a immédiatement commencé la lecture du livre que vient de lui adresser l'un de ses premiers compagnons d'expédition - amicalement surnommé ici "Phoque" : "... j'y ai gouté tant de plaisir que cela m'a entraîné fort loin... C'est donc en connaissance de cause que je vous félicite sincèrement et bien affectueusement...".

L'ouvrage est intitulé "Pârvatî", nom d'une déesse indienne, fille de l'Himalaya, incarnant la nature productrice.

62. CHARLES VII de Bavière (1697-1745) Empereur germanique dès 1740, il déclencha la guerre de Succession d'Autriche - L.S. "Carlo Alberto - P[rinci]pe Elett[ore] m. p.", 1/2 p. in-4 ; Munich, 30.VII. 1722. Adresse et beau sceau plaqué sous papier sur la IVe page. (400.-) 250.-

Le jeune héritier de la principauté électorale de Bavière remercie un diplomate, son conseiller et ministre en Italie, pour l'envoi d'une composition musicale rédigée en son honneur ("... la Serenata che Lei mi ha trasmesso, quale di molto mi piace...") et lui confirme qu'il est prêt à lui être utile "... nelle congiunture di Suo vantaggio...", etc.

 

63. CHERIN Louis-Nic.-Hyacinthe (1762-1799) Général français, ancien généalogiste des ordres du roi Louis XVI. Mort des suites de blessures reçues lors de la défense du camp retranché de Zurich - L.S. (avec post-scriptum autographe d'une page !), 2 1/3 pp. in-folio ; Offenbourg, 1.XII.1797. En-tête à son nom, avec vignette emblématique gravée (non citée par B. & B.). Rare. (750.-) 500.-

Au général, et futur maréchal d'Empire, LEFEBVRE, auquel Chérin fait savoir que, selon l'ordre reçu du ministre de la Guerre, des troupes ont été dirigées "... sur les côtes de la Manche. Le général Hardy a reçu l'ordre d'envoyer la 99ème remplacer cette 1/2 Brigade...". Quant au général Richepanse, il va envoyer un régiment de Chasseurs sur les côtes de Brest, etc.

Dans un très long post-scriptun signé de son chiffre, Chérin explique combien il est difficile de correspondre par lettre : le service étant affreux, il a pris le parti "... d'envoyer un officier d'état major pour visiter et assurer cette partie si essentielle de communication... Quant aux divisions territoriales, le Général me chargeant de mettre à l'ordre... [celles qui] doivent correspondre directement avec lui... n'a eu d'autre intention qu e de centraliser et simplifier d'avantage leurs rapports...", etc.

64. CHEVALIER Maurice (1888-1972) Chanteur fantaisiste français - Dossier comprenant 16 pièces (4 L.A.S., 2 C.A.S., 1 Ph.S., 1 livre avec déd.A.S. et 8 photos de lui) datant des années 1950/1970. (500.-) 300.-

Correspondance amicale adressée à une personnalité politique de la Droite française, qui fut aussi un haut responsable de l'industrie du Champagne. Certaines photos d'amateur, non signées, nous montrent Maurice Chevalier lors de séjours en Suisse. Le livre dédicacé est intitulé "Par ci, par là - ma route et mes chansons" ; Paris, 1950.

65. [Minéralogie] CHEVREUIL Eugène (1786-1889) Illustre chimiste français - L.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Paris, 9.XII.1863. En-tête du Museum d'Histoire Naturelle. (500.-) 350.-

Au nom du Museum, Eugène Chevreuil remercie un héritier du joallier Salomon HALPHEN pour son "... généreux don... qui consiste en cinq diamants cristallisés, de formes très nettes, dont quatre au moins appartiennent à des variétés très rares..." et manquaient encore à la collection de la galerie minéralogique. Deux surtout ont frappé l'attention du professeur Edmond Frémy, "... le diamant noir , en cubes croisés, et le diamant incolore, en lame triangulaire...", etc.

Intéressante missive contresignée par le minéralogiste Gabriel DELAFOSSE (1796-1878).

66. CINÉMA et MAGIE (Un célèbre précurseur) - L.A.S., 1 p. in-4, d'Et.-Gaspard ROBERTSON (1763-1837) ; Paris, 30.VII.1831. Adresse autographe sur la IVe page. (2600.-) 1800.-

Aéronaute et physicien belge, Etienne-Gaspard Robert, dit ROBERTSON, est surtout célèbre pour son record d'ascension en ballon à Hambourg en 1803 (plus de 8000 mètres !) et pour son invention du parachute. Le monde de la MAGIE lui doit aussi de nombreuses découvertes. Avec son Phantascope, vrai précurseur du cinéma, il terrorisa les foules parisiennes auxquelles il projetait des "images en mouvement" représentant des fantômes, ancêtres du film d'horreur !

Dans cette très rare lettre entièrement autographe et signée de sa main, "Le physicien E. G. Robertson père" adresse un article "... plus exacte (sic !)..." à un journaliste qui a eu la bienveillance de lui faire "... espérer quelques lignes dans le Constitutionnel pour mon fils...". Sur papier en-tête du "Tivoli... Pavillon Labouxière", lieu de spectacles que Robertson avait aménagé en 1826 entre la rue de Clichy et la rue Blanche. La dernière grande fête y fut donnée le 3 juin 1840, après la mort du magicien.

67. CITROËN André (1878-1935) Constructeur automobile français - Signature autographe au crayon sur feuille in-8 portant au centre un petit médaillon imprimé en bleu, surmonté d'une couronne, de la Reale Società Geografica de Rome. Au dos, liste des vins servis lors d'un repas : Soave, Castel Bracciano, Gancia 1919, etc. (Vers 1920/22). (350.-) 250.-

68. CLAUDEL Camille (1864-1943) Sculpteur, élève de Rodin auquel elle voua un amour passionné et partagé qui la lia à lui dix ans durant - L.A.S., 8° ; vers 1900/05. (3000.-) 2000.-

Bref message de vœux et de souhaits tracé d'une main rapide au centre de la feuille, suivi de sa belle signature complète "Camille Claudel". Autographe très rare !

Au tournant du XXe siècle, l'artiste commença à souffrir de persécution, maladie qui s'accentua à partir de 1906 et lui valut, dès 1913 et jusqu'à sa mort, d'être enfermée dans une maison de santé.

69. COBALET, Arthur Combalet, dit (1855- ) Ténor français, célèbre Escamillo dans Carmen - PHOTO-cabinet (cliché A. Liébert, Paris ; "Photographie faite la nuit - par un nouveau système de lumière artificielle - Breveté...", etc.) avec dédicace A.S. au dos en "... Souvenir du 1er Début de Son tout dévoué - A. Combalet - de l'Op. Comique - Le Châtelet, 23 8bre 81". Portrait en pie d, en costume. Quelques piqûres et défauts dans le coin inférieur droit du support cartonné (hors image). (250.-) 150.-

70. COCTEAU Jean (1889-1963) Ecrivain français doté de dons multiples, il fut toujours lié aux modes de son temps - L.A.S., 1 p. in-4 ; Paris, 29.I.1961. (450.-) 300.-

Il conseille à un collectionneur de s'adresser à la Galerie Pont des Arts, à Paris, "... qui possède beaucoup d'œuvres de moi en réserve et se ferait un plaisir de traiter avec vous...". Cocteau avoue la répugnance qu'il éprouve à parler de ces ennuyeuses questions d'argent "... auxquelles nous condamne notre "cote" - mais si vous voulez m'expliquer ce qui vous plairait et la somme que vous comptez y mettre, je pourrais peut-êtr e directement vous rendre service...", etc. Belle. [Voir aussi lot n° 271, Sartre]

 

71. COCTEAU Jean - Dédicace A.S., 8°, avec esquisse d'un profil d'homme. Collé sur carton et encadré. Salissures. (Paris), 1946. (2500.-) 1500.-

Jolie dédicace à l'encre sépia ("A Georges Prades, souvenir de l'enfant merveilleux...") entourant le profil d'une tête de jeune homme sur le front duquel est dessiné une étoile. Ensemble d'un bel effet malgré quelques salissures.

72. [Livre] COCTEAU Jean - "Le Mystère de Jean l'Oiseleur". Monologues, in-4, 35 ff. sous deux plats de carton. Jacomet, Paris 1926. (2000.-) 1200.-

Phototypie d'après le manuscrit original de l'auteur, par lui illustré. Edition originale, l'un des 12 exemplaires signés à la fin par Cocteau. Celui-ci fut offert en 1943 (dédicace A.S. à laquelle il a ajouté de sa main un de ses typiques profils d'homme), en "... souvenir très amical de Jean Cocteau...". Bon état. Etui manquant.

73. [Livre] COCTEAU Jean - "Le Grand Ecart", 4°, 150 pp. ; Stock, Paris 1926. (2000.-) 1200.-

Bel exemplaire de cette célèbre œuvre publiée pour la première fois en 1923. Edition "illustrée par l'auteur" tirée à 470 exemplaires. Ce volume porte sur la feuille de garde une dédicace A.S. "... en souvenir amical...", et est accompagné d'une très jolie esquisse (tête de face) tracée hâtivement.

74. COLBERT Jean-Baptiste (1619-1683) Economiste et homme d'Etat français, le grand financier de Louis XIV - P.S., 3 pp. in-folio, vélin ; "au camp devant Yprès", 20.III.1678. Petit manque dans la marge droite touchant deux mots. (750.-) 500.-

"Extraict" des registres du Conseil d'Etat où Colbert rend publique la décision de Louis XIV relativement à "... ce qui a esté représenté au Roy estant en son Conseil, par les Sr, D.e et D.lle de Brisacia...". La volonté du souverain est que "... les deniers procedans de la recompense de la charge de secrétaire des commandemens de la Reyne dont estoit pourveu le Sr de Brisacies..." soient payés à ses h&eac ute;ritiers sans qu'aucun créancier ne puisse les saisir.

Notons l'importante date de ce document : "Fait au Con.il..., sa Ma[jes]té y estant, tenu au camp devant Yprès...". Cette ville de Flandre était assiégée par Louis XIV qui, impatient de mettre fin à une guerre ruineuse, venait d'entreprendre une nouvelle campagne aux Pays-Bas. Yprès fut prise le 25 mars 1678 et, le 9 avril suivant, le roi de France faisait connaître ses conditions de paix qui aboutirent aux traités de Nimègue (1678/1679).

75. COLETTE, Sidonie Gabrielle Colette, dite (1873-1954) Célèbre romancière française - P.A.S., 1/2 p. in-8 ; vers 1930/1932. (400.-) 250.-

Curieux texte relatif à son compagnon préféré, le chat. "... "Elle" sait beaucoup, assurément ; mais moins qu'un chat...", écrit Colette, précisant qu'il s'agit-là d'un extrait de Kiki-la-Doucette et ajoutant, avant sa signature, les mots "pour copie conforme...".

L'écrivain avait publié en 1903 "Sept dialogues des Bêtes", conversations échangées entre deux de ses animaux préférés, un angora gris répondant au nom de Kiki-la-Doucette et un bulldog appelé Toby-chien...

76. COLETTE, Sidonie Gabrielle Colette, dite - L.A.S., 1 p. in-4 ; sans date. (600.-) 400.-

"Colette de Jouvenel" - c'est ainsi qu'elle signe ici - est de retour à Paris et demande à son correspondant s'il en a terminé avec Baudinière. Durant son séjour aux Avants (Suisse), elle a rencontré Level, qui lui a donné "... de si mauvaises nouvelles de ce jeune éditeur... je tremble...". Elle sollicite l'aide de son ami dont elle attend "... les derniers tuyaux...".

77. COLOGNE, Josef Klemens de Bavière- (1671-1723) Frère de l'Electeur Maximilien II, il succéda en 1688 au prince Maximilian Heinrich comme archevêque Electeur de Cologne - L.S., avec compliments autographes, 2 pp. in-folio ; Valenciennes (France), 7.X.1712. En italien. (450.-) 300.-

L'archevêque de Cologne prie le Nonce apostolique à Paris, Monseigneur Bentivoglio, de lui procurer le texte proposé par le Prieur Le Paige, dont il a besoin pour d'affronter un procès ecclésiastique, relatif aux "... resignazioni solite a farsi da i Curati dell'Ordine Premostratense e delle presentazioni de i loro Abbati a i Vescovi Diocesani...", etc.

Suite à l'affaire de la Bulle Unigenitus, le nonce Cornelio BENTIVOGLIO (1668-1732) avait été envoyé auprès de Louis XIV le 10 mai 1712 ; il y déploya un zèle qui lui valut la faveur du roi et, en 1719, le chapeau de cardinal.

78. [Gounod, Offenbach et... Dunant] COMMETTANT Oscar (1819-1898) Compositeur et musicologue français - L.A.S., 3 pp. in-8 ; Paris, 5.VIII.1873. En-tête de l'Institut Musical. (400.-) 250.-

Belle missive concernant GOUNOD, OFFENBACH et l'invention d'un nouvel instrument de musique, le Pyrophone ou "orgue aux flammes chantantes" construit pas le physicien Frédéric KASTNER (1852-1882) et commercialisé par... Henry DUNANT.

Commettant s'adresse ici à Léonie KASTNER (1820-1888), veuve d'un pianiste alsacien et mère du jeune inventeur : "... J'arrive de Londres où j'ai vu Gounod. Il m'a chanté toute sa Jeanne d'Arc qui sera... donnée cet hiver au théâtre de la Gaité avec un très grand luxe de décor, de chanteurs et d'orchestre. Offenbach, le nouveau directeur... compte sur un grand succès...". Il dit avoir parlé à Gounod du Pyrophone et juge très favorable l'occasion d'en "... faire apprécier les qualités expressives... Les voix de la sublime pucelle seraient rendues par les flammes chantantes... avec un effet surnaturel saisissant...". Gounod, qui l'a beaucoup questionné sur le Pyrophone, vient de lui écrire pour le prier de rencontrer Offenbach et lui présenter ce nouvel instrument, etc.

Madame Kastner était depuis 1872 l'amie, la protectrice et la compagne de DUNANT, le fondateur de la Croix-Rouge réfugié à Paris après avoir fait banqueroute en Suisse. Ensemble, ils vont parcourir l'Europe et tenter de... commercialiser le Pyrophone, cet instrument bizarre que l'on utilise encore parfois de nos jours dans certains concerts.

 

79. CUVIER Georges (1769-1832) Zoologiste et paléontologue français - L.A.S., 1 p. in-4 ; (Paris, vers 1813). (300.-) 200.-

Il voudrait absolument rencontrer son correspondant (J. M. de GÉRANDO, 1772-1842, Conseiller d'Etat et publiciste) si ce n'est au Jardin des Plantes, au moins chez lui. "... Je vous recommande beaucoup le fonds du projet, qui me paraît de jour en jour plus nécessaire à la France. Quant aux détails je n'y tiens pas du tout...", etc.

80. D'ANNUNZIO Gabriele (1863-1938) Ecrivain, poète et patriote italien - L.A.S. "Gabriel", 1 p. in-4 ; (Fiume, mars 1920). En-tête avec vignette et devise ("Ardisco non ordisco"), xylographie originale du peintre italien Adolfo DE CAROLIS. En italien, enveloppe autographe jointe. (500.-) 300.-

Rare lettre écrite durant sa "Régence" de la ville libre de Fiume, par lui conquise peu après le refus des signataires du Traité de Versailles de l'attribuer à l'Italie. Le Poète écrit ici à Mlle Gigante, son amie et sœur du Maire de Fiume, pour avancer l'heure de leur rencontre car "... Stassera alle 10 c'è una fiaccolata al campo di Marte... Vado a Drenova coi fanti...". Les "fanti" étaient les troupes d e volontaires à pied qui l'avaient épaulé en septembre 1919 lors de la célèbre marche pacifique sur Fiume.

81. DE HAVILLAND Olivia (n. 1916) Actrice de cinéma anglaise, l'inoubliable Melanie dans Gone with the Wind - PHOTO avec déd. A.S., folio (env. 27 x 33 cm). Vers 1938. (800.-) 400.-

Superbe portrait original (cachet à sec du photographe Emer FRYER, Hollywood), mi-buste de trois-quarts nous montrant la jeune actrice souriante et rêveuse. Photo exceptionnelle de par sa grandeur et sa qualité, dont la dédicace de trois lignes, parfaitement lisible, fut discrètement tracée par l'actrice sur la manche de sa robe, comme pour éviter de nuire à la beauté de l'image.

 

82. DE LA GRANGE Anna (1824-1905) Soprano français, première Violetta à New-York en 1856 - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Milan, mars 1861 ?). (300.-) 200.-

"Madame, - écrit le soprano a Giovannina LUCCA, femme de l'éditeur milanais - sono dispiacentissima di non poter accettare il Suo grazioso invito dovendo cantare domani e dopo domani...", etc. Au printemps 1861, Anna de La Grange interpréta le rôle de Norma lors des cinq représentations données cette saison-là à La Scala de Milan.

83. DELAUNAY Rose (n. 1857) Soprano français, elle interpréta Delibes, Massé, Boïeldieu, Adam, etc. - PHOTO-cabinet avec dédicace A.S. en "... souvenir reconnaissant et affectueux - Rose Delaunay - 1896". Joli portrait mi-buste, de face (cliché G. Penabert, Le Havre), où la cantatrice vêtue d'une robe aux amples manches bouffantes, pose son menton sur ses mains, ses avant-bras étant appuyés à l'horizontale sur u ne balustrade de bois sculpté de style baroque. (300.-) 200.-

84. DENON, Dominique Vivant- (1747-1825) Graveur et administrateur fr. Durant l'expédition d'Egypte, il fit le relevé de nombreux monuments qu'il publia dans son monumental "Voyage" - L.S., 1 1/2 pp. in-folio ; Paris, 14.III.1812. Petite tache de couleur gris pâle dans la marge droite touchant quelques mots. Très bel en-tête à son nom orné d'une vignette gravée en médaillon. Adresse sur la IVe page. (750.-) 500.-

Au célèbre peintre-graveur italien Carlo LASINIO (1759-1838), conservateur du Campo-Santo de Pise, pour l'informer que le ministre français de l'Intérieur va lui "... écrire pour vous témoigner sa satisfaction sur l'ouvrage que vous venez de publier et sur le zèle que vous avez mis à réunir tant d'objets précieux dans le Campo-Santo...". Sur la proposition de Vivant-Denon, ce même ministre vient d'ordonner l'envoi &agra ve; Pise deplusieurs beaux plâtres moulés sur l'antique pour le Lycée de Lasinio "... afin de l'indemniser (!) des tableaux (originaux, ceux-là !) que j'ai demandés pour Paris. Ce présent équivaudra à la cession que cette ville fait, & sera pour elle d'un plus grand intérêt que ces tableaux auxquels elle attachait si peu de prix...".

Dans la marge, commentaire amer de Carlo Lasinio : "Bel compenso per Dio !" (Belle compensation, par Dieu !).

85. DERJAVINE Gavril Romanovitch (1743-1816) Poète russe, il se laissa emporter par son inspiration. Admirateur de Catherine II, il lui dédia une ode célèbre : Felitsa (1783) - Rarissime signature autographe "Gavriil Derzavin" (en russe) extraite d'une lettre et montée sur une feuille in-16 obl. (1000.-) 600.-

86. DESAIX L. Ch. Antoine (1768-1800) Général français, il suivit Bonaparte en Italie et tomba à la bataille de Marengo - L.A.S., 1 p. in-4 ; Hassloch (Bavière), 14.IV.1794. (800.-) 500.-

Desaix, qui est encore sur le Rhin et commande l'avant-garde de l'armée conduite par Michaud, répond favorablement à la lettre de son "cher Payen" dont il s'est fait un réel plaisir d'apostiller le Mémoire, saisissant ainsi une nouvelle occasion de "... prouver au brave régiment que tu commandes, l'estime que j'ai pour lui. Je rendrai toujours justice au courage...", etc. Le 23 mai suivant, Desaix repoussait près de Schifferstadt les Au trichiens venus l'attaquer, et sortait vainqueur au combat de Weistheim (19 juin).

 

87. DESVALLIÈRES Georges (1861-1950) Peintre français, ami de Maurice Denis - L.A.S., 2 pp. sur deux feuilles in-4 ; Seine-Port, juillet 1912. (500.-) 350.-

Très intéressante missive relative à Léon BAKST, aux Ballets russes et à leurs décors. "... La grande révolution (artistique) apportée par les Russes, c'est le fait d'avoir remis entre les mains du même artiste, l'exécution des décors, des costumes et de la mise en scène...". Selon Desvallières, les décorateurs français cherchent d'abord le trompe-l'œil alors que "... chez les russes en brossant leurs décors, c'est surtout de la peinture qu'ils cherchent à faire...". Tout au long de cette longue lettre, le peintre tente d'analyser ce qui fait le succès des Ballets russes ; il parle des décors de Bakst, "... qui nous a démontré cette vérité de la façon la plus brillante, j'allais dire la plus bruyante...", de ceux de Benoit dont la démonstration est plus discrète que son compatriote, "... mais.. . avec un goût plus sûr... il a su faire des décors qui n'absorbent pas toute l'attention des spectateurs venus aussi pour entendre et regarder jouer...", de l'admirable troupe des Karsawina et Nijinski dirigée par le "... dilettante très rare qu'est Mr de Diaghilew...".

Il en conclut que le moteur de tout cela est hélas l'argent : "... Quand donc comprendra-t-on que si l'argent peut servir l'Art, le jour où il en vient à servir l'argent l'art s'avilit d'abord, se boursoufle ensuite et meurt enfin...".

88. DICKENS Kate (1839-1929) Peintre anglais. Fille du célèbre écrivain, elle épousa en 1874 le peintre italien Carlo Perugini - L.A.S., 4 pp. in-8 ; (1929 ?). (400.-) 250.-

A une amie de jeunesse dont elle a pris un réel plaisir à lire la lettre : "... after this long time it was delightful... to know that one is not forgotten any more than you are forgotten my Amy. We were always friends and shall remain so until the end fo Time, that is my Belief...". Elle ne désire aucun cadeau, seulement "... a ribbon or a scarf or a pin from you, to look at and clasp, as coming from Amy...". Elle aimerait tant pouvoir accueillir chez elle sa cor respondante, "... but how could you get upstairs, or how I could get downstairs to help you I know not. We are both a little unlucky..." ; peut-être, ajoute-t-elle avec tristesse, se reverront-elles désormais "... in another world..." !

En tête de la missive une autre main a tracé au crayon "1929", année de la mort de Kate Dickens, maintes fois portraiturée dans sa jeunesse par d'illustres artistes. Elle signe sa lettre: "... Your old friend Kitty or Kate or Kitty Peru [Gini], or what you will...".

89. DJEMIL-Pacha, Méhémet (1823-1872) Diplomate ottoman, ambassadeur turc à Paris - L.S., 1 p.in-4 ; Paris, 17.VIII.1864. En-tête imprimé. (300.-) 200.-

Il se rendra volontiers à l'invitation que son correspondant, le comte Bacciochi, lui a adressée "... par ordre de l'Empereur, pour la Représentation Gala... au Théâtre Impérial de l'Opéra et qui sera honoré de la présence de Leurs Majestés Impériales et de Sa Majesté le Roi d'Espagne...", François d'Assise, l'époux d'Isabelle II.

90. DOS PASSOS John (1896-1970) Poète, romancier et auteur dramatique américain d'origine portugaise - L.A.S., 1/2 p. in-4 ; Westmoreland, Va., 2.II.1960. Intéressante pièce jointe (dactylographiée et signée en tête, avec ratures et corrections autographes, 1 1/2 pp. in-4). (800.-) 500.-

Lettre accompagnant l'envoi de son manuscrit intitulé "An Answer to Three Questions by the Editores of DIE CULTUR" relatif à l'inquiétante recrudescence du Nazisme en Allemagne : "... It seems to me important to point out that this curious epidemic of swastika painting is not limited to Germany. There was a case yesterday in Norfolk... The question to ask is who is likely to gain from them ? If there were serious Neo-Nazi groups sufficiently organized to stimulate that sort of nonsense in such widely separated areas, would it be to their advantage to come out into the open in such an unpopular way ?...". Dos Passos analyse le phénomène en Europe et se demande comment l'Agence TASS interprètera ces événements, etc.

91. DUKAS Paul (1865-1935) Compositeur français, l'une des personnalités musicales les plus fortes de son temps malgré une œuvre peu abondante - L.A.S., 3 pp. in-12 ; Londres, 20.VII.1885. (600.-) 400.-

Dukas a vingt ans et découvre l'Angleterre. "... Voilà deux jours que je suis à Londres... J'ai vu un peu la ville : l'impression qu'elle produit est celle d'une vaste ville de province. Rien du mouvement ni surtout de l'exubérance de la vie parisienne...". Il a visité une exposition "... où il y avait des instruments de musique très intéressants. On me propose d'écrire un concerto de piano. On met à ma disposition un or chestre de cent musiciens..." ; il craint pourtant de se lancer dans "... un genre qui m'est si antipathique...", etc. Intéressante missive, rare de cette époque !

92. DUKAS Paul - Deux L.A.S., 3 pp. in-8 ; (Paris), 8.XI.1904 et "Dimanche" [24.XI.1907]. (450.-) 300.-

La première missive concerne vraisemblablement certaines représentations au Châtelet des "Indes galantes" de RAMEAU, que Dukas avait révisées dès l'année 1901. Le musicien explique qu'il ne désire pas que son nom paraisse en sous-titre sur l'affiche, etc. La seconde lettre, écrite sur papier de deuil et signée de son chiffre, concerne une rencontre avec Lalo et son correspondant, dont l'invitation l'a profondément touch é : "... je sens déjà se resserrer les liens d'une amitié qui me semble à présent de toujours...".

93. DUKAS Paul - L.A.S., 3 pp. in-8 ; (Paris), 12.V.1907. (500.-) 350.-

A Catulle MENDÈS. "Mon cher Maître, Voulez-vous me permettre de vous remercier avec effusion de votre éloquent et généreux article sur Ariane et Barbe-Bleue ? J'éprouve une joie profonde à vous avoir conquis et... que mon ouvrage vous ait été un prétexte à vulgariser quelques vérités esthétiques...". Dukas manifeste son indépendance en tant que critique musical : "... Il est déj&a grave; assez difficile d'être... d'accord avec soi-même. Il suffit de se retrouver et de nous retrouver tous poètes et musiciens, dans cet amour de la Beauté unique et multiforme...", etc. Créé à l'Opéra-Comique deux jours plus tôt (10 mai 1907), Ariane et Barbe-Bleue, d'après un poème de Maetelinck, avait d'abord dérouté la plupart des critiques musicaux, ceux-ci n'y ayant rien compris et affirmant catégoriq uement n'y avoir vu qu'une copie du Pelléas de Debussy ; cependant, quelques compositeurs, comme d'Indy, Fauré et Lalo, reconnurent la valeur exceptionnelle de cet opéra, "la plus puissante manifestation de musique dramatique qui se soit produite depuis les drames wagnériens", selon Vincent d'Indy.

 

94. DUKAS Paul - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 6.X.1932. Adresse autographe au verso. (450.-) 300.-

"... Je vous ai dit déjà - écrit-il à Henry PRUNIÈRES - que le seul hommage musical, à mon avis digne de BACH, était un silence surmonté d'un point d'orgue... Quant à l'influence de BACH sur la musique, c'est une opinion toute conventionnelle de penser qu'elle s'exerce depuis avant hier ! Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Schumann, Liszt et Wagner s'en sont pénétrés...". Il paraît donc évident que &qu ot;... ce ne sont pas quelques froids pastiches mécaniques de son style qui, actuellement, en feront mieux saisir l'esprit, hors de portée...". Belle !

 

95. DUKAS Paul (Au sujet de) - 17 L.A.S. de Maurice EMMANUEL, 38 pp. in-8 mais surtout in-4 ; Montaure, Dijon, Combrit, Chatel Guyon, Paris, etc., 1927/1936. (1200.-) 600.-

Extraordinaire correspondance autographe du compositeur et musicologue Maurice EMMANUEL (1862-1938) adressée à un destinataire inconnu (le violoniste Edouard NADAUD ?), entièrement consacrée à la défense de Paul DUKAS et de son œuvre, car il "... considère l'auteur d'Ariane comme le type accompli de l'artiste et de l'homme...".

Dès 1927, Maurice Emmanuel s'efforce d'obtenir pour Dukas le poste qu'il mérite au Conservatoire, où hélas "... le pompiérisme sévit... Il y a 8 jours, au Concours de Composition, Rabaud annonça la retraite de Widor... J'étais à côté de Dukas. Je lui ai marché sur le pied... Dukas n'ose pas se prononcer, car il y a d'Ollone...". En septembre 1927, Emmanuel écrit : "... Aux dernières nouvelles, Pierné se présenterait. Je suis convaincu que c'est à l'instigation de Rabaud..." (comme celle de novembre, cette lettre porte l'annotation "à détruire").

De 1932 à 1936, il est question de L'Apprenti Sorcier de Schönberg dirigé par Toscanini, de Paul Dukas qui arrive enfin à l'Institut, de la reprise et des répétitions d'Ariane à l'Opéra, de Rabaud, des opinions politiques de Dukas, lequel déteste les agissements de son parent Léon Blum, du maréchal Pétain, des Allemands, etc.

Documentation (inédite ?) indispensable à une meilleure connaissance de la personnalité de Dukas en tant qu'homme et artiste, vu par l'un de ses confrères les plus proches.

 

96. ECRIVAINS, ARTISTES, SPORTIFS, Etc. - Correspondance adressée à un homme d'affaires, mécène et politicien parisien dans les années soixante. Environ une soixantaine de pièces (L.A.S., L.S., cartes de vœux, cartes de visite, etc.). (800.-) 400.-

Correspondance amicale, une ou plusieurs pièces émanant des personnages suivants : Cartelot, Deval, Dorgelès, Benoist-Méchin, Armand Lanoux, Roger Peyrefitte, Tino et Lili Rossi, Yves Saint-Martin, Touchagues, Chapelain-Midy, André Salmon, J. Faizant, J. d'Ormesson, Abel Bonnard, Carzou (jolies cartes de vœux signées), Jean Borotra, Trémois, Régine, Michel Simon, Marcel L'Herbier (billet, initiales), P. Le Tellier, Aizpiri, etc.

Intéressant dossier pour la variété des auteurs plus que pour le contenu de leurs messages.

97. EEKHOUD Georges (1854-1927) Ecrivain belge, poète et romancier réaliste - P.A.S., 1 p. in-8 ; [Bruxelles], 22.X.1923. (300.-) 200.-

Jolie feuille d'album dédiée à la "... jeune et vibrante amie de nos poètes, leur lectrice et interprète passionnée, la digne fille de mon vieil et excellent ami...", un éminent pianiste belge.

98. EGYPTE, Campagne d' : Saint-Jean d'Acre, 1799 - "Bonaparte... Au Directoire Exécutif", imprimé de 12 pp. in-8 gr. ; "Au camp devant Acre, le 21 florial an 7", 10.V.1799. (600.-) 350.-

Exemplaire original du texte, tiré au Caire par l'Imprimerie Nationale, de la lettre-rapport adressée par le général Bonaparte au gouvernement français pour l'informer - à sa manière ! - de la situation militaire de son armée en Syrie. C'est une suite de victoires espérées et hélas de massacres bien réels qui sont ici décrits. Avant d'abandonner le siège, Bonaparte dit vouloir "... raser le palais de Dj ezzar et les principaux monumens de la ville ; je fais jeter un millier de bombes qui dans un endroit aussi resserré doivent faire un mal considérable. Ayant réduit Acre en un monceau de pierres, je repasserai le désert... J'ai eu... cinq cens hommes tués... L'ennemi a perdu plus de quinze mille hommes. Je vous demande le grade de général de division pour le général Lasnes [LANNES]...", etc. Suivent trois pages, datées de Jaffa, rela tant le bombardement d'Acre, les "horribles ravages", et le... prétexte de la peste qui sévit dans la ville et oblige les Français à renoncer à l'occuper... Document impressionnant !

99. ELIOT Thomas S. (1888-1965) Poète anglais d'origine am. Prix Nobel en 1948 - L.S. avec deux corrections autographes, 1 p. 4° ; Londres. 25.II.1952. En-tête des Ed. Faber and Faber. Rare. (900.-) 600.-

Il approuve Murial ST CLARE BIRNE (1895-1983) qui persiste à vouloir publier la correspondance de John Dudley, Vicomte LISLE, Régent d'Angleterre et supporter de Lady Jane Grey. "... I knew that you had great difficulty in getting on with this work during the War, and I hoped that you had not abandoned it alltogether...". Le poète accepte volontiers que son nom figure sur la liste des membres du Comité de patronage. Cette monumentale édition paraîtra en 1981, longtemps après la mort de T. S. Eliot.

 

100. ELSSLER Fanny (1810-1884) Danseuse autrichienne, rivale de Maria Taglioni. Artiste de caractère, elle se rendit célèbre dans le monde entier - L.A.S., 2/3 p. in-8 ; Bruxelles, 21.X.1844. (500.-) 350.-

A un critique musical, pour exprimer sa satisfaction et lui envoyer ses remerciements "... pour les jolis articles que vous avez publiés dans votre journal...". En 1840/42, Fanny Elssler avait dansé aux Etats-Unis où elle avait reçu partout un accueil enthousiaste ; le Président van Buren lui-même eut l'occasion de la recevoir.

 

101. ERARD Sébastien (1751-1832) Constructeur français de pianos et de harpes - P.A.S., 1 p. in-8 obl. ; Paris, 8.VI.1824. Petits défauts dus à la corrosion de l'encre. (500.-) 350.-

"Bon pour un piano de treize cent vingt francs qu'on fournira à Monsieur Aynard...", etc. Une note d'une autre main précise que sous le n° 54 du journal des ventes, l'instrument en question fut livré "à Mr Marchand".

102. ESCLAVAGE, 1755-1763 - Quatre documents, environ 36 pages in-4 ou in-folio ; Saint-Domingue, 14.VII.1755/2.VII.1763. (5000.-) 3000.-

Important dossier relatif à la Traite des Nègres dans l'île de Saint-Domingue.

Le premier document, daté du Cap le 14 juillet 1755 et intitulé "Etat de l'habitation de Monsieur Faure, habitans au Dondon, size au Haut-du-Trou... Telle qu'elle est à son départ pour France qu'il a remise à Mr Raymond son Procureur...", dresse la liste des biens, meubles et immeubles de cette importante plantation de café et précise les noms, âges et, pour certains, l'origine des esclaves liés à l'entreprise, 64 nègre s, dont 20 négresses, 3 négrillons, 7 négrittes, 3 nègres marrons et 31 nègres logeant dans "... Sept cazes à nègre de trente pieds de long sur quinze de large, fourché en terre, palissadées de travers et couvertes en paille...". Dans une seconde propriété, "... size à la Guille quartier du Dondon..." on compte 26 nègres et négresses, tous travaillant à la plantation, sauf un qui est malade. Une troisième propriété, "... size à la Rivière dorée, quartier du Dondon..." possède "... mille pieds de Caffé raportants... Batiments...", etc, ainsi que 13 nègres et 10 négresses, travaillant également tous à l'exploitation.

Un "Etat" simplifié (4 pp. in-4) précise le nombre de "... Mulles et Mulets... Chevaux et Cavalles... Bêtes à Cornes...", etc., ainsi que les noms et prénoms des 90 nègres, négresses et négrillons encore vivants dans lesdites plantations. Une petite feuille in-8 jointe, nous révèle l'identité des "... nègres morts depuis le départ de monsieur Faure..." entre 1755 et 1761, 27 esclaves at tachés aux propriétés de La Guille et de La Grande Place, esclaves dont, par comparaison avec la première liste, on pourrait établir l'âge au moment de la disparition.

Un dernier "Inventaire", comme le premier signé à la fin par l'un des responsables de l'exploitation agricole, fut établi le 2 juillet 1763, date à laquelle les propriétés ont été remises à Pierre Faure, neveu de l'ancien propriétaire (originaire de Bordeaux ?). A cette époque, le nombre total des "... nègres, négresses, négrillons, négrittes, nègres marrons et infirmes... [s'&ea cute;levait à] 63 têtes...", y compris les trois "... négrillons nés depuis le départ de M. Faure...". Ainsi, en huit ans, plus d'un tiers de la population nègre était décédée et il revient au procureur Reynaud de certifier "... que les nègres et animaux mentionnés cy-dessus sont morts pendant ma régie au Haut-du-Trou...", etc.

Extraordinaire ensemble au contenu précis et poignant.

103. ESTRADES, Godefroi d' (1607-1686) Maréchal de France, diplomate et vice-roi d'Amérique en 1663. Le traité de Nimègue couronna glorieusement sa carrière politique en 1678 - L.S., 1 p. in-4 ; Paris, 26.VII.1662. (500.-) 300.-

De retour d'Angleterre où il avait obtenu de Charles II la restitution de Dunkerque, le comte d'Estrades évoque les problèmes que rencontrerait la nomination d'un gouverneur catholique à Orange, et à ce sujet il dit avoir "... respondu que j'estois asseuré que le Conseil du Prince d'Orange n'y consentiroit pas, et que j'aprehendois que vous n'eussiez ordre de vous retirer, ce qui feroit un mechant effect parmy les esprits de Hollande dans cette conioncture d e renouvellement d'Alliance...", etc.

Intéressante missive, très probablement adressée à un proche de la Maison d'Orange.

Prince d'Orange depuis 1650, Guillaume de Nassau allait devenir roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III. En 1673, Louis XIV lui confisqua cette principauté et l'adjugea aux domaines utiles du prince de Conti, se réservant pour lui le haut domaine.

104. EUROPE, 1855 : MAZZINI Giuseppe (1805-1872), Lajos KOSSUTH (1802-1894) et Auguste LEDRU-ROLLIN (1807-1874) Révolutionnaires républicains - P.S. par les trois, 2 pp. pleines in-4 gr. ; [Londres], décembre 1855. En-tête : Comité Central Européen. (2800.-) 2000.-

Long texte manuscrit d'un très important MEMORANDUM sur la situation politique française et européenne, visant à créer un vrai Comité central capable de coordonner les actions des éventuels mouvements révolutionnaires. Grâce à leur appel, les trois fondateurs de cette initiative espèrent recueillir "... quelques souscriptions patriotiques qui nous mettent à même de réaliser nos plans... rattacher les patr iotes à une direction commune... jeter les bases d'une organisation d'ensemble qui inspire confiance Démocratie... fonder en un mot, sur toute l'étendue du territoire, le Parti d'Action... Il est impossible que les républicains français ne sentent pas ce que l'Europe attend d'eux... Le sort de l'humanité en dépend...".

Suivent les directives qui permettront de mettre sur pied (en France tout d'abord) cette organisation centrale, à la base d'une Sainte Alliance des Peuples dont les trois révolutionnaires sont les cofondateurs.

Pièce du plus haut intérêt historique !

105. FACCIO Franco (1840-1891) Chef d'orchestre et compositeur italien, il dirigea la première d'Otello à La Scala de Milan - L.A.S., 1 p. in-8 ; Trieste, 9.XII.1875. En-tête à son chiffre. (350.-) 200.-

Il serait ravi de pouvoir diriger un opéra de Rossi à La Scala : "... Domani parto per Milano, e alla Commissione della Scala, tuttavia esitante nel definire il repertorio della prossima stagione, proporrò e appoggerò vivamente l'Opera del mio ottimo e venerato Direttore...", un ami de vingt ans. Il ajoute ses amitiés pour le compositeur Carlo Pedrotti, comme lui originaire de Vérone.

Le 9 janvier 1877, on donna effectivement à La Scala "La Contessa di Mons" de Lauro Rossi, dirigée vraisemblablement par F. Faccio qui, en 1886, allait fêter sa millième "direction" au célèbre théâtre milanais.

 

106. FAURÉ Gabriel (1845-1924) Compositeur français - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 ; [Paris], 25.IV.1914. En-tête : Conservatoire de Musique... Le Directeur. (400.-) 250.-

Le compositeur exprime le désir de rencontrer ses amis dans quelques jours : "... Puissions-nous alors fêter l'écrabouillement de Caillaux ! Mais comment oser l'espérer ! C'est ignoble tout cela ! Et je dois dire que de ma vie je ne m'étais senti à ce point sensible à ce genre de maux...".

Trois semaines plus tôt, Henriette CAILLAUX, épouse du ministre français des Finances, avait tué le journaliste Gaston Calmette ; ce dernier, après avoir mené une violente campagne contre l'homme d'Etat, avait en effet annoncé la publication dans le Figaro de lettres dévoilant la vie intime de Madame Caillaux. Ce fut là le dernier grand scandale de l'avant-guerre.

107. FOUJITA Léonard (1886-1968) Peintre et illustrateur japonais - Ensemble d'environ 70 pièces (lettres, cartes, notes, photos de lui ou le concernant, etc.) ; années 1957/1967. Formats divers. (4000.-) 2500.-

Documents pour la plupart signés "Léonard" ou "Foufou", adressés et conservés par l'un de ses derniers amis dans lesquels le peintre évoque sa vie, ses voyages, la maladie qui allait l'emporter, etc. Quelques documents émanent de médecins ou encore d'un hôpital suisse.

En 1964, Foujita prépare une carte d'invitation (l'une d'elle est ici conservée avec un message donnant un exemple de la calligraphie à utiliser) à l'occasion des 60 ans de son correspondant, alors responsable d'une Maison de Champagne. Sa participation à certaines manifestations vinicoles lui ayant permis de découvrir la région champenoise, il décide vers la fin de sa vie de faire construire à Reims la chapelle Notre Dame de la Paix, d&eacut e;sirant y peindre des fresques.

Cet intéressant dossier, contient des cartes de vœux (dont l'une porte la reproduction signée d'un tableau peint pour une Maison champenoise), des messages amicaux ou des lettres. Environ 35 pièces sont autographes ou signées, ou encore simplement annotées par Foujita, quelques unes avec esquisses ou amusants dessins représentant un poulet rôti, des figurines, un banc, une église, un plan, etc. L'artiste y évoque les problèmes qu'il ren contre pour mener à bien le projet de la chapelle, aidé en cela par son correspondant qui règle certains problèmes avec l'administration française ou avec les différents corps de métier chargés de bâtir l'ouvrage dont l'inauguration eut lieu en octobre 1966, etc. Quelques photos originales, reproduisant ses œuvres ou encore des manifestations auxquelles Foujita a participé (coctails, inaugurations de Reims, etc.), portent parfois des remar ques de la main de l'artiste ou sa signature. Les dernières lettres évoquent surtout les problèmes que lui cause sa maladie, le paiement de factures d'hôpitaux, etc.

108. FRANCE, Louis XV de (1710-1774) Roi dès 1715. Sa politique fut soumise à l'influence de ses favoris ou de ses nombreuses maîtresses, dont Madame de Pompadour et Madame du Barry. Dit le Bien-Aimé - L.S., 1 p. in-4 ; Fontainebleau, 8.XI.1732. Papier uniformément bruni. Deux beaux sceaux de cire rouge avec fils de soie bleu pâle sur la IVe page. (1200.-) 800.-

A son "... Frère et Cousin l'Infant d'Espagne..." Charles de BOURBON (1716-1788), alors duc de Parme. "... La disposition où je suis toujours de marquer ma tendre affection pour vous, et l'intérêt que je porte à ce qui vous touche, me porte à envoyer auprès de vous un Ministre... qui vous témoigne la joye avec laquelle j'ay appris votre heureuse arrivée dans vos Etats...".

Le jeune roi de France, qui formait encore un couple heureux avec Marie Lesczynska - il n'avait que 15 ans lorsqu'il épousa Marie, de sept ans son aînée ! -, a choisi d'envoyer, pour ambassadeur, auprès de son très jeune correspondant de 16 ans, un... général : le marquis Anne-Claude Thiard de BISSY (1682-1765). Belle signature royale autographe.

109. FRANDIN Elisabeth (1859-1911) Soprano finlandais, elle créa les rôles de Mimì (La Bohème de Leoncavallo) et Mallika (Lakmé de Delibes) - Superbe PHOTO-cabinet, avec dédicace A.S. au dos "A mon ami... souvenir de bonne amitié - E. Frandin - Ce 25 Juin 1883". Cliché Chalot & Cie, Paris. Buste de face, en costume (dans Lakmé, dont la première avait été donnée le 14 avril précé dent à l'Opéra Comique de Paris). Parfait état de conservation. Rare ! (500.-) 350.-

110. FRICCI Antonietta (1840-1912) Soprano autrichien, en 1867 elle participa à la première du Don Carlos au Covent Garden avec Pauline Lucca dans le rôle de la reine Elisabeth - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 ; Moscou, 4.II.1863. (300.-) 200.-

Peu satisfaite des propositions que lui a faites son correspondant, l'impresario Giuseppe LAMPERTI (1834-1898), pour aller chanter à Madrid, "... ho creduto bene di segnare la mia riconferma per questo I[mperi]al Teatro di Mosca assieme al tenore Neri-Baraldi...", etc. Alors fort célèbre, Pietro NERI-BARALDI (1828-1902), se produisit en Europe comme aux Etats-Unis ; il était l'époux d'Antonietta Fricci.

111. GADE Niels W. (1817-1890) Le premier important compositeur danois après Buxtehude - MUSIQUE A.S., 1 p. in-4 obl. ; Leipzig, janvier 1847. (750.-) 500.-

Magnifique feuille d'album avec deux grandes portées musicales, 16 mesures d'un "Moderato" pour alto et violons.

Autographe datant de l'époque où Gade s'était lié d'amitié avec Spohr et Mendelssohn et secondait ce dernier au Gewandhaus de Leipzig. Pendant la saison 1845/46, il avait créé le Concerto de Violon de son ami.

112. GADE Niels W. - L.A.S., 3 pp. in-8 ; Copenhague, 23.V.1871. En-tête imprimé à sec à son chiffre.

En allemand (traduction française jointe). (300.-) 200.-

Il remercie son correspondant qui l'invite à venir le rejoindre pour partager avec des amis mélomanes quelques journées musicales ("... einige Tage musikalisch mit Musikfreunden zusammenlebend..."). Il se voit obligé de refuser, car ne se sentant pas en forme et se fait soigner à Marienbad. D'autre part, "... chaque Pentecôte est, chez moi, une fête de famille...", etc.

Probablement à une vieille connaissance de l'époque de son séjour à Leipzig.

113. GADE Niels W. - PHOTO avec dédicace A.S., 12° ; (Copenhague), septembre 1878. (450.-) 300.-

Beau portrait mi-buste, de trois-quarts (format carte de visite, image ovale), exécuté par les photographes danois Hansen et Weller. Le musicien, alors une célébrité dans son pays, offre amicalement son image au chef d'orchestre Julius von BERNUTH (n. 1830), qui enseigna au conservatoire de musique de Hambourg.

114. GADE Niels W. - Deux L.A.S., 8 pp. in-8 ; Copenhague, 23.IX. et 2.XI.1880. Enveloppes. En allemand (traductions françaises jointes). (600.-) 400.-

Intéressante correspondance.

Gade accepte avec enthousiasme l'idée d'organiser un concert à la Philharmonie de Hambourg dirigée par Julius von BERNUTH. Il souhaiterait cependant que l'on puisse s'adapter à son emploi du temps car il est déjà engagé ailleurs dans la capitale danoise, ainsi qu'à Cologne où l'on doit donner sa Cantate op. 50, "Die Kreuzfahrer", et où les répétitions des chœurs et des solistes vont se succéder, etc.

Dans sa deuxième lettre, il se dit parfaitement satisfait du choix de la date du 3 décembre "... pour faire de la musique avec vous au concert philharmonique... Pour ce qui me concerne, je pense vous proposer la Symphonie en Si majeur ou en La mineur [op. 20 et op. 15] et la nouvelle pièce pour orchestre Ein Sommertag auf dem Lande [op. 55]. Mais ne dirigez pas auparavant des compositions pastorales...", etc.

115. GARIBALDI Giuseppe (1807-1882) Général italien - L.S., 1/2 p. in-4 ; Frascati (Rome), 5.VII.1875. Texte de Basso, son secrétaire. (450.-) 300.-

Au lendemain de son 68ème anniversaire, il adresse ses remerciements "Alla Cara Popolazione di Velletri".

Garibaldi avait sans doute encore à l'esprit ce 19 mai 1849 où il avait remporté dans cette même ville de Frascati, au Sud de Rome, une grande bataille sur l'armée napolitaine.

116. GARNIER Charles (1825-1898) Architecte fr., il réalisa le nouvel Opéra de Paris, symbole du style Napoléon III - Deux L.A.S., 4 pp. 8° ; Paris, 1862 et v. 1880. En-tête : Travaux du Nouvel Opéra. (350.-) 200.-

A un confrère qui entend préparer un ouvrage sur l'Opéra qui vient peut-être "... un peu tard à présent que la fièvre du moment est passée et que le public revient chaque jour au monument... pas terminé...". Il lui est difficile de disposer de tous les renseignements demandés : "... Les articles... critiques ou louanges n'ont pas été conservés par moi... Quant aux noms et aux œuvres des artistes... il y a encore la moitié des travaux à distribuer et... j'ignore encore les noms qui se trouveront choisis...", etc.

La deuxième lettre, écrite une fois les travaux finis, fut expédiée à un journaliste dont l'article "... sur la fête de l'Opéra est parfait...". Garnier le remercie surtout "... de nous avoir presque forcé à faire le genre baroque... Je vous aurais bien maudit si nous avions échoué ; ayant réussi, c'est le moins que je vous soit tout reconnaissant...", etc.

117. GASTRONOMIE, 1974 - MENU d'un dîner offert le 24 mars 1974 par Paul, Henri et Rémi KRUG, producteurs de champagne. Une cinquantaine de convives ont apposé leur signature, parfois accompagnée de quelques mots : les trois Krug, nombreux "Chefs" comme Bocuse, Troisgros et Guérard, des "gastronomes" dont Raymond Olivier (qui a ajouté un dessin), Henri Gault, deux Japonais, des Américains, etc., etc. Reliure de soie cartonn&eac ute;e aux armes des Krug. (500.-) 300.-

118. [Livre] GASTRONOMIE - "Les 5 Sens" par Raymond OLIVIER. Cinq recettes et propos gastronomiques de R. O., illustrées par R. Gauthier-Constant. Edition originale, 4°, tirée à 125 exemplaires. Un des exemplaires hors commerce dédicacé en 1960 par R. Olivier à l'un de ses amis gourmets. Joint : une douzaine de lettres et cartes autographes de R. O. au même, 1960/1980. Raymond OLIVIER (1909-1990) fut une personnalité marqua nte du monde de la Restauration en France au XXe siècle. (500.-) 300.-

119. [Livre] GAUTHIER Maximilien - "Utrillo", 4°, 22 pp. + 30 planches en noir et blanc et 5 en couleurs. Pétridès, Paris 1944. Pièces jointes. Dos défectueux. (1000.-) 600.-

Bon exemplaire broché de cette intéressante monographie éditée par la Galerie Pétridès, avec reproductions de tableaux en photolithographie. Exemplaire offert par Lucie VALORE-UTRILLO à un mécène et collectionneur d'art pour lequel elle a ajouté un de ses dessins enfantins (crayons de couleur) au format de l'ouvrage, ainsi qu'une épreuve de l'Invitation au profit de l'Union des Arts (Paris, 1952), signée par elle et par M aurice Utrillo.

Il est joint une photo in-4 de Lucie Valore en pied, vêtue d'une large robe de soirée, pièce portant la dédicace A.S. suivante : "A Georges, à Jip, un couple merveilleux de sentiments si hauts placés - Lucie Utrillo Valore - 21.6.52". Bel ensemble.

120. GERAMB, Léopold, Baron de (1775-1845) Général de cavalerie autrichien - L.S., 1 1/2 pp. in-folio ; Milan, 16.V.1831. En allemand. (250.-) 150.-

Au "Nieder Oesterrichische Militair General Commando zu Wien", à propos d'un paiement effectué à l'ingénieur Tagliasachi pour le compte d'Alessandro Parigati et dont on a semble-t-il égaré "... die Original Verlagsquittung...".

Le général Geramb était le frère du baron Ferdinand de G. (1772-1848). Ancien général dans les guerres contre Napoléon, ce dernier entra en religion en 1817 sous le nom de Frère Marie-Joseph. Devenu abbé, le pape Grégoire XVI le nomma procureur général de la Trappe en 1833.

121. GIGLI Beniamino (1890-1957) Ténor italien - PHOTO in-4 signée dans la marge inférieure blanche. Portrait mi-buste de trois quarts, imprimé sur la couverture du programme d'un concert qu'il donna à Genève en 1946 avec le concours du mezzo-soprano Tita Corelli, où il chanta sur la musique de Meyerbeer Pergolesi, Caccini, Gluck, Massenet, Bizet, Haendel, Puccini, etc. Cliché Villani, Bologne. (300.-) 200.-

122. GIRALDONI Leone (1824-1897) Baryton italien, il chanta dans les premières de Simon Boccanegra, du Ballo in maschera, et excella dans tout le répertoire verdien, laissant un souvenir extraordinaire du rôle du comte Luna dans le Trovatore - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 ; Milan, 7.VI.1852. (300.-) 200.-

A Giovannina LUCCA, pour l'informer qu'il ne peut s'engager à chanter le second acte de Saffo de G. Pacini : "... La parte è così spezzata ed è tanto tempo che io non l'ho più fatta, che non mi credo in grado di poterla eseguire in così breve spazio di tempo...", etc.

123. GOLL Yvan (1891-1950) Poète surréaliste français, ami de Breton, Eluard et Chagall – Poème A.S., 1 p. in-4 ; (Paris, vers 1924 ?). Autographe rare ! (750.-) 500.-

Très beau poème d'amour composé de quatre quatrains titrés "Apparition", dont voici le premier vers : "Dans le sombre couloir d'un grave Ministère...", et les quatre derniers : "... Une femme suffit - ô curieux prestige ! / Pour d'un Ministère affreux faire un bel écrin, / Et semer au cœur imprudent, qui lors s'afflige, / De l'éternel Amour le sol et charmant grain".

En 1925, paraissait son recueil "Poèmes d'amour".

124. GOMES Carlos Antonio (1836-1896) Le plus célèbre compositeur brésilien d'opéras : Guarany, Salvator Rosa, L'Esclave, Condor, etc. - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Rio de Janeiro, 9.IX.1889. Fentes réparées. Autographe peu commun ! (600.-) 400.-

Dans un italien approximatif, le compositeur annonce à ses impresari milanais, Lombardo et Crisafulli, l'envoi d'une somme d'argent servant à règler certaines affaires avant son arrivée en Europe, car il répugne à rencontrer des personnes lui inspirant peu de sympathie ! "... Fatte la cosa per bene e amichevolmente. Paranhos ebbe già lire 200 per la pensione di Carletto (son fils ?) e l'amico Mazzoni pure ha qualche centinaio di lire a vostra disposiz ione...". La première de son nouvel opéra, L'Esclave, l'occupe beaucoup et, à ce sujet, il écrit : "... La Schiava andrà in scena il 28 corrente in luogo del 7. Spero che tutto andrà bene...", etc.

125. GOUNOD Charles (1818-1893) Compositeur fr. - L.A.S., 1 1/2 pp. 8° ; [Auteuil, 15.X.1854]. (750.-) 500.-

En 1851, le premier opéra de Gounod, Sapho, n'avait obtenu qu'un succès d'estime. Son Ave Maria avait été mieux accueillie en 1853. Le compositeur revenait maintenant sur scène avec un opéra en cinq actes, La Nonne sanglante, dont la première (18 octobre 1854) allait êtreun vrai fiasco !

A trois jours de cet événement, Gounod, apprenant par son "... bon ami Halévy..." que le librettiste Jules-Henri VERNOY DE SAINT-GEORGES (1799-1875), destinataire de cette missive, est de retour à Paris, lui fait savoir qu'il ne veut en aucun cas "... que la dernière répétition générale de la Nonne..." ait lieu sans lui ; il lui envoie donc "... un Laissez-passer que vous montrerez à Mme Crosnis..." et lui promet une stalle pour la première représentation s'il est libre ce jour-là aussi, etc.

Gounod devra attendre le succès jusqu'en 1859, date à laquelle il donnera son Faust. [Voir aussi le n° 78, Commettant]

126. GROSZ George (1893-1959) Peintre allemand naturalisé américain - L.A.S., 3/4 p. in-4, datée "March 15, 1933" (New York). (750.-) 500.-

Grosz remercie sa correspondante pour le dîner auquel il a été convié en compagnie de son épouse et précise son adresse new-yorkaise : "... Hotel Cambridge - 60 West 68th Street...". Par ce même courrier, il lui fait parvenir "... an invitation for an exhibition of some watercolors of mine ; perhaps it will interest you !".

Son pays d'origine ayant basculé vers le nazisme, le peintre s'était depuis peu réfugié aux Etats-Unis.

127. GUILLAUME Ier Hohenzollern (1797-1888) Roi de Prusse, empereur d'Allemagne dès 1871 - L.S., 1/2 p. in-4 ; Berlin, 18.IX.1880. Bavure d'encre à certains endroits du texte (due à une fermeture précipitée de la lettre ?). Très belle signature. (250.-) 150.-

Au Landgrave Frédéric de HESSE (1820-1884), pour l'informer qu'il vient de nommer son aide de camp Paul-Otto von STRAHL (1847-1921) au rang de capitaine de Cavalerie.

128. [Franc-maçonnerie] GUILLOTIN Joseph Ignace (1738-1814) Médecin et homme politique français.

En dépit de ses protestations, son nom fut donné à la machine dont il avait suggéré la création afin d'atténuer les souffrances des condamnés à mort lors de leur exécution - L.S. "Guillotin orat[eu]r" se terminant par les trois typiques points francs-maçons, 3/4 p. in-4 ; [Paris], 30.XII.1774. (3000.-) 2000.-

Document maçonnique datant de l'année "5774", reprenant le texte de la lettre "... adressée à L. R. L. de la Triple essence à l'o. de S. Malo...", missive émanant de Guillotin en sa qualité d'Orateur de la "Chambre des Provinces" auprès du Grand Orient de France où le médecin occupe depuis 1772 le poste de député de la Loge "La Parfaite Union" d'Angoulême.

"... Nous avons apris avec douleur l'enlèvement et la perte des effets précieux appartenans à votre R. L. ... et nous avons remis au v. f. De la Chaussée les différens morceaux d'architecture que vous nous avez demandés...", écrit Guillotin. Le Grand Orient est heureux d'apprendre qu'on a pu, à Saint-Malo, se "... procurer un Temple à l'abri des prophanes...", se réunir et ainsi reprendre activement les travaux. Il termine sa lettre en invitant les membres fondateurs de la Triple Essence à se "... réunir au centre de la maçonnerie française en prenant des constitutions du G. O. ...".

La Loge de Saint-Malo venait en effet d'abandonner la première constitution de 1772 pour s'en donner une nouvelle en 1775, sous le Vénérable Deslandes fils, Capitaine de navires. Quant au Docteur Guillotin, qui avait joué un rôle prépondérant dans la formation du Grand Orient de France, il se montre en 1774 totalement hostile à MESMER, à ses théories et aux "Directoires Ecossais". Pièce très intéressante e t fort rare !

129. GUITRY Sacha (1885-1957) Acteur et cinéaste fr. - L.A.S., 4 pp. in-8 ; Hendaye, s.d. (400.-) 250.-

Selon Guitry, si l'on ne connaît personne à Hendaye, mieux vaut n'y aller que pour travailler, sinon "... je crois que vous risquez fort de vous y ennuyer...". A Saint-Jean-de-Luz en revanche, l'acteur a rencontré Décourcelle, Pierre Laffitte, Madame Claude Debussy et ses filles, Galtier, etc. "... en tout cas, je ne vous conseille pas Biarritz... Hendaye continue d'être à mes yeux le plus bel endroit de la côte...". Il regrette d'avoir ma nqué une rencontre car "... la frontière [avec l'Espagne] ayant été ouverte...", il aurait pu jouir d'une chambre avec vue sur la mer. Il a l'intention "... de faire naître à plusieurs reprises cet hiver l'occasion de rencontrer..." son correspondant et lui fait part des sentiments qui les (Yvonne Printemps et lui-même) "... agittent à votre sujet... J'ai écrit ce mot agittent avec deux t. Est-ce trop ?...".

130. HAHN Reynaldo (1875-1947) Compositeur français, ami de Marcel Proust - Trois L.A.S., 5 pp. in-8 ; Paris et Hambourg, 1906/1938. Enveloppe et photos jointes. (800.-) 500.-

Correspondance amicale adressée à l'auteur dramatique René PETER (1872-ca. 1940), collaborateur de Debussy et, comme Reynaldo Hahn, ami de Proust.

En 1906, Hahn - qui signe à l'italienne "Renaldo" - communique à Peter une invitation : "... Rencontré il y a 5 minutes Bern-stein et Dolley qui, m'ayant invité à dîner pour mercredi, ont reçu cette réponse : je dîne avec René. Amenez-le ! se sont-ils écriés... à tout prix ! Au fond, je ne suis pas fâché de dîner avec Bernstein, car j'aurais à lui dire quelque chose. Mais si & ccedil;a vous Em...[merde], n'hésitez pas à me le dire. Immédiatement, je les chambarde et invente une histoire...".

Quelques temps après, de Hambourg, Reynaldo encourage son ami : "... Je ne veux pas laisser passer une heure sans vous dire qu'il est absurde de rien regretter, que le passé est un corps mort dont il ne faut pas s'encombrer, que seul le moment présent existe, que l'ironie et l'orgueil suffisent à remplir la vie et que la haine inassouvie est aussi une chose très agréable...", etc.

Enfin, en 1938, il lui raconte les problèmes qu'il a dû affronter avant et après son départ en Egypte : "... je ne vous lâche pas de plus en plus... Depuis mon retour, j'ai dû préparer et prononcer... une énorme conférence, régler mille affaires... Je suis toujours débordé, pour gagner ma vie... Vous savez que vous êtes un des seuls êtres humains que j'ai toujours envie de voir...".

131. [Patti] HAHN Reynaldo - L.A.S., 2 pp. in-8 face à face ; (Paris, avril 1907 ?). (400.-) 250.-

Jolie lettre écrite (d'après une annotation ancienne)à la cantatrice Adelina PATTI. "Madame, je vous renvoie par la poste un exemplaire de la Valse de Venzano qui a été retrouvée chez les Reszke...". Le jeune Hahn, alors ami de PROUST, saisit cette occasion pour dire au célèbre soprano combien il a été heureux de pouvoir "... grâce à votre désir si flatteur, prendre part à l'admirable repr&eacu te;sentation du 25...", etc.

Le 25.III.1907, sur invitation de Jean de RESZKE, Adelina Patti s'était rendue à Paris et, dans le petit théâtre privé du chanteur polonais, avait interprété une dernière fois le rôle de Rosina dans le Barbier de Rossini. Quant à la "Grande Valse" du compositeur italien Luigi VENZANO (1814-1878), revenue à la mode, elle était notamment chantée par le soprano Luisa Tetrazzini.

132. [Proust] HAHN Reynaldo - L.A.S., 1 p. in-4 ; datée "5 Sept." (Paris, 1925 ?). (600.-) 400.-

Au journaliste et écrivain Louis de Robert, ami de Marcel PROUST, qui publia de nombreux livres sur ce dernier. "... Enfin... enfin j'ai lu un article vrai sur Marcel Proust, le vôtre dans Les Nouvelles Littéraires, que de sottises on écrit sur lui ! que de gens se couronnent de ses lauriers ! Personne ne l'a mieux connu, mieux aimé que moi...", etc.

Emouvant témoignage d'une amitié sincère restée célèbre.

En 1925, Louis de Robert publiait chez Gallimard son ouvrage "Comment débuta Marcel Proust". [Voir aussi n° 189, Massenet]

133. HAHNEMANN Samuel (1755-1843) Médecin allemand, fondateur de l'homéopathie – Quelques rajouts autographes sur L.A. de son épouse, Mélanie d'Hervilly-Gohier, 1 p. in-12 ; (Paris) "29 déc." (1835 ou 1840). Rare et recherché. (1200.-) 800.-

Resté veuf d'Henriette Küchler, le médecin a épousé Mélanie D'HERVILLY (1802-1878) avec laquelle il est allé s'installer à Paris en juin 1835 pour y exercer son art. En son nom et pour le compte de son mari, Mélanie "... présente ses compliments à Monsieur Marsant et l'assure... du plaisir qu'ils auront tous deux à le recevoir chaque fois qu'il voudra bien prendre la peine de venir chez eux...". Les engagements du docteur Hahnemann l'obligeant à s'absenter, son épouse indique les jours qui conviendraient le mieux. Samuel Hahnemann a de sa main retouché le texte à deux endroits, au début en ajoutant "Mr et..." (sans toutefois accorder les verbes qui suivent), puis vers la fin où il a commencé un mot complété ensuite par sa femme.

 

134. HAMMERSTEIN-EQUORD, Kurt von (1878-1943) Général allemand. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, il invita Hitler - qu'il détestait - à visiter son Quartier général avec l'intention de l'arrêter, mais le Führer refusa et le destitua peu après - L.A.S., 1 p. in-12 sur "Feldpostkarte" ; En campagne, 30.X.[1914]. Adresse. En allemand. (350.-) 200.-

Du poste militaire avancé où il sert comme officier du commandement général, Kurt von Hammerstein adresse ses vœux et un message d'amitié à Madame von HASSEL, épouse du diplomate Ulrich von HASSEL (1881-1944). Condamné à mort, ce dernier fut pendu par les Nazis à cause de son opposition au régime.

135. HARDY Jean (1762-1802) Général français, il mourut à Saint-Domingue peu après avoir obtenu la soumission du général nègre Christophe - L.S., 2 pp. in-folio ; Reithofen, 29.XI.1800, "5 heures 1/2 du soir". En-tête gravé à son nom, avec belle vignette allégorique (B. & B. n° 61). (800.-) 500.-

Importante lettre militaire au général GRENIER, à l'armée du Rhin, relatant les derniers événements. Il a dirigé des troupes d'Issen à Oberndorf et Winden, qui y sont arrivées en même temps que celles envoyées par le général NEY. Deux autres colonnes ont fait marche sur Giebing, Schwindau, Armstorf et Dorfen. "... Tous les renseignements pris sur les lieux nous ont informé que l'Ennemi se retire sur Ampf ing. Il a pris des Guides dans tous les villages... Les troupes que l'Ennemi avait sur cette ligne, sont des Pandours et quelques hussards... Le Général NEY vient de me faire prévenir qu'il appuyait la ligne de ses avt-postes entre Obersdorf et St Wolfgang...", etc., etc.

Présent aux combats de Wasserbourg et Ampfingen (1.XII.), le futur maréchal NEY jouera un rôle décisif à la bataille de Hohenlinden, le 3 déc. 1800, quatre jours seulement après les mouvements des troupes dont il est question dans cette lettre.

136. HAUSER Miska (1822-1887) Violoniste et compositeur hongrois. A l'âge de 12 ans déjà, il avait fait le tour du monde en donnant des concerts ! Il se produisit aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et en Australie de 1853 à 1858 - MUSIQUE A.S., 1 p. in-4 obl. ; Bückeburg, 7.IV.1870. (400.-) 250.-

Longue ligne de musique extraite d'une "Etude" pour violon, offerte à un pianiste (?) qui l'avait accompagné lors d'un concert.

137. HEDOUVILLE Théodore (1755-1825) Général français, il vota la mort du maréchal Ney en 1815 - L.S., 1 p. in-folio ; Paris, 26.I.1801. En-tête imprimé. (300.-) 200.-

Plus de deux ans après son retour des Antilles et alors que le Consulat a depuis longtemps remplacé le Directoire, le général Hedouville s'adresse au ministre de la Guerre sur son ancien papier à lettre portant encore en tête les deux lignes imprimées suivantes : "Le Général de Division [ci-devant = deux mots rajoutés à la main) Agent particulier du Directoire à Saint-Domingue". Ce document accompagnait l'envoi d 'une pétition du courageux citoyen Courtois, ancien sous-lieutenant zélé des Grenadiers de la Garde de l'Agence de St-Domingue, lequel "... sollicite un employ de Lieutenant dans la Gendarmerie nationale...", etc.

138. HEUZE Edmond (1884-1967) Peintre et graveur français, ancien régisseur de cirque ambulant - Esquisse originale signée, 20 x 30 cm. Sous cadre. (500.-) 300.-

Homme en pied, de profil, vêtu d'un manteau et coiffé d'un haut-de-forme. Crayon rehaussé de quelques touches marrons. Annotation autographe au crayonen haut à gauche : "pardessus beige, gants bleus, Haut de forme noir...", etc.

139. [Livre] HITCHCOCK Alfred (1899-1980) Cinéaste américain d'origine britannique, considéré le maître du suspense - Dédicace A.S. dans un ouvrage très illustré in-4 ; Hollywood, vers 1978. (800.-) 500.-

Dédicace "A M. Serge - Alfred Hitchcock" sur la page de titre de l'ouvrage "The Films of Alfred Hitchcock" écrit par Harris et Lasky (U.S.A. 1976). Ouvrage renfermant une documentation complète sur la vie et l'œuvre du cinéaste. Broché, 248 pp.

140. HITLER Adolf (1889-1945) Dictateur all., chancelier du Reich dès 1933. Il se suicida lors de la chute de Berlin - P.S., 1 p. in-4 ; Nuremberg, le 9.IX.1936. En-tête imprimé. Sceau à sec du Reich. (2500.-) 1500.-

Le "Führer und Reichskanzler" autorise un officier de cavalerie à porter l'uniforme du Reiter-Regiment N° 9, comme l'autorise le règlement de l'armée. Contresignée par le feld-maréchal W. von BLUMBERG (1878-1946), commandant de la Wehrmacht.

C'est en septembre 1936, peu après les Jeux Olympiques d'été de Berlin, que les plus hautes personnalités nazies se rendirent à Nuremberg pour assister au huitième Congrès du N.S.D.A.P. où se manifesta la tendance nettement anti-bolchévique du Parti. Le présent document fut signé par Hitler en cette occasion. Notons qu'il est rare de trouver des pièces datées de la ville symbole du Nazisme, devenue plus tard le lie u de condamnation universelle de cette idéologie.

141. HUGO Victor (1802-1885) Ecrivain français - P.A.S., 1 p. 4° carré ; (Paris), 29.VIII.1848. (1200.-) 800.-

Curieux document rédigé et signé par Victor Hugo en tant que "président du conseil" d'administration de la Colonie de Petit-Bourg à Paris. Le vice-président, un ex-colonel, a également apposé sa signature. "Le conseil... prie instamment Monsieur le Ministre des Finances de vouloir bien concéder la remise si légitimement réclamée par le directeur de la colonie. A toutes les époques, des dégr&eg rave;vements ont été accordés... Le conseil... espère que le Ministre ne voudra pas traiter moins favorablement un établissement... créé pour les classes pauvres...", etc. La colonie de Petit-Bourg adoptait les enfants pauvres, les orphelins et les enfants trouvés de Paris ; après la révolution de Février 1848, elle recueillit aussi les jeunes détenus n'ayant pas encore 16 ans. En décembre 1848, avant de devenir un opposant au futur empereur, Hugo sollicitera pour cette même colonie de Petit-Bourg le patronage du président de la République, L. N. Bonaparte.

 

142. ISOUARD Nicolò (Au sujet de) - P.S. par le "Président" de la Municipalité de Malte, 1 p. in-folio ; "Cité de Malte", 4.IX.1800. En-tête avec vignette et sceau sous papier. (600.-) 400.-

Rare document délivré le jour précédant la capitulation de Malte par le président de la "Municipalité de l'Ouest de la Cité de Malte", certifiant "... l'état libre du C.n Nicolas Isouard... [qui] n'a jamais contracté aucun engagement de Mariage...", etc.

Nicolò ISOUARD, dit aussi Nicolò di Malta (1775-1818) est l'un des plus illustres personnages originaires de cette île. Bon musicien et compositeur d'opéras, il exerça principalement son activité en France dès 1799, ayant suivi à Paris le général Vaubois, signataire de la capitulation du 5 septembre 1800.

Papier à en-tête imprimé de la "République Française - Liberté - Egalité...", avec vignette gravée représentant la Liberté, debout, s'appuyant sur le faisceau et tenant de la main gauche la pique surmontée du bonnet frigien. Le sceau de l'Etat, plaqué sous papier, s'inspire du même modèle.

Malte fut sous occupation française de juin 1798 - époque de l'expédition en Egypte - à septembre 1800.

143. JACOB Max (1876-1944) Poète fr. mort au camp de Drancy - C.A.S. "Max t'aime", 1 p. 12°. (300.-) 200.-

Quelques amusantes lignes au dos d'une carte illustrée (Madrid, Residencia de Estudiantes) : "... Imagine l'aventure du Bois de Boulogne dans un sahara sans soleil et toutes ces gueules historiques ! Y compris H. de Régnier..." (cette dernière phrase a été rayée par le poète). Il annonce qu'il fera le lendemain un sermon théosophique "... extrêmement curieux et intéressant près d'un laboratoire dans une salle de 20 0 chaises genre hôpital..." dont il fera part des détails à son correspondant. Puis il termine : "Tu es un Jean chéri. Max t'aime".

144. JACOB Max - L.A.S., 2 pp. in-4 ; St Benoît-sur-Loire, 29.V.1922. (600.-) 400.-

Belle missive (à ses éditeurs ?) relative à une affaire de dédicace qui "... a passé comme une lettre à la poste. Cocteau a seulement profité de ma gêne... pour me demander de rendre compte de son dernier livre... J'ai écrit à Martin du Gard pour lui demander de le faire et il ne m'a rien répondu...". Se sentant redevable envers ses correspondants, Max Jacob voudrait leur offrir "... une gouache... Aimez-vous les p aysages ?... aimez-vous les chevaux ? les chiens ? Parlez-moi franchement...", etc.

Il ajoute un post-scriptum pour rappeler "... une autre affaire de dédicace pendante avec Bouchaballe..." et demande de voir celle faite à Salmon, etc.

145. JACOB Max - L.A.S., 2 pp. in-4 ; 15.VII.1933. (750.-) 500.-

"Monsieur le Ministre, Le sentiment de votre grandeur et de mon indignité paralysent ma plume, ceux que m'inspirent vos actes de bienveillance à mon endroit l'encouragent...", etc. Jacob complimente l'orateur et l'homme d'Etat "... averti des moindres efforts des Sciences et des Arts modernes... Vous êtes... de ceux de l'Histoire, vers lesquels le monde a les yeux...", etc.

Importante missive au style parfaitement obséquieux...

146. JACOB Max - 5 C.A.S. ("Max"), 5 pp. in-12 obl., encre et crayon ; St Benoît-sur-Loire, 1943/44. Adresses au verso. (1500.-) 1000.-

Emouvante correspondance datant de ses dernières années, adressée à un ami se trouvant en Allemagne. Encouragements, amitiés, nouvelles de sa famille et d'enfants malades, etc. "... Ne te mets pas trop en peine de mes soucis et de mes peines, presque toutes fragiles et qui passeront à la moindre joie... Pour le moment nous mangeons à notre faim et j'ai un bon lit..." ; "... Oui, le printemps est une consolation... Oui ! la fraternité dans la douleur peut faire du bien..." ; "... Je préfère ne rien publier et ne rien signer en ce moment. C'est prudent pour moi et ma famille...", etc.

Enfermé au camp d'internement de Drancy, Max Jacob y trouva la mort.

147. [Livre] JACOB Max - "La Côte - Recueil de Chants Celtiques", 8°, 139 pp. ; Birault et Cie Ed., Paris 1911. Edition originale (non numérotée) illustrée d'un bois de M. Jacob. Papier bruni. (600.-) 400.-

148. [Livre] JACOB Max - "Les Oeuvres Burlesques et Mystiques de Pierre Matorel", 8° ; Birault pour Kahnweiler, Paris 1912. Edition originale brochée et numérotée (n° 61) sur papier de Hollande (tirage en 85 ex.) signée àla fin par Max Jacob et André DERAIN, l'illustrateur. Belle et rare édition, avec nombreuses gravures sur bois. Rousseurs à quelques pages, mais bon exemplaire dans l'ensemble. (3500.-) 2000.-

149. [Livre] JACOB Max - "Le Cornet à Dés", 8°, 191 pp., broché. Imprimerie Levé, Paris (1917). Exemplaire sur Hollande (non numéroté), avec reproduction du portrait de l'auteur par Picasso. Tête dessinée par le même sur feuille à part et P.A.S. (poème de 12 vers) d'André SALMON, titrée "5 Mars" Joint : carte de visite de Max Jacob sans texte. Couvertures muettes et usagées. Rare. (5000.-) 3500.-

150. [Livre] JACOB Max - "La Défense de Tartufe - Extases, remords... méditations d'un Juif converti", 12°, 213 pp. ; Société Littéraire de France, 1919. Edition originale numérotée, l'un des 30 exemplaires sur vélin des Rives. Broché. Bel état. (800.-) 500.-

151. [Livre] JACOB Max - "Matorel en Provence", in-8, 27 pp. ; Vogel, Paris 1921. Belle édition originale numérotée (n° 65 sur 500) de cette plaquette brochée, illustrée par J. Depaquit. (600.-) 400.-

 

152. [Livre] JACOB Max - "Art Poétique", 16°, 74 pp. ; Emile-Paul, Paris 1922. Edition originale numérotée (n° 28 sur 1000). Recherché. (400.-) 250.-

153. [Livre] JACOB Max - "Les Pénitents en Maillots Roses", 16°, 84 pp. ; Edition du Sagittaire, Paris 1925. Bel exemplaire broché, l'un des 850 exemplaires du tirage original sur vélin de Rives, non numéroté. DédicaceA.S. de Max JACOB "A Henri de Régnier - très humble hommage...". (500.-) 300.-

154. JEAN-PAUL II - Karol Wojtyla (n. 1920) Pape dès 1978 - PHOTO signée en polonais "Jan Pawel p. p. II" sur le support. Beau portrait en couleurs datant de 1983, année de son voyage en Pologne. Autographe rare. (2000.-) 1500.-

155. JOMINI Antoine-Henri (1779-1869) Général suisse au service de Napoléon Ier puis de l'empereur de Russie - L.A.S., 2 pp. pleines in-8 ; (St Pétersbourg, vers 1825). (750.-) 500.-

Jomini s'excuse auprès d'un diplomate en poste à St Pétersbourg pour son départ précipité : "... j'étais convaincu que j'allais vous rapporter mes passeports avec deux mots de Mr l'Ambassadeur pour les viser en l'absence du Secrétaire...". Les documents lui étant parvenus directement là où il devait dîner, il avait à cœur "... d'avoir l'autorisation... de faire exception à la formalité d es Numéros, pour ne pas partir sans être muni de ces..." pièces essentielles pour lesquelles M. Cazener s'était donné tant de peine, etc.

156. JOSÉPHINE Tascher de Lapagerie-Bonaparte (1763-1814) Veuve du général Beauharnais, elle épousa en 1796 le futur Napoléon Ier - L.A.S. "Lapagerie Bonaparte", 2/3 p. in-4 pet. datée "ce 5 frimaire à onze heures du soir" [Paris, 25.XI.1798]. Petite restauration. Adresse autographe sur la IVe page et magnifique cachet de cire rouge ("Pénélope assise", filant ?). (7500.-) 5000.-

Pendant que son époux le général Bonaparte combattait en Egypte - et s'amusait aussi beaucoup avec sa jeune maîtresse Pauline Fourès -, Joséphine écrit "Au citoyen Duffour, médecin... à Paris... fâchée de ne m'être pas trouvée chez moi lorsque vous avez pris la peine d'y passer...". Elle le remercie pour les renseignements qu'il lui a fournis et exprime le désir de causer avec lui à ce sujet : "... si vous ne pouviez pas venir chez moi... j'iroi le soir sur les sept heures chez le directeur Barras (son amant et ami !), où je vous donne rendez-vous...".

Ami et médecin personnel de Barras, le docteur Joseph DUFOUR (1761-1821) fut l'un des premiers à reconnaître en France la valeur de la vaccination, découverte par Jenner.

Lettre publiée (n° 104) dans la "Correspondance", mais de manière imparfaite et incomplète.

157. JOSÉPHINE, Au sujet de l'Impératrice - L.A. de Madame de RÉMUSAT (1780-1821), signée de son paraphe, 1 p. in-8 ; (Paris, vers 1803). (400.-) 250.-

Jolie lettre témoignant du rôle important que tenait auprès de Joséphine, alors femme du tout-puissant Premier Consul, la jeune Claire Gravier de Vergennes, devenue en 1796 Madame de Rémusat.

S'adressant à une "chère amie" qui aurait souhaité être présentée à la future impératrice, la dame de Palais, quelque peu agacée, lui répond en ces termes : "... Est-ce que vous croyez... que je dispose de Madame Bonaparte ? Elle voit des personnes qui ont affaire à elle ; elle voit des Etrangers, mais une présentation est tout autre chose, et je n'ai aucun titre pour lui faire sur cela des propositions...&q uot;. Mme Rémusat est d'ailleurs persuadée que Joséphine serait contraire à ce genre d'interventions : "... Je l'ai vue et ne lui ai pas parlé depuis que vous m'avez dit... lui avoir écrit..." ; elle promet toutefois de le faire "... la première fois que je la trouverai seule et je vous dirai ce qu'elle aura répondu...", etc.

Madame Rémusat doit toute sa fortune - et celle de son mari, nommé préfet du Palais - à Joséphine qui fit d'elle sa favorite et couvrit le couple de gratifications pas toujours justifiées.

158. JOUVET Louis (1887-1951) Acteur français de théâtre et de cinéma - Trois lettres (1 L.A.S. + 2 L.S.), 4 pp. in-12 ou in-4 ; Paris et Genève, 1937/1941. (500.-) 300.-

Sur papier à en-tête du théâtre de l'Athénée, il dit combien lui et sa troupe son ravis de savoir que le spectacle a plu à son correspondant. En 1941, alors qu'il joue au Grand Théâtre, il transmet à un journaliste de Radio-Lausanne son "... accord au sujet de l'émission d'Intermezzo... Nous arriverons... dans l'après-midi pour répéter au studio... Je vous envoie un petit topo qui vous permettra de pr&eacu te;senter Intermezzo à vos auditeurs...". Enfin, sur une carte de la Comédie Champs-Elysées, il explique qu'il "... ne sort guère, car je n'en ai ni le loisir ni le goût... [toutefois] votre accueil si amical m'a touché... J'espère que vous ne me trouverez point trop saugrenu...", etc.

159. LADD Alan (1913-1963) Acteur de cinéma am., très populaire dans les rôles d'aventurier, corsaire ou soldat - PHOTO in-16 avec dédicace A.S. Petit portrait de trois-quarts le représentant au milieu de hautes herbes et tenant un fusil, probablement dans le film L'homme des vallées perdues. (350.-) 200.-

160. [Livre] LAENNEC René - "Propositions sur la Doctrine d'Hippocrate", 4°, 39 pp. Reliure à l'ancienne, cartonnée, dos cuir avec titre impr. en or. Fac-similé de l'original, tirage du XXe siècle. (300.-) 150.-

Très belle réédition en fac-similé de l'exemplaire personnel de Laennec, reproduisant de nombreuses notes autographes dans le texte ainsi que des fac-similés des feuilles manuscrites qu'il y ajouta. Intéressant ouvrage de documentation.

 

161. LA NOUE, François de (1531-1591) Surnommé "Bras de Fer", il fut l'un des très grands capitaines huguenots du XVIe siècle. Mort de blessures reçues au siège de Lamballe - L.A.S., 1 p. in-folio ; Senlis, (vers mai 1589 ?). Taches dues à l'humidité, ne nuisant pas à la netteté du texte. Adresse au dos. Autographe rarissime. (2000.-) 1200.-

Précieuse lettre militaire, écrite vraisemblablement au début du mois de mai 1589, pendant le siège de Senlis, adressée au duc de LONGUEVILLE, Henri Ier d'Orléans (1568-1595), gouverneur de Picardie qui, aidé de ses troupes commandées par l'illustre de La Noue, allait battre les ligueurs sous les murs de Senlis.

François de La Noue informe son maître sur les derniers événements : "... La ville de Crespy se fust rachetée du sac à six mille escuz... et... maintenant, à ce qu'on me dit, la plume volle par les rues... Si nous eussions guere tardé, les ennemys nous eussent reveillez... Et le corps de l'armée ennemye... estoyt à la maison de Mons.r de Pumany ; on croit que la dite armée vient prendre Mouy, Merlon, et de la à Clermo nt...". Il semblerait que des renforts espagnols soient arrivés : "... Si cela est, il faut que le Roy se soyt amuzé à ataquer Louviers...". Selon La Noue, si l'ennemi a occupé le premier la plaine, il faut penser à "... choisir ung aultre lieu pour rassemblement des trouppes ; de là l'Oise le pays est mangé, et... à l'entoure de Senlys, quasi tout est ruiné... Serayt-il poynt meilleur en ces villages ligueurs entre Crespy et Soissons...", etc.

Document historique de premier ordre !

162. LA ROCHEJAQUELEIN (Famille de) - Quatre autographes, 6 pp. in-4 ; 1818/93. (500.-) 300.-

Dossier réunissant les autographes des quatre derniers survivants de la célèbre famille de chefs vendéens :

1) P.A.S. (2 pp.) de la marquise M. L. V. Donnissan de La R. (1772-1857), veuve du marquis de Lescure et épouse du général Louis († 1815). Extrait d'un livre de comptes, autographe et signé deux fois, datant des années 1820-1822.

2) P.S. par le général Auguste de La R. (1784-1868), frère puiné d'Henri et de Louis. En tant que colonel de la Garde Royale, 1er Régiment de Grenadiers à cheval. Fontainebleau, 1818. Signée aussi par l'officier Louis Gilbert de JANSAC (n. 1782) et J.-P. de COSTALIN (n. 1782).

3) P.S. par le marquis Henri-A.-G. de La R. (1805-1867), député et sénateur sous le Second Empire. Contrat d'affermage "... d'une Borderie située à la Triboire, commune de Boismé..." (Deux-Sèvres), signé en 1834.

4) P.A.S. du marquis Julien de La R. (1833-1895), député, dernier de sa famille. Nomination du "... garde de mes propriétés et de mes bois, situés dans les communes de Boisné, St Sauver, Terves et Beaulien,... Voultegon et St Aubin du Plain,...", etc. Paris, 1893.

163. LAVERAN Alphonse (1845-1922) Bactériologiste français, il découvrit l'hématozoaire du paludisme et fit des recherches sur les protozoaires pathognes. Prix Nobel de médecine en 1907 - Dédicace A.S. sur sa brochure in-8, 40 pp. + 1 planche en couleur àla fin. Autographe rare. (500.-) 350.-

Dédicace "A Monsieur le Professeur W. Osler - Hommage de l'auteur - A. Laveran" tracée sur la page de titre de sa brochure intitulée "Des Hématozoaires du Paludisme", édition originale publiée àParis, chez Masson, en 1889. Quelques rousseurs ; couverture originale conservée (à restaurer).

Le médecin anglais Sir William OSLER (1849-1919) est resté célèbre pour ses recherches sur l'endocardite infectieuse maligneà évolution lente (maladie d'Osler) et sur l'angiomatose hémorragique familiale (maladie de Rendu-Osler).

164. LE CORBUSIER, Ch.-Ed. Jeanneret, dit (1887-1965) Architecte suisse, l'un des maîtres de l'artecture moderne - Notes autographes, 1 p. in-12 obl. ; (Paris, 1962). (750.-) 500.-

Au dos d'une invitation à une exposition organisée sous le haut patronage d'André Malraux, l'illustre architecte a pris note qu'il a prêté "... à Besson pour Expo 62 - 63..." son Album Rio de Janeiro 1936. Juste au-dessous, Le Corbusier a ajouté : "... Ces 2 planches doivent se joindre. Ecrit Besson... album et feuillets séparés devront m'être rendus...", chose qui fut semble-t-il faite l'année suivante.

Entre 1936 et 1943, Le Corbusier avait projeté et édifié, en collaboration avec Niemeyer et Costa, le ministère de la Culture de Rio de Janeiro où, comme pour d'autres œuvres de la même époque, il avait souligné les qualités plastiques des matériaux (béton brut de décoffrage des piliers).

165. LE CORBUSIER, Ch.-Ed. Jeanneret, dit - Ensemble de documents autographes, dessins originaux, photos et cyanotypes annotés, lettres à L. C., etc., 22 pièces, formats divers ; 1948-1963. (18 000.-) 12 000.-

C'est le 19 décembre 1950 que Le Corbusier fut officiellement nommé "Conseiller architectural" du gouvernement du Pendjab (Inde) où l'on s'apprêtait à bâtir la nouvelle capitale, Chandigarh ; mais depuis quelque temps déjà, l'architecte franco-suisse travaillait à la conception du plan directeur de cette ville et à certains détails des bâtiments administratifs. Cet exceptionnel ensemble, très homogène , se rapporte à la conception du célèbre symbole de ladite nouvelle capitale, la "Main ouverte".

1) Le premier document (nov. 1948) est la "Version A" de cette Main, comme l'indique L. C. au crayon avant d'ajouter (s'agissant ici d'une impression en noir du dessin, avec taches d'encre de chine) : "... ce dessin, prêté à Tardat, qui en a fait un usage politique à mon insu..." alors que T. lui avait seulement parlé d'un "... programme de jeunes...".

2) Annotations autographes, 5 lignes, au sujet de l'original du dessin ci-dessus, précisant la date du prêt : 12 novembre 1949.

3) Feuille in-4 avec annotation relative à un poème paru dans la revue "Verve", se rapportant à la "Main ouverte - Version B".

4) Dessin : "La main est une flamme - dixit Rouhier-Vega", esquisse au dos d'un feuillet imprimé se rapportant à des Conférences. ("Magie humaine et divine ?", Paris 1952). Annoté en bas : "Lanterne des vivants, semaine du 14/1/52", précisant que ce croquis est de Rouhier "... pour Chandigarh...".

5) Lettre signée de Hyacinthe DUBREUIL à Le Corbusier, auquel il envoie, en date du 21.I.1952, un dessin : "... Voici la main dont je vous ai parlé, main du prophète Ezechiel... Michel Ange l'a peinte en prenant sa main gauche pour modèle...", etc. [voir ci-après]

6) Dessin original au crayon, cm 8 x 11,5 [voir ci-dessus].

7) Photo originale (4° obl., cliché Lucien Hervé, Neuilly-sur-Seine) d'une vue esquissée de l'ensemble de la construction surmontée de la "Main ouverte" ("6 avril 52 - Chandigarh") annotée par L. C. "Version C - 51.52".

8) Dessin original préparatoire de la vue précédente, cm 22 x 13,5, daté "janvier 52". Au dos d'un feuillet imprimé comme au n° 4.

9) Photo originale (4° obl., cliché Lucien Hervé) d'un dessin-projet plus précis que celui décrit plus haut sous le point 7), dessin daté "12 avril 52". Le Corbusier a noté de sa main "Version C - 51.52".

10) Cyanotype (?) cm 28 x 28,5 du dessin d'une "Main ouverte" très allongée ("Tapestry G... 22 mars 54") avec longue annotation autographe de Le Corbusier, datée du 26 mars 1954 : "Ceci est un agrandissement par KIM d'une main à petite échelle de moi...", extraite de son travail pour les tapisseries de Chandigarh.

11) Cyanotype, 4° obl., du dessin de la "Main ouverte", daté du 30 août 1954, avec indication de la "Version" tracée par Le Corbusier.

12) Cyanotype, 4° obl., d'une autre version du dessin de la "Main ouverte", datée par Le Corbusier "9 Sept. 54 - Paris" qui en donne également, comme ci-dessus, la "Version".

13) Cyanotype avec nombreuses annotations architecturales, 4°, d'un dessin de la "Main ouverte" sur plate-forme, au bas duquel Le Corbusier a précisé au crayon de quelle "Version" il s'agit. (Même date que la pièce du point 12).

14) Photo originale, 19 x 23 cm, du dessin de la "Main ouverte", avec indication des cotes, main érigée au bout d'un socle en forme de colonne. Quelques petits personnages, assis sur des bancs au pied du monument, laissent imaginer le caractère grandiose de l'œuvre.

15) Grande esquisse originale de la "Main ouverte" (crayon gras, cm 22 x 22) dessinée par Le Corbusier pour suggérer que l'on pourrait placer au creux de la main un nid rempli d'oisillons. L'architecte a noté les lettres "M" et "N" aux extrémités gauche et droite de son dessin.

16) Photo originale (tirage opaque, 4° obl.) d'un dessin exécuté le 2.IX.1954 et représentant la "Main ouverte" avec un personnage (tendant les bras vers l'avant : pour accueillir, pour prier ?) placé sur un petit socle s'avançant dans la paume. Annotation autogr. de quelques lignes de Le Corbusier : "Supprimer... me demander grande élévation..." pour l'acoustique, etc.

17) Longue annotation autographe de L. C., 8 lignes sur page in-4, pour rappeler qu'en 1922 ou 1923 il avait fait une grande gouache titrée "Main ouverte" pour le compte d'Henri Rivière. Conservée peut-être dans un musée, il en voudrait une photo.

18) Feuille autographe concernant une photo du "Secrétariat" prise par Paul JEANNERET en 1958, "La Main ouverte au sommet de la cage d'escalier...", etc. L'architecte croit en avoir eu une épreuve en mai de la même année.

19) Lettre signée de Aldo DUTTO (1 p. in-folio ; Vevey, 24.IV.1963) en réponse à celle que L. C. lui avait adressée le 19 avril précédent. Très long et important texte sur "Les Mains" : "... C'est à la main, cet instrument des instruments, que l'homme doit toute son adresse et les arts qu'il exerce...", etc. Plusieurs lignes de commentaires autographes de L. C. dans la marge gauche.

20) Photostat original de la précédente, fait par Le Corbusier.

21) Note autographe de Le Corbusier (au dos d'une enveloppe in-4 obl.) où, en date du 9 mai 1963, il demande à "Henri" de reproduire [voir n° 20] la lettre n° 19 et de placer le photostat dans le dossier "La Main ouverte" car il considère "... ce texte de Dutto... remarquable...".

22) Chemise "C" (cm 23,5 x 29,5) dans laquelle étaient conservés les documents relatifs à la "Main Ouverte", où l'on peut lire aussi ce que contenait chacun des trois casiers "C1", "C2" et "C3" : collages, papiers découpés, gouaches sur passe-partout blanc, etc. Si le contenu des deux premiers casiers est tapé à la machine, celui du casier 3 est entièrement de la main de Le Corbusier ("f ilm... Entre deux... Rhodoïde", etc.). En haut de la chemise, l'architecte a dessiné à la plume la forme d'un dépliant ouvert auquel il a donné une lettre à chacune des faces : "A - B - C - D".

Documentation originale importante se rapportant à l'une des œuvres majeures de ce grand architecte du XXe siècle.

166. LEHMANN Lotte (1888-1976) Soprano germano-américain, excellent interprète des grands rôles du répertoire lyrique - L.A.S., 4 pp. in-4 ; Paris, 25.XI.1933. Trous de classement. En allemand. (300.-) 200.-

La cantatrice remercie l'impresario ANDREOSSI pour l'envoi de photos se rapportant à ses derniers spectacles. Mis à part un court voyage à Liège, où elle doit donner un récital, elle compte séjourner quelques jours encore dans la capitale française avant de se rendre à Vienne. La vie trépidante qu'elle mène à Paris lui ôte le souffle ("... Dieser Paris l-sst mich garnicht zu Atem kommen..."), et son r&ecir c;ve est de retrouver son foyer. Le plus beau souvenir qu'elle garde de sa tournée reste son séjour à Genève, malgré le mauvais temps : "... Genève wird mir die schönste Erinnerung dieser Tournée sein. Wenn auch die Sonne fehlte ! Aber der Nebel hüllte alles um mich und in mir in ein ungewisses Licht... das gerade am schönsten so im Leben...", etc.

167. LIEBIG, Justus von (1803-1873) Savant allemand, l'un des fondateurs de la chimie agricole - L.A.S., 1 p. in-8 ; Bolzano, 17.IX.1863. En allemand. (750.-) 500.-

A la marquise du Châtelet, à Como, qui avait exprimé le désir d'avoir pour hôtes le chimiste allemand et ses compagnons dans sa villa de Blevio. La lettre de la Marquise étant parvenue à Liebig alors que se trouvant déjà à Venise il ne pouvait plus modifier son programme, il ne lui reste qu'à remercier sa correspondante et son fils, etc.

Sur papier à lettre au chiffre "FW" (du nom d'un compagnon de voyage ?).

168. LISZT Franz (1811-1886) Compositeur hongr. - L.A.S., 1 p. 4° ; (Paris, 16/18.III.1837 ?). (2000.-) 1500.-

Missive INÉDITE adressée à son ami le journaliste et futur homme politique Alexandre REY (1812-1904), un proche de Marie d'Agoult et de George Sand.

Le musicien s'apprête à donner un concert auquel Rey voudrait assister et Liszt l'invite à passer chez lui pour retirer son billet : "... j'ai préféré l'y laisser de peur que vous ne rentriez pas...".

Le papier, l'écriture large et rapide, la manière de s'exprimer et de saluer son correspondant ("T. à v. d'affection") laissent supposer que Liszt écrivit ce message à la hâte. Déjà célèbre, il allait donner le 19 mars 1837 un concert triomphal à l'Opéra, en réplique à celui de Thalberg du 12 mars. Autographe rare, de cette époque !

169. LISZT Franz - Feuillet de dédicace A.S. (initiales) à une jeune femme, 12° obl. (fente restaurée dans la marge inférieure, sans perte), monté avec beau portrait (reprod.) in-8 gr. (450.-) 300.-

C'est sans doute de Weimar, au début des années 1880, que l'illustre compositeur a tracé ces quelques mots d'une adresse pour "Fraülein Sch-rnak - F.L." (une de ses dernières élèves ?). Charmante petite relique de ce grand musicien !

170. LITVINOFF Maxime (1876-1951) Diplomate et homme politique soviétique - Petit portrait in-16,

mi-buste de profil (extrait d'une revue et monté sur feuille in-8), signé "M. Litvinoff" (v. 1938). (250.-) 150.-

171. LIVINGSTON Robert R. (1746-1813) Homme d'Etat new-yorkais, il participa aux travaux du Continental Congress et à l'élaboration de la Declaration of Independence. Premier chancelier de l'Etat de New-York de 1777 à 1801. Diplomate américain à Paris, il négocia l'acquisition de la Louisiane, puis il finança les recherches de Fulton sur les bateaux à vapeur - L.A.S., 1 p. in-4 ; Clermont, 8.VI.1797. (2000.-) 1200.-

A Nicholas OLIVE, Esq. "... I regret the circumstances which have - contrary to my intention - rendered me negligent of your demand, and I am obliged to you for remindering me of it...". Livingston est conscient que le service qu'il sollicite pourra causer des inconvénients à son correspondant, mais il ne peut hélas faire différemment. "... Receive my thanks... for your polite attention in procuring the trees...", etc. Mis à part quelques dépl acements professionnels, Livingston préféra consacrer ses dernières années à ses recherches sur la navigation à moteur (Fulton) et au développement des sciences appliquées à l'agriculture.

172. LOUŸS Pierre (1870-1925) Ecrivain fr. - Manuscrit autogr., 1 p. in-4 ; (Paris, v. 1894). (250.-) 150.-

Poème intitulé "Sur la Musique", 13 vers extraits de l'ouvrage Le Coffret brisé publié en 1882. "... J'en conviens, j'aime la musique / Qu'elle soit de Pierre ou de Paul / Qu'on joue en ut ou bien en sol / Du romantique ou du classique...", etc.

L'auteur de cet hymne un peu naïf se nomme Georges LEYGUES, "... aujourd'hui ministre des beaux-arts et surintendant général des théâtres..." (1894-1895), précise Pierre Louÿs. Leygues deviendra plus tard le président du Conseil des ministres !

173. LOWE, Sir Hudson (1769-1844) Gouverneur de Sainte-Hélène de 1816 à la mort de son illustre prisonnier, Napoléon - L.A.S., 1 p. in- 12 ; [Longwood, 1818]. Adresse autogr. "Lt. Col. Lyster" sur la IVe page et annotation d'un contemporain : "At St Helena note from Sir Hudson Lowe - N °8 - 1818". (800.-) 500.-

Curieux billet adressé à l'un de ses plus fidèles collaborateurs, le Lt Col. Thomas LYSTER († 1845), Inspecteur des côtes de Sainte-Hélène, afin qu'il se rende à Longwood pour apporter "some turtle".

Le 16 juillet 1818, l'officier d'ordonnance à Longwood, Blakeney, fut remplacé par Lyster. Ce dernier n'était pas officier de l'Armée régulière et avait servi dans les "Corsican Rangers" de Sir H. Lowe. Le choix ne pouvait donc être plus malheureux et l'empereur s'en plaignit. Une correspondance s'échangea entre le comte Bertrand et Lyster ; celui-ci voulut se battre en duel avec le grand Maréchal qui, dans une protestation au Gouver neur, soutenait que le Lt Colonel avait été placé à Longwood uniquement "... pour être un instrument de haine et de vengeance...". Lowe dut déplacer Lyster, et Blakeney réintégra ses anciennes fonctions le 25 juillet.

174. LUIGINI Pauline (n. 1854) Cantatrice française, elle créa le rôle principal de la Fille de Madame Angot de Charles Lecocq - Très belle PHOTO-cabinet avec, au dos, dédicace A.S. en "Souvenir bien affectueux offert de tout cœur à mes bons amis Sardou - Leur petite amie - Popo Luigini". Beau portrait mi-buste de 3/4 en médaillon, en costume. Cliché A. Liebert, Paris. Ancienne coll. J.-L. Croze. (300.-) 200.-

175. LUXEMBOURG, Adolphe Ier du (1817-1905) Premier grand-duc de la lignée régnant encore de nos jours, il avait hérité du trône en 1890 à la mort du roi des Pays-Bas - L.S., avec compliments autographes, 1 p. in-folio ; Graefenberg, 14.VII.1857. Rare. (400.-) 250.-

Adolphe, alors duc de Nassau-Weilburg, félicite un roi dont la belle-sœur, une "Altesse Royale", vient de mettre au monde un prince. De sa main, il signe "... de Votre Majesté le très-humble et très-obéissant cousin et serviteur - Adolphe Duc de Nassau". A noter que, par le traité de Vienne, le Grand-Duché du Luxembourg avait été cédé à titre personnel au roi des Pays-Bas, lequel le garda sous sa domin ation directe de 1815 à 1890.

176. MAETERLINCK Maurice (1862-1949) Ecrivain belge, prix Nobel de littérature en 1911 – Pensée A.S. sur page in-8 ; (Bruxelles, vers 1912). (300.-) 200.-

"Seule la pensée occupe peut-être dans l'infini un espace que les comparaisons ne réduisent pas à rien...". Ces quelques lignes, s'étendant sur le tiers supérieur de la feuille, sont suivies d'une pensée A.S. de l'actrice Georgette LEBLANC (1869-1941), épouse de l'écrivain : "La sagesse de la femme n'est jamais aussi mûre que celle de l'homme, elle reste verte par places et grince quand le destin mord dedans...".

177. MAFFEI Andrea (1798-1885) Poète et librettiste italien. Il avait épousé la comtesse Clara Spinalli qui tint à Milan un célèbre Salon fréquenté par Manzoni, Hayez, Verdi, etc. - L.A.S., 1 p. in-8 ; "Mercoledì" (Milan, vers 1840 ?). (400.-) 250.-

A l'éditeur de musique Francesco LUCCA, auquel Verdi s'était adressé en un premier temps pour diffuser ses opéras : "... Ho assistito all'opera ("Un giorno di regno "?). Peccato che l'esecuzione vocale non corrisponda all'eccellenza della musica ed alla bellezza di alcuni scenarj !...".

Entre 1840 et 1845, quelques opéras de Verdi n'obtinrent pas le succès espéré par le compositeur ; certains, en effet, furent très mal interprétés par des chanteurs médiocres ou peu motivés, ce qui fut semble-t-il le cas pour "Giovanna d'Arco" ou "Un Giorno di regno". Cette lettre de Maffei, ami du jeune Verdi dont il appréciait la musique, pourrait donc se rapporter à l'une de ces représentations verd iennes à La Scala. Notons encore que Giovannina LUCCA, femme de Francesco L., fut une grande amie de la femme de Verdi, Giuseppina STREPPONI. [Voir aussi le n° 297, Verdi]

 

178. [Livre] MAIRE - "La Topographie de Paris", 8°, 104 pp., avec "vingt feuilles,... tableau d'assemblage,... table alphabétique". Bon exemplaire relié, ouvrage de documentation très utile. Paris, 1808. (500.-) 300.-

179. MALLARMÉ Stéphane (1842-1898) Poète symboliste fr. Son influence sur la conception moderne du poétique est fondamentale - Adresse autographe sur enveloppe 12° obl. ; [Paris, 28.VII.1879]. (600.-) 400.-

Enveloppe originale affranchie portant, de la main de Mallarmé, le nom et l'adresse de Madame POMY-CONOLLY, graveur sur bois, femme et élève d'Alfred PRUNAIRE. Ce dernier illustra entre autres certaines œuvres de Fr. Coppée. Nous n'avons pu localiser la lettre que cette enveloppe avait contenu.

180. MANSHOLT, Sicco Leendert (1908-1995) Homme politique néerlandais, il joua un rôle déterminant au sein de la C.E.E. - PHOTO signée, 8°. Beau portrait de face, vers 1970. (250.-) 150.-

181. MANZONI Alessandro (1785-1873) L'illustre poète et romancier italien - Carte de visite à son nom imprimé, avec ligne de remerciements autographes. Joint : enveloppe adressée de la main de Manzoni au "... Pregiatissimo Signore - Il Sig.r Giulio Ricordi...", l'éditeur de musique. Rare. (1000.-) 700.-

182. MANZONI Alessandro - L.A.S., 1 p. in-8 gr. ; Milan, 22.I.1867. Fentes restaurées. (3000.-) 2000.-

Missive vraisemblablement inédite, adressée à un ami poète. "... Doppie grazie... e per il piacere utile all'animo, procuratomi dalla lettura del Suo Carme, e per l'onore (eccessivo, per verità nell'espressione) fattomi con la dedica...". L'illustre écrivain exprime l'espoir que des arguments présentés "... in una forma così felice, e a ogni tratto pellegrina..." parviendront à conquérir un large public, &agr ave; un moment où l'esprit du lecteur semble plutôt marqué par une absence de plaisir, etc. Intéressant texte !

Les autographes de Manzoni sont devenus plutôt rares.

183. MANZONI (Un ami de) - P.S. par le poète Tommaso GROSSI (1791-1853), 1 p. in-4 obl. ; Milan, 27.V.1848. (400.-) 250.-

La révolution milanaise de mars 1848 ayant propulsé le timide poète-notaire sur le devant de la scène, Grossi avait accepté la charge de directeur général des lycées de la ville que le gouvernement provisoire lui avait offert. C'est en cette qualité qu'il signe ici l'ordre destiné à la "Vice-Direzione del Ginnasio Nazionale in Brera" afin que cet établissement accepte un écolier ayant été co ntraint "... per circostanze speciali di famiglia... [di] ritirarsi dal Collegio Nazionale di Porta Nuova...", etc.

184. MANZONIANA, 1846 - P.A.S. "Antonio Cane", 1 p. 8° obl. ; (Milan, 15.IV.1846). Adresse. (400.-) 250.-

Fragment d'une lettre (1/2 p. in-4, partie inférieure, adresse du destinataire au verso) envoyée au libraire-éditeur milanais STELLA dans laquelle Cane annonce la parution du premier fascicule d'un nouveau journal, L'Ausonio, s'imprimant à Paris. L'auteur de cette missive nous livre quelques informations sur cette publication avant d'énumérer les différentes "... materie contenute nella prima dispensa...", articles portant les signatures de Gino Capponi, Francesco Restelli, "C. T." (Christine Trivulzio), etc. Il annonce au point II la publication d'une "... Lettera inedita di A. Manzoni sul Romanticismo e sul Classicismo...", texte aujourd'hui célèbre, extrait d'une lettre de 1823 adressée par Manzoni à Cesare d'Azeglio.

Resté inédit jusqu'en 1846, ce texte fut publié pour la première fois - à l'insu de son auteur ! - dans le journal des exilés italiens, L'Ausonio. Le présent document est donc une des toutes premières traces de cette importante publication.

185. MANZONIANA, 1848 - L.A.S. d'Alessandro BORELLA (1813-1868) journaliste et député piémontais, 1 p. in-4 ; Turin, 14.X.1848. Fentes restaurées dans la marge droite. Adresse en IVe page. (400.-) 250.-

Suite aux bouleversements politiques de 1848 et à la proclamation du Statuto Albertino dans le royaume de Sardaigne, une nouvelle Chambre des Députés avait été élue à Turin. Le 1er octobre 1848, des élections complémentaires avaient eu lieu et Garibaldi, comme Manzoni avaient obtenu un siège à la nouvelle Chambre, représentant respectivement la petite ville de Cicagna et celle d'Arona. Pour des raisons personnelles, Manzo ni allait démissionner quelques jours plus tard ; il s'en expliqua dans une lettre du 13 octobre au Président de la Chambre, lettre qui fut rendue publique à la séance du 17 octobre.

La missive que nous offrons ici nous paraît fort intéressante car elle révèle que le 14 octobre déjà certaines personnes connaissaient la décision que Manzoni s'apprêtait à rendre publique. En effet, Borelli écrit à son ami Luigi ROCCA, d'Arona (Lac Majeur) : "... Manzoni ha rinunziato la deputazione d'Arona ; ne ho veduto io stesso la lettera... al Presidente Demarchi ; così Gabrio Casati, e un altro di cui non mi ric ordo... Pare anzi certo che la Camera rivedendo i poteri, non ammetterà come buona la nomina d'alcun Lombardo per aver essi rifiutata la fusione..." avec le Piémont, selon les premières offres, suite à la révolution en Lombardie, etc. Notons que Borelli avait écrit le mot "rifiutato" avant de le remplacer par "rinunziato" : simple lapsus calami ?

Soulignons enfin que lors de la séance du 17 octobre, durant laquelle Garibaldi prêta serment de fidélité à la Constitution piémontaise, non seulement on lut la lettre de Manzoni disant que ses forces étaient inadéquates au mandat, mais on proclama - curieux contraste avec ce qu'écrit ici Borelli - que "... tous les Italiens, et en particulier ceux de la Lombardie, de la Vénétie et de l'Emilie, étaient éligible s aux sièges de Députés...". En l'espace de quelques heures, les démissions de Manzoni, Casati et d'autres résidants non piémontais avaient semble-t-il opéré un profond changement d'opinion au sein de la classe politique piémontaise...

 

186. MARCUSE Herbert (1898-1979) Philosophe américain d'origine allemande, inspiré par la psychanalyse, le marxisme et la dialectique hégélienne - L.S., 2/3 p. in-4 ; La Jolla (Calif.), 14.X.1969. En-tête de l'Univ. of California - Dept of Philosophy. (300.-) 200.-

Il attend des visiteurs "... who come from the East explicitly in order to see us...", et se voit contraint de remettre à plus tard sa rencontre avec son correspondant, un confrère allemand, auteur d'un ouvrage que Marcuse a reçu : "... I have received your publication Wege und Gestalten and I am grateful to you for having sent it to me...". Autographe peu commun.

187. MARRADAS, Don Baltasar, comte de (1560-1638) Feld-maréchal impérial. D'origine espagnole, il servit dans la guerre de Transylvanie puis contre les Protestants, en Bohême, dont il fut le Gouverneur général - L.A.S., 1 1/2 pp. in-folio ; Budweis (Bohême), 9.XI.1620. Adresse et cachets de cire sur la IVe page. En espagnol. Rare, autographe signé ! (450.-) 300.-

"Al es.mo S.r General conde de Bucoy, mi señor", le célèbre homme de guerre français au service de l'Autriche, Charles-Bonav. de Longueval, comte de BUCQUOY (1571-1621), qui périt en Hongrie dans une embuscade contre Bethlen Gabor.

Intéressant texte d'argument militaire décrivant l'exécrable état défensif de la ville de Budweis et mettant en relief la nécessité impérieuse qu'il y a à remédier à cet inconvénient en envoyant des renforts de cavalerie malgré le mauvais temps qui sévit.

188. MARTINÙ Bohuslav (1890-1959) Compositeur tchèque - MUSIQUE A.S. du violoniste français Pierre FOURNIER (1906-1986), 11 pp. in-folio ; vers 1945. Reliure en toile verte. (3000.-) 2000.-

Manuscrit complet (titre + 10 pp. de musique) de la première transcription faite par Pierre Fournier de la "SONATE pour Violoncelle et Piano" composée par Martinù et par lui dictée au violoncelliste. Très intéressant manuscrit - comportant des notes tracées aux crayons rouge et bleu mentionnant les doigtés, les liaisons, les tempi, etc. - dont Fournier se servait lors de ses interprétations. Une note de P. F. tracée au crayon bleu ("pour le graveur : mettre les 3 des triolets sur ou sous la barre de valeur pour faciliter l'emploi des liaisons") laisse supposer que ce manuscrit est bien l'original ayant servi à l'édition imprimée de cette œuvre. Très intéressant document servant à une meilleure connaissance de cette œuvre de Martinù dont certaines modifications sembleraient avoir été suggérées au compositeur tchèque par Fournier lui-m&e circ;me.

189. MASSENET Jules (1842-1912) Compositeur fr. - L.A.S., 3 pp. 12° ; Paris, 12.V.1880. (450.-) 300.-

Intéressante missive à un musicien dont il avait fait la connaissance lors de son séjour à Rome. "... Je vais, demain, faire entendre à mes élèves du Conservatoire votre prélude et fugue, c'est une très belle chose... vous êtes un maître... Il me tarde de connaître vos nouveaux ouvrages... Je vous en prie, faites tous mes plus respectueux compliments à LISZT quand il viendra à Rome. Il m'a si bien re&ccedi l;u lors de mon passage à Perth..." ! Massenet annonce l'envoi de "... quelques pages d'orchestre, afin de continuer nos excellentes relations...", puis, en post-scriptum, ajoute : "... Erodiade avance chaque jour...", etc.

A cette lettre est jointe une L.A.S. de Reynaldo HAHN (1875-1947) qui, en tant qu'ancien élève de Massenet, tente de définir l'identité du destinataire de la pièce ci-dessus, laquelle "... si elle n'est adressée à l'organiste Cauvet, que Massenet admirait beaucoup, doit l'être au compositeur italien Sgambati...". Et R. Hahn d'expliquer pourquoi.

Massenet s'adresse très certainement à Giovanni SGAMBATI (1841-1914), l'élève et ami de Liszt qui venait de fonder le Conservatoire de Rome ; il avait composé en 1876 un "Preludio e fuga" op. 6 et, à ce sujet, Massenet précise dans sa lettre avoir "... déjà lu votre composition chez vous lors de ma visite à Rome en 1878...". Deux beaux documents.

190. MASSENET Jules - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 2.XI.1901. (250.-) 150.-

A son élève Max d'OLLONE (1875-1959), compositeur, chef d'orchestre et critique musical. "... Vous êtes resté absolument bon et affectueux pour votre vieil ami !...", etc.

191. MATHIEU Georges (n. 1921) Peintre abstrait français - L.A.S., 2 pp. in-4 ; Paris, mars 1965. Pièce jointe. En-tête gravé. (400.-) 250.-

De son écriture exubérante tracée au feutre doré, Mathieu se plaint d'avoir été fort mal reçu dans un restaurant vénitien dont il envoi la "Carta del giorno" (ci-jointe avec quelques retouches et une dédicace A.S. au feutre doré). Le reste de la lettre concerne une étiquette pour des bouteilles de vin : "... après Braque, Villon et quelques autres. Mais les habillages des vins de champagne sont beaucoup plu s somptueux et plus à ma mesure...". Il se demande si l'entreprise dans laquelle travaille son correspondant accepterait qu'il "... habille certains crus spéciaux...", etc.

192. MATHIEU Georges - Invitation imprimée (35 x 24 cm environ) donnant accès à une réception de Monsieur Pétrus Desbois en son château Saint-Georges "... pour l'inauguration de nouvelles salles...". Le peintre a écrit de sa main le nom du destinataire et a fait précéder sa signature "Mathieu 66" d'une de ses typiques taches noires à effet décoratif. (500.-) 300.-

193. MATHIEU Georges - Quatre autographes (dont deux signés), 12° et 4° ; vers 1965/70. Trois pièces jointes. En-têtes gravés. (300.-) 200.-

Courts messages de remerciements ou ayant accompagné des envois, comme par exemple cette lettre d'un responsable d'une marque de champagne offrant en dégustation une bouteille de "Réserve de l'Empereur", Brut 1961 ! On joint une invitation à une conférence de Mathieu et un "Extrait du Mercure de France - Février 1965", petite brochure in-8 imprimée (8 pp. + couverture, petite mouillure à un coin) renfermant un "Conte" c omposé par le peintre.

 

194. MAUFRA Maxime (1861-1918) Peintre impressionniste français, ami de Gauguin - L.A.S. (init.), 2 pp. in-8, datée "Mardi". (750.-) 500.-

Jolie missive à un ami dont il attend des explications "... par télégramme...". Il ne devait en effet partir que le lendemain et espérait "... aller à Bt (Bréhat ?) passer deux jours...". Ce contretemps l'ennuie beaucoup, d'autant qu'il comptait également "... rester à travailler à Saumur, car ici je n'ai pas eu beau temps et n'y ai été du reste que 11 jours. Ça n'est pas une situation, pas tranq uille, pas pouvoir travailler. Après tout merde... J'ai hâte d'avoir ta lettre...", etc. Autographe peu commun de cet artiste terrassé par une crise cardiaque devant son chevalet à l'âge de 57 ans, alors qu'il peignait au bord du Loir, à Poncé.

195. MAUPASSANT, Guy de (1850-1893) Ecrivain français au caractère débordant de vitalité ; fêté partout, il fut progressivement assombri par des troubles nerveux et la hantise de la mort - L.A.S., 1/2 p. in-8 ; sans lieu ni date. (900.-) 600.-

Bref message, adressé à un "cher ami", ayant probablement accompagné un envoi (livre, article, objet ?) : "... Ceci vous regarde...". Belle signature "Maupassant". Années 1875/80 ? Sur papier filigrané "Original Delta - Extra Super".

196. MEIR Golda (1898-1978) Premier ministre israélien - Signature autographe sur enveloppe premier jour (F.D.C.), avec timbres et cachets suisses de 1975, "Année de la femme". Joint : portrait officiel en couleurs (signature au tampon), enveloppe et billet de compliments imprimés ; (1970). (250.-) 150.-

197. MERLE D'AUBIGNÉ, Henri (1794-1872) Théologien protestant et historien suisse - L.A.S., 1 p.in-4 ; "Mornex, samedi soir". Adresse au verso. (250.-) 150.-

A "Monsieur Quiblier, chez le Concierge de l'Oratoire - rue Tabazan" à Genève, auquel Merle d'Aubigné fait parvenir une "... lettre pour l'Amérique. Je me promène et j'écris mon Rapport...". Il demande qu'on lui rende un service, etc.

Rue Tabazan, située dans le vieux Genève, quelques professeurs de la faculté de théologie de l'Université locale avait fondé vers 1850 la "Faculté Libre de l'Oratoire" d'où sortira L'Eglise Libre de l'Oratoire dont Henri DUNANT était membre et où fut créée la CROIX-ROUGE !

198. METTERNICH, Klemens, prince de (1773-1859) Homme d'Etat autrichien, chancelier de 1809 à 1848 - L.S., 2 1/2 pp. in-folio ; Vienne, 28.X.1847. En allemand. (450.-) 300.-

Quelques mois avant sa chute (mars 1848), le vieux diplomate autorise l'ambassadeur autrichien auprès du Grand-duc de Toscane, le baron von Neumann, à maintenir sa résidence à Florence malgré les nouvelles charges dont il vient d'être investi. Metternich lui transmet ses directives relatives à ses déplacements à Parme et à Modène, précise ce que le ministère autrichien prendra à sa charge, etc. Dynamique sign ature du chancelier qui, à 74 ans et après quarante années de pouvoir, semblait ne jamais vouloir laisser les rênes du pays !

199. MEYERBEER Giacomo (1791-1864) Compositeur all. - L.A.S., 1 p. in-8 ; "Ce mardi" (Paris, vers 1830/32 ?). En-tête à son chiffre. Petit manque restauré dans le coin supérieur gauche. Pièce jointe. (500.-) 350.-

"Mon cher Monsieur ! - écrit Meyerbeer à un destinataire non identifié - Après avoir un moment réfléchi je pense que vous atteindriez plus surement le but désiré..." en chargeant Monsieur Gonin de rencontrer l'éditeur de musique Maurice Schlesinger. "... Je vous dirai de vive voix pourquoi. Ainsi si vous y consentez j'irai voir Mr Gonin, & dans ce cas vous n'écririez pas à Mr Schlesinger...". Il se r&egra ve;glera d'après la réponse de son correspondant et espère le voir vers une heure.

A cette missive est jointe une enveloppe (date postérieure) avec adresse écrite de la main de Meyerbeer : "... Monsieur H. de St. Georges - 33. Rue de Trévise. - Paris" ; ce qui pourrait laisser supposer que la lettre ci-dessus proviendrait des papiers de J. H. Vernoy de Saint-Georges (1799-1875), le librettiste de Donizetti, Halévy, Hérold, Adam, Offenbach, Bizet et tant d'autres. Il avait aussi dirigé le théâtre de l'Opéra Comique en 1829.

200. MOCKEL Albert (1866-1945) Poète symboliste belge - Deux poèmes A.S., 2 pp. in-8 ; (Bruxelles), avril 1923. (450.-) 300.-

Jolie feuille d'album sur laquelle le poète a tracé deux de ses compositions (l'une au recto, datée, et l'autre au verso) suivies de sa signature.

"Aspiration" est un beau poème de 14 vers (dont un mot a été rayé et remplacé) commençant ainsi : "Lève très haut les yeux...", etc. - Au verso, dix-huit vers titrés "Fable comme ça...", semblent avoir été improvisés : "Eve, suprême créature / extase et chant de la nature..." ; cet hymne à la beauté de la Femme, "... vaine torture / qu'inspire la littérature...", se termine par les mots : "... chut un album de poésie... avec mille excuses pour l'impertinence..."...

201. MONET Claude (1840-1926) Peintre impressionniste français - L.A.S. "Claude Monet", 2 pp. in-8, crayon-encre mauve ; Giverny, 20.III.1920. En-tête à son adresse. (2800.-) 2000.-

En ce printemps 1920, Monet s'adonne à une peinture que lui inspire son resplendissant jardin de Giverny à la végétation luxuriante et fleurie, spectacle qu'il aimerait semble-t-il partager avec un nouveau collectionneur qu'il invite à venir lui rendre visite : "... Bien vite, je vous avise, que justement mardi, toute ma journée sera prise... Prenez un autre jour... sauf le dimanche... [je] vous attendrais, très heureux... de faire votre connaissance. ..". Et, comme pour le tenter davantage, il ajoute en post-scriptum : "... Vous ferez bien de profiter de cette période de beau temps...", etc.

 

202. MONET Claude - Adresse autographe, trois lignes sur enveloppe avec timbre et cachets postaux datés du 11 juillet 1899. (400.-) 250.-

Enveloppe ayant servi à acheminer une lettre que Monet adressa à son admirateur le plus actif, le critique d'art Gustave GEFFROY (1855-1926), résidant alors au "30 Quai de Béthune" à Paris. Papier de deuil.

203. MONNET Jean (1888-1979) Economiste français, l'un des "pères" de l'Europe, et Otto de HABSBOURG (n. 1912), Archiduc, héritier du trône d'Autriche et euro-député allemand - Enveloppe premier jour (F.D.C.) signée par les deux ainsi que par François-Xavier ORTOLI (n. 1925), alors Président du Conseil de l'Europe. Timbre et cachets postaux allemands (datés "6.4.1976") pour les 25 ans de l'Union Europ&eacut e;enne du charbon et de l'acier. (250.-) 150.-

204. MORAND Paul (1888-1976) Ecrivain et diplomate français - L.A.S. "P. M.", 1/2 p. in-4 ; Vevey, 19.IV.1952. Enveloppe. Deux pièces jointes. (500.-) 300.-

Il remercie un ami pour l'envoi d'une lettre de Max JACOB : "... Que ne l'ai-je vu davantage et que n'ai-je pu quelque chose pour lui à Vichy. Je m'en veux de n'avoir pas été le voir alors...". Très belle ! Joint : carte de félicitations A.S. et C.A.S. de sa femme.

205. [Livre] MORAND Paul - "L'Europe galante", 12°, 260 pp. ; Grasset, Paris, 1925. Edition originale, exemplaire du service de presse. Papier bruni. Dédicace A.S. "A L. P. Fargue - Scenic railway (défense de se tenir debout)...". (250.-) 150.-

206. MURAT Joachim (1767-1815) Maréchal de France et roi de Naples - L.S., 1 p. in-folio ; Milan, 13.XII.1802. Nom du destinataire gratté, mais lisible. Rare en-tête avec vignette emblématique. (500.-) 350.-

En tant que général en chef des "... Troupes Françaises stationnées dans la République Italienne et la Toscane...", Murat informe le ministre des Relations extérieures, Marescalchi, que J.-A.-M. AGAR (1771-1844) étant sur le point de se rendre à Paris, il serait bon, "... Lorsque vous expédirez des couriers pour Milan,... d'en donner avis au Citoyen Agar afin qu'il puisse en profiter pour les différentes commissions dont je pourrais le charger...".

Compatriote de Murat, Agar devint très tôt l'homme de confiance du futur maréchal d'Empire ; nommé grand-duc de Berg et Clèves, ce dernier lui confia l'administration de ses Etats et, en 1807, lui donna en mariage l'une de ses nièces.

207. MUSSOLINI Benito (1883-1945) Dictateur italien exécuté par les partisans alors qu'il tentait de passer en Suisse - Manuscrit autographe, 1 p. pleine in-folio ; (automne 1924 ?). (1500.-) 1000.-

Intéressante feuille de notes intitulée "Attorno allo Statuto" relative à certaines critiques et considérations politiques sur la Charte constitutionnelle en vigueur au moment de la prise du pouvoir par les Fascistes en 1922. Notre document pourrait bien se situer peu avant l'époque où, par son action politique, Mussolini retira pratiquement toute valeur à cette Charte fondamentale, et cela "en douceur", sans l'abroger ou recourir &agra ve; des décrets...

"... Già dal 1875 Crispi denunciava la crisi del parlamento... e chiedeva la riforma dello Statuto... Minghetti replicava : Ammetto la riforma statutaria... Nel 1883 Agostino Bertani così si esprimeva : Il suffragio universale è legato indissolubilmente alla riforma dello Statuto... Bisogna rendere lo Statuto più conforme alle esigenze dei tempi nuovi...". La deuxième partie du manuscrit est au crayon ; Mussolini y a noté certaines accusations de violat ions de la Constitution, formulées contre Crispi en 1893 : "... Voi avete ad una ad una stracciate tutte le pagine dello Statuto. Avete fatto scempio di tutte le nostre libertà...", etc.

L'opposition s'étant abstenue (juin 1924) des travaux parlementaires après l'assassinat de Matteotti, Mussolini profita des molles réactions de l'opinions publique pour commencer une vraie dictature fasciste, annoncée dans son discours du 3 janvier 1925, discours qu'il avait fait précéder de décrets limitant les libertés de la presse.

208. MYRDAL Gunnar (1898-1987) Economiste suédois, prix Nobel en 1974 - L.S., 1/2 p. in-4 ; Stockholm, 1.VII.1965. Adresse et marque postale au dos ("Aerogram"). (350.-) 200.-

"... It was a great pleasure to get your letter and hear about the activity of your children and youth. This is only to wish them continued success and happiness...". A Dick Hall, responsable de l'Armée du Salut de Chicago.

209. NAPOLÉON Ier Bonaparte (1769-1821) Empereur des Français - P.S. "Bonaparte" (secrétaire), 1 p. in-folio obl. sur parchemin ; Saint-Cloud, 23.IV.1803. En-tête et texte en partie imprimés. Joli sceau plaqué sous papier. (500.-) 350.-

"Donné à Saint-Cloud, sous le petit sceau de l'Etat...", ce très beau document datant de la période consulaire atteste que Nepomucène LUCOZ a été nommé à la Présidence de l'Assemblée du Canton de Fontaine More (Aoste, Italie). Contresigné par le chimiste J. A. CHAPTAL (1756-1832), ministre de l'Intérieur, et par le futur duc de Bassano, Hugues MARET (1763-1839), secrétaire d'Etat du gouvernement co nsulaire de Bonaparte.

 

210. NAPOLÉON Ier Bonaparte - L.S. de son initiale avec paraphe, 1 p. in-4 ; Fontainebleau, 25.I.1813. Texte de la main du baron FAIN. (2000.-) 1500.-

Belle missive militaire adressée au prince Eugène, chef de la Grande Armée restée en Allemagne, où il est question des approvisionnements qu'il convient de constituer à Glogau (Prusse), vraisemblablement en prévision d'une nouvelle Campagne contre les Alliés. Napoléon ordonne que l'on porte à 400.000 les rations de farine, 100.000 celles de viande salée ; d'autre part "... Il n'y a en eau de vie, vin, bière, vinaigre , que pour un an. Il faudrait l'augmenter de 400.000 rations...".

Ce même 25 janvier 1813, on signait à Fontainebleau le nouveau Concordat dont les bases avaient été jetées quelques jours plus tôt par Napoléon Ier et Pie VII.

211. NAPOLÉON Ier Bonaparte - Manuscrit autographe, 11 mots sur petit fragment (cm 2,5 x 10) avec texte au verso ; Sainte-Hélène, 1816. (5000.-) 3500.-

Précieuse relique, partie d'une feuille du manuscrit original du Mémorial de Sainte-Hélène !

Ce fragment se rapporte aux textes relatifs à la Campagne d'Italie, dictés et corrigés par Napoléon, puis publiés par Las Cases dans le Chapitre VI - Suite deuxième, du Mémorial. Au commencement de l'année 1797, l'ex-empereur trace d'une écriture microscopique, à propos de l'Italie, les mots suivants : "... traité offensif et défensif conclu avec le [général = mot rayé] Roy de Sardaigne...".

Au verso, deux lignes rayées sont de la main de SAINT-DENIS, qui recopiait les notes prises par Las Cases sous la dictée de Napoléon : "... général Clarke de suivre cette négociation [a]vec le Comte de St Marsan. La République...".

En tête du fragment, juste au-dessus du texte autographe de Napoléon, une main anglaise (Caroline Henrietta SHERIDAN, 1779-1851, dans la collection de laquelle cette relique fut conservée au XIXe siècle ?) a écrit : "Bonaparte writing - given to me by Mrs Co. SKELTON who received it from the Count Las Casas (sic !) at St Helena".

Le 14 mai 1816, Mrs Mary Moore Casamajor SKELTON (1775-1866), épouse du Lieutenant-Gouverneur de Saint-Hélène, embarquait pour l'Europe, non sans laisser des regrets à l'ex-empereur qui avait trouvé en elle une amie avec laquelle parler en français, dîner, se promener et même jouer aux échecs ! Sir Hudson Lowe expliqua que le départ du couple était devenu nécessaire car il soupçonnait Napoléon de se servir des Skelton pour faire passer sa correspondance clandestine...

Pour le texte cité dans l'autographe, voir : Mémorial (éd. La Pléïade), vol. I., pp. 667/668.

212. NAPOLÉON II (1811-1832) Roi de Rome puis duc de Reichstadt. Fils unique de Napoléon Ier et de Marie-Louise. Après l'abdication de son père, le 22 juin 1815, il fut reconnu par les Chambres des Cent-Jours sous le nom de Napoléon II, mais non par les Alliés - P.A., 2 pp. in-4 ; (vers 1827/1828). Autographe rare. (5000.-) 3500.-

D'après une note au crayon tracée dans la marge par Cornuau, ce manuscrit provient des papiers du capitaine J. B. FORESTI, précepteur du duc de Reichstadt. Il s'agit de la transcription de deux poèmes italiens intitulés "Il ratto d'Europa", une des "Idylles" de Métastase, et "Petrarca", un sonnet d'amour du grand poètes'ouvrant sur les vers suivants : "Grazie che a pochi il ciel largo destina / Rare virtù non gi&ag rave; d'umana gente / Sotto biondo capel canuta mente / E in umil donna alta beltà divina...", etc. Magnifique document !

213. NAPOLÉON III Bonaparte (1808-1873) Président, puis empereur des Français de 1852 à 1870 - L.S., 1 p. in-8 ; Alger, 6.V.1865. Texte de la main de son secrétaire, le Corse Franceschini PIETRI (1835-1915). En-tête à son chiffre couronné, imprimé à sec. (1200.-) 800.-

Intéressante missive écrite pendant son voyage en Algérie (3 mai/7 juin), pays que Napoléon visita entièrement, d'Alger à Milianath, Médéah, Blidah, Oran, Sidi-bel-Abbès, Mers-el-Kébir, Mostaganem, Philippeville, Constantine, Biskra, Bône, etc.

Trois jours après avoir débarqué sur le sol africain, l'empereur écrit au général Toussaint DESVAUX (1810-1884), sous-gouverneur de l'Algérie depuis une année. "... J'ai reçu une réclamation des Indigènes habitant l'annexe de la Commune d'Oued Laleng, qui ont eu leurs moissons brulées par des flammèches échappées... d'une locomotive du chemin de fer..." ; à cela s'ajoute un probl&egra ve;me de répartition d'eaux d'irrigation. Désirant que son voyage "... serve à rendre justice à ceux qui ont le droit de l'attendre..." de son gouvernement, Napoléon III désire être renseigné à ce sujet afin d'être en mesure de juger par lui-même si ces réclamations sont fondées, "... et dans ce cas comment on peut y faire droit...", etc. Texte intéressant.

Les lettres écrites d'Algérie sont rares !

214. NIBOYET Eugénie (1797-1883) Féministe et écrivain français, fondatrice en 1848 de la Voix des Femmes et du Club des Femmes qui fut très vite fermé par l'autorité républicaine - L.A.S., 1 p. in-folio ; Paris, 29.VI.1848. (400.-) 300.-

Important "appel" au Maire de Paris, Armand MARRAST (1801-1852), pour le prier, dans "... les circonstances difficiles où nous sommes... [de la] nommer déléguée du travail dans l'intérêt des femmes... Qu'il nous soit permis d'instruire, d'éduquer, d'améliorer celles-ci et cet essai prouvera... ce que toutes ensemble pourraient, étant bien dirigées... Citoyen Maire... [ma] demande... est dans l'intérêt du trav ail et des travailleurs...", etc. Mme Niboyet signe comme "Présidente de l'association : La Voix des femmes".

215. NORDENSKJÖLD Erland (1877-1932) Explorateur et ethnologue suédois - Manuscrit A.S., 1 p.in-8 obl. ; Berlin, 18.VII.1910. En allemand. (250.-) 150.-

Charmant texte poétique extrait d'un conte indien : "Un jeune enfant jouait avec sa sœur, chacun essayant de sauter plus haut que l'autre, toujours plus et toujours en s'amusant... Et depuis ils sont assis là-haut dans le ciel, comme deux étoiles..." (traduction libre).

216. NOUREIEV Rudolf (1938-1993) Danseur et chorégraphe soviétique - Dédicace A.S. "With my best wishes - R. Noureïef" écrite sur carte in-12 au-dessous d'un joli portrait monté (imprimé), le représentant en pied, sur scène avec sa partenaire dans la "Danse du Cygne". (300.-) 200.-

217. OMER-Pacha, Michel Lattas, puis (1806-1871) Général turc d'origine croate - L.A.S., 2/3 p.in-8 ; Crimée, 28.V.1855. Autographe rare, de cette époque ! (500.-) 300.-

De son "Quartier Général Ottoman", le généralissime Omer-Pacha charge l'un de ses officiers de lui faire fabriquer "... une table dont Mr le Capitaine de Jenseau vous donnera les dimensions...".

La Turquie (depuis oct. 1853) et ses Alliés (Grande-Bretagne, France et Sardaigne, depuis mars 1854) étaient entrés en guerre contre la Russie. Alors à la tête de l'armée ottomane, le chef militaire turc secondait les forces alliées commandées par Lord Raglan. Le 18 juin 1855, après un siège de plusieurs mois, la ville et le port de Sébastopol allaient être attaqués une première fois, causant de nombreuses per tes dans les deux camps.

218. ORIANI Barnaba (1752-1832) Astronome italien, directeur de l'observatoire de Brera, à Milan. Inventeur de la Trigonométrie sphérique - Trois manuscrits autographes, 3 pp. in-12, + un manuscrit d’une autre main, en tout 6 pp. in-4 ; Milan, 1833. Cachets de collection. En italien. (1200.-) 800.-

Le 12 novembre 1832 mourait à six heures du matin, à Milan, l'illustre astronome Barnaba Oriani. Quelques mois plus tôt, sentant sa fin proche et n'ayant pas d'héritiers directs, le savant rédigeait (30.V.1832) son Testament.

L'intéressant document que nous offrons ici nous révèle les noms des personnes, savants, amis, serviteurs qui entouraient Oriani à cette époque, et précise les différents objets que l'astronome décida de léguer à chacun : instruments scienfitiques, montres, textes manuscrits, etc., certaines institutions, comme l'Observatoire de Brera ou la Bibliothèque Ambrosiana faisant partie des bénéficiaires.

A ce manuscrit, déjà fort précieux en lui-même - et qui pourrait être de la main de Carlo Gianella, choisi par Oriani comme exécuteur testamentaire - sont joints trois feuillets autographes de l'astronome remplis de calculs et de montants (ainsi que leur destination) dont il semble qu'Oriani ait voulu laisser trace après la rédaction de son testament, probablement dans le but de justifier certains crédits ou dépenses venant complé ;ter le document initial. Les dates que l'on y trouve, également de la main d'Oriani, laissent supposer que ces notes furent recueillies entre septembre et début novembre 1832, car les intérêts y sont calculés jusqu'au 21 novembre, 9 jours après sa mort...

Emouvant témoignage. Cachet de la célèbre collection D. Muoni (1820-1894).

219. OUDINOT Nicolas-Charles (1767-1847) Maréchal d'Empire, duc de Reggio - L.A.S., 1/2 p. in-4 ; (Metz), 21.XI.1814. (250.-) 150.-

Alors gouverneur de Metz, Oudinot communique ses instructions au général Durutte afin que le général Gressot accorde un congé à un officier. Après la capitulation de Paris, le 31.III.1814, le maréchal se voua au service des Bourbons ; en 1815, il essaya de s'opposer à la proclamation de l'Empire à Metz, mais dut céder devant l'émeute. Napoléon l'exila alors dans ses terres.

220. PAGNOL Marcel (1895-1974) Ecrivain et réalisateur français - MENU in-8, signé par lui et par dix autres personnes ; Cibourne, 17.IX.1966. (350.-) 200.-

Réunis à Cibourne à l'occasion de la "Journée Pierre Benoît", les amis du romancier disparu en 1962 se retrouvent autour d'une table pour goûter du "Foie gras des Landes, Langouste de l'Artha... Herriko Gasnak" arrosés de Pouilly-Fuissé 1959, Bordeaux Lussac-Saint-Emilion 1961, etc. Parmi les convives, citons, outre Pagnol : Roland DORGELES, Jacques DUVAL, Yves GANDON, Roger NICOLLE, DENOËL, etc.

221. PARINI Giuseppe (Un protecteur de) - L.A.S., 2 pp. in-4, de Giuseppe Maria IMBONATI († 1768) ; Milan, 8.X.1721. (300.-) 200.-

Belle missive littéraire écrite peu avant son départ pour Como. "... Portandomi dal Sig. Sorte m'industrierò di ricavare il Libretto degli antichi statuti, e non mi avvenendo di farlo, perchè si vede che c'è sotto mistero (!) al suo ritorno in Milano potrà... assicurarsene nell'Archivio del Senato. Farò pur di ottenere le due altre ordinazioni del 1341 e del 1514...", etc.

En 1764, le mécène, poète et président de l'Académie des Transformati, Giuseppe Maria Imbonati, engagea l'abbé PARINI comme précepteur pour son fils Carlo. C'est de cette époque que date la composition du long poème Le Jour, où Parini critique âprement les mœurs de la noblesse milanaise de l'époque. Notons qu'Alessandro MANZONI, dont la mère, restée veuve, vécut avec Carlo IMBONATI, écrivit en s ouvenir de ce "beau-père" l'un de ses meilleurs poèmes ("In morte di Carlo Imbonati").

222. PASTERNAK Boris (1890-1960) Ecrivain soviétique, poète et romancier. Son Docteur Jivago lui apporta une célébrité mondiale. En 1958, il obtint le prix Nobel qu'il ne put aller recevoir à cause du régime soviétique - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 gr. ; (Peredelkino), 7.II.1950. En anglais. (3000.-) 2000.-

A son traducteur anglais, M. Ashmore. Pasternak le rassure quant à la livraison d'un texte auquel il continue de travailler bien qu'il lui faille s'occuper aussi de tâches plus rémunératrices ! "... The account you have read... is false. It occours at a time when... I again was compelled to interrupt the playwriting for weeks... Don't be anxious about the play. It will take a long time, not less than half a year more...". L'écrivain évoque les probl&egra ve;mes qu'il rencontre avec un éditeur italien, et ceux liés aux traductions et aux droits de publication : "... I cannot decide... at so early a stage when the play is not yet even written. I shall be unable to review the proposals and determine the situation...". Il tente aussi de faire comprendre à son correspondant les difficultés d'ordre politique qui l'accablent : "... It is not in the nature of our particular conditions that are ununderstandable to you. But please, stop corresponding with me on this matter...". Extraordinaire document !

223. PATTI Adelina (1843-1919) Soprano italien qui triompha pendant cinquante-six ans sur toutes les scènes d'Europe et d'Amérique - Merveilleuse PHOTO-carte de visite signée "Adelina Patti", cliché exécuté vers 1868 par le photographe parisien Reutlinger. Mi-buste de trois-quarts. (600.-) 400.-

La jeune cantatrice revêt ici une élégante tenue de ville dans le goût de l'époque : robe de velours foncé, petit chapeau à plume retombant sur le front, col en forme d'écharpe,le tout parsemé de nombreuses perles noires. [Voir aussi le n° 131, R. Hahn]

224. PATTI Carlotta (1835-1889) Soprano it., sœur d'Adelina - PHOTO signée, 24° ; vers 1870. (800.-) 500.-

Rare photo-carte de visite (cliché Albert, photographe à la Cour de Munich), réunissant six petits portrait en buste de la célèbre cantatrice représentée dans différentes pauses.

A cause d'un petit handicap physique (suite à une mauvaise chute dans sa jeunesse, la jeune femme boitait), et malgré sa belle voix, Carlotta Patti avait renoncé à se produire sur scène ; très appréciée dans le monde entier, elle ne chantait plus que dans des concerts.

225. PERIGNON Cath.-Dominique (1754-1818) Maréchal d'Empire - L.S., avec beau post-scriptum autographe de 7 lignes, 2 pp. in-folio ; Paris, 7.VII.1806. En-tête à son nom. (350.-) 200.-

"Le Maréchal PERIGNON, Membre du Sénat Conservateur..." demande au général CAFFARELLI que l'on rende un service à l'un "... de nos compatriotes de Toulouse...", fils d'un ancien jurisconsulte, "... en grande réputation...". L'officier, qui fut nommé capitaine en octobre 1791, époque "... où les événements politiques l'éloignèrent de la France, ... ne demande pas mieux que de pouvo ir servir son Pays... Mr Dalbaret aspireroit au grade de chef de bataillon,... mais je n'ose pas trop insister...", etc.

En-tête imprimé peu commun.

226. PEYRE Antoine-Marie (1770-1843) Architecte fr., ancien officier et aide de camp de Lafayette, il exécuta d'importants travaux de restauration sur les monuments de Paris. Un des premiers à avoir employé des charpentes en fer - L.S., 2 pp. in-folio ; Paris, 25.VI.1834. En-tête gravé à ses nom et titres. (450.-) 300.-

Il conteste vivement les observations contenues dans le rapport de M. Aubert relatif à certains travaux faits à l'escalier de la Sainte-Chapelle. "... il est impossible de faire jouir le public de cette issüe avant que le batiment de la Ste Chapelle et surtout son péristile ne soient séparés... J'ai depuis l'achèvement de cet escalier, présenté... le devis des ouvrages à faire pour la restauration de la Ste Chapelle... et je n'ai ob tenu aucune décision à cet égard...", etc. Profanée en 1791, la Sainte-Chapelle du Palais à Paris était désormais presque méconnaissable quand Duban, Lassus et Viollet-le-Duc en commencèrent enfin la restauration...

227. PIAF Edith (1915-1963) Chanteuse française de renommée mondiale - P.S., 1 p. in-4 ; Paris, 4.VII.1951. Trous de classement. (1200.-) 800.-

Piaf au BRÉSIL ! La chanteuse s'engage ici "... pour quatre semaines... aux environs du mois de Juin 1952, pour faire son tour de chant une fois par soirée d'une durée de 35 à 45 minutes..." au Copacabana Palace de Rio de Janeiro ; le directeur de cet établissement, José Caribé de Rocha, promet à l'artiste "... six mille dollars par semaine, nets de tous impôts... plus cinq voyages avion aller et retour de Paris à Paris.. .".

Mademoiselle Piaf accepte de paraître dans des émissions radio et d'aller chanter à Sao Paulo dans un cabaret dépendant du Copacabana Palace. Elle amènera avec elle son chef d'orchestre-pianiste (Jacques Pills ?), son accordéoniste et disposera d'un appartement très confortable. Elle se réserve le droit de se produire au Brésil et dans d'autres villes d'Amérique Latine, etc.

228. PICOZZI Antonio (1824-1893) Poète milanais, directeur de la B. N. Braidense - Poème A.S. "El tò Papà ... El Picozz", 1 p. pleine in-8 ; Milan, 15.VII.1890. En-tête de la B. N. de Brera. (400.-) 250.-

Charmant sonnet en dialecte lombard destiné à l'album de sa fille aînée : "Oh cara la mia bella Mariolina, / Semper bona e graziosa col Papà / Fino de quand te seret piscinina, / ch'el te tegneva in scofs a giugattà...", etc.

229. PIERMARINI Giuseppe (1734-1808) Architecte italien, on lui doit notamment la construction du théâtre La Scala de Milan - P.S. avec une ligne autographe, 1 p. in-8 ; Milan, octobre 1780. (750.-) 500.-

En tant que responsable des travaux publics de la ville de Milan, l'architecte Piermarini approuve le devis de fourniture de chaux et de pierres de construction qui lui a été soumis par l'entrepreneur Giovanni Maria. Celui-ci s'engage à livrer d'ici à décembre "... per la R. Fabbrica della Posta nel Verzaro vecchio di questa città Barche quatro calcina d'ada ben cotta e di buona qualità... nel prezzo di soldi trenta quatro... In oltre... mi obbligo di soministrare sul posto della stessa Fab.ca Miara due cento milla Pietre per mettà secondo la Mostra... del R. Arch.° Sig. Piermarini, di quella grosezza med.a e non altrimenti...", etc.

Intéressants détails relatifs à la construction d'un important bâtiment public milanais. Autographe peu commun.

230. PLANTADE Charles-François (1787-1870) Musicien français, il écrivit plus de deux cents romances chansons et chansonnettes très en vogue à son époque - L.A.S. (en tête, 3ème personne), 1 p. in-4 ; Paris, 21.XII.1818. (250.-) 150.-

Jeune chef de bureau au ministère des finances, Plantade se livrait surtout à ses goûts artistiques hérités de son père alors maître de chapelle du roi Louis XVIII. Il prie son correspondant, Monsieur Durandeau, de s'intéresser à l'un de ses protégés, dont il a déjà chaudement appuyé la demande l'année précédente "... auprès de Son Excellence...".

231. PORTUGAL : MARIE-ANNE d'Autriche (1683-1754) Reine dès 1708, femme de Jean V - L.S. "Raynha", 1 p. in-folio obl. ; Lisbonne, 3.II.1736. Adresse et grand cachet sous papier au dos. (250.-) 150.-

 

232. POULENC Francis (1899-1963) Compositeur français, membre du groupe des Six - L.A.S. "Francis", 1 p. in-12 ; (Noizy, vers 1962). (1200.-) 800.-

Au dos d'une jolie PHOTO (inédite ?) où l'on voit Poulenc assis à son bureau trônant au milieu d'un grand salon fleuri, avec cheminée de marbre noir, fauteuil et candélabres, le compositeur adresse ce long message (20 lignes) à son très cher ami le violoncelliste Pierre FOURNIER. "Mon Pierre, ton vieux... renaît lentement de ses cendres... Le mois passé dans les Tyr, avec mon ami neurologue m'a tellement aidé..." ; il se demande comment il a bien pu en arriver là : "... ma closière (?) dit que c'est ma ménopause. Soit, mais je veux encore de la sorté pour voyager avec mon celliste chéri...".

Le Concerto de Vivaldi l'ennivre toujours : "... Tu est incontestablement le plus grand instrumentaliste français et le plus grand celliste mondial. Sur ce je te baise... au front s'entend...". Magnifique !

233. PRUSSE : FRÉDÉRIC II Hohenzollern (1712-1786) Roi dès 1740, ami et correspondant de Voltaire - L.S. "Frederic", 1/6 p. in-4 ; Potsdam, 20.V.1780. En français. (1500.-) 1000.-

Réponse particulièrement ferme à une demande de grâce. "... Dans des cas comme le vôtre, Mes lois sont trop positives pour admettre quelque agraciation. Elles sont générales. Tous Mes sujets doivent s'y soumettre...". Les arguments apportés par son correspondant ne méritent aucune considération "...quipûtvous soustraireàlapeine devotreduel, àlaquelle ces mêmes loisvousont condamné etqueJene sauroismitiger...". L'inflexibilité que dégage cette courte missive ne laisse aucun doute sur le sens que Frédéric II donnait aux mots justiceet égalité du citoyen face aux lois de l'Etat dont il était le promoteur et le garant !

234. PRUSSE : JOACHIM II de Brandebourg (1505-1571) Electeur dès 1535, il embrassa la religion luthérienne en 1539 et son exemple fut suivi par toute sa famille. Il fut, dit-on, empoisonné par un Juif qui craignait d'être appelé à rendre des comptes - P.S. "Joachim Kürfürst - manu ppria scpst", 1 p. in-4 carré ; Cöln an der Spree, "Montags nach S.te Mich. Anno XLIIII" (1544). Adresse au dos. Fragment. (600.-)& #9;400.-

Missive en allemand (dont il manque les deux ou trois premières lignes) adressée à Johann Albrecht, fils du Margrave de BRANDEBOURG. Message particulièrement amical à un autre membre de cette illustre famille, à l'origine des rois de Prusse. Notons que si Joachim II s'approcha de Luther, Johann Albrecht resta catholique et devint même évêque de Magdebourg.

235. PUCCINI Giacomo (1858-1924) Le célèbre compositeur italien - L.A.S., 1 p. sur carte in-12 obl. avec adresse du destinataire au dos ; Torre del Lago, 4.VII.1906. (1000.-) 600.-

Sympathique message au représentant de la Maison Ricordi à Londres. "Mister Pevon, All right per le camicie che ho ricevuto. Puoi dunque pagarle. Grazie anche per le cifre teatrali... ricordati la visita all'Abetone...", lieu touristique où Puccini avait l'habitude de se rendre pour composer. On donnait alors à Londres "Madame Butterfly " : ces "cifre teatrali " que lui communiquait son correspondant se rapportaient aux encaissements des repr&eacu te;sentations londoniennes... Puccini mesurait ainsi le succès de son opéra, avant la Première parisienne prévue en décembre 1906.

236. PUCCINI Giacomo - L.A.S., 1 p. in-4 ; Torre del Lago, 5.VII.1911. Adresse autographe au verso. En-tête à son adresse. (1600.-) 1000.-

Le musicien, qui s'habillait à Londres, n'est pas satisfait des derniers costumes fournis et tient à le faire savoir à son tailleur : "... i prezzi sono alti troppo perchè gli abiti non posso portarli non essendo riusciti...". Puis il s'enquiert de l'accueil réservé par les Britanniques à son nouvel opéra La Fanciulla del West, au programme du Covent Garden depuis le 29 mai : "... e la Fanciulla va sempre ? a Roma fu un grande e vero successo, anche di cassetta [encaissements !] tutte le sante sere che fu data...". Puccini sollicite des nouvelles d'Albert CARRE, directeur de l'Opéra Comique, et de son ami Polenghi, etc. La Fanciulla del West avait été créée le 10.XII.1910 au Metropolitan de New York, avec Destinn, Caruso, Amato, sous la direction de Toscanini.

237. QUASIMODO Salvatore (1901-1968) Poète et critique italien, prix Nobel en 1959 - L.S., 2/3 p.in-4 ; Milan, 30.VI.1966. En italien. Autographe rare. (450.-) 300.-

Il envoie sa photographie dédicacée (non jointe) aux jeunes gens de l'Armée du Salut de Chicago et leur souhaite d'œuvrer en faveur de la paix dans le monde.

238. [Aérostation - Siège de Paris, 1870] QUINET Edgar (1803-1875) Historien et homme politique français - L.S., 1 p. in-8 ; Paris, 19.XII.[1870]. (300.-) 200.-

Quinet est de retour à Paris depuis septembre 1870. La ville étant assiégée, la correspondance des Parisiens ne peut être acheminée autrement que par ballon monté. S'adressant ici à un ancien collègue, responsable du service des Aérostiers parisiens, il sollicite son "... obligeance dans un but patriotique : j'espère que vous voudrez bien faire partir par le plus prochain ballon les cinq lettres ci-jointes qui ne dépa ssent pas le poids règlementaire et qui contiennent un article des plus importants..." dont le contenu doit être au plus tôt porté à la connaissance de l'armée française et des membres du gouvernement provisoire réfugiés à Bordeaux.

Le destinataire a noté au crayon dans la marge : "... Les 5 lettres annoncées partiront par le 1er ballon...", vraisemblablement le Lavoisier, parti le 21 décembre.

239. RABIN Ytzhak (1922-1995) Général israélien. Premier ministre en 1992, il traita la paix avec les Palestiniens et fut tué par un extrémiste juif. Prix Nobel en 1994 - PHOTO in-12 (portrait de face pris sur le vif) signée en hébreux et en caractères européens dans la marge inf. blanche. Cliché Photopress, 1974. Joint : feuillet 12° à l'en-tête de l'Etat d'Israël, avec compliments imprimés du " Minister of Labor". (400.-) 250.-

240. RASORI Giovanni (1766-1837) Médecin et illustre patriote italien, proche d'Ugo Foscolo. Emprisonné de 1814 à 1818 pour son opposition au retour des Autrichiens à Milan - L.A.S., 9 pp. in-folio ; Milan, 7.IX.1812. (900.-) 600.-

Extraordinaire lettre-rapport confidentielle dénonçant le triste état dans lequel se trouvent les institutions médicales et militaires de Venise et de Mantoue, ville où Rasori sera d'ailleurs arrêté deux ans plus tard avant d'être enfermé dans les prisons locales pour "conjuration militaire".

L'analyse que le médecin fait ici des conditions pitoyables des "... Spedali di Venezia e Mantova..." est sans appel. Il y relève les graves irrégularités à l'origine d'une hausse sensible de la mortalité : personnel incompétent (il va jusqu'à citer les noms des responsables incapables de diriger leur service), mauvaise organisation, erreurs de diagnostique, transferts abusifs de malades pour simple raison administrative, profits personnel s, fournitures insuffisantes, etc. A Mantoue, les médecins militaires n'ont même pas remarqué que la dissenterie contagieuse se propageait dans l'hôpital, "... Perciò si sono veduti individui, i quali venivano allo spedale con tutt'altra, e talora lievissima malattia, finire coll'ammalarsi e morire di dissenteria...", etc. Véritable cri de rage et de douleur du médecin-patriote, neuf longues pages décrivant les mauvais traitements que subissent ses concitoyens.

241. RAVEL Maurice (1875-1937) Compositeur français - P.A.S., 12° obl. ; Paris, 30.VII.1928. Pièce déchirée puis reconstituée (sans manque). (1500.-) 750.-

Très rare chèque personnel de banque, tiré sur la "Société Générale de Crédit Industriel et Commercial", entièrement rempli à la main du célèbre musicien qui, s'étant trompé dans le montant tracé en toutes lettres, l'a corrigé avant d'ajouter au-dessus les mots : "je dis mille neuf cents". Puis, ayant de nouveau fait une erreur en écrivant le montant en chiffres (1980 frs au lieu de 1900 frs), Ravel a semble-t-il préféré déchirer son chèque, qui fut vraisemblablement récupéré par l'un des proches du compositeur, lequel l'a minutieusement restauré. Le seul chèque bancaire autographe de Ravel que nous ayons eu l'occasion de voir !

 

242. RAVEL Maurice - L.A.S., 1 p. in-8 ; Paris, 8.IX.1929. Enveloppe autographe. (1200.-) 800.-

Depuis son retour des Etats-Unis (1928), Ravel s'est consacré à divers projets dont certains plutôt insolites, comme le ballet pour Ida Rubinstein ("Bolero") ou encore sa musique pour le cinéma. A la recherche d'idées nouvelles, il s'adresse ici à un libraire de la Galerie Vivienne pour commander l'ouvrage intitulé "Album cosmopolite" (édité à Paris en 1835/40) contenant de nombreuses illustrations lithographié ;es de paysages, marines, intérieurs, costumes et scènes de mœurs. Le compositeur demande que l'ouvrage, s'il n'a pas encore trouvé acquéreur, lui soit réservé, car il part "... pour St-Jean-de-Luz tout à l'heure et ne compte pas revenir avant 1 mois au moins...". Il donne son adresse temporaire, "rue Tourasse, 9...".

De 1929/30 date son op. 32, Concerto en ré majeur pour piano (main gauche) et orchestre.

243. RENOIR Auguste (1841-1919) L'un des maîtres de la peinture impressionniste - L.A.S. "Renoir", 1 p. in-8 pleine ; Cagnes-sur-Mer, 29 mars 1907. (3500.-) 2500.-

Très belle lettre à l'industriel Maurice GANGNAT (1856-1924), admirateur du peintre et probablement le plus grand collectionneur d'œuvres de Renoir de l'époque (il possèdera jusqu'à 180 toiles, dont beaucoup parmi les meilleures !).

Renoir reconnaît qu'il a exagéré ses ennuis dans sa précédente lettre, mais, écrit-il, "... j'ai tellement horreur des déplacements que pour rester où je suis, même mal, je cherche tous les moyens de satisfaire ma manie...". Il pense pouvoir prendre sa décision à son retour à Paris "... dans peu de temps...", et cela verbalement plutôt que dans des "... lettres dans lesquelles je ne sais quoi dire...".

Dans un long post-scriptum (signé "AR"), le peintre se définit trop enthousiaste ; par exemple, "... on me propose d'aller en Egypte dans un mois. Je m'emballe, mais quand le moment arrive, regarder l'indicateur me suffit très bien..." !

En avril 1908, lors d'une vente publique dispersant la collection Charpentier, un portrait peint par Renoir allait être emporté pour 84.000 francs, montant encore jamais offert pour une œuvre du Maître. Le résultat de cette vente allait renchérir la cote des toiles de Renoir qui, quelques mois plus tard, était en mesure de s'acheter la villa des Collettes, bâtisse enfouie dans la verdure des hauts de Cagnes dominant le village et la mer.

244. [Socialistes français] RIBEYROLLES Charles (1812-1860) Républicain français, auteur d'une importante histoire du Brésil : Brasil Pitoresco - L.S. par lui et par trois autres socialistes, 1 p. in-4 ; Paris, 17.X.1846. En-tête du journal La Réforme. Adresse sur la IVe page. Imperfections dans la marge droite effrangée par endroits. Autographe rare. (500.-) 350.-

Lettre-circulaire signée par quatre membres du Conseil de Rédaction du journal de la gauche républicaine, La Réforme, dénonçant "... les tristes conséquences d'une loi qui, faussant la représentation nationale, a si fatalement réagi contre toutes les libertés publiques...", etc. Document signé par Charles Ribeyrolles ainsi que par les futurs ministres (de 1848) A. A. LEDRU-ROLLIN (1807-1874) et Ferdinand FLOCHON (1800- 1866) et par le journaliste Auguste DUPOTY (1797-1864).

Après avoir été directeur de La Réforme, Charles Ribeyrolles s'exila en Angleterre pour fuir la repression d'après juin 1849. Vers 1858, ayant reçu la commande d'un livre sur le Brésil qui devait accompagner un album d'illustrations lithographiées à partir de photographies de Victor Frond, il se rendit à Rio de Janeiro. La mort le frappa avant qu'il n'ait terminé le troisième tome de son célèbre ouvrage inti tulé "Brésil Pittoresque" dont le premier volume avait déjà paru en 1859.

245. ROCHEFORT Henri (1831-1913) Journaliste politique français, communard déporté en Nouvelle Calédonie - Pensée A.S., 1 p. in-8 ; Genève, août 1878. (250.-) 150.-

Après son évasion, en 1874, avec Grousset et Jourde, Rochefort s'est réfugié à Genève. Sur une feuille de papier quadrillé, le révolutionnaire a résumé en quelques lignes le principe fondamental qui est le sien : "Le premier devoir d'un homme qui travaille à la liberté des autres c'est de savoir sacrifier la sienne...".

246. RODENBACH Georges (1855-1898) Poète symboliste belge, proche de Mallarmé - L.A.S., 1 p. in-8 carré petit ; [Paris, fin 1896]. (500.-) 350.-

A propos d'une nouvelle qu'il n'arrive pas à terminer à cause de l'urgente correction des épreuves de son roman "Le Carillonneur", œuvre majeure dont la publication verra le jour en 1897. Rodenbach prévoit d'achever sa nouvelle vers la mi-janvier (1897) et l'apportera lui-même à son correspondant et ami : "... Prenez date et retenez dessinateur, en conséquence...".

Il s'agit vraisemblablement d'une des nouvelles parues dans le recueil "Rouet des brumes", publication posthume de 1901.

247. RODIN Auguste (1840-1917) Sculpteur fr. - L.A.S., 1 p. in-8 gr. ; [Londres], 30.VI.1907. (1200.-) 800.-

Sur papier à lettre portant en tête l'adresse londonienne du "30, Old Burlington Street" où l'artiste avait fait une halte à son retour d'Oxford - le 26 juin 1907, il avait été reçu "docteur honoris causa" par l'Université de cette ville -, Rodin répond par la négative au président d'un jury international qui sollicitait sa participation. Après avoir pris connaissance de la liste des membres qui constit ueront un "... Comité d'art français à l'Etranger...", il ne souhaite pas en faire partie car "... pour l'art je serai plus utile autrement et hors des rangs, ce qui me convient mieux...".

On retrouve bien là la nature rebelle et indépendante de Rodin, nullement porté à se laisser entraîner dans une démarche l'obligeant à cautionner la participation de confrères à une exposition d'art...

Pour la VIIe exposition de la Société internationale à la New Gallery (Londres, début 1907), le sculpteur avait envoyé une dizaine d'œuvres, bronzes, marbres, lavis, etc.

248. ROPS Félicien (1833-1898) Graveur et ill. belge - L.A.S. (init.), 1 p. 8° , (Paris, v. 1885 ?). (450.-) 300.-

A son ami et collaborateur, François NYS, dont l'imprimerie était devenue un rendez-vous incontournable pour tous les aquafortistes amateurs. Rops demande à Nys de passer à son atelier et d'apporter "... vite... le dessin de Rodrigues. Hier il ne l'avait pas encore reçu...". Il souhaiterait aussi savoir si quelques collectionneurs ont laissé "... des commissions pour moi...", etc.

Sous le pseudonyme d'E. Ramiro, Eugène RODRIGUES publiera en 1887 le premier "Catalogue descriptif et analytique de l'œuvre gravé" de Félicien Rops ; l'ouvrage était illustré de gravures d'après des compositions inédites de l'artiste belge.

249. ROSSINI Gioachino (1792-1868) Compositeur italien - L.A.S., 1 p. in-4 gr. ; Florence, 26.III.1853. Adresse autographe sur la IVe page. Deux trous hors texte, restaurés. Inédite. (2500.-) 1500.-

Rossini s'adresse au soprano Augusta ALBERTINI, "celebre cantante", pour lui présenter une jeune artiste "... per la quale so che voi pure prendete vivo interesse...". Il est persuadé que la "... posizione elevata in cui vi trovate per fatto dei vostri meriti in arte..." ne pourra qu'être bénéfique à cette jeune élève "... dotata, come trovasi, di bellissima voce di contralto...".

Augusta ALBERTINI († 1898) avait épousé le baryton-ténor Carlo BAUCARDÈ, célèbre premier interprète des opéras Rigoletto et Trovatore de Verdi. En 1859, ils avaient ensemble entrepris une importante tournée en Amérique du Nord.

250. ROUAULT Georges (1871-1958) Peintre et graveur français - P.S., 1 p. in-4 ; Paris, 7.VI.1926. En-tête imprimé. (1200.-) 800.-

Contrat par lequel l'artiste s'engage auprès d'un éditeur d'art à retoucher la pierre lithographique préparée pour le tirage d'une de ses œuvres. Outre les 500 francs que lui rapportera cette retouche, Rouault recevra 25 des 50 exemplaires hors commerce d'un "... portrait litho couleur..." ainsi qu'un pourcentage sur les ventes réellement effectuées. Intéressants détails sur les tirages, répartitions des droits, etc.

251. ROUMANIE, Elisabeth de (1843-1916) Reine et écrivain de langue allemande sous le pseudonyme de "Carmen Sylva" - Deux poèmes autographes, 2 pp. in-4 ; (Bucarest), 27.XII.1887. En allemand. (450.-) 300.-

"Der Geigenmacher" (Le Luthier, ou The Violin Maker) est le titre du premier poème formé de cinq quatrains et commençant ainsi : "Mir tr-umte dass die Engels / Im Chor...", etc. Au dos, la souveraine a traduit un sonnet de Sully-Prudhome intitulé "Der Verlorene Schrei" (Le cri perdu).

 

252. ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778) Ecrivain et philosophe genevois - Manuscrit autographe, six lignes sur feuille in-4 ; vers 1745/48. (600.-) 400.-

Curieux texte, non signé, tiré d'un ouvrage de B. de Montfaucon ("Antiquité expliquée...", etc.), tome 7, page 32, citant une étrange coutume des habitants de Sparte où "... l'Epousée s'habillait en homme le jour de ses noces...". Toujours en Grèce, sur l'île de Cos, c'était au contraire le fiancé qui "... s'habillait en femme...".

Ces notes, entièrement de la main de J.-J. Rousseau, furent par lui rédigées à l'intention de sa protectrice, Madame Dupin, qui souhaitait s'en servir dans un ouvrage en défense des droits de la femme et de l'égalité des sexes.

253. RUBINI Gio. Batta (1795-1854) Ténor italien, il créa de nombreux premiers rôles dans des opéras de Mercadante, Bellini, Donizetti, Pacini, etc. Artiste acclamé à Londres, Paris, en Italie et en Russie, sa popularité fit de lui le ténor le plus célèbre de son temps - L.A.S., 1 p. in-4 ; Milan, 3.VII.1852. Coin inférieur restauré, ne touchant pas le texte. (600.-) 400.-

Rubini annonce à Monsieur Torri la visite de son "... buono e antico amico, celebre Maestro e compositore di Musica Capecelatro, [lequel] desidera che tu, quall'uomo saggio e pieno di cognizioni, lo consigli in tutto ciò che lui stesso ti spiegherà a viva voce...". Il insiste sur le fait qu'on attend de son correspondant qu'il soit un "... vero galant'uomo come tu sei..." et qu'il prodigue ses meilleurs conseils, etc.

Le chanteur est sur le point de quitter Milan, "... ma prima della fine del mese sarò di ritorno... per avere il bene di vederti...", etc. Il joint à ses salutations celles de sa femme, le célèbre soprano Adelaide COMELLI.

Le compositeur napolitain Vincenzo CAPECELATRO (1815-1874) écrivit la musique de quelques opéras, d'une messe et de plusieurs romances publiées à Paris où il résida de nombreuses années.

254. RUBINSTEIN Anton (1829-1894) Compositeur, pianiste et pédagogue russe - Deux L.A.S., 2 pp.in-8 ; Interlacken, 17.V. et 14.VII.1861. Adresse autographe sur la IVe page de l'une d'elles. En allemand (traductions françaises jointes). (800.-) 500.-

Belle correspondance adressée à son éditeur allemand Julius SCHUBERT (1804-1875), concernant la publication de ses op. 55 et 56, et notamment le Quintette pour instruments à vent et piano et la Symphonie n° 3. Le compositeur est fort mécontent : "... Veuillez examiner le Quintette... et me dire s'il ne s'agit pas là plus d'une ébauche que d'une œuvre terminée... Si la Symphonie est identique, alors je fais toutes mes félicitations (!)... et vous n'y gagnerez rien, car à la première lecture, on écrira... qu'il n'y a aucun intérêt à étudier pareille œuvre, si remplie de fautes. Ainsi, dans le scherzo, la clarinette est indiquée en Si-bémol, alors qu'elle est en La. Bref, impossible d'être jouée...".

Deux mois plus tard, d'Interlacken, Rubinstein écrit au même : "... Votre frère Carl vous a envoyé sa lettre sans me le dire...", ce qui l'a empêché d'y ajouter ses remarques. "... je profite... pour vous rappeler que ma Symphonie doit paraître en septembre et, ce qui serait souhaitable, sans fautes...", etc.

255. RUBINSTEIN Anton - L.A.S., 2 pp. in-8 gr. ; Leipzig, 16.II.1875. Papier à son chiffre. (450.-) 300.-

Préparant une tournée en France, il pourrait être à Paris le 20 avril, "... et pas avant [puis]que je jouerai du Piano chez Dauché et dans les autres..." ; quant aux séances chez Erard et Pleyel, ce ne sera "... qu'après l'exécution de La Tour de Babel et de la Symphonie. Veuillez donc me dire... si l'exécution de la Tour peut avoir lieu, si l'orchestre est en état de jouer une Symphonie (très difficile), etc., etc . ...". Il rappelle ses conditions, mentionnées dans sa dernière lettre : "... si elles ne sont pas possible, j'aime mieux n'y pas aller du tout...". En avril, la saison des concerts à Paris est généralement finie : "... au fond, j'aime mieux cela - parce qu'alors je parais seul et sous ma propre responsabilité, ce que j'ai toujours préféré...". A un imprésario (Gérard ?).

256. RUBINSTEIN Anton - Signature et date autographe au dos de sa PHOTO (format carte de visite, épreuve éditée à Berlin) ; Leipzig, 23.XI.1879. Portrait mi-buste de face. Belle ! (450.-) 300.-

257. RUBINSTEIN Anton - L.A.S., 1 p. in-8 ; (Peterhof ?), 20.I.1879. En russe. (350.-) 250.-

Certaines idées lui étant venues, il fait parvenir à sa correspondante ("Ma chère Barkaska") la somme de 100 Gulden, etc. (traduction approximative de ce texte russe inédit). C'est en 1879 que Rubinstein allait donner à Hambourg la première représentation de son "Neron", un authentique opéra seria. Comme "Demon", cette nouvelle œuvre allait connaître quelque succès.

258. RUSSIE Catherine II de (1729-1796) Impératrice dès 1762 après l'assassinat de Pierre II, son époux - L.A. (non signée car adressée à l'un de ses proches), 4 lignes sur une page in-8 ; (St Pétersbourg, vers 1780). En français. (900.-) 600.-

Elle se voit obligée de remettre à un autre jour l'audience du ministre de Danemark.

Andreas Peter von BERNSTORFF (1735-1797), diplomate et ministre danois auprès de l'impératrice Catherine II, avait conclu en 1773 une alliance défensive avec la Russie, puis en 1780 un pacte de neutralité à la suite duquel il dut démissionner.

259. SABINE, Sir Edward (1788-1883) Général, explorateur et savant anglais, il étudia le magnétisme terrestre - L.A.S., 1 3/4 pp. in-8 ; [Londres], 3.V.1876. (300.-) 200.-

Sabine invite son correspondant, le zoologue allemand A. B. MEYER, à venir assister à la conférence du géologue John William DAWSON (1820-1899) "... on the Fossils of the Canadian Rocks...", etc.

Adolf Bernhard MEYER (1840-1911) avait publié en 1875 une communication sur la découverte d'un grand quadrupède inconnu appelé gazeka ou devil pig qui terrorisait les Papous de Nouvelle-Guinée. L'information fit grand bruit et l'on crut même à un canulard ! Des recherches plus récentes nous permettent de supposer qu'il devait s'agir d'un marsupial du genre Palorchestes ou d'un babiroussa.

260. SACCO Luigi (1769-1836) Célèbre médecin milanais, il généralisa la vaccination dans sa région - Deux lettres (L.S. + L.A.S.), 3 pp. in-folio ; Bologne et Milan, sept. 1806. Ex-coll. Muoni (cachet). (750.-) 500.-

Importants documents concernant son action en faveur de la vaccination intensive.

Dans sa première lettre, Sacco explique comment, pour obtenir "... il bramato intento della vaccinazione generale, fu necessario eseguire alcune discipline portate da veglianti regolamenti... Per l'esecuzione di queste ho dovuto assai affaticare...". Suivent deux pages où il s'étend sur les problèmes rencontrés et la manière dont il les a résolus : "... io stesso ho dovuto verificare alcuni attaccati da vajuolo ; ... presiedere ad esami... p er alcuni supposti infetti da vajuolo umano precedentemente stati vaccinati ; io stesso finalmente ho dovuto qua e là correre per ritrovare l'opportuno locale per trasportarvi alcuni vajuolosi...", etc.

Quelques jours plus tard, le docteur écrit de Milan : "... La vaccinazione in Bologna progredisce assai bene... Posso quindi con franchezza assicurare d'aver messo argine al contagio vajoloso...", etc.

261. SADE, Donation-Alphonse-François, dit le marquis de (1740-1814) Ecrivain "maudit", il passa presque 30 années de sa vie en prison - L.A., non signée (mais marquée de son typique paraphe, un vigoureux trait de plume !), 2 pp. et deux lignes in-4 ; [La Coste, fin juin 1772]. Manque une partie de la IVe page touchant le début d'un mot de l'adresse. (3500.-) 2500.-

Très intéressante missive. Acculé, Sade convoque en urgence son homme de confiance, l'avocat Fage, afin de régler certains créanciers. Beaucaire est là qui réclame son dû. Le Marquis presse Fage de trouver "... sur la liste des particuliers qui nous doivent, un qui soit en état de remettre quelque chose tout de suite...". Il réclame cette liste ainsi que la main-courante des actes desdites ventes faites par Fage, et lui annonc e que des fermiers, qui ont couvert la dernière offre de 50 livres, l'attendent : "... vous voyez que voilà plus d'ouvrage que nous n'en pourrons faire dans l'après-midi... Venez donc, je vous prie sans faute le plus matin que vous pourrez...".

Alors qu'il terminait sa lettre, on est venu lui offrir 6000 livres de sa ferme "... aux conditions que j'affermerais pour six ans...". cet arrangement, qui lui parait assez raisonnable, n'attend que Fage pour conclure.

A la suite de son paraphe, l'écrivain ajoute un post-scriptum où il demande à Fage d'effectuer un paiement au menuisier Moncan et de faire assurer tous les gens à qui il doit de l'argent à Apt, qu'à son retour, dans une quinzaine de jours, il arrangera tous les comptes. Puis il parle de sa culotte, que le tailleur de son correspondant n'a pas voulu faire ; il réclame en retour l'étoffe avec ce qu'il faut de doublure en futaine blanche :"... un tailleur qui se trouve par hasard ici s'offre de me la faire du soir au lendemain...".

Pourquoi Sade met-il tant d'empressement à quitter la Provence ? Durant le printemps, il avait donné des fêtes et des spectacles aux châteaux de Mazan et de Lacoste, et bien sûr dépensé beaucoup d'argent... Mais il était aussi devenu l'amant de sa belle-sœur, la Chanoinesse, et l'affaire de Marseille (mi-juin 1772) était sur le point de le rattrapper. Vers le 3 juillet 1772, huit jours seulement avant l'exécution de prise de corps, il s'e nfuyait avec Mademoiselle de Launay ; après avoir parcouru l'Italie jusqu'à la fin du mois de septembre, leur escapade allait prendre fin à Chambéry où l'écrivain sera arrêté (9.XII.1772) puis enfermé dans la forteresse de Miolans...

262. SAID HALIM (1863-1921) Homme d'Etat turc. Petit-fils de Mehemet Ali, fondateur de la dernière dynastie égyptienne, il entra en politique et fut Grand-Vizir de 1913 à 1917. Emprisonné à Malte de 1918 à 1921, il se retira à Rome où il fut assassiné le 6 déc. 1921 - Autographe sur feuille in-8 gr. ; Péra, 12.III.1912. En turc, avec son sceau. (600.-) 400.-

Rare feuille d'album signée par le prince Said Halim et par le prince Burhan-Eddine Effendi (n. 1885), fils d'Abdul-Hamid, le grand sultan détrôné en 1909. Au-dessous, attestation A.S. du gouverneur de Péra, Mouhieddin Bey. Devenu Pacha, ce dernier fut nommé gouverneur militaire d'Adana en 1921 lorsque la ville fut rendue aux Nationalistes turcs par le gouvernement français.

263. SAINT-JOHN PERSE, Alexis Léger, dit (1887-1975) Poète et diplomate français, prix Nobel en 1960 - Manuscrit autographe, sept lignes sur feuille in-12 obl. ; (New York, 4.I.1941). (800.-) 500.-

Sur un feuillet portant l'en-tête du célèbre hôtel new-yorkais "The Barklay" situé tout près de la célèbre Park Avenue, le diplomate a tracé à trois reprises, de sa belle écriture, une même phrase tel un poème surréaliste : "Tu n'auras qu'à me le dire et je le ferai faire. Ils le peuvent...", ces trois mots étant répétés deux fois à la fin.

Curieux document entièrement autographe (rare), datant de l'époque où l'ancien diplomate, exilé de France (1940) et privé de sa nationalité comme de ses biens par le gouvernement de Vichy, s'apprêtait à se rendre à Washington où une place de conseiller littéraire l'attendait à la Library of Congress.

264. SAINT-SAËNS Camille (1835-1921) Compositeur français - L.A.S., 4 pp. in-8. Papier de deuil. (Paris, 1871 ?). (600.-) 450.-

"Mon cher ami... les lettres que vous m'aviez fait remettre par Gouzien pour Mrs Viardot, Dubois et Fauré ont disparu de la place où je les avais mises... Personne n'entre dans mon cabinet, il faut qu'une de mes bonnes, plus stupides l'une que l'autre, les ait... balayées... Quoiqu'il en soit, je suis allé voir Madame Viardot et je lui ai parlé tout chaudement... vous aurez son adhésion ; demandez-lui celle de son fils et de sa fille... compositeur int&eacut e;ressant..., cela la flattera...". Il est ensuite question de Charles Lefèvre, "prix de Rome", dont Saint-Saëns donne l'adresse privée ; il ajoute celles de Pauline Viardot à Bougival, de Théodore Dubois et de Gabriel Fauré, etc. "... Quant à moi, il va sans dire que j'accepte avec reconnaissance les fonctions de vice-Président... Je puis vous assurer que vous aurez en Gouzien un auxiliaire zélé...".

Lettre probablement de 1871, année où le compositeur - qui fut l'un des fondateurs de la Sté Nationale de Musique - assuma la charge de vice-président de cette Société. César Franck (qui en sera le premier président), Fauré, Dubois et Lalo, firent partie du Comité. Missive adressée semble-t-il à Romain BUSSINE (1830-1899), l'un des membres fondateurs les plus actifs.

265. SAINT-SAËNS Camille - Deux L.A.S., 6 pp. in-8 ; Paris, 6.V.1894 et sans date. (450.-) 300.-

Sur un papier à lettre du "Bedford Hotel - Paris - near the Madeleine" (très bel en-tête illustré occupant le tiers supérieur de la feuille), Saint-Saëns répond à la missive qu'une cantatrice vient de lui adresser : "... Vous semblez croire que je n'ai qu'un mot à dire pour faire chanter qui je veux et où je veux ! Dans les journaux on lut... que tel compositeur a choisi tel interprète, et l'a fait engager, mais tout cela est bon à dire au peuple...". Connaissant toutefois la valeur de sa correspondante, il serait heureux de la voir interpréter une de ses œuvres : "... Venez à Paris... faites-vous entendre des autocrates et tâchez de leur plaire...", etc.

Après "Phryné" (1893), Saint-Saëns s'apprêtait à terminer "Frédégonde", opéra laissé inachevé par son ami Guiraud.

Dans la deuxième lettre (au Dr Pozzi ?), le compositeur décline une invitation : "... je ne suis pas de fer... et comme j'ai beaucoup de travail, je suis forcé de laisser de côté les plaisirs mondains... Hier... la soirée de Béraud... m'a complètement éreinté...", etc.

266. SAINT-SAËNS Camille - Deux L.A.S., 8 pp. in-8 ; Genève, 11.IX.1896 et "Mardi". Tache d'encre rouge dans le coin inférieur droit de la seconde lettre. (800.-) 500.-

Au chef d'orchestre Joseph DUPONT (1838-1899), directeur du théâtre de la Monnaie à Bruxelles depuis 1872, auquel il suggère certaines de ses compositions pour un concert en préparation : "... On ajoutera les superbes variations. Je les croyais usées jusqu'à la corde... Au lieu de la Rhapsodie d'Auvergne, j'aimerais bien mieux que de Greef jouât Africa que je trouve plus pittoresque...". Il pense encore à La Jeunesse d'Hercule, " ... morceau... qui mériterait... d'être plus connu...". Quant à la cantatrice, à défaut de pouvoir avoir la Litwinne, hélas déjà engagée au théâtre de Lyon dès octobre, il opterait pour Madame Kiren, "... femme riche qui ne chante pas pour de l'argent...". "... Alors qui ! ki ! kirikiki !!!..... Il n'y a donc pas de chanteuses en Belgique !...", etc.

Dans sa deuxième missive, écrite sur papier de l'Hôtel de Belle-Vue à Bruxelles, Saint-Saëns tente de convaincre son ami de l'intérêt qu'il aurait à mieux étudier la partition de Frédégonde, après l'exécution de sa Phrynée. Il lui explique longuement comment il a procédé aux changements et réductions de l'opéra commencé par Guiraud : "... Regarde d'abord les deux derniers actes qui sont entièrement de moi, puis le second avec les accents touchants de Brunehilde... Le troisième... était trop long... il n'y aura pas d'église... et Prétextat mariera les deux amants sans cérémonie... Le suicide de Mérowig est une invention de Gaillard...", etc. En définitive, "... avec la coupure du dernier acte... on aura un ouvrage pas plus long que Manon...". Superbe texte !

267. SAINT-SAËNS Camille - L.A.S., 7 pp. in-4 ; Louxor, 23.XII.1907. (2000.-) 1200.-

Texte exceptionnellement long et intéressant, adressé à un journaliste-écrivain ("Mon cher René", PETER ?), où il trace, dans les moindres détails, l'histoire de son opéra Henri VIII qui "... a subit bien des modifications avant d'arriver au public...".

Si de parler d'Orphée l'avait amusé, "... cela ne m'amuse pas de parler de mes œuvres ; et, ce qui est plus grave, la genèse d'Henri VIII, la cuisine qui a préparé son exécution, sont choses que le public doit ignorer pour une foule de raisons... ! Je te donnerai pourtant quelques renseignements inédits... Sur le Ballet d'abord : les airs... ont été pris dans un vieux et très beau recueil...", et bien que réglé d'une façon ravissante, ce ballet plut médiocrement d'abord avant de remporter un succès à l'Opéra : "... C'est un de ces cas où le vrai n'est pas vraisemblable...". Puis, quelques lignes plus bas : "... Une chose qu'on peut révéler maintenant, c'est que le rôle de Catherine a failli être créé par Mme Malten...". Plus loin encore, le compositeur explique qu'il y avait primitivement dans cette pièce u n rôle de bouffon "... qui aurait donné un peu de pittoresque... On le destinait à Villaret. Mais Villaret n'avait jamais fait de création à l'Opéra... il recula devant l'aventure et le rôle fut supprimé. Bien plus grave fut l'affaire du dernier acte..." dont Saint-Saëns parle longuement ici.

Quant au "... fameux Quatuor [il] est une création de Vaucorbeil. Je ne voulais pas l'écrire ; je voulais que tout se passât en pantomime pendant que le Roi chanterait seul : Anne, ma bien aimée... Comme je suis tenace, mais pas entêté, je me suis laissé convaincre... Ceux qui l'on entendu chanter par Mme Krauss n'oublieront jamais l'effet qu'elle y produisait...".

Il est encore question du "tableau de Synode" que précédait une scène chantée par Boudourasque dont le rôle finit par être supprimé car ennuyeux, de la réaction du chanteur, de celle de Vaucorbeil : "... Si vous trouvez cela ennuyeux, disait-il, à ses abonnés, je ne pourrai jamais vous donner Fidelio et Idoménée ! et en effet, il a renoncé à ces projets...", etc., etc.

En terminant sa lettre, le compositeur rappelle les difficultés rencontrées par Gabriel Fauré donnant son Prométhée aux Arènes de Béziers : "... Oh ! non, je ne désire pas courir la pareille avec Déjanire ou Parysatis !...".

268. SAINT-SAËNS Camille - Cinq L.A.S. + 1 carte autographe, en tout 10 pp. in-8 ; Paris, mai à octobre 1910. Enveloppes. (1500.-) 1000.-

Belle correspondance adressée au soprano français Yvonne DUBEL (n. 1879) qui devait chanter à Monte-Carlo en 1911 dans la première de Déjanire. Le compositeur lui offre sa photo ("... Je n'ai pas écrit dessus que je suis votre admirateur...") et annonce l'envoi de la partition de "Déjanire" dans l'espoir de l'entendre chanter vers le 20 juin, "... enchanté que le rôle vous plaise...".

En août, Saint-Saëns, qui a pu modifier ses programmes, évoque une éventuelle rencontre avec la chanteuse dans la ville savoyarde d'Aix-les-Bains : "... Comme vous n'étiez pas à l'Opéra... j'ai dû choisir une interprète dans la troupe pour le rôle d'Iole ; mais vous le jouerez certainement, un jour ou l'autre...".

En septembre, il est enchanté de l'envoi du cyclamen dont le parfum embaume "... la table sur laquelle je me donne la joie de vous écrire, après avoir étudié autant de lettres qu'il y a de notes dans la gamme... Vous êtes exquise, adorable, la grâce et le charme en personne...". Il se réjouit d'avance "... de vous entendre, et de vous voir en Iole, sous les voiles blancs de l'innocence persécutée et de la beauté gre cque...".

Dans la lettre du 9 octobre enfin, on peut lire : "... Veuillez m'attendre... chez vous... Votre serviteur...".

A partir de 1912, on perd toute trace de la cantatrice Yvonne Dubel qui interpréta pourtant d'importants rôles dans certains opéras de Bizet, Gounod, Verdi et Massenet.

269. SAINT-SAËNS Camille - C.A.S., 12° obl. ; [Hamman-Righa, 10.I.1911]. Adresse autographe, timbre et cachets postaux. (300.-) 200.-

Au dos d'une carte postale illustrée ("Hammam R'Hira", Algérie), le compositeur adresse au chef des chœurs de La Scala de Milan ses "... compliments empressés et [ses] meilleurs vœux pour la nouvelle année...".

Le 30 janvier suivant, dans ce même théâtre, on allait donner son chef-d'œuvre Samson et Dalila.

270. SANDERSON Sibyl (1865-1903) Soprano américain - Magnifique PHOTO-cabinet avec signature "Sibyl Sanderson" et date autographe "1. Janvier 1894", ainsi que le nom "Phryné", rôle dans lequel elle est ici représentée en costume (buste assis, de trois-quarts). Cliché du célèbre photographe parisien Reutlinger, d'une exceptionnelle fraîcheur. Opéra de Saint-Saëns, Phryné avait ét& eacute; créé l'année précédente. (500.-) 350.-

271. SARTRE Jean-Paul (1905-1980) Philosophe et écrivain français, prix Nobel (qu'il déclina) en 1964 - L.S. "J.-P. Sartre", 2/3 p. in-4 ; Paris, 21.XII.1963. (750.-) 500.-

"... J'avais en effet beaucoup d'amitié pour Jean COCTEAU ; je comprends ce que vous souhaitez et je suis touché de votre insistance. Il est certain que j'aurais volontiers rendu hommage à COCTEAU si je ne m'étais fait une règle absolue, depuis 1958, et tant que les choses ne changeront pas, de ne jamais parler..." à la RTF (radio-télévision française).

Au journaliste Roger PILLAUDIN (n. 1927).

 

272. SCARPA Antonio (1747-1832) Anatomiste et chirurgien italien. On lui doit entre autres la description du système nerveux et de l'oreille - P.S., 1 p. in-4, parchemin ; Pavie, 1831. En latin. (400.-) 250.-

Scarpa signe ici la dernière page, seule conservée, d'un diplôme de Chirurgien et Obstétricien délivré à l'un de ses élèves par l'Université de Pavie. Le texte nous apprend que les décrets autrichiens de 1815 obligeaient les médecins accoucheurs à préciser aux prêtres chargés des baptêmes le nom de la mère, ainsi que celui du père à la condition que le couple ait contra cté un mariage légitime.

273. [Vendée] SCEPEAUX, Alexandre, comte de (1769-1821) Chef vendéen, il avait reçu en juin 1795 des généraux Stofflet et Charette la mission secrète de tenter d'enlever du Temple le fils de Louis XVI - L.A.S., 3/4 p. in-folio ; Paris, 16.XI.1818. (500.-) 300.-

Attestation sur l'honneur "... que j'ai trouvé Mlle Bigonet en Angleterre au mois de Décembre 1792, qu'elle s'y est mariée... à Mr Louis G. de Villeneuve la Roche Bamaud, un des Emigrés les plus connus par ses malheurs... ils ont quitté l'Angleterre en Août 1801 pour rentrer en France, en passant par Hambourg...", etc.

 

274. SCHMITT Florent (1870-1958) Compositeur français - MUSIQUE A.S., 2 pp. in-folio ; encre et crayon. Petites fentes réparées. Photo-cp jointe (buste, s'appuyant sur un piano). (800.-) 500.-

Au recto, le compositeur a tracé de sa belle écriture la première des Petites Musiques pour piano, manuscrit complet s'étendant sur 25 mesures préparé en vu d'être gravé chez son éditeur de musique. Au verso, importants fragments d'esquisses écrits par Florent Schmitt au crayon, premier jet d'une composition titrée "VIIe - Moïse sauvé des eaux", 28 longues mesures sur quintuple portée avec indications musicales et instruments concernés : flûte, clarinette, basson, etc.

275. SCHMITT Florent - Portrait avec dédicace A.S. au crayon, 12°. (250.-) 150.-

Portrait-charge imprimé (par Karl KLUTH), avec dédicace "à Fernand rain-Huchet - Florent Schmitt". Amusante correction faite par le compositeur qui, n'aimant visiblement pas le nez retroussé que lui avait fait l'artiste, l'a retouché d'un coup de crayon !

276. SCHMITT Florent - L.A.S. "F. S.", 1 p. in-12 ; datée "Mercredi" (Paris, nov, 1907 ?). (250.-) 150.-

Au dos d'une carte illustrée en couleurs se rapportant à l'exécution de "La Tragédie de Salomé" au "Théâtre National de l'Opéra" (Loïe Fuller dansant ?), Schmitt met une place dans une loge à la disposition de son correspondant : "... c'est hélas tout ce que je puis faire... Je n'y vais pas ce soir, faute de place. Mais demain je m'en réserve une dans ladite seconde loge... A demain et mille souvenir s...". C'est le 9 novembre 1907 que fut donné au Théâtre des Arts sa Tragédie de Salomé, drame muet en deux actes mimé et dansé par Loïe Fuller.

277. SCHMITT Florent - Deux manuscrits A.S., 14 pp. in-4 obl. ; (Paris, 1934). Restaurations. (800.-) 500.-

Critiques musicales (pour le journal "Le Temps" ?) du monde artistique de l'époque : concerts, représentations, chanteurs, etc. Petite écriture comportant de nombreuses ratures, corrections, soulignements, etc.

Dans le premier manuscrit (6 pp. in-4 obl. - plus d'une centaine de lignes) il est question de Monteverdi, Beethoven, Szymanowski et des Songes de Darius MILHAUD : "... j'arrive de chez Lamoureux... juste à temps pour recevoir sur la tête, au bout de leur course verticale, les Songes... Heureusement... ils ne tombaient pas... de très haut... C'est... une série de gentilles pièces à deux temps, genre polka de l'éventail de Jeanne et qui se ressemblent c omme des sœurs...", etc.

[Schmitt, suite] - Le second texte (8 pp. in-4 obl. - plus de 150 lignes) concerne les œuvres de Mihalovici, Guy-Ropartz, Witkowski, Enesco, mais aussi celles de Haendel, Schubert, Chabrier, Glazounov, Mendelssohn, Fauré, Debussy et d'un certain G. E. Dandelot, "... jeune musicien... à l'âge de la pierre... à ce point de vue Alban Berg et Webern habillent mieux... Peut-être a-t-on beaucoup reproché à M. Dandelot son debussysme... [qu'il] s'est laiss&eac ute; prendre aux embûches d'un cubisme strawinskyste...", etc. Et plus loin : "... Après le concerto de tout à l'heure, j'eus la curiosité de réentendre celui de Serge PROKOFIEFF, le troisième... Comparaison possible dans la mesure où l'on peut comparer Sainte Sophie de Istamboul à la tour métallique de Lyon... Ici partout l'invention éclate, la puissance, l'abondance des idées, l'audace harmonique..." et les dé ;fauts même de Prokofieff "... sont encore du génie...", etc., etc.

278. SCHWEITZER Albert (1875-1965) Médecin missionnaire, théologien et musicien alsacien, prix Nobel de la paix en 1952 - PHOTO signée, 12° ; [Lambaréné, 23.IV.1961]. Joint : lettre avec enveloppe affranchie et brochure imprimée. (600.-) 400.-

Portrait imprimé, portant une belle signature autographe "Albert Schweitzer" dans la marge inférieure blanche, nous montrant le missionnaire assis à son bureau en train de travailler à un manuscrit ; derrière lui, bibliothèque remplie de livres et d'objets. Joint : longue lettre A.S. de Mathilde KOTTMANN, depuis 1924 infirmière et collaboratrice de l'illustre docteur, évoquant la santé de son patron qui, malgré son grand &aci rc;ge auquel s'ajoute un problème aux yeux, "... noch die Verantwortung für sein so gross gewordenes Spital tr-gt. Das seine Augen furchtbar müde sind und er sich mit einer Hand die vom Schreibkrampf befallen ist qu-lt...", etc. Avec cette lettre, le destinataire a reçu un texte imprimé de 8 pp. in-8 (ici joint) écrit par Jeannette Siefert en mai 1960 et titré "Wiedersehen mit Lambarene".

279. SELVA Antonio (1824-1889) Basse italienne, il participa à la première d'"Ernani" à Venise, puis à celle de "Luisa Miller" à Naples - L.A.S., 3 pp. in-8 ; Barcelone, 24.III.[1847 ?]. Petit manque dû au décachetage touchant deux mots à la fin. Adresse sur la IVe page. (300.-) 200.-

Antonio Selva informe le maître de chant et impresario milanais Francesco LAMPERTI (1813-1892) qu'il se rendra disponible, ainsi que sa femme (le soprano Sofia Peruzzi) pour la prochaine saison d'automne. Et à propos de son épouse, il ajoute avec fierté : "... da due anni forma la delizia di questo non facile pubblico...". Elle s'est produite avec le ténor De Bezzi dans Lucrèce Borgia, ainsi que dans le dernier acte de la Traviata "... che canta mir abilmente... il numero delle recite fatte finora sono state 75... Nel 2do atto della Borgia, io pure colgo generali applausi secondando perfettamente la Peruzzi...", etc.

Antonio Selva (de son vrai nom, Scremin) fut un grand interprète du répertoire verdien.

280. SPALLANZANI Lazzaro (1729-1799) Biologiste it. Il étudia le mécanisme de la reproduction chez les batraciens, réalisant des fécondations artificielles - P.A.S., 1 p. in-4 obl. ; Pavie, 24.V.1791. (1200.-) 800.-

Par cette déclaration, signée "Lazzero Spallanzani P[ubblico] P[rofessore] di Storia Naturale", le savant atteste que le Milanais Ambrogio Cariboni a assisté avec assiduité et profit à ses "... pubbliche... Lezioni di Storia Naturale nella R. Università di Pavia...". Belle page entièrement autographe de cet illustre savant du XVIIe siècle.

281. STAGNO Roberto (1840-1897) Célèbre ténor italien, grand interprète des opéras de Rossini, Meyerbeer et Verdi. Premier Turiddu de la Cavalleria rusticana de Mascagni - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Madrid, 26.III.1873. Joli petit en-tête gravé et coloré (tête de lévrier). (450.-) 300.-

A l'impresario milanais Giuseppe LAMPERTI (1834-1898), à propos d'un nouvel engagement proposé par "Bomba". Il n'a pu se servir de la voie télégraphique pour transmettre son message "... perchè in questa Inquisitoriale Spagna, altro non esiste oggi, che il suolo, ed il cielo ambidue cose invidiabili, però la infamia e la barbaria degli Uomini han fatto sì che ne telegrafo, ne Ferrovie esistono...".

Dans une note autographe, tracée au crayon, Lamperti résume le contenu de la réponse qu'il donna au ténor : "Scriva quando potrebbe venire. Dal Verne (le théâtre) sempre pronto scritturarlo per un certo numero di recite...". Belle lettre, peu commune.

282. STEGER Ferenc (1824-1914) Ténor hongrois, grand interprète des opéras de Rossini, Donizetti et Verdi - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Barcelone, 20.II.1872. Note de réception en haut de la page. (300.-) 200.-

Steger communique à l'impresario milanais Giuseppe LAMPERTI (1834-1898) les conditions auxquelles il accepte de chanter à Odessa : "... cinquemila franchi in oro mensili, ed una mezza serata netta di spese. Se potrai arrivare al viaggio [remboursement du voyage] mi farai cosa grata...". Cette somme lui paraît justifiée, un impresario de Bucarest lui ayant offert "... 20.000 franchi per 5 mesi, con serata e viaggio da Pest 2 persone ; io ne volevo 25.000...." .

A Barcelone, la saison musicale se présente plutôt bien, mais l'organisation est "... un caos da perdere la testa...". Il évoque le succès obtenu à Valencia par la troupe lyrique dirigée par Costantino Dall'Argine, etc.

283. STEPHENSON George (1781-1848) Ingénieur anglais, il construisit en 1814 la première locomotive à vapeur et réalisa par la suite de nombreuses lignes ferroviaires en Grande-Bretagne - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Tapton House, 5.IV.1848. (3500.-) 2500.-

Malgré une santé chancelante (il mourut quatre mois plus tard), Stephenson s'acharne à mener à bien la réalisation d'une nouvelle ligne ferroviaire. Dans cette lettre il demande à un savant anglais de faire valoir sa "... geological assistance in Parliament. I do not expect that we shall go into Committee till after Easter, but... I want to be prepared whenever we may be called upon...". Puis, plus loin : "... I expect we have got clear of the Duke of Rutlands opposition, which will entirely overthrow the tunnel behind Haddon Hall the only opposition that we expect will be from the Manchester and Sheffield Railway Company...", société concurrente...

Rare et importante missive !

284. STIGELLI Georges (1819-1868) Ténor allemand, il chanta tout particulièrement dans des opéras de Bellini, Rossini, Donizetti et Verdi - L.A.S., 1 p. 8° ; Milan, 22.XII.1857. Adresse sur la IVe page. (350.-) 250.-

A propos du montant de son contrat, dont il précise à l'impresario milanais Giuseppe LAMPERTI (1834-1898) qu'il est bien stipulé en francs et non pas en "Zwanzighe" (monnaie autrichienne), "... cioè 5000 franchi per Carnovale e due mila... per Quaresima... Ripeto poi che tu faccia la mia domanda quale l'ho fatta a Ferletti, cioè a 8000, vale a dire 6000 per Carnovale e 2000 per Quaresima...", tout ce qu'on pourra obtenir en plus étant bienvenu ...

Inutile de préciser qu'il s'agissait-là, pour l'époque, de cachets considérables !

285. STOLZ Teresina (1834-1902) Soprano autrichien, célèbre interprète d'opéras de Rossini, Meyerbeer, Donizetti, etc., et surtout de Verdi qui ajouta pour elle une scène à son Aïda - L.A.S., 1 p. in-8 ; Milan, 26 septembre (1864 ?). (400.-) 250.-

Au éditeurs de musique turinois, Giudici et Strada, qui lui ont fait parvenir des partitions récemment imprimées. "... Le invio lo spartito della Celinda, ed i pezzi staccati della Caterina Howard, esternandoLe i miei più sentiti ringraziamenti...". La cantatrice les a parcourus et trouvés en accord avec sa voix ; ainsi "... alla prima occasione che mi si presenterà cercherò di farli...", etc.

Opéra d'Errico Petrella, Celinda fut donné pour la première fois à Naples en 1865 ; quant à Caterina Howard, du même compositeur, elle sera chantée à Rome l'année suivante.

286. SUE Eugène (1804-1857) Romancier français, ancien médecin de la marine - Deux L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 ; Annecy, 12.IX. et 2.X.1852. Adresses et marques postales sur la IVe page. (600.-) 400.-

Il serait heureux de concourir, selon la limite de ses forces, "... à l'œuvre si patriotique..." entreprise par le Turinois Gabriele d'Amato.

Deux semaines plus tard, il annonce avoir reçu le programme de la Société, ainsi que la livraison qui l'accompagnait. "... L'ouvrage que vous me proposez d'écrire... se rattache... au plan d'un livre qui devait faire suite aux Mystères du peuple et s'appeler Les mystères du monde... [qui aurait] quoique en abrégé, suivi les mêmes données historiques..., mais appliquées à toutes les Contrées du globe...". S ue espère qu'en tant qu' "... hôte des Etats sardes..." rien ne s'opposera à sa collaboration ; par ailleurs, d'autres travaux l'occupent. Il espère pouvoir bientôt "... causer de cette proposition..." avec son correspondant qu'il invite à venir lui rendre visite à Annecy, où il compte s'attarder encore un peu.

L'édition complète des "Mystères du peuple, ou histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges", fut publiée en 16 volumes entre 1849 et 1857.

287. SUÈDE : CHARLES XI de Deux-Ponts (1655-1697) Roi dès 1660, il établit en Suède la monarchie absolue. Fondateur de l'Université de Lund - P.S. "Carolus", 2 pp. in-folio ; "Kongohor", 31.I.1695. Adresse sur la IVe page. Marge inférieure rognée. En suédois. (500.-) 350.-

Ordre militaire adressé au baron Marten Lindhielm. Pièce fort intéressante car contresignée par le comte Carl PIPER (1647-1716), chancelier et secrétaire d'Etat au service de Charles XI, mais aussi de son fils et successeur, le roi Charles XII.

Deux belles signatures, peu communes.

288. TASCA Ottavio (1795-1872) Poète et patriote italien originaire de Bergame - L.A.S., 1 p. pleine in-8 ; Bergame, 18.II.1821. (350.-) 200.-

Intéressante missive, plus de vingt-cinq lignes d'une minuscule écriture où il est question du poème que Tasca vient de composer en l'honneur du musicien Simone MAYR, le maître de Donizetti.

Le poète s'adresse au directeur d'une revue littéraire, le priant de faire paraître son œuvre, déjà distribuée "... nel nostro Teatro in lode di Mayr mio particolare amico e concittadino, il cui nome tanto caro suona all'Italia...". Tasca n'est pas le seul à demander cette publication : "... al voto e alla preghiera mia s'uniscono d'unanime accordo..." tous les citoyens de Bergame, reconnaissants envers un fils adoptif qui leur fait honn eur, etc.

289. THOMSON César (1857-1931) Violoniste virtuose belge - L.A.S., 3 pp. in-8 ; Berlin-Charlottenbourg, 17.VI.1882. (250.-) 150.-

Il aura bientôt besoin des parties de Quatuor des pièces qu'il exécutera au festival, et notamment les Orchestrations, surtout celle "... du morceau de Paganini qui est manuscrit... ; du reste je ne sais si un quatuor de 21 par 18 second violons 15 Bratsch, 15 celli est vraiment nécessaire pour m'accompagner...". Ne connaissant pas la salle où aura lieu le concert, Thomson s'en remet à son correspondant "... pour obtenir les proportions équil ibrant la sonorité entre le violon solo et l'orchestre...", etc.

290. TICKNOR George (1791-1871) Educateur et écrivain américain, l'un des fondateurs de la Boston Public Library en 1852 - L.A.S., 3 1/3 pp. in-8 ; Boston, 20.XI.1859. (600.-) 400.-

A l'historien italien Cesare CANTÙ (1804-1895), suite à l'annonce de l'envoi "... par l'entremise de l'Institution Smithsonienne, de vingt-six volumes et brochures... pour la Bibliothèque Publique de Boston...". Ticknor remercie et dit avoir à son tour expédié les deux premiers volumes d'Agassiz sur l'"Histoire Naturelle des Etats-Unis", le troisième étant sous presse. Devenu Membre corres-pondant de l'Institut de Milan, il &eacu te;voque cette élection, et à ce sujet écrit : "... J'étais sûr que vous ne pourriez pas croire qu'un Américain oublioit l'Italie dans une crise pareille de ses destinées... (la Guerre d'Indépendance de 1859)... J'ai remis donc ma réponse, jusqu'à ce que j'ai pu mêler mes remerciements avec mes félicitations... [et] mes vœux pour le bonheur de votre patrie...".

Le 10 novembre 1859, à Zurich, la paix signée avec l'Autriche avait mis fin à la courte guerre d'Indépendance italienne.

291. TISSANDIER Gaston (1843-1899) Aéronaute fr., réalisa le premier ballon dirigeable doté d'un moteur électrique avec lequel il réussit à remonter un courant aérien - L.A.S., 1 p. 8° ; Paris, 9.II.1884. (400.-) 250.-

A Hector GIACOMELLI (1822-1904), peintre de genre, d'insectes et d'oiseaux, qui fournissait des dessins et des bois utilisés par Tissandier pour illustrer ses œuvres et articles. "... J'ai reçu hier votre bois qui est délicieux, c'est bien la fraîcheur du printemps et la légèreté des hirondelles ! Je vous expédie... le deuxième bois qui devra représenter le départ des hirondelles en Octobre...", etc.

292. UNGER Karoline (1803-1877) Célèbre alto d'origine hongroise, elle rencontra à Vienne Beethoven qui la fit chanter dans la première de sa 9ème Symphonie. Plusieurs compositeurs, dont Bellini, Donizetti et Mercadante, écrivirent pour elle certains de leurs opéras - L.A.S. "C. Sabatier", 3 pp. in-8 ; Pise, 15.III.1856. Papier uniformément bruni. Adresse et marques postales sur la IVe page. En italien. (750.-) 500.-

Karoline Unger - aujourd'hui encore considérée l'une des plus grandes cantatrices de tous les temps - s'est désormais retirée de la scène, après avoir épousé en 1841 l'écrivain français François SABATIER (1818-1891), de 15 ans son cadet.

Elle explique ici longuement pourquoi elle n'a pu, ou su, placer chez une de ses connaissances s'intéressant à l'art, un dessin original du peintre RENNA, élève de Velasquez. Aucune des solutions par elle suggérées ne lui paraissaient convenir au destinataire ou : "... al valore dell'opera... Sono stata veramente Donna Desideria questa volta [et] non l'attribuisca a mal volere o negligenza per carità !...", etc. Les autographes de Caroline Unger sont plutôt rares !

293. UTRILLO Maurice (1883-1955) Peintre fr. - Dédicace A.S. sur catalogue in-4 ; Paris, 1953. (400.-) 250.-

Catalogue de l' "Exposition Maurice Utrillo - Oeuvres importantes de 1905 à 1914", organisée à Paris en 1953 par la Galerie Paul Pétridès, dédicacé sur la feuille de garde "A... amicalement, Maurice Utrillo V.". Au bas de la même page, longue dédicace A.S. de Lucie VALORE au même. Reliure à la colle, certaines feuilles sont détachées.

294. VALENTINO Rudolph (1895-1926) Acteur de cinéma italo-américain, le premier vrai symbole du "latin lover" - PHOTO signée dans la marge inférieure blanche, in-folio (cm 26,5 x 34,5, plus les marges). Vers 1920. (2800.-) 2000.-

Extraordinaire portrait mi-buste, exceptionnellement grand et beau, où l'acteur, vêtu d'une chemise blanche et croisant les bras, fixe l'objectif de ses yeux langoureux et perçants. Cliché original du photographe Nealson SMITH, qui a signé son œuvre au crayon. Pièce absolument hors du commun et digne d'une grande collection !

295. VANDERBILT George Washington (1862-1914) Financier américain, amateur d'art et bibliophile - L.A.S., 1 p. in-8 ; Biltmore, N. C., 4.IV.1908. En-tête à sec : Biltmore House. (750.-) 500.-

A un libraire parisien auquel il commande un ouvrage ancien pour sa bibliothèque : "... Expédiez-moi... ici par la poste N° 2436 Boissier de votre catalogue N° 62...", etc.

S'intéressant à l'agriculture et aux forêts, G. W. Vanderbilt acheta une très vaste propriété dans la Caroline du Nord et y fit construire par l'architecte Richard MORRIS son extraordinaire "château à la française" de 250 pièces dénommé Biltmore House.

296. VANDERBILT William Kissam (1849-1920) Financier américain, propriétaire de chemins de fers, collectionneur d'art et yachtsman. Son bateau permit aux Etats-Unis de remporter l'America's cup en 1895 - L.A.S., 1 p. in-8 ; "Tuesday". En-tête : 660 Fifth Avenue. (750.-) 500.-

"... I will be pleased to see you tomorrow... at my office Grand Central Depot at eleven thirty...". Autographe peu commun.

297. VERDI Giuseppe (1813-1901) Compositeur italien - Signature sur une L.A.S. d'Andrea MAFFEI (1798-1885), 1 p. in-8 ; (Bergame, vers 1841/42 ?). Adresse sur la IVe page. (2500.-) 1500.-

Le poète et librettiste Andrea MAFFEI, est en voyage vers Clusone, petite localité située dans les Alpes italiennes. Il est accompagné de VERDI, malade. Passant par Bergame, les deux hommes auraient aimé rencontrer leur ami Alberto ALBERTI (1785-1844), homme de vaste culture, alors conseiller auprès du Tribunal de cette ville. "Caro Alberti, Verdi e Maffei stanno alla Locanda dell'Italia e desiderano vederti ; ma la stanchezza del viaggio non concede loro il salire (dans la vieille ville). Sii dunque cortese di scendere tu stesso a vederli...". Ils auraient aussi souhaité avoir Alberti pour compagnon de voyage, ou tout au moins pouvoir profiter "... d'una tua visita nei brevi giorni che si tratterranno in valle...". Jolie missive écrite par le poète au nom des deux, avec à la fin les signatures autographes de "Verdi" et de "Maffei".

Resté veuf en 1841 après avoir perdu ses deux enfants quelques mois plus tôt, Verdi traversait une période de forte dépression et son ami Maffei, dont l'épouse tenait l'un des Salons les plus fréquentés de Milan, essayait à sa manière de distraire le compositeur.

298. VERDIANA - L.A.S., 1 p. in-8, de Davide F. BOTTO ; Gênes, 18.III.1860. (250.-) 150.-

Le compositeur Botto fait part à l'impresario Giuseppe LAMPERTI (1834-1898) du résultat de ses entretiens avec certains chanteurs : "... Incontrai lo Zacconetti a Novara. Mi disse che non aveva firmato con Cambiaggio (Carlo C., 1798-1880, basse comique). Egli domandava 1000 franchi al mese, viaggi per se e sua moglie, mezza serata per piazza...", etc. Cambiaggio serait néanmoins d'accord de chanter cet automne à Milan : "... Fagli scrivere... da Bettini. E mand ami notizie della 2a recita della Norma...". Quant à VERDI, "... La compagnia di Lumley (l'impresario anglais) darà tre recite al Carlo Felice, cominciando col Trovatore...", opéra qui avait été donné un peu partout avec succès depuis 1853, notamment à La Scala de Milan où en ce mois de mars 1860 une nouvelle représentation était programmée.

299. [Livre] VERLAINE Paul - "Les Uns et les Autres", comédie en un acte et en vers. In-8, broché, 36 pp. ; Vanier, Paris 1891. Première édition séparée de cette pièce donnée pour la première fois au Théâtre du Vaudeville en mai 1891. Bon état. (250.-) 150.-

300. VERMEYLEN August (1872-1945) Ecrivain belge d'expression néerlandaise, il exerça une profonde influence sur ses contemporains - P.A.S., 1 p. in-8 ; (Gand, 1927). Peu commun ! (300.-) 200.-

Pensée en français : "Je ne trouve qu'un seul mot : Vivre ! (le plus possible, et dans les quatre dimensions)", suivie d'un quatrain A.S. en néerlandais : "Puisque vous préférez... que je chante... récidivons : Wat ziele zelf in licht van liefde zag...", etc.

Au dos : P.A.S. de l'acteur LUGNÉ-POE (1869-1940) et musique A.S. du compositeur belge Joseph JONGEN (1873-1953).

301. VIELÉ-GRIFFIN Francis (1864-1937) Poète symboliste américain d'expression française – Poème A.S., 2/3 p. in-8 ; Valrins, 7.VI.1925. (250.-) 150.-

Jolie composition titrée "Ulysse" : "J'aimais Hélène comme on aime le Soleil ; / Mais qu'est-il de plus doux, Pénélope...", etc.

Au dos, phrase poétique A.S. de Robert de SOUZA et pensée A.S. d'Etienne GROSCLAUDE (1858-1932).

302. VILLARET DE JOYEUSE, Louis Thomas de (1750-1812) Amiral fr., il prit part à l'expédition de Saint-Domingue et devint gouverneur de la Martinique - L.S., 3 pp. in-4 ; Venise, 26.XI.1811. (350.-) 200.-

En tant que gouverneur de Venise, il demande au maréchal Berthier l'envoi de fonds nécessaires au bon fonctionnement du Conseil de Guerre local, sans lesquels le capitaine Rapporteur "... non seulement... ne pourra entamer les affaires qui lui parviennent chaque jour, mais encore terminer celles dont l'instruction est commencée...". Le vice-amiral tient en outre à signaler qu'à Venise "... les Prisons sont encombrées, que le froid y est rigoureux, et que si dans le nombre de prévenus il en est qui doivent être acquittés, il est de mon devoir de provoquer les mesures qui peuvent abréger une peine qu'ils n'auront pas méritée...".

Belle lettre, signée six mois avant sa mort.

303. VOGT Carl (1817-1895) Naturaliste germano-suisse - L.A.S., 1 p. 8° ; Genève, 17.IV.1882. (300.-) 200.-

Lettre scientifique écrite à son retour de Sète (Hérault) où Vogt avait "... pêché en mer avec le filet appelé bœuf...", comme le précise une note du destinataire, tracée au crayon violet. Le naturaliste se propose de rencontrer son correspondant à Genève ou Neuchâtel après l'opération chirurgicale qu'il doit subir. Il a en effet appris à ses dépens "... que l'on ne fait pas impunément des pêches miraculeuses à mon âge. Je rapporte de Cette des quintaux d'animaux ramassés... en pleine mer, avec une fatigue horrible...".

304. VOLTAIRE, François Marie Arouet, dit (1694-1778)Ecrivainet philosophe français - L.S. "Voltaire", 2 pp. in-4 ; Colmar, 12.IV.1754. Fente restaurée au pli central horizontal. Adresse et très beau petit sceau de cire rouge aux armes ducales (!). Inédite. (4000.-) 3000.-

Une désagréable affaire l'afflige et Voltaire en fait part au père Joseph de MENOUX, confesseur du roi Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine. "... Non seulement la ville de Paris, mais l'Europe entière est inondée de nos prétendues lettres. Il n'est que trop certain... que le Jésuite (le père Mérat) de qui je m'étais plaint à vous avec confiance... n'a eu ni votre discrétion, ni votre sagesse, ni votre bonté. ..". En conséquence, de nombreuses lettres anonymes et mémoires lui sont parvenus, auxquels le philosophe - qui dit se renfermer "... dans la solitude, et dans le travail qui fait ma consolation..." - répond en réaffirmant son attachement et son amitié pour le père Menoux, qu'il invite à venir le rejoindre aux eaux pour discuter : "... Votre conversation, et votre amitié me feraient certainement plus de bien que toutes les eaux min& eacute;rales du monde...". Par la même occasion, l'écrivain lui apportera les Annales de l'Empire, ouvrage qu'il considère "... un peu sec, et fort éloigné de l'éloquence à laquelle vous avez parlé de la manière d'écrire l'Histoire...", etc.

Cette lettre, dont le texte est de la main d'Alessandro COLLINI, depuis peu secrétaire du philosophe, se situe à un moment plutôt délicat de la vie de Voltaire : indésirable à Paris, c'est en Alsace qu'il est allé passer l'hiver,rigoureux là-bas,privé de ses livres et de sa... nièce ; bientôt il partira pour Genève (décembre 1754), où on a accepté de l'accueillir.

Précieux document dont les spécialistes semblent jusqu'à présent avoir ignoré l'existence.

305. VOYAGE DE CIRCUMNAVIGATION EN 1607 : Afrique, Asie, Brésil, Mexique, Floride, etc. - Ensemble de trois documents, dont une L.S. de Charles de MONTMORENCY (1537-1612), Grand amiral de France, 11 pp. in-4 et in-folio ; Paris, 4, 5 et 23 février 1607. (8000.-) 5000.-

Exceptionnel ensemble de documents concernant un voyage de circumnavigation de la terre, se plaçant à une époque où la France, occupée par ses guerres de religion, se voyait obligée de combler le retard qu'elle avait pris dans ses expéditions lointaines par rapport aux autres puissances européennes, notamment l'Espagne et l'Angleterre, .

En ce début du XVIIe siècle, l'esprit aventurier du jeune comte de CHOISY, Charles de L'HÔPITAL, petit-fils du gouverneur de François Ier (qui avait épousé une descendante des rois d'Ecosse !), le pousse à demander au roi de France HENRI IV la permission d'effectuer un voyage dans l'Océan Atlantique, ce qui lui fut accordé le 4 février 1607 par une lettre royale (1 p. in-4, ici en copie-conforme de l'époque) adressée au Ca pitaine et Gouverneur de St Malo, le marquis de COUESGOEN (lequel a fait établir ladite copie par son secrétaire, le sieur D'Anverse) : "... Monsieur le Marquis... je veu l'avis... de l'armement par mer que veult faire le Comte de Choisy au port de St Mâlo. Je l'ay aussi tost mandé et luy ay enjoint de se conduire et comporter audict armement en sorte qu'il n'aporte aucune incomoditté à mes sujets de St Malo..." ; le roi ajoute avoir confié à son "... cousin l'amiral..." les soins d'organiser l'expédition pour le mieux, et exige que rien ne soit fait "... au préjudice des traictés de paix...", etc.

Le lendemain, 5 février 1607, le duc Charles de MONTMORENCY écrit une lettre personnelle (L.S., avec souscription autographe, 1 p. in-folio, datée de Paris ; avec joli cachet aux armes) à "Messieurs les nobles Bourgeois et habitans de Sainct-Malo" afin de les tranquilliser au sujet des préparatifs du voyage commandé par le comte de Choisy : "Messieurs, ayant esté adverty que l'embarquement... en vostre havre, vous apportait quelque apprehens ion que les alliés et confédérés de ceste couronne, avec lesquels vous avez coustume de traffiquer, n'en prissent quelque ombrage... je vous ay bien voulu escripre la pr.nte pour vous asseurer que Sa Majesté ayant entendu dudict sieur Conte de Choisy le dessein de son voiage et navigation, m'a commandé de luy faire expédier des congez pour le parachever...", etc.

[Voyage de circumnavigation, suite] - La troisième pièce, s'étendant sur 9 pp. in-4, est datée du 23 février 1607. Il s'agit de la transcription faite à l'époque (l'original ayant été adressé au sieur de L'Hôpital) de la "Commission de Monseigneur l'admiral à Mons.r le Comte de Choisy", où le duc de Montmorency définit la composition de l'escadre navale qui sera commandée par le comte de Choi sy et précise les différentes étapes du voyage. Nous ne citerons ici que quelques extraits de cet intéressant texte : "... Charles de Montmorency... estant deub-ment advertis par nostre... neveu le sieur compte de Choisy du desseing qu'il a de faire armer et équipper cinq vaisseaux et navires aux ports et havres de la rivière du Dinan pour faire traicte et voyage sur Mer, surgir et prendre Terres en divers Royaulmes, régions, contrées, terres et s eigneuries de l'Affrique, Asie et Arméricque...". Viennent ensuite les noms des vaisseaux, L'Affection, L'Archange, Le Choisy, L'Esprit et L'Ange, qui seront placés sous le commandement du comte de Choisy, lequel aura pour "... lieutenant le sieur Baron de Cordoux [Achille de L'Hôpital], son frère, et pour... soubs Lieutenant en son absence le Cappittaine La Motte...", etc. L'itinéraire prévu est le suivant : "... par les mers du ponnant, costes, isles, havres et ports estans ver le Cap de Beauc, Cap de Vert... la Guynée, Royaulme de Mamcongo et aultres costes... tirant vers le Cap de bonne Espérance. Le destroict de la Mecque, golfe de Perse, Isles des Mollucques... Inde orientalle et de là faire voille vers l'Arméricque, rivière de la platte, contrée du Brézil tant à l'amont que à l'aval, ... Sainct Dominicque, costes, isles, havres et provinces du Péru, de la Mexicque, de la Fl oride et Moreicbegua (?)...", lieu qui pourrait correspondre à l'actuelle ville et port de la Caroline du Nord, Morehead City ! Ces côtes de l'Amérique du Nord venaient d'être colonisées par les Anglais, dont certains furent amenés là-bas par Sir Walter Raleigh et Sir Francis Drake, alors que la région avait été une première fois visitée en 1524 par des Français conduits par Giovanni da Verrazzano...

Cette "commission" de 9 pages autorisait le comte de Choisy et ses hommes à établir des contacts commerciaux avec les populations rencontrées, ainsi qu'à combattre celles qui feraient obtacle "... en son dict voyage ou navigation, mesme contre tous les pirattes et escumeurs de mer qui ruinent et empêchent la vraye navigation et trafic...", etc.

Textes apparemment inédits, obtenus en 1847 - selon deux annotations autographes signées, tracées au dos de ces documents - par E. Renault (Eugène R., 1805-1863, le médecin vétérinaire fr. ?).

306. VUILLARD Edouard (1868-1940) Peintre et graveur français, membre du groupe des nabis - L.A.S., 1 p. in-12 ; Paris, 7.V.1918. Adresse et marques postales au dos. (400.-) 250.-

A Auguste BRÉAL (1875-1938), écrivain d'art et peintre de paysages, ami de Gide. Vuillard dit devoir remettre leur rencontre à plus tard : "... malgré le plaisir que cela nous ferait à tous deux... demain, je dois aller régler une question de location de villégiature... J'irai vous chercher les épreuves... Ce n'est pas parce qu'il refait laid. Mais vous qui savez tout à quoi pense le "bon Dieu" ?...".

Peu après la Première Guerre mondiale, Vuillard, désormais célèbre, avait opté pour un art intimiste et japonisant. Quant à Bréal, fils d'un illustre philologue et éduqué dans une atmosphère de haute intellectualité, il eut une carrière de peintre capricieux, d'un dilettante, sinon d'un amateur.

307. WALEWSKI-Colonna, Alexandre (1810-1868) Ministre de Napoléon III, fils naturel de Napoléon Ier - L.S., 1 p. in-folio ; Paris, 26.V.1858. (300.-) 200.-

Au représentant du royaume de Sardaigne à Paris, le marquis de VILLAMARINA, pour l'informer que "... conformément aux observations que j'ai adressées au ministère des finances, des dispositions on été prises..." afin qu'un diplomate italien "... soit dégrevé de la taxe de la contribution mobilière à laquelle il avait été induement imposé...". Belle signature.

308. WIENIAWSKI Henryk (1835-1880) Violoniste et compositeur polonais - L.A.S., 2 1/3 pp. in-8 ; Aix-la-Chapelle, [4.X.1853]. Ancienne restauration à une déchirure (sans manque). (500.-) 350.-

Intéressante missive au responsable de la Société des Concerts de Leipzig, ami de Moscheles et de Ferdinand David. Fort occupé, le jeune violoniste hésite à se produire dans certains concerts programmés dans cette ville d'Allemagne. Il pourrait cependant être à Leipzig à la mi-octobre car en "... Novembre nous (lui et son frère) sommes engagés à Munich par S.A.R. le Duc Max de Bavière, dont nous fî mes connaissance à Baden-Baden dernièrement. De là nous allons à Bruxelles..." où Fétis père les attend, etc. Wieniawski envoie ses "... compliments à Mr et Madame Moscheles, si en tout cas ils sont de retour de leur voyage...".

La lettre du musicien est suivie du brouillon d'une réponse (1 2/3 pp.) qu'un certain "Dr Lewald" (J. K. A. Lewald, 1792-1871, dramaturge et acteur ?) fit au nom de la Gewandhaus, et de Ferdinand DAVID en particulier, pour proposer la date du 27 octobre "... für Ihr und Ihres Herrn Bruder Solospiel...", demander le progamme, établir les honoraires, etc.

309. WILDER Billy (1906-2002) Cinéaste américain d'origine autrichienne - Dédicace A.S., datée "86", sur carte in-12 avec en haut joli petit portrait en couleurs (extrait d'une revue). (200.-) 120.-

310. WIRION Louis (1764-1810) Général de gendarmerie français, il se brûla la cervelle dans le bois de Boulogne après avoir été accusé de prévarications et d'exploitation à l'égard de prisonniers anglais détenus à Verdun - L.A.S., 1 p. in-folio ; Quartier général de Verdun, 23.I.1804. Très bel en-tête (en partie modifié), avec vignette gravée. (750.-) 500. -

"Le Gén.al Inspecteur de la Gendarmerie Nat.le, Commandant supérieur à Verdun" transmet au ministre de la Guerre la pétition d'Edouard de Ste-Croix, "... anglais de Jersey, prisonnier sur parole à Verdun...", qui souhaite pouvoir retourner à Laval, étant "... bien constant que ce prisonnier est attaqué du mal caduc qu'on appelle Epilepsie...", etc.

La vignette n'est pas une de celles répertoriées par le B. & B. Elle représente la Liberté debout au milieu de trophées, de drapeaux et d'un canon, tenant de la main droite la pique d'où se déploit un ruban portant l'inscription "In legibus salus" (notre salut est dans les lois) et s'appuyant de la main gauche sur un faisceau.

311. ZEPPELIN, Ferdinand von (1838-1917) Industriel allemand. Ancien officier, il consacra une partie de sa vie à la réalisation de dirigeables rigides aptes à la navigation et au transport aérien de passagers - L.A.S., 1 p. in-8 gr. ; Stuttgart, 2.III.1908. En-tête à son adresse. En allemand. (2500.-) 1800.-

Très beau texte relatif à ses dirigeables !

L'illustre constructeur - qui, sur le lac de Constance, avait en 1900 essayé son premier aéronef - défend ici l'originalité de son idée contre les allégations de son compatriote, l'inventeur et industriel Joh. Hermanni GANSWINDT (1856-1934), qui avait affirmé que Zeppelin s'était servi des suggestions qu'il lui avait communiquées par lettre pour réaliser ses dirigeables. S'il est exact, précise Zeppelin, qu'une telle missive a b ien existé, il est aussi vrai qu'elle lui est parvenue des années après "... la présentation à la Commission créée sur ordre de l'Empereur, de mon projet d'un dirigeable ayant des dimensions correspondant à l'aéronef construit par la suite...", etc. ("... Den Brief habe ich allerdings erhalten ; aber erst Jahre nachdem ich den Entwurf des Luftschiffs mit den Ausmassen, die es sp-ter erhielt, der vom Kaiser eingesetzten Kommission vorgelegt hatte...").

 

 

 

 

PHOTOS SIGNÉES in-12

Compositeurs, Violonistes, Chefs d'orchestre, etc.

312. ANSERMET Ernest (1883-1969) Chef d'orchestre suisse - 1941. (300.-) 200.-

313. BORCHARD Leo (1899-1945) Chef d'orchestre russe - 1942. (300.-) 200.-

314. DOSTAL Nico (1895-1981) Compositeur autrichien - Vers 1970. (200.-) 120.-

315. FOURNIER Pierre (1906-1986) Violoncelliste français - 1968. (150.-) 100.-

316. HUBAY Jenö (1858-1937) Violoniste hongrois - "26.II.1923". (350.-) 250.-

317. KREMER Gidon (n. 1947) Violoniste soviétique - Vers 1980. (150.-) 100.-

318. LEHAR Franz (1870-1948) Compositeur autrichien - Vers 1920. (300.-) 200.-

319. MAAZEL Lorin (n. 1930) Chef d'orchestre américain - "29/5/60". (150.-) 100.-

320. MENGELBERG Willem (1871-1951) Chef d'orchestre néerlandais - 1942. (200.-) 120.-

321. PARLOW Kathleen (1890-1963) Violoniste canadienne - "Dec. 31st 1908". (300.-) 200.-

322. WEISBACH Hans (1885-1961) Chef d'orchestre allemand - 1941. (200.-) 120.-

323. WILHELMJ August (1845-1908) Violoniste allemand - "1906". (300.-) 200.-

 

 

Chanteurs lyriques

324. BAUER-PILECKA Olga (1887-1941) Alto autrichien - "1928". (250.-) 150.-

325. BJONER Ingrid (n. 1927) Soprano norvégien - Vers 1960. (150.-) 100.-

326. BRYHN-LANGAARD Borghild (1883-1939) Soprano norvégien - 1913. (300.-) 200.-

327. GIANNINI Dusolina (1902-1986) Soprano américain - "1934". (300.-) 200.-

328. GIGLI Beniamino (1890-1957) Ténor italien - "Agosto 1919". (450.-) 300.-

329. GÜDEN Hilda (1917-1988) Soprano autrichien - Vers 1950. (150.-) 100.-

330. JERGER Alfred (1889-1976) Basse-baryton autrichien - Vers 1925. (150.-) 100.-

331. JERITZA Maria (1887-1982) Soprano autrichien - Vers 1925. (200.-) 150.-

332. KALENBERG Josef (1886-1962) Ténor allemand - Vers 1930. (300.-) 200.-

333. KELEMEN Zoltan (1926-1979) Basse-baryton hongrois - Vers 1965. (200.-) 120.-

334. LEHMANN Lotte (1888-1976) Soprano allemand - Vers 1925. (350.-) 250.-

335. MAIKL Georg (1872-1951) Ténor autrichien - "11.X.1913". (250.-) 150.-

336. MANOWARDA, Josef von (1890-1942) Basse polonaise - "26.II.1928". (300.-) 200.-

337. NEMETH Maria (1897-1967) Soprano hongrois - Vers 1930. (250.-) 150.-

338. PLASCKE von der OSTEN, Eva (1881-1936) Soprano allemand - 1913. (300.-) 200.-

339. PROEBSTL Max (1913-1979) Basse allemande - "6.7.63". (150.-) 100.-

340. ROSSI-LEMENI Nicola (1920-1991) Basse italienne - Vers 1960. (120.-) 80.-

341. SACK Erna (1898-1972) Soprano allemand - Vers 1930. (150.-) 100.-

342. SARI Barbara (1886-1968) Soprano polonais - Vers 1935. (200.-) 120.-

343. STEHMANN Gerhard (1866-1926) Basse-baryton allemand - "Jan. 1909". (250.-) 150.-

344. TALVELA Martti (1935-1989) Basse finlandaise - Vers années 1970. (150.-) 100.-

345. WOLFF Fritz (1894-1957) Ténor allemand - "Okt. 1930". (150.-) 100.-

346. YAVOR-VARNAY Maria (1889-1976) Soprano hongrois - 1923. (200.-) 120.-

347. BAKER Joséphine (1906-1975) Actrice, danseuse et chanteuse noire américaine - "1935". (900.-) 750.-

 

 

 

 

 

ARCHIVES LITTÉRAIRES

John PETIT-SENN

(1792-1870)

 

 

Poète distingué, publiciste et homme politique genevois. Rédacteur du journal Le Fantasque, fondé en 1832, il était aussi à l'origine du Journal de Genève, créé en 1826 avec Fazy et Chaponnière. Auteur de Bluettes et boutades (1846), Bigarrures littéraires (1852), etc., Petit-Senn fut un membre très actif du cercle littéraire nommé Le Caveau et, grâce à ses relations avec de nombreux grands écrivains étrangers et sa solicitude pour les jeunes poètes,il exerça une influence marquée dans le monde des lettres. (80 000.-) 50 000.-

Nous avons le plaisir de présenter ci-après, divisée en plusieurs lots, la partie de ses archives littéraires que Petit-Senn avait choisi de garder, probablement parce qu'elle était le reflet de sa vie d'homme de culture et de politicien. Cette correspondance ayant été conservée telle quelle par son destinataire et ses héritiers durant presque un siècle et demi, une offre pour l'ensem-ble sera prioritaire. A défaut, les lots ser ont adjugés par la suite, séparément.

 

AMIEL Henri Frédéric (1821-1881) Ecrivain suisse - L.A.S., 3 1/4 pp.pleines in-4 ;Paris, 5.V.1843.

Extraordinaire missive où il décrit le monde littéraire parisien. Charles DIDIER d'abord, ce brillant Genevois qui vient de fonder un quotidien : "... L'Etat sera politique & littéraire... de l'opposition avancée... [ayant] Lamartine pour chef, car, vous le saurez, Lamartine est maintenant un des plus importants personnages... Didier est surtout un homme d'action... plus politique que littéraire... Il a besoin de lutte... Il parle rarement et laisse sa f emme faire les honneurs du cercle, ou bien ses paroles tombent indifférentes, tranquilles, ne demandant qu'à cesser le plus tôt possible...". Amiel poursuit sa description de Charles Didier puis entame celle de sa femme et des visiteurs fréquentant son Salon : "... LaMennais, petit, courbé, avec de gros souliers & des pantalons trop courts... Je ne l'ai pas entendu causer, et n'ai même su son nom que deux jours après. Aussi l'ai-je mal regard&eacu te; & pas du tout examiné... Henri Martin, auteur d'une Histoire de France, Mr Segrétain, qui a systématisé LaMennais... Mr Verre ; un magnétiseur... et quelques autres...", etc.

Plus loin, le jeune écrivain raconte sa visite chez "... l'immortel Béranger..." qui demeure "... dans une humble mansarde, sans vue, où tout est réuni, lit, table, papiers, foyer, vrai paradis d'étudiant, mais maigre logis pour la vieillesse malade..." ; il le décrit physiquement, parle de sa maladie, et en conclut que "... l'âge est venu mûrir sa pensée, mais [que] l'homme complet est toujours là... animé ; par une chaleur d'âme & une clarté d'intelligence... Il est en dehors de tout, & juge tout..." ; ils ont ensemble évoqué les Grecs, véritable culte pour Béranger, Byron, les "Amschaspands" de Lamennais, "... livre de fiel & d'anathème...", etc. Le dernier paragraphe est tout entier consacré à la poésie, aux ouvrages récemment publiés : "... Les cariatides par Danville, jeune homme d e 20 ans ; Maladie et Guérison par Louis Tremblay...", etc. Puis Amiel de citer tour à tour Théophile Gautier, Alexandre Dumas, Soumet, etc. Superbe texte !

AMIEL Henri Frédéric - L.A.S., 2 2/3 pp. gr. in-8 ; Genève, 24.III.1849.

Amiel remercie Petit-Senn pour son aide dans une affaire qui n'a, semble-t-il, pas encore trouvé son dénouement "... parce que rien de moins vague n'est venu corroborer les craintes ni les espérances que pouvaient inspirer les ouvertures peu ouvertes..." ! Il a déjà passé quatre épreuves et plaint ses pauvres auditeurs : "... Interloqué à la fois par la majesté du lieu, par l'inexpérience totale de l'improvisation & surtout de l'enseignement... j'ai été pénible, ennuyeux et ennuyé...". Il va bientôt devoir affronter la dernière épreuve, la plus importante de toutes, et a peu d'espoir de s'en tirer convenablement : "... J'ai besoin de vous le dire expressément, car je sais... que vous aimez à trouver anguille sous roche, la vanité sous la modestie, et une Boutade sous un masque pleurnicheur... Je voudrais bien mériter une bonne malice, si pour la cuisson de l'épigramme, je pouvais en avoir... la force...", etc. Il a vu Grast, "... un bien aimable homme...", et parmi les quelques artistes qu'il a rencontrés serait plutôt attiré par Hornung et Humbert.

AMIEL Henri Frédéric - L.A.S., 3 pp. pleines in-4 ; Genève, 29.XII.1849. Adresse du destinataire sur la IVe page, marques postales etpetit cachet de cire (brisé par Amiel dans le but d'ajouter un post-scriptum de quatre lignes sur la IVe page).

Après un séjour en Italie (1843/1848) et cinq années d'études dans les universités allemandes, Amiel est de retour à Genève où il se consacre à l'enseignement tout en faisant paraître divers recueils de critique et de vers.

C'est à son doyen de Faculté qu'il s'adresse ici : "... Le Nouvel-an m'apporte quelque possibilité de reprendre haleine un instant, pas beaucoup plus, car je n'ai pas une page d'avance..." ; en attendant de rendre bientôt visite à Petit-Senn en compagnie de son collègue Gaulliart, Amiel lui énumère toutes des bonnes choses qu'il souhaite pour lui, évoque une ou deux récentes parutions poétiques, puis trace une trentaire de vers de son cru, quatre huitains sur lesquels il aimerait avoir l'avis sincère de son correspondant : "... Les malheureux [vers], comme les enfants nés dans la vieillesse, ou après une longue stérilité, risquent fort d'avoir le sang pauvre. Vivant de la vie scientifique, j'ai été moi-même un peu étonné de cette vélléité impertinente, de ce rajeunissement imprévu. Critiquez sans pitié. Je n'ai plu s de prétention, et n'aime qu'à m'instruire...".

AMIEL Henri Frédéric - Long message autographe, 10 lignes au dos de sa carte de visite ("Professeur à la Faculté des Lettres") ; Genève, 24.VI.1873.

Envoi de 4 volumes nouveaux, "... œuvres d'un poète français... On pourrait... coter l'exemplaire à 2 f. 50 ou même 3 fr. ...", etc.

BALZAC, Honoré de (1799-1850) Le célèbreromancierfrançais -L.A.S., 1 p. in-8 ; [Genève, 8.II.1834]. Enveloppe avec adresse et marque postale et, au dos, cachet de cire brisé.

Balzac s'apprête à quitter Genève où il était arrivé le 24 décembre 1833. Ce séjour fut marqué par l' "événement" sentimental entre lui et Mme Hanska, qualifié plus tard de "jour inoubliable" ; c'est aussi dans la ville du bout du lac que l'écrivain avança dans la rédaction de Séraphêta.

Parmi les Genevois qu'il aurait aimé rencontrer, se trouve bien sûr Petit-Senn, le "... Jules Janin de Genève...", comme Balzac se plaît à le définir dans cette lettre ! Ce n'est pourtant que par écrit qu'il peut le remercier de sa "Militiade" aux "... vers conscientieusement faits...". L'écrivain français lui dit aussi son admiration pour ces "... Atlas littéraires (Petit-Senn !) qui ont les épa ules assez puissantes pour supporter un journal, le faire, le publier, l'entretenir d'esprit, le maintenir en joie et en santé...", etc. Si sur l'enveloppe, le cachet porte bien la date du 8 février, Petit-Senn a noté de sa main en haut de la lettre celle du "10 avril 34" ; il s'agit probablement là d'une erreur, car Balzac quitta en effet Genève pour Paris le 8 février 1834. Belle pièce.

BARTHÉLEMY Auguste (1796-1867) Poète français - L.A.S., 1 3/4 p. in-4 ; vers 1832. Fente dans la marge.

"... Après le suffrage des Chateaubriand et des Victor Hugo, celui d'un pauvre poëte doit vous paraître superflu...", écrit Barthélemy avant de souligner que "... l'auteur de la Némésis..." ne peut s'empêcher d'exhorter Petit-Senn à doubler ses "... attaques et porter des coups..." plus souvent encore dans son journal "Le Fantasque", etc. Belle !

BÉRANGER, Pierre Jean de (1780-1857) Poète et chansonnier français - 3 L.A.S., 7 pp. in-8 ou in-4 ; Passy, 1833/1851. Fentes.

"... C'est à votre chanson et à une autre..., aussi genevoise, que je fais allusion dans le Feu du prisonnier... Ce n'est pas par amour du bruit que je me suis exposé à des poursuites ; mais parce que... les débats d'un procès pouvaient être utiles...". Les événements politiques de 1848 l'ont beaucoup occupé, mais les couplets de Petit-Senn "... suffiraient pour dissiper les dernières traces de mon chagrin..." . En 1851, par l'intermédiaire de Victor Duret, le chansonnier exprime longuement son opinion sur les "Bluettes et Boutades" de son correspondant, etc.

BLANVALET Henri (1811-1870) Poète lyrique genevois - 4 L.A.S., 12 pp. in-8 ou in-4 ; Francfort, 1835/1844.

Alors employé à Francfort comme précepteur chez le baron de Rothschild, Blanvalet crée dans cette ville, avec quelques confrères allemands, le "Magasine de la Jeunesse". Ces magnifiques lettres sont entièrement consacrées à son art, et dans sa première missive le poète a transcrit pour Petit-Senn son poème "Si tu savais", 42 beaux vers. Il parle de sa vie à Francfort, rappelle que c'est grâce &ag rave; son correspondant que son "Hymne" a remporté le premier prix en 1835, cite des amis communs, tels que Gast et Carteret, évoque Jocelyn de Lamartine, décrit la vie littéraire allemande, etc., etc.

BONAPARTE-WYSE Marie-Studolmine-Laetitia (1831-1902) Petite-fille de Lucien Bonaparte, célèbre pour son extrémisme et ses excentricités. Poète, romancière, écrivain politique, son Salon était fréquenté par les révolutionnaires,les philosopheset les penseurs les plus audacieux. Elle eut trois maris et plusieurs liaisons - 3 L.A.S., 3 pp. in-8 ; Aix (Savoie), vers 1855/60.

La "Princesse brouhaha", comme la surnommait son amant Alphonse Karr, annonce ici la fondation de son journal ("Les Matinées d'Aix" ?), sollicite la collaboration de Petit-Senn, remercie "... des jolis vers...", offre un "... petit dessin...", etc. Elle signe "Marie de Solms, née Bonaparte-Wyse".

BRIDEL Philippe-Sirice (1757-1845)Littérateur vaudois, dit "le Doyen Bridel". Par ses écrits et ses relations,il a contribué plus que n'importe qui à éveiller en Suisse romande l'amour du passé et le sentiment de la solidaritéh elvétique - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Montreux, 10.I.1824. Piqûres. Rare !

Il a lu, dès sa réception et avec plaisir, l'Almanach Genevois "... qui prouve que votre ville, longtemps accusée de manquer de talens poëtiques en a bien sa bonne portion...". Il se permet de faire quelques remarques sur des mots, tels que luron (du patois) et fillette, parce qu'on y attache "... une idée très désavantageuse à la pudeur et aimer la fillette... c'est être libertin...". Il espère que par la suite " ... votre collection pourra se passer de ces couplets bachiques et érotiques...", sans pour autant prendre exemple sur lui car "... vous êtes assez riche et moi... très pauvre ; l'âge m'interdit la Poësie ; à 67 ans il faut quitter les muses...", etc. Beau texte.

CANDOLLE, Augustin Pyrame de (1778-1841)L'illustre botaniste genevois - L.A.S., 1 p. in-4 ; "Lundi 28 mars 1840". Adresse autographe.

Il a reçu l'ouvrage de Petit-Senn et ne se sent "... point digne de la phrase trop jolie par laquelle vous me l'adressez... Je pourrois bien vous faire quelques plaintes de la manière dont vous parlez de ma pauvre et inoffensive botanique... Quant à moi, tout savant que je suis par métier, je suis dévoué de cœur... même à la poësie...". Candolle improvise alors six beaux vers où il évoque son hésitation à ch oisir entre la science et la littérature : "... Dans mon jeune âge entre Apollon et Flore / Mon esprit flottoit incertain : / Mais que dis-je ? il balance encore...", etc.

CAVOUR Camillo (1810-1861) Hommed'Etatitalien - L.S. "C. Cavour", 1 p. gr. in-4 ; Turin, 27.III.1855. En-tête du Ministère des Affaires étrangères.

Cavour, qui s'est désormais imposé comme le véritable maître de la politique piémontaise depuis que Victor-Emmanuel II l'a rappelé d'urgence au pouvoir en novembre 1852, s'empresse d'annoncer à "Monsieur Petit-Senn, Membre de l'Institut de Genève" que Sa Majesté apprécie ses productions littéraires et "... agréera volontiers les trois volumes que vous venez de publier et dont vous désirez Lui faire ho mmage...". Il lui indique comment les faire parvenir "... à leur haute destination...".

CHATEAUBRIAND, François-René, Vicomte de (1768-1848)Ecrivainfrançais -L.A.S., 2 pp. in-8 ; Genève, 5.VI.1831.

Il a déjà lu les deux petits poèmes que lui a adressés Petit-Senn et le félicite "... de rire avec grâce : nous avons perdu en France ce talent que Voltaire a laissé dans votre pays...", etc.

CHATEAUBRIAND, François-René, Vicomte de - L.A.S., 2 pp. 8° ; Genève, 12.VII.1831.

A propos des "... descriptions poétiques..." de Petit-Senn : "... Vous avez peint avec vérité les beaux paysages suspendus autour de votre berceau. Je vous remercie infiniment... d'avoir mêlé mon souvenir au souvenir de votre patrie. Les muses sont hospitalières et il suffit d'être un suppliant pour trouver azyle à leurs foyers et protection à leurs autels...".

CHERBULIEZ Antoine-Elisée (1797-1869) Publiciste, il enseigna l'économie politique au E.T.H. de Zürich - L.A.S., 3 pp. in-8 ; Zürich, 11.II.1859.

Il est ravi de recevoir "... les félicitations du poète national de la vieille Genève...", mais est désormais trop vieux pour répondre aux attentes de Petit-Senn. "... Je viens notamment de me livrer à quelques études historiques dont le résultat sera la matière d'un cours que j'espère donner à Genève...", etc.

DANEMARK, Frédéric VII de (1808-1863)Roi dès 1848,il donna à son paysla Constitution démocratique de 1849 - L.A.S., 1 p. in-4 ; [Genève], 15.IX.1827.

Le jeune prince, qui étudia en Suisse de 1826 à 1828, remercie Petit-Senn "... des charmants couplets que Vous eûtes la bonté de chanter pour moi à la fête du jeu de l'Arc. Ils me rappelleront toujours une journée qui a été bien agréable...". Le futur roi transmet les "... civilités empressées..." de ses deux précepteurs, le comte de Rantzau et le major d'Ewald, qui ont été "... très sensibles à ce que Votre lettre contient d'obligeant pour eux...".

DE LA RIVE, Auguste (1801-1873) Célèbre physicien genevois - 2 L.A.S., 6 pp. in-4 ou in-8 ; Genève 1836 et Présinge 1843.

La missive de 1836, fort intéressante, est consacrée au "... fardeau dont je viens de me charger en prenant à moi tout seul... la direction générale de la Biblioth. Universelle à dater de 1836...". Il aimerait que chaque cahier de la revue se termine par "... un bulletin [où]... les amateurs et les savants puissent se tenir chaque mois au courant des progrès de la Science...", et que ce journal soit honnête afin de contrast er "... avec tant de productions littéraires qui inondent la France et dont souvent la France devrait rougir...", etc.

En 1843, il parle d'une lettre d'Amiel et de sa marche "... terre à terre dans la route prosaïque du monde physique...", etc.

DE LA RIVE, Auguste - L.A.S., 3 1/2 pp. in-12 ; Bellevue (Genève), 9.IX.[1857].

De la Rive rassure Petit-Senn qui s'inquiète de ne pas avoir reçu la visite du ministre italien comme il l'espérait depuis longtemps : "... Je ne crois nullement que Monsieur de Cavour ait le moindre sentiment pénible contre vous... je serais plutôt disposé à croire tout le contraire... j'aurai soin de lui transmettre les explications que vous m'avez données... Malheureusement, ainsi qu'il me l'avait écrit il y a déjà un moi s, les affaires publiques ne lui permettaient pas de s'absenter de Turin...", où Cavour avait été rappelé d'urgence par le roi Victor-Emmanuel II en novembre 1855. Il est encore question d'un article que Petit-Senn a fait paraître dans La Bible Unie : "... Je félicite les abonnés & les rédacteur d'une coopération aussi précieuse que la vôtre...".

DIODATI Edouard (1789-1860)Pasteur et théologien genevois - L.A.S., 6 pp.in-4 ; Genève, 18.XI.1853.

Précieuse missive où Diodati évoque Madame de Staël et les souvenirs que lui ont laissés les habitants du château de Coppet : "... Introduit chez elle... par ma liaison avec ses fils... C'était dans l'été 1810. Mad. de Staël était occupée alors de la quatrième partie de son ouvrage sur l'Allemange. Cette partie est consacrée à l'étude de la question religieuse...". Ainsi, elle "... av ait fait le voyage de l'Allemagne pour s'entretenir avec Goethe et Schiller, avec Fichte et Schelling, et elle en avait ramené Schlegel dont elle avait fait son pionnier dans le champ... à défricher de la littérature et surtout de la philosophie... La société de Coppet présentait donc l'aspect d'une espèce de Synode..." où l'on pouvait rencontrer le catholique Mathieu de Montmorency, le quiétiste de Langallerie, l'illuministe de Divo nne, le rationaliste Vogt, le calviniste ortodoxe Moulinié : "... il n'y avait pas jusqu'à M. Benjamin Constant, alors occupé de son ouvrage sur les Religions, qui n'apportaz son tribut aux conférences théologiques. Les conversations du dîner ou de la soirée ne roulaient que sur des sujets religieux...", etc., etc.

Long et intéressant texte d'un témoin oculaire priviliégié.

DUFOUR Guillaume Henri (1787-1875) Général suisse - L.A.S., 1 1/3 pp. in-8 ; Contamines, 2.II.1866. A la fin, cinq lignes A.S. de Petit-Senn.

"... Je me trouve sans doute très honoré de la haute distinction que vient de m'accorder l'Empereur ; mais ce qui m'a été au cœur c'est la délicate pensée d'avoir associé la qualité de Général de la Confédération helvétique, aux expressions affectueuses contenues dans la lettre autographe qui accompagne la décoration. C'est en quelque sorte en faire hommage à la Nation Suisse tout entière. ..". Petit-Senn a noté au-dessous : "J'avais félicité le Général du grand Cordon de la Légion d'honneur qu'il avoit reçu accompagné d'une lettre autographe de Napoléon III. C'est ici sa réponse modeste et délicate".

DUFOUR Guillaume Henri - 4 L.A.S., 4 pp. in-8 ou in-12 ; Genève, 1850/1867.

Vie sociale, rencontres, apostille sur une requête, mais aussi (le 2 février 1867) remerciements pour les vers reçus : "... Vous ne pouviez m'exprimer d'une manière plus touchante la part que vous prenez à ma douleur...". Dufour venait de perdre sa femme Suzanne après cinquante ans de mariage.

DUNANT Henri (1828-1910) Philanthrope suisse, prix Nobel de la paix en 1901 - L.A.S., 3 pp. in-4 ; Genève, 22.IV.1858. Enveloppe avec petit cachet de cire noire portant une inscription arabe.

Magnifique missive écrite bien avant qu'il ne fonde la Croix-Rouge, en réponse à la demande de Petit-Senn qui désirait faire paraître un article sur l'ouvrage publié par Dunant quelques mois plus tôt, ouvrage intitulé "Notice sur la Régence de Tunis" décrivant avec finesse un pays alors très mal connu en Europe. Grand voyageur, le philanthrope l'avait visité lors d'un de ses séjours d'affaires en Algé ;rie.

Tenant avant tout à ne pas préoccuper le public de sa personnalité et ayant été peiné par un article fort élogieux du Journal de Genève qui fait intervenir la politique au sujet de son ouvrage, Dunant est sur ses gardes : "... Le Carillon s'est emparé de cet article... et en a fait un autre... charivarique... Je ne voudrais pas qu'un tel article dans un Journal paraissant à Genève, put être un élément po ur cette espèce de lutte. Mon livre... est entièrement géographique, historique, ethnographique, et point du tout politique ; je ne voudrais pas, ne me mêlant jamais de politique suisse ou genevoise, que l'on put me supposer d'autres intentions que celles que j'ai eues...". Plusieurs journaux étrangers ont parlé de son ouvrage, et même l'Akbar d'Alger, qui a commencé par le chapitre consacré à l'Esclavage.

Dunant veut donc bien donner son accord à la parution d'un nouvel article, à la condition cependant que Petit-Senn veille à ne pas imiter celui déjà paru à Genève qui "... malgré toute sa bienveillance à mon égard, avait évidemment pour but de lancer une flèche dans le camp des radicaux...", etc.

ESPAGNE, Marie-Christine d' (1806-1878) Fille de François Ier, roi des Deux-Siciles, elle épousa en 1829 Ferdinand VII et à la mort de celui-ci en 1833 devint régente pour sa fille Isabelle II - L.A., 1 p. in-12. Superbe encadrement floral imprimé en couleurs et en or, avec personnages et oiseaux.

Message bilingue rempli de tendresse, adressé à sa fille Isabelle, future reine d'Espagne. "Pichona de mi corazon... Muchissimo me ha gustado tu cartita queda guardada con las otras pues son mi tesoro... Mon unique consolation c'est de te faire plaisir... je t'envoie la poupée que tu désires, et aussi quelques autres petits joujoux... Adieu ma bonne petite... reçois un tendre baiser de ta maman... qui toujours pense à toi...". Au-dessous, Petit-Senn a n oté : "Ecriture de S. M.é la Reine Christine" et, sur la IVe page, ces quelques lignes A.S. : "Ce billet est écrit par... en 1841 quand elle habitait Vevey dans la maison de Mr Rossier qui m'a donné ce fragment, le 12 juillet 1848".

Rappelons que Marie-Christine obtint de son mari qu'il révoque le loi de 1714 et laisse le trône à sa fille, au détriment du demi-frère de cette dernière, Carlos, ce qui déclancha l'insurrection carliste (1833-1839).

 

ETATS-UNIS, 1853 (Un émigré genevois aux) - L.A.S. de G. MORHARD, 3 1/2 pp. pleines in-4 ; Highland (Ill.), 26.VI.1853. Trois pièces jointes.

Longue et importante missive émanant d'un Suisse qui, après un bref séjour en France, a préféré partir à la découverte des Etats-Unis d'Amérique.

Bellot, Sismondi et Töpffer sont morts. A Genève il ne reste que Petit-Senn avec qui entretenir des conversations philanthropiques : "... Je suis convaincu qu'aujourd'hui, l'Europe est en voie... d'une seconde édition du Bas-Empire...", écrit Morhard au poète, et les "illustres" se vendent désormais "... pour un bout de ruban ou pour un écu... Cela étant, j'ai fait de l'Amérique ma patrie adoptive. Dans l'état a ctuel des choses, le laboureur américain qui trace un sillon dans la Prairie ou la forêt vierge, fait plus pour le progrès de l'Humanité que le plus grand génie... sur le Continent européen. Il contribue à créer un monde nouveau, un monde où tout ce qu'il y a de juste et de vrai... peut se réaliser... sans entraves, sans luttes de partis, sans larmes, sans effusion de sang. Dans le vieux Monde, en 89, en 48... les meneurs ont fait bien du vacarme... Où est le résultat ?...". Selon lui, le "... jeune géant américain se représente dès à présent un pied sur les Indes Orientales, l'autre sur l'Europe... Au bas du tableau sont écrits ces mots : Ce que je domine de mon regard, je le possède...". Et Morhard de conclure : "... Je suis et demeure Américain pour le reste de mes jours..."

Vient ensuite une description des voyages que le Genevois a entrepris à travers les Etats-Unis, pays vers lequel il voudrait favoriser l'émigration des républicains d'Europe ; il a d'ailleurs déjà obtenu la nomination d'un Consul suisse à St Louis et aidé des hommes distingués, il s'est lancé à nouveau dans les affaires : "... Je fonde à peu de frais un journal intitulé L'Economiste américain... [et] un bureau de renseignements... ayant des succursales dans les principaux ports de mer... Je puis obéir ici à ma vocation humanitaire sans nuire à mon bien-être matériel. Avec deux jours seulement de travail par semaine, il m'est toujours possible de couvrir toutes mes dépenses...".

"... L'année dernière, pour... oublier un amour malheureux, j'entreprends un voyage dans les Montagnes Rocheuses... Je vis de la vie du chasseur et du sauvage. J'explore des contrées inconnues. Je recueille une foule de notes et d'histoires curieuses. Aux sources du Missouri, un ancien chasseur me raconte les aventures de sa jeunesse...", etc., etc.

Texte hors du commun contenant de nombreux détails et descriptions, qui mériterait une citation in extenso.

FAZY James (1794-1878) Publiciste et homme d'Etat genevois - L.A.S., 1 p. pleine in-4 ; Lyon, 15.IX.1826.

Longue missive où James Fazy résume à Petit-Senn le résultat de ses recherches visant à déterminer qui est l'auteur de certains articles déplaisants. "... ils ont été envoyés tout faits de Genève par le canal de Mr Delay, ainsi mes premiers soupçons étaient bien fondés... les... rédacteurs m'ont parus peinés de ces articles, & m'ont bien promis qu'il n'en reparaîtrait plus de sem blables, et qu'ils vivraient en bonne intelligence avec le Journal de Genève... Vernay lui-même qui avait d'abord voulu faire le pédant, & soutenir que des vers de treize syllabes méritaient presque la corde, a fini... par convenir que tout ce qu'on avait dit sur ma pièce...", etc. Dans un post-scriptum, il explique pourquoi les soupçons se sont portés sur Monsieur Delay.

1826 est l'année où le Journal de Genève fut fondé par Fazy, Petit-Senn, Chaponnière, etc.

FAZY James - L.A.S., 1 p. in-8 ; "Samedi 22 8bre" [1842]. Adresse sur la IVe page.

"... Ce n'était pas assez de vous manger votre dîner, je voulais encore emporter... un article pour la Revue, tous nos collaborateurs désirent vous voir enrôlé dans nos rangs. Voyons mon cher un retour de jeunesse, reportons-nous à seize ans en arrière alors que nous commencions avec tant d'illusions notre Journal de Genève, il est temps à présent que nous avons conquis une réforme que nous désirions si sincèrem ent, de montrer que nous sommes gens à consolider... Envoyez-nous des articles...", etc.

Le Journal de Genève avait été créé en 1826 par Fazy, Petit-Senn, Chaponnière, etc. [Voir lot précédent]

FAZY James - L.A.S. "Votre ancien ami - James Fazy", 1 p. in-8 ; Genève, 22.VII.1846.

1846 est l'année qui verra la dramatique révolte de Saint-Gervais dont Fazy allait être le chef. Il dit ici pouvoir enfin "... faire insérer quelques lignes au sujet de vos Boutades dans la Réforme et le National... je ferai moi-même les articles..." pendant son prochain séjour à Paris, etc.

FOURNIER Marc (1818-1879) Littérateur suisse à Paris - 6 L.A.S., 20 pp. in-8 ou in-4 ; Genève et Paris, 1847/1850.

Importante correspondance où ce provincial monté à Paris au temps de la révolution républicaire de 1848 peint longuement la vie artistique et politique de la capitale française. Il évoque l'héroïne de La Dame aux Camélias, l'actrice DOCHE, "... Prêtresse de la Folie (style républicain)... qui ne veut pas du tout qu'on fasse d'elle une Déesse de la Raison...", parle de l'éditeur Lévy, du composi teur Félicien David, d'Emile Augier et du poète Alfred de MUSSET. Véritable chronique de ce Suisse devenu "parisien", qui n'a pas oublié la poésie et les beautés de sa patrie que Petit-Senn a si bien su capter dans ses vers.

GALLOIX Jacques-Imbert (1807-1828) Poète genevois - L.A.S., 3 1/2 pp. in-4 très pleines ; Paris, 23.I.1828. Adresse sur la IVe page. Autographe rarissime !

Exceptionnelle missive - dont le contenu mériterait d'être cité en entier ! - de ce poète mort à l'âge de 21 ans d'une irritation nerveuse considérablement aggravée par la timidité, la pauvreté et de nombreux déboires.

Galloix demande à Petit-Senn de faire paraître quelques mots dans le Journal de Genève ("... vous pourriez... citer les meilleures strophes ; dans le cas où je voudrois revenir in focos donner un cours..."), parle d'une faute d'impression qui s'est glissée dans sa nouvelle publication, évoque sa pauvreté constamment présente malgré les efforts qu'il déploie pour trouver quelque occupation lucrative. Il est toujours plus en rel ation avec "... la ménagerie littéraire de Paris... [qui l'] accueille avec un empressement poli... Malgré tout cela je n'aime guère ce peuple..." ; il passe ses dimanches soir chez Charles NODIER et ses mardis chez Jacques-Arsène ANCELOT, bavardant littérature et romantisme, côtoyant des hommes de lettres tels que Baour, Lormian, Victor Hugo (nom effacé !), Lamothe Langon, Mennechet, le comte de Resseguier, etc. Certains ont une haute estime d'eux-mêmes (Ancelot va jusqu'à se proclamer le génie du siècle !) et, après avoir expliqué le genre de littérature exercé par les moins connus d'entre eux, Galloix s'exclame : "... De tous ces puissants par la pensée, combien en connaissez-vous ?... Il faut bien vous l'apprendre, à vous barbares qui ignorez nos gloires..." !

Il a passé des heures avec Soumet à radoter métaphysique ; cet homme "... mérite un voyage plus que les Alpes. Figurez-vous un mélange d'illusionnisme, de mysticisme, de sentimentalité, d'affection, d'exaltation, de divagation, de prétentions...", etc.

Un long chapitre est consacré à Victor HUGO dont le génie le stupéfie : "... Hugo est le coryphée de la jeunesse littéraire... tout ce qui pense, en France, lui accorde du génie... La conversation de Hugo est encore plus poétique que ses ouvrages... Tous les journaux... sont unanimes... lorsqu'on le critique, c'est avec les égards et l'importance que l'on accorde au génie...", etc.

Il est encore question de J. Lefèvre, de Benjamin CONSTANT, noble vieillard un peu usé auquel on l'a présenté, de Gast, de Delarue, etc. Cette longue missive se termine enfin par l'évocation de la souffrance et de l'isolement qui a dû endurer : "... mon désespoir touchait au délire. Oh ! combien, combien, combien j'ai souffert ! que d'heures atroces... je suis bien inquiet...".

Certainement une des plus belles lettres de Galloix qui allait décéder en octobre de cette même année.

HENTSCH Charles (1790-1854) Banquier et philanthrope genevois - L.A.S., 3 pp.in-8 ; Nyon, 6.VII.1853. Joint : L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 d'Albert HENTSCH (1804-1855), homme pol. genevois.

Lettre où il s'exprime en vers, en réponse à un message de Petit-Senn. "... Poète, sous votre aile, ainsi se réfugie / Tout ce monde passé, son charme, sa magie / Ce qu'un regard savant a vu dans l'univers / Et la sérénité que n'ont pas les pervers... / L'avenir est à vous !... cet avenir immense / Qu'on cherche sur la terre, après la mort commence... / Comme l'insecte ailé vous sortirez en roi...", etc. - L'&qu ot;Amiral de l'Exercice de la Navigation" sur le lac Léman, Albert HENTSCH, manifeste quant à lui sa sympathie envers le Poète genevois et "... Mr votre respectable père qui... a été longtemps le Vice-Amiral...".

HORNUNG Joseph (1792-1870) Peintre genevois - L.A.S., 1 p. in-8 ; Genève, 11.III.1865.

"Je vous envoie le sujet d'une boutade. Nous voudrions bien que notre existence fut semblable à celle du couteau de Jeannot : manche et lame se renouvellent et c'est toujours le même couteau...". Chez les hommes, remarque Hornung, la lame se rouille si non usée et s'amincit et casse si usée, "... Mais le manche, oh le manche ! quels soins nous lui donnons et qu'il nous serait doux en devenant vieux, après avoir négligé la lame, de pouvoir ren ouveler le manche...".

HORTENSE de Beauharnais (1783-1837) Fille de Joséphine de B., elle fut adoptée par Napoléon qui la maria à son frère Louis, roi de Hollande - L.S. "Hortense", 1 p. in-8 ; Genève, 8.IV.1835.

Elle remercie Petit-Senn pour sa lettre et les ouvrages qui l'accompagnaient : "... ce que j'en ai déjà parcouru a suffit pour me faire apprécier tout votre talent pour la versification. Je vous prie de m'inscrire au nombre des abonnés de votre journal... Je vous prie aussi de vouloir bien porter en souvenir de moi la petite épingle que je vous envoie...", etc.

HUBER-SALANTIN Jean (1798-1881) Officier et homme politique genevois, ami de Lamartine et de Napoléon III - 2 L.A.S., 5 pp. in-4 ; Montfleury (Genève), 1841.

Belles missives concernant des œuvres littéraires soumises à l'appréciation d'Alphonse de Lamartine. Celui-ci "... a lu, chez moi, l'épître que vous lui avez adressée... Je l'ai entendu admirer de beaux vers et de belles pensées. Toutefois vous ne réussirez point... à le ramener à la poësie au préjudice de la politique. Il pense... que dans le temps où nous vivons, la politique élevée, indépe ndante, généreuse, courageuse, est aussi une grande poësie...", etc. [Voir aussi Lamartine]

HUGO Victor (1802-1885) Ecrivain français - L.A.S., 3 pp. pleines in-4 ; Paris, 17.X.1829. Adresse du destinataire sur la IVe page.

Superbe lettre, pleine de modestie !

Hugo commence par complimenter Petit-Senn pour sa Miliciade genevoise, poème en quatre chants, récemment publié, et estime que Petit-Senn attache bien trop d'importance "... à un suffrage qui en a si peu... Vous nous prouvez, Monsieur, que pour le goût, la grâce et la bonne plaisanterie, Genève est encore une ville toute française...". Il y a, dans les éloges que lui a faits le Genevois, une exagération dont le Poète le remercie mais qu'il ne peut accepter : "... Et je ne vous parle pas seulement ici de mes ouvrages, lesquels m'importent aussi peu qu'au public, je parle de cette conduite, honnête et loyale sans doute, que j'ai tenue dans tous les temps et dont quelques actes, devenant publics par hasard, m'ont valu des éloges beaucoup trop grands... Il n'y a rien que de tout simple dans ce que j'ai fait, et il n'est personne qui n'eut agi comme moi. J'ai refusé une pension de notre nouveau minist&e grave;re, parce que je crois notre nouveau ministère funeste et que je ne veux rien lui devoir. Et puis, tant que ma plume suffira à mon indépendance, je n'aurai pas grand mérite à la conserver. Je suis dévoué à l'art, j'en vis et en jouis, et voilà tout...".

La seconde partie de la missive est consacrée au poète genevois Jacques-Imbert GALLOIX, mort en octobre 1828 à l'âge de 21 ans après une vie de souffrances, notamment morales : "... la part que j'ai fait pour lui ne vaut pas qu'on en parle. Que dans les arts, le moins pauvre aide le plus pauvre, il ne fait que son devoir. Mes amis et moi n'avons fait que le nôtre... Où est, ici encore, notre mérite ?...". Petit-Senn semble vouloir citer le n om du grand Homme dans un article qu'il compte faire paraître sur Galloix, mais Hugo pose ses conditions : "... si vous le jugez bon à la mémoire de ce pauvre Galloix. Dites... qu'il y avait à Paris un honnête homme nommé Victor Hugo, faisant ses vers comme Galloix qui les faisait souvent meilleurs que lui, que ce Victor Hugo n'en fut pas jaloux, chose rare en poésie, et l'aida du mieux qu'il put à vivre ses derniers jours - pauvre Galloix ! Enfin, Monsieur, usez de mon nom en cela comme il vous plaira... Mon nom est peu de choses, mais quel est le nom qui a gagné quelque valeur à être écrit sur un tombeau !...". [Voir aussi Galloix]

HUGO Victor - L.A.S., 3 pp. pleines in-8, datée "15 juin - Paris" [1833].Petite déchirure réparée, sans manque. Adresse et marques postales sur la IVe page.

Malgré ses mauvais yeux, il répond "... sur le champ..." à Petit-Senn : "... excusez le surmené. J'y vois à peine clair...". Il voudrait bien être utile au protégé de son correspondant, "... mais rien n'est plus difficile... Les libraires d'aprésent ne s'informent plus du talent, mais du nom. Espérons que cette absurde fantaisie leur passera...".

Il se propose de lire un des essais qu'il tâchera de "... faire publier dans un recueil (Le Censeur) où j'ai quelque influence. Si j'y parviens et si la cause réussit, il sera plus aisé d'aborder un libraire...".

HUGO Victor - L.A.S., 1 p. in-8 ;[Paris, 11.VI.1841].Sur la IVe page, adresse du destinataire et quatre lignes de la main de Petit-Senn.

Hugo profite d'un moment de loisir pour lire l'ouvrage de son correspondant et le remercier : "... J'avance avec un vif plaisir dans l'intéressant et remarquable recueil de vos œuvres. Le style et l'esprit m'en plaisent au plus haut point...", etc.

Petit-Senn a noté sur la IVe page : "Lettre de Mr Victor Hugo écrite le 11 juin 1841, huit jours après qu'il eut été reçu membre de l'Académie française".

LAMARTINE, Alphonse de (1790-1869) Poète, écrivain et homme d'Etat français - L.A.S., 2 pp. in-8 pleines ; St Point, 6.X.1846.

Petit-Senn lui ayant promis des vers pour bientôt, Lamartine lui répond : "... Il y a toujours des tems pour ce qu'on aime. De grandes pensées et de nobles sentiments en grand langage sont la consolation des misérables choses que nous voyons dans l'ordre des faits...". Il ne pense pas suivre les conseils de son correspondant au sujet de la Politique, car "... les meilleurs conseils sont les devoirs et les instincts. Ceux-là viennent de Dieu. Dès ma première jeunesse, ils m'ont invinciblement poussé à l'action et aux affaires. La Poésie écrite ne fut jamais pour moi que le pis aller et la Poésie agie. Quand nos patries se trouvent en outre à une de ces époques critiques ou toutes les mauvaises passions les disputent aux bonnes directions, l'instinct devient un devoir plus sacré et plus évident. Je l'accomplirai tant que j'aurai une voix dans les conseils de mon Pays. Excusez-moi donc car je m'excuse moi-même et si je suis certain que ma conscience m'approuve, une vie passée à chanter des hymnes ce n'est pas une vie d'homme. Mais d'ange. Je suis un homme et un des plus faibles...".

Elu à la Chambre des Députés en 1833, Lamartine était devenu un orateur influent. La parution, l'année suivante, de son Histoire des Girondins, allait recevoir un accueil enthousiaste. Sa nomination à la tête du ministère des Affaires étrangères en 1848 fut l'apogée de sa carrière politique. [Voir aussi Huber-Salantin]

LAMARTINE, Alphonse de - L.A.S., 1 1/2 pp. in-8 ; [Paris], 20.V.1847. Papier à son chiffre couronné.

"Tout ce qui me rappelle votre nom, et votre talent si original est bien venu quand cela s'appelle Bluettes et Boutades...", s'exclame Lamartine qui demande à Petit-Senn ce qu'est "... Stern ? une boutade de génie...". Il reconnaît à ces poèmes une grâce et un encensement charmants et va les emporter à la campagne où l'on a le temps de savourer les choses fines et délicates : "... J'irai peut-être bientôt re voir votre divin lac sur lequel vogue si souvent d'ici mon regard intérieur et vous demander une promenade sur la grève avec un des hommes qui se rendent glorieux et cher parmi tous les lac de toutes les alpes...".

Sur la IVe page, note de Petit-Senn précisant que cette missive lui fut adressée par Lamartine "... en réponse à l'hommage de mes Bluettes & Boutades que Mr Huber Saladin lui avoit remises..." de sa part.

LOTTIN DE LAVAL, Victorien (1810-1903) Archéologue et voyageur, inventeur de la lottinoplastique - L.A.S., 4 pp. in-8 ; Bernay, [27.IX.1842].

De retour d'un long voyage à travers l'Europe centrale, lors duquel il a entre autres visité "... vos magnifiques Alpes et vos lacs enchanteurs...", Lottin de Laval évoque les ouvrages de Petit-Senn ainsi que les rencontres, parfois manquées, qu'il a faites durant son long périple : "... A Aarau, je suis allé chez Henri ZSCHOKKE et le charmant romancier venait de partir pour Magdebourg. A Heidelberg, j'ai trouvé la maison de Scheffer ferm&ea cute;e (c'était le traducteur de mes œuvres en allemand), le pauvre homme était mort ! En Belgique, par contre, mes contrefacteurs étaient grands et florissants...", etc.

Lottin de Laval est surtout connu pour avoir, dans ses voyages au Moyen-Orient, découvert Ninive et ramené en France, grâce à un procédé de moulage (la lottinoplastie), des monuments entiers sous forme d'empreintes.

MERLE D'AUBIGNÉ Henri (1794-1872) Pasteur genevois, historien de la Réformation - L.A.S., 2 1/2 pp. in-4 ; Genève, 25.VIII.1847. Petit découpage sans perte de texte. (300.-) 200.-

Il enverra à son frère l'ouvrage qui lui est destiné, "... doublement précieux et comme souvenir d'un ami et comme production des plus spirituels des poètes genevois. Mon frère [qui est aux U.S.A.] m'écrit... qu'il a trouvé une place dans le New Jersey à L.s Motta, mais qu'il a dû lui prêter 82 fr. 50 pour payer sa dette à l'auberge...". Ayant encore à l'esprit une conversation qu'ils avaient eue "aux Tranchées", le pasteur termine sa lettre "... comme Jean termine la sienne : ... Qui a le Fils a la vie... C'est lui qui est le vrai Dieu et la vie éternelle. Mes petits enfants, gardez-vous des idoles...".

MIEVILLE Gabr. Antoine (1766-1852) Homme politique vaudois, fondateur de la Gazette de Lausanne - L.S., 1 p. in-8 gr. ; Lausanne, 31.V.1852.

Malgré la cécité dont il est atteint depuis 1836, le docteur Mieville signe lui-même cette missive à Petit-Senn dans laquelle il lui demande de le mettre en rapport avec un correspondant parisien. "... Dans la situation politique de l'Europe, nous aimerions avoir... un correspondant sûr, intelligent, exercé, qui ne fût pas étranger aux mouvements politiques..." des dernières années, etc.

MONNARD Charles (1790-1865) Littérateur et homme politique vaudois. En 1845, il dut s'expatrier à Bonn où il enseigna et où il mourut - 4 L.A.S., 8 pp. in-8 ou in-4 ; Lausanne, 1829/1840.

Belle correspondance littéraire se plaçant à l'époque où Monnard collaborait à des journaux et notamment au Nouvelliste vaudois. Il promet à Petit-Senn d'écrire un article pour la Revue : "... je le signerai autrement que de mon nom ; le jugement aura plus de prix paraissant venir d'une autre personne que l'article du Nouvelliste. Quant au Globe... Le rédacteur m'a demandé des articles sur la littérature allemande de nos jo urs...". En 1834, il évoque son activité à l'Académie de Lausanne : "... Mon professorat, un cours nouveau à rédiger pendant la dernière année académique, le rectorat..., la présidence de l'école normale, ... Voilà de quoi... vous inspirer plus de pitié... que de colère...". En 1840, il souligne la part importante qu'occupe la politique dans les colonnes du Courrier Suisse avec ses affaires &agra ve; Genève et d'ailleurs, etc. Monnard vient également en aide aux artistes et, en 1833, présente aux Genevois un Norvégien "... jeune et modeste... un des violonistes les plus distingués...", Ole BULL (1810-1880), élève de Spohr puis de Paganini.

NAPOLÉON III Bonaparte (1808-1873) Empereur des Français de 1852 à 1870 - L.S."L. Nap. Bonaparte", 3/4 p. in-8 ; Paris, 17.III.1849.

"... Vous m'adressez les vers les plus gracieux au sujet d'une visite de ma mère à l'ermitage - écrit le futur empereur - et vous me rappelez d'anciens souvenirs de la Suisse. Le temps ne les a pas effacés...". Il remercie Petit-Senn pour l'envoi de ses Bluettes et Boutades et "... de l'approbation donnée par mes amis de Suisse à ma conduite politique...".

Louis Napoléon Bonaparte avait été élu Président de la République française le 10 décembre précédent. Le texte de cette lettre est de la main de J. F. MOCQUARD (1791-1864), secrétaire et ami de Napoléon III depuis l'adolescence du prince.

NIEDERER Johannes (1779-1843) et Rosette (1779-1857) Educateurs suisses originaires d'Appenzell. Collaborateurs de Pestalozzi à Yverdon, en se séparant de lui ils dirigèrent l'institution de jeunes filles créé par le Maître dans cette ville - 2 L.A.S. (une de chacun), 3 1/2 pp. in-4 ; Genève, 24.II.1842.

Le célèbre couple s'est désormais installé à Genève. Johannes N. vient de rencontrer Petit-Senn et souhaiterait lui faire lire son dernier ouvrage : "... Mon intention était d'établir des principes et des faits... qui intéressent le développement de l'esprit populaire et national suisse et de faire connaître une démocratie... existante depuis des siècles dans ses rapports avec ce qui me paraît la base de toute organisation sociale : l'éducation...", etc. Rosette, quant à elle, exprime dans sa lettre l'admiration du couple pour l'œuvre poétique de Petit-Senn : "... Votre ouvrage nous aide à faire distinguer à nos élèves le vrai du faux, et à leur faire goûter cette gaîté bienfaisante qui électrise l'imagination et ouvre le cœur à l'instruction...", etc.

 

OLIVIER Juste (1807-1876) Poète et historien vaudois - L.A.S., 4 pp. 8° ; Lausanne, 11.I.1845.

Il a préféré réduire, dans la Revue Suisse, son article consacré à l'œuvre de Petit-Senn plutôt que de retarder d'un mois sa parution : "... J'ai fait les changements que vous m'indiquiez. Je regrette infiniment... que l'étroitesse du cadre et la nécessité de disposer des moindres coins et recoins du recueil, me forcent presque toujours de ne donner que la plus stricte place à chaque morceau, même à la poës ie...", etc.

QUINET Edgar (1803-1875) Historien et homme politique français - 3 L.A.S., 9 pp. in-8 ; Veytaux (Vaud), 1858/1863.

Exilé depuis 1852, Quinet a désormais élu résidence en Suisse où l'occupent ses études historiques. "... Je ne suis point un Barbare, et la vie ne fait qu'augmenter en moi ma curiosité et mon amour pour ce qui est vrai et beau...". A son retour d'Aix, il envisage de passer l'hiver (1859) à Genève où il pourra rencontrer Petit-Senn.

En 1863, il commente favorablement le dernier livre du Poète : "... Non... il n'y a pas de Cheveux blancs dans vos vers ; ils démentent le titre ; ils sont pleins de jeunesse, sans rides, fermes, joyeux, simples, souriants comme l'aurore...". Il voit en Dufour l'auteur de la préface : "... Il me semble de le reconnaître...", etc.

REBOUL Jean (1796-1864) Poète français, dit "Le Boulanger de Nîmes" - 4 L.A.S., 8 pp. in-8 ; Nîmes, 1839/1860.

Correspondance pleine de délicatesse. Compliments, conseils, critiques, souvenirs s'alternent tout au long de ces pages couvertes d'une fine écriture. "... Il ne faut rien ôter de l'individualité du Poète. Il y a là des strophes neuves et originales. Qui diable pourrait soupçonner dans ce morceau où règne une mélancolie si vraie, l'auteur de ce volume... où je retrouvais ces grâces aristophaniques qui déridaient le front du grave Platon...", etc. Reboul et Petit-Senn s'étaient rencontrés pour la première fois en 1837.

REVILLIOD Léonard (1786-1867) Homme politique genevois- 2 L.A.S. et 1 manuscrit autographe, 9 pp. in-8

ou in-4 ; Genève, 1856/1866.

La première pièce est un résumé de notes biographiques de Jean Petit, père du Poète, qui fut "Vice-Amiral" de la Navigation sur le lac Léman. En 1858, Revilliod transcrit sur trois page, de sa petite écriture, les lettres et documents se rapportant à sa polémique de 1855 avec James FAZY, où résonnent encore l'écho des terribles journées d'octobre 1846 liées à l'insurrection dite de Sa int-Gervais. Enfin, une année avant sa mort, il évoque sa santé chancelante, mais l'on sent son esprit encore vif lorsqu'il parle de lectures intéressantes : "... Vos adieux à la politique sont très jolis et si vous y joignez la piquante lettre de Wessel ces 2 pavés sont du meilleur goût à l'adresse de ces bandits du 22 août et du 11 novembre...", allusion certaine à l'époque du régime fazyste !

REYBAUD Louis (1799-1879) Romancier français, créateur du personnage de Jérôme Paturot - 5 L.A.S., 10 pp. in-8 ; Paris, 1841/1866. Deux pièces jointes.

Belle correspondance littéraire et politique. "... La poésie n'est pas heureuse dans notre siècle ingrat... Ne m'en veuillez pas... nous vivons ici dans un tourbillon... Je vous fais mon compliment bien sincère de vos nouvelles boutades ... Les bons écrits sont comme les bons vins ; ils gagnent à vieillir...". Dans sa magnifique lettre de 1856, Reybaud évoque sa vie, sa famille, son devoir d'écrire pour survivre et... marier ses filles, ma is surtout peste contre le régime impérial qui depuis 1851 l'a contraint à se mettre en retrait et lui a ôté tout enthousiasme "... depuis que je vois ce pays se crotter de servitude du haut en bas et marcher aussi fier dans sa crotte que les valets de l'ancienne comédie dans leurs crespins...". En 1861, il voudrait de tout cœur "... être utile à Mr. Fazy dont je connais et aime toute la famille...", et suggère que l'on prenne contact avec Buloz, "... un ours plus rude que l'ours de Berne...". Tout ce qui regarde Genève le touche "... à bon droit et j'ai eu quelque peine à lire... qu'on fait avaler chez vous quelques couleuvres à mon brave ami James [FAZY]. La puissance est à ce prix. Il en a voulu les honneurs, il faut qu'il se résigne aux déboires...", etc.

Joint : lettre de l'éditeur Michel LEVY concernant Petit-Senn et Reybaud, et une P.A.S. où le Poète résume la vie de son ami romancier, auteur "... du traité des socialistes modernes...", etc.

SAINTE-BEUVE Ch. Augustin (1804-1869) Ecrivain etcritique littéraire français - 1 L.A.S. +1 L.S., 3 pp. in-8 ou in-12 ; Paris, 1841 et 1868.

Bien que l'ouvrage annoncé ne lui soit pas encore parvenu, Sainte-Beuve tient à se manifester de suite car, "... à défaut d'un jugement, chose bien grave...", il peut se permettre de complimenter Petit-Senn "... d'après le souvenir que j'ai gardé des très agréables productions signées de vous... que j'ai lues autrefois durant mon séjour en Suisse...", etc.

La lettre de 1868 (écrite par Troubat mais signée par le vieux Sainte-Beuve une année avant sa mort) dit entre autres : "... Vous appelez Boutades les maximes les mieux frappées et les plus solides. J'ai votre charmant petit volume sur ma table... et je me surprends souvent à l'ouvrir comme par mégarde et à y piquer telle ou telle pensée aussi ingénieuse que juste...", etc.

SALIS-SOGLIO, Johann Ulrich de (1790-1874)Officier suisse, général de l'armée du Sonderbund en 1847 - L.A.S., 1 p. in-8 ; Munich, 23.IX.1850. Autographe peu commun.

Vaincu et blessé en affrontant l'armée du général Dufour à la bataille de Gislikon - qui mit fin à la courte guerre du Sonderbund -, le général Salis-Soglio s'est depuis retiré à Munich. Il ne peut être d'aucune utilité à Petit-Senn qui sollicitait une faveur pour un Suisse au service du roi de Naples, car depuis "... le malheureux mai 1848, où mon pauvre frère Daniel a été tué ; sur les barricades, je me trouve entièrement sans connexion à Naples, à l'exception de quelques officiers...", etc.

SISMONDI Jean Charles Léonard Simonde de (1773-1842)Historien et économiste suisse - L.A.S., 2 pp. in-8 ; Chêne (Genève), 27.IX.1840.

A réception du second volume des œuvres choisies de Petit-Senn, Sismondi remercie le poète et se réjouit d'avance du plaisir que lui procurera la lecture de ces pièces "... où je vois que le sentiment genevois se reproduit à chaque ligne et se marie sans cesse à l'inspiration du poëte...". Il est peiné d'apprendre que son correspondant est souffrant "... et que ce n'est pas seulement l'amour des fleurs, du soleil, du paysage qui vous entraîne sans cesse hors de la maison, mais une souffrance positive...". L'historien souligne la confiance qu'il a dans les talents du médecin Jacquier, gendre de Petit-Senn : "... Tous deux nous lui demandons du soulagement, mais nos maux sont plus forts... prenons patience, c'est le plus sûr des remèdes...".

Miné par la maladie, Sismondi décéda en 1842.

SORET Frédéric (1795-1865) Homme politique genevois, ancien conseiller du grand-duc de Saxe-Weimar et ami de Goethe - 2 L.A.S., 2 pp. in-8 ; Genève, 1857 et 1865. Pièce jointe.

Il annonce sa visite prochaine : "... Vous serez exposé à voir reparoitre ma longue et maigre figure ; je vous ai discrètement laissé tout le temps nécessaire pour lire les poësies de mon frère... Pour votre récompense, je vous communiquerai un passage d'une lettre du Grand Duc de Saxe auquel j'ai envoyé vos... Bluettes et Boutades... on peut bien confondre les œuvres de Toepffer et de Petit-Senn sans offenser personne...". Il est joi nt à cette missive un fragment de lettre autographe (2 pp. in-4) du grand-duc Charles-Alexandre de Saxe-Weimar (1818-1901) complimentant l'œuvre de Petit-Senn.

La lettre de 1865 concerne aussi le grand-duc de Saxe-W., "... un des rares haut personnages qui savent apprécier et comprendre ce genre de littérature qui n'est pas à la portée de tout le monde, tant s'en faut...", etc.

STURM Charles (1803-1855) Mathématicien genevois. En 1827, avec son ami et collègue Colladon, il détermina la vitesse de la propagation du son dans l'eau - L.A.S., 3 pp. 4° ; Paris, 18.XII.1834.

Rare et intéressante missive relative à la vie, aux amitiés, aux goûts et aux recherches scientifiques de cet illustre savant genevois dont la culture française s'est approprié ! A propos de son ami Colladon, il dit : "... Pour le fixer, on va lui donner sans doute une place de professeur à l'Académie et une femme accomplie. Les épouses ne lui manqueront pas. Le malheureux... n'a qu'à se baisser et à prendre...", etc. S ur le mathématicien J. F. A. Paulet, il ajoute : "... les nouvelles démonstrations qu'il m'a envoyées coup sur coup sont plus mauvaises que celle qu'il m'avait communiquée à Genève ; la dernière surtout est vraiment absurde ; c'est péché mortel en mathématique... La question... ne peut point être résolue par les moyens qu'il emploie...", etc.

Sturm répugnant à prendre des airs de supériorité, il ne répondra pas à la question de son correspondant, jugeant qu' "... Un géomètre est obligé de savoir par lui même si ce qu'il énonce est vrai ou faux. J'ai bien peur que M. Paulet ou M. Lhuilier ne soit l'auteur d'une Sublime découverte mathématique qui doit contribuer au bonheur de l'humanité, annoncée dernièrement à l'Acad&eacu te;mie des Sciences... L'âge seroit une excuse pour M. Lhuilier..." !

Quant à lui, il est sur le point de terminer un travail qui l'occupe depuis bien longtemps (sur les équations différentielles ?), "... Mais c'est trop parler de mathématiques à un poète qui doit par instinct de nature les avoir en horreur...", etc.

On doit aussi à Sturm le théorème, portant son nom, sur les racines réelles d'une équation numérique donnée.

SUE Eugène (1804-1857) Romancier français, ancien médecin de la marine - 2 L.A.S., 2 pp. in-8 ; Annecy, 7 et 16.V.1854.

"... J'accepte avec une vive gratitude : les fragments de vos œuvres que j'ai lus avec un extrême intérêt me font désirer impatiemment de les connaître dans leur intégrité...".

"... Je lis très lentement et sais ménager les rares bonnes fortunes littéraires qui m'arrivent... Rien de plus fin, de plus malicieusement spirituel que les pages servant pour ainsi dire d'introduction... Jamais Béranger n'a lui mieux chanté dans sa langue chansonnière que par vous... ; j'ai lu et relu... le portrait de la grand-mère...". Après une page entière d'analyse, d'observations et de compliments, Sue reconnaît que le urs "... idées politiques sont sans doute radicalement opposées... mais je m'estime heureux de pouvoir vous témoigner de ma vive sympathie pour vos œuvres littéraires...". Il annonce à Petit-Senn l'envoi de son "... petit livre sur le lac d'Annecy...", etc.

TŒPFFER Rodolphe (1799-1846) Célèbre écrivain, dessinateur et humoriste genevois - L.A.S., 1 p. in-4 pleine ; vers 1835/1840.

Tœpffer prie Petit-Senn de "... glisser ceci dans votre prochain Fantasque, celui du Suif... Sinon, dans le N° du Journal de Genève de samedi... quoique affaire de beaux-arts soit mieux placée ds le Fantasque... mais c'est pressé...". En post-scriptum, il souligne qu'il a corrigé l'épreuve de Suif et fait un léger changement "... pour ne pas blesser un ami que j'ai ds le Conseil Municipal. Du reste l'article sera tout aussi bon pour se torcher le c . si le papier s'y prête aussi...".

TŒPFFER Rodolphe - L.A.S., 2 pp. pleines in-4, datée en tête par le destinataire "19.IX.1843". Autographe rare.

Emouvante missive contenant d'intéressants conseils sur le travail d'illustration de l'ouvrage de Petit-Senn, Miliciade genevoise, poème en quatre chants dont on préparait une nouvelle édition.

"Je troquerais... tous les Zigzag du monde contre des yeux seulement un peu moins misérables que les miens et qui me permettraient, outre beaucoup d'autres travaux que j'ai en tête, de vous illustrer un chant au moins de votre Miliciade. Mais c'est tout au plus s'ils me permettent, eux et le médecin, d'écrire une heure par jour. Toutes vos misères ne sont rien, dites vous le bien, auprès de la mienne...". Tœpffer complimente Petit-Senn pour ses éc rits remplis "... d'agrément, d'esprit, et aussi de ces mélancolies plus vraies que celles qu'on jette à 20 ans, voire à 30, dans des vers qu'on s'efforce de faire tristes quand on a au fond la joie de l'âme... Votre muse toujours naturelle a été ce qu'ont été les saisons de votre vie. Voici l'hiver... c'est l'heure des mélancolies...".

La seconde moitié de la missive est consacrée auxdites illustrations de l'ouvrage de Petit-Senn que Tœpffer regrette de ne pouvoir fournir. Selon lui, le travail du graveur Hébert serait préférable à celui de Dubois qui "... manque de la gaîté qui convient à l'objet...". Après quelques réflexions concernant les artistes et le travail qu'on attend d'eux, l'humoriste en conclut que "... dans tous les cas il faut ce r edessinage sur bois, et j'ai éprouvé pr les Calame de mes Zigzag que c'est d'après le lavis qu'ils interprètent le mieux...", etc.

TROXLER Ignaz-Paul-Vital (1780-1866)Médecin, homme politique et écrivain d'Aarau, né à Münster - L.A.S., 1/2 p. in-8 ; Bern, 15.III.1844. En allemand.

Il demande à Petit-Senn de ne pas oublier celui qui n'a pas la chance de passer Pâques dans sa Genève bien-aimée ("... in Ihrem geliebten Genf..."), ville que Troxler définit "... genetrix praeclara virorum...", etc.

Ardent radical, Troxler s'est beaucoup occupé de la révision de la Constitution fédérale suisse.

VINET Alexandre Rodolphe (1797-1847)Théologien protestantet critique littérairevaudois - 4 L.A.S., 8 pp. in-4 ; Lausanne, 1843/1845. Pièce jointe.

Importante correspondance littéraire.

Le 29 décembre 1843, Vinet adresse à Petit-Senn un poème de 40 vers (occupant les 2ème et 3ème pages) : "... ce n'est pas une œuvre littéraire, c'est un mot du cœur que j'ai voulu vous faire parvenir... C'est une goutte de miel que je voudrais faire tomber dans la coupe d'amertume...", etc. Six mois plus tard, il lui avoue les raisons de son long silence (3 pp. d'une écriture micorscopique !) puis se lance dans une minutieuse analyse du dernier o uvrage poétique de son correspondant qui témoigne d'un sens critique aigu et d'un esprit subtil.

Six mois passent encore et Vinet annonce au Poète qu'il vient d'envoyer à Juste Olivier une "... de vos productions les plus heureuses..." ; ce dernier l'a lue, puis exprimé son intention d'en faire paraître des extraits dans la Revue Suisse, etc. Quant à la composition que Petit-Senn désire dédier à Vinet : "... je devrais peut-être vous prier de n'en rien faire, n'ayant rien tant à souhaiter que de rester ou de rentrer d ans l'ombre...".

Le 31 janvier 1845, le théologien écrit : "... l'Album de décembre 1844 est tombé entre mes mains. Je ne connais donc que depuis peu... l'honneur que vous avez daigné me faire. Je devrais peut-être vous chercher querelle... mais je me sens plus pressé de vous remercier...", etc.

Joint : copie d'époque d'une lettre de Vinet à Petit-Senn relative à ses Nouveaux discours. Lausanne, 27.III.1843.

WALEWSKI Alexandre (1810-1868) Homme d'Etat français, fils naturel de Napoléon Ier et de Marie Walewska - L.A.S., 4 pp. in-4 ; "Villa Irène", 20.VIII.1867. Papier à son chiffre couronné.

Curieux texte en réponse à Petit-Senn qui lui avait probablement offert un de ses ouvrages. "... Il faut que ma plume rende bien mal ma pensée pour que vous ayez cru découvrir dans ma lettre un sentiment d'humeur ; et il faut que vous ayez de moi une bien singulière idée, pour imaginer qu'un témoignage de sympathie et d'estime puisse me sembler importun. J'ai été, je vous le répète, très sensible à votre graci euse attention ; les motifs auxquels je la dois... en doublent encore la valeur à mes yeux... J'ose espérer que vous cesserez de vous méprendre sur le sentiment que m'inspire votre aimable procédé...", etc.

ZSCHOKKE Heinrich (1771-1848) Ecrivain et homme politique germano-suisse - L.A.S., 1 1/2 pp. in-4 ; Aarau, 5.XII.1840. Adresse et marques postales sur la IVe page.

Belle missive relative aux Oeuvres choisies de Petit-Senn que viennent de lui offrir Madame Jullien et son fils. "... S'il y a jamais un orgueil pardonnable, il me semble que ce soit celui d'avoir gagné en quelque manière l'estime des hommes à talent et à mérite. Mais comment vous exprimer le plaisir et l'admiration dont je fus saisi en lisant ces beaux tableaux de caractères, pleins de justesse, où vous n'échappe (!) aucun trait caché d u cœur humain ? On m'avoit déjà parlé plusieurs fois de vos talents brillants...", etc.

Plus loin, il évoque la "grande révolution" qui s'est effectuée dans les esprits de Genève, ville où il n'y avait autrefois des autels que pour les Sciences exactes et où les belles-lettres semblaient bannies depuis Jean-Jacques Rousseau : "... Vous allez même introduire un nouveau genre dans la littérature française, vous et Mr. Tœpffer à la tête de vos imitateurs...", etc.

ARCHIVES PETIT-SENN - Correspondance autographe à lui adressée, environ 250 lettres ou poèmes, plus de 600 pages écrites entre 1830 et 1870.

Précieux ensemble de lettres autographes adressées à Petit-Senn, venant s'ajouter à celles décrites ci-dessus. Vu le nombre élevé de pièces, nous nous bornerons à donner une liste de noms (le chiffre entre parenthèses correspondant au nombre de ces pièces émanant du personnage cité), sachant que ces missives, pour la plupart fort intéressantes et renfermant parfois des poèmes, sont un reflet de la vie littéraire et culturelle genevoise, suisse et française, bon nombre des correspondants racontant à Petit-Senn leurs voyages, rencontres ou impressions. A quelques exceptions près, tous les auteurs des lettres ont pu être identifiés :

Jacques ADERT, ANCELOT, ANGELIN, Henriette d'ANGEVILLE, L. AUGUIER, Emile BARATEAU (2), Jos. BARD (2), Fr. BARTHOLONY (2), Arbousse BASTIDE, Ant. BAUMGARTNER (2), Thalès BERNARD (2), Ch. BERTHOUD, Paul BESSON, Henri BOISSIER, Ch.-Louis de BONS (3), F. BULOZ, Félix BUNGENER (4), Jos. BURDALLET, Alex. CALAME, Henri-Florian CALAME, Ant. CARTERET, A. CAURIARD, Amédée CHAM de Noè, J. F. CHAPONNIÈRE, Ed. CHARTON (6), CHATEAUBRIAND (2, par V. Giraud, sur Chateaubriand), Nic. CHATELAIN (2), E. CHAVANNES, Joël (2), Marie, Victor (2) CHERBULIEZ, Martial CHEVALIER (2), Pitre CHEVALIER, Adolphe de CIRCOURT, L. COLLIN, V.te de COMDER, Abraham CONSTANTIN, Marc CRAMER, Alex. DAGUET, Will. DE LA RIVE (2), Casimir DELAVIGNE, Emile DESCHAMPS (5), Fr. DIDAY, Ch. DIDIER (2), Eug. DOCHE, Ch. DU BOIS, Aug. DUCOING, Benj. DUFERNEX, Fréd. DUFOUR, Ed. DUFRESNE, Ch. DURAND, Siona ERNST, L. de Bourbon-ESPAGNE (2), Louise de B.-ESPAGNE, A. EYNARD-LULLIN, FABRY (de Gex ?), Fr. Aug. FAVARGER, Louis FAURAT, Guill. FAVRE-Bertrand, M. Ant. FAZY-PASTEUR, Mich. FERRUCCI, Louis FOEX-TAVERNEY, Christine de FONTANES (4), H. C. FORESTIER, M. de la FOSSE, J. P. GABEREL, James GALIFFE (2), Valérie de GASPARIN, Henri GATTEAU, J. A. GAUDY-LE FORT (3), E. H. GAULLIEUR (2), Alfred GAUTIER, W. GEISENDORF (3), Alph. GEORGE, L. A. GOSSE (3), Eug. GOUBERT, Ad. GRANIER de C. (2), François GRAST, Louis GROSS (3), Filippo GUALTERIO, Ulric GUTTINGUER (3), Const. HILBEY, Arsène HOUSSAYE (4), Ed. HOUSSAYE, Sophie HUE (2), Jean HUMBERT, J. JANIN (2), JAQUES-DALCROZE, H. JUDICIS de Mirandol, Alph. KARR, J. J. KUNKLER-RIGAUD, L. LAMBOSSY, V. de LAPRADE, L. LAURENT-PICHAT (2), Elisée LECOMTE, Lady Susanne LINCOLN, Gustave LOBREY, Mathys LUSSY, Ant. LUYRARD, Dr. M. M., Ph. de MAILLARDOZ, R. de MAISTRE, Jacq. MARTIN (2), Rodolphe MARTIN, J. D. MARTINE, J. P. MAUNOIR (2), Alfred de MEILHEURAT, Gaspard MERMILLOD, Achille MILLIEN (3), Marie de MIRABEAU-GONNEVILLE, B. de MOLIN, Louis MONNET, M arc MONNIER (5), A. MORIN, J. MUELHAUSER, D. F. MUNIER, J. MUSSARD (2), Alexis MUSTOW (2), F. MOCQUARD, Ernest NAVILLE (2), F. M. L. NAVILLE, Albertine NECKER de SAUSSURE (2), Urbain OLIVIER, Henri d'ORLÉANS-AUMALE, Fr. OYEX, Ans. PETETIN, Jules PICTET de Sergy (2), col. Jos. PINON, Fr. PONSARD (2), J. J. PORCHAT (3), Eug. de PRADEL (2), Eug. RAMBERT, Gust. REVILLIOD, Albert RICHARD, Catherine RILLIET-HUBER, Louis RILLIET (2), Basile RUBIN, Hector de SAILLY, Théodore de SAUSSURE, N. R. SAVARY- ROVIGO, M. SIMONNET, Mme SISMONDI, Cl. SOLARO della Margherita (2), Em. SOUVESTRE (4), Aimable TASTU, M.is de La Barthe de THERMES (2), Ed. THIERRY, Adolphe THIERS, Victor TISSOT (2), Louis TOURNIER (3), Aug. de VAUCELLE (4), VAUCHER-ANSEMOZ, Clémence VERNEDE de Cormillan (2), J. P. G. VIENNET (2), Aimé VINGTRINIER, Louis VULLIEMIN, Jules VUY, Ch. WALLUT, Henri WOLFRATH, ainsi que quelques pièces de PETIT-SENN, JACQUIER ou d'autres encore dont les auteurs n'ont pu être identifi&ea cute;s.

 


 


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